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  <title>Albertine retrouvée</title>
  <subtitle>Récits d'une catin cérébrale</subtitle>
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    <name>Albertine Bouquet</name>
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  <updated>2008-08-05T18:46:58Z</updated>
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    <title>Le rire Dominique</title>
    <published>2008-08-05T18:46:23Z</published>
    <updated>2008-08-05T18:46:58Z</updated>
    <content type="html">Je suis allée chez Hélène tantôt. J'ai fait un petit saut rapide. J'ai un rendez-vous plus tard chez ma femme mariée. Oui, chez elle encore. J'ai cédé à ses demandes et je me déplace. Hélène voulait que je révise un texte pour elle. Je suis passée lui remettre la copie révisée. Alors que j'étais encore sur le pas de la porte, elle m'a demandé si j'avais entendu parlé d'un spectacle de jeunes branchés où elle comptait aller la semaine prochaine. Je connaissais en effet la venue de ce groupe puisque Dominique m'en avait parlé. Je crois qu'il voulait y aller avec sa bande d'amis. J'allais répondre oui. Un simple oui sans donner plus d'explications. Contre toute attente, j'ai laissé un tout petit rire s'échapper. Hélène m'a dit avec son regard fier : « Quoi Dominique? ». J'ai tout nié du lien entre mon rire et le garçon, j'ai prétexté que je pensais à ma femme mariée que j'ai vue hier et que je rejoindrai bientôt. « Laisse faire, Albertine. Tu es tellement transparente! Je reconnais bien ton rire Dominique ».&lt;br /&gt;&lt;a style="visibility: hidden; position: relative;" href="http://www.toutlemondeenblogue.com/index.aspx?c=15" target="_blank"&gt;&lt;img border="0" alt="" src="http://www.ToutLeMondeEnBlogue.com/tagImage.aspx?id=1087" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a a="" style="visibility: hidden; position: relative;" href="http://www.createblog.com/tracker/index.php?id=35905"&gt;&lt;img border="0" alt="" src="http://www.createblog.com/tracker/track35905.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;</content>
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    <title>L'actualisation prochaine </title>
    <published>2008-08-04T14:00:58Z</published>
    <updated>2008-08-05T18:46:46Z</updated>
    <content type="html">Je n'ai pas eu besoin de lever le petit doigt. Elle m'a rappelée. Lorsque j'ai vu son nom sur mon téléphone, je me suis dit qu'il me fallait répondre cette fois. Elle veut que je passe chez elle aujourd'hui. J'ai refusé sur le coup. Je lui ai dit que je pouvais la recevoir et que c'était tellement plus simple ainsi. Elle insistait. En fait, elle exigeait que je vienne dans sa demeure en expliquant que son mari partait le jour même pour quelques jours à l'étranger. Je n'ai jamais rencontré ledit mari. Je le respecte, intellectuellement disons. Ce qui ne m'empêche pas de vouloir baiser sa femme. Elle m'a demandé ce que nous allions faire. Elle m'expliquait qu'elle n'arrivait pas à visualiser, que son désir aussi concret qu'il pouvait être en elle ne se fixait pas comme d'habitude sur des gestes précis. Elle voyait, paraît-il, mon corps qu'elle avait, selon ses dires toujours, bien observé. Malgré tout, elle n'arrivait pas à imaginer. Alors que j'allais lui répondre, ou enfin que je tentais de trouver une réponse un peu inspirante, elle a éclaté de rire. Ai-je besoin de vous rappeler que son rire est plein de sexe? Si j'avais vraiment désiré lui répondre quelque chose, son rire m'en eût enlevé tous les moyens. Il n'y a pas de possibilité de revenir à un état d'esprit respectable après l'avoir entendu. Elle était particulièrement agitée en plus. « Ne me dis rien, Albertine. Je verrai bien. » &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est facile de penser qu'elle écrirait des livres bien plus intéressants que ceux de son mari, si elle le désirait. Je pourrais bien m'imaginer tant que je le souhaite qu'elle pourrait écrire de grands livres. Tant qu'elle ne l'a pas fait, je ne suis jamais forcée à rajuster mes évaluations. On désire croire que celui qui refuse d'écrire serait bien meilleur que tous les autres s'il le faisait. N'empêche que j'en suis certaine tant son énergie sexuelle est
