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20 février 2013 @ 21:13
Fifty Shades of Red  
Prête à affronter tous les périls au nom de la connaissance, je viens de terminer Fifty Shades of Grey On parle souvent de ce livre sans dire l'essentiel. Je me dois donc de rétablir les faits : le sujet principal du roman n'est pas le sexe (la première scène érotique est à la page cent), ni même le BDSM (ils discutent plus du contrat qu'ils ne passent réellement à l'acte)! Le sujet principal du roman, c'est plutôt l'argent. La narratrice, Anastasia Steele, est une jeune femme issue de la classe moyenne, qui se sent complètement écrasée par l'assurance des gens des classes supérieures. Après, par exemple, que Christian Grey, Monsieur Cinquante nuances pas très subtiles, lui ait offert des livres rares, elle ne désigne plus ces objets qu'en mentionnant leur prix : «Un instant il me repousse, l'instant d'après il m'envoie des livres à quatorze mille dollars et me traque comme un harceleur». Dans un autre passage du roman, il est écrit : «J'ai envie de m'enfuir. Il est riche». Plus loin, notre héroïne est morte de honte d'avoir vomi devant un PDG. Et ce même PDG l'attachera avec sa cravate, symbole ultime de son appartenance à l'élite économique. Au fond, Fifty Shades of Grey raconte l'histoire d'une idiote et d'un épais qui, sous le couvert de pratiques sado-maso, se crossent sur le capital. Ah Monsieur Grey, non, non, ne m'achète pas une voiture de luxe. Oh, oh, Monsieur Grey, tu possèdes un... si immense jet privé en plus de ton hélicoptère! Que tu es puissant, Monsieur Grey! Je suis toute mouillée.

Je parlais de tout ça et bien plus à mon Hélène hier. Elle m'a posé la question essentielle : « Mais ça t'a excitée ? » J'ai dû arrêter quelques minutes pour y penser. « Hum, je crois pas, pas vraiment ». Elle m'a regardée d'un air sceptique. « Je veux bien, Al, je comprends que c'est un livre débile, mais quand même il devait y avoir des pénis, des boules, des fluides... » Il y avait UN pénis!!! Un seulement! Un pénis, celui de Monsieur Grey. Déjà ça part mal... Des seins, ouais, mais à peine... Puisque le livre s'adresse à la femme hétérosexuelle, on ne parle que du corps de Monsieur Grey. Et encore, on n'en dit pas grand chose. On dit surtout qu'il est BEAU, oh si BEAU! Le seul passage sexuel que j'ai bien aimé c'était un éloge, très propre toutefois, de la sodomie. Ce bout-là m'a intéressée, même si le côté « guide pour plaire à son homme » me donnait presque le goût d'y renoncer... En fait, Fifty Shades of Grey est un livre didactique pour que la lectrice découvre des pratiques «illicites» tels que le BDSM. Que la littérature érotique serve de véhicule de la connaissance libidinale, soit! C'est très bien! Cela dit, je pense qu'il y a de meilleures professeures que EL James. Dans un passage, la narratrice suce la queue de Monsieur Grey pour la première fois, Monsieur Grey qui fait 100 000$/heure (détail qu'on précise dans Fifty Shades Darker que je lis présentement). Elle n'avait jamais fait de fellation avant ce jour. Monsieur Grey est son premier partenaire. (Je n'écris pas qu'elle était vierge, parce que l'idée de la « virginité », ça place la pénétration vaginale au centre de toutes les relations sexuelles). Elle le suce, donc. Et il éjacule dans sa bouche. Gourmande, Anastasia Steele avale le tout comme une experte. Monsieur Grey est ben fier de sa protégée! De son ton paternaliste habituel, il la félicite et lui donne une mention « excellent » comme s'ils étaient à la petite école. Il élève donc Steele au titre suprême de première de classe, parce qu'elle n'a pas eu de gag reflex. C'est juste que, criss, un gag reflex, c'est humain et c'est involontaire!! J'ai déjà eu un gag reflex en avalant du sperme même si je désirais très fort la semence de mon partenaire. Ça ne fait pas de moi une moins bonne suceuse. Et, anyway, je ne participe pas à des concours de pipe, ni à des concours de talents pour plaire aux Monsieur Grey de ce monde.

Perso, je n'aurais jamais avalé le sperme de Monsieur Grey. Je l'aurais gardé dans ma bouche pour lui cracher au visage avant de m'emparer d'un des fouets de la Chambre rouge. J'aurais profité du fait qu'il soit obligé d'essuyer son beau visage pour le frapper de toutes mes forces. Il aurait crié : « Jaune! » Le premier safeword dans leur contrat. Et j'aurais continué encore plus fort. Il aurait hurlé : « Rouge ! » Je lui aurais donné deux ou trois coups de plus juste pour lui faire comprendre qui est la dominante et je me serais enfuie avec une ou plusieurs de ses jolies assistantes blondes à bord de Charlie Tango, son hélicoptère. Ciao fucker! Je devrais écrire un fanfic. Ça serait dans l'esprit du texte, puisque Fifty Shades of Grey a commencé comme un fanfic de Twilight.  Ça s'appellerait : Steele's Revenge. Fifty Shades of Red! Dans mon texte, il va y en avoir du sexe. Je vous jure du gros sexe sale! Pas de règles, de l'action, du désordre, des fluides, des bouches avides, des pénis, des seins, des plottes... Quelque chose de le fun, bref!

 
 
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