de la trempe de la grande écrivaine. Je ne peux pas le comprendre d'une autre manière. Elle a une espèce de soumission totale aux sens en même temps qu'elle rationalise tout. Peut-être que ses manques, que ses besoins sexuels ne sont pas assez comblés pour qu'elle puisse écrire. En couchant avec moi régulièrement, elle se mettra peut-être à l'écriture. C'est ce que je me dis. Je ne suis pas un vase communicant. Comme Socrate l'explique dans le Banquet au dude grec dont j'ai oublié le nom, le savoir de l'écriture ne se transmettra pas à mon contact, mon corps à lui seul ne lui insufflera pas une rage d'écrire. C'est plutôt la satisfaction nouvelle de ses désirs qui pourrait la pousser à le faire. Je vous l'ai déjà dit, il faut conserver un petit manque pour écrire. La satisfaction totale n'est guère plus efficace que la frustration.</content>
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    <title>La louve des SS</title>
    <published>2008-08-03T18:10:25Z</published>
    <updated>2008-08-04T14:05:30Z</updated>
    <content type="html">Je vous l'ai déjà dit, mes très chers, j'ai caché mes bottes dans des boîtes pour ne plus y toucher. Avec mes excès de marche, mes pieds sont couverts d'ampoules. Heureusement que je ne fréquente pas de fétichistes des pieds, je perdrais tout sex-appeal pour eux. Je n'ai pas assez d'argent pour m'acheter les souliers dont j'ai besoin en ce moment. J'ai ressorti, non sans honte, mes 14 trous. Je m'étais promis que c'était terminé les caps d'acier. Les bottes aux pieds, je suis allée chercher des petits trucs à l'épicerie et suis arrêtée prendre un livre chez Hélène. Elle m'a dit spontanément : « Al, tes bottes! Ah tu m'excites! ». Elle les connaît pourtant très bien, ces bottes. Mais il semblerait que de ne pas les porter pendant des mois a permis de leur restituer toute leur puissance érotique. Il ne m'en faut pas davantage pour laisser tomber mes résolutions ou plutôt les réajuster. Émoustillée, Hélène m'a demandé de revêtir son strap-on et de la prendre à quatre pattes, « Comme une chienne! », a-t-elle cru bon de préciser. Je n'ai pas eu d'autre choix que d'obtempérer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://pics.livejournal.com/desir_obscur/pic/00040dq1/"&gt;&lt;img width="320" height="240" border="0" src="http://pics.livejournal.com/desir_obscur/pic/00040dq1/s320x240" alt="" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;/div&gt;</content>
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    <title>Ah la salope! </title>
    <published>2008-08-03T15:47:29Z</published>
    <updated>2008-08-03T18:41:26Z</updated>
    <content type="html">Elle m'a appelée trois fois hier. Je lui avais laissé mon numéro puisqu'elle semblait plus à l'aise de cette manière, même si je savais bien que ça ne pourrait pas aller pour moi. J'ai très hâte qu'elle cède. Lorsque j'ai vu qu'elle essayait de me rejoindre, je ne me sentais pas dans un bon état d'esprit pour répondre. C'est toujours ce qui arrive. Si au moins, elle avait téléphoné alors que je me masturbais. Elle aurait pu entendre ma voix enjouée et j'aurais su quoi lui dire. J'espérais qu'elle me laisse un message, mais elle ne l'a pas fait, ou sinon à moitié. Elle a dit : « Es-tu là? » et a raccroché. Je suis conne. J'aurais dû répondre. Je viens peut-être de manquer le momentum, l'instant où elle m'aurait dit qu'elle voulait que je la prenne.  Ah merde. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne veux vraiment pas passer à côté de cette femme. Elle dégage une énergie sexuelle qui ébranle tout le monde. Dans une autre vie, elle aurait pu être la plus grande demi-mondaine. On la devine très cochonne. Ça se sent! C'est de l'ordre public, même si en réalité, je ne connais personne qui a pu le vérifier. On se doute tous que son mari ne sait pas en profiter au maximum. On désire tous le faire à sa place. Elle est d'une féminité débordante en plus. Je vous jure. Je suis à côté et ai du mal à me contenir. Elle me pousse vers l'expression de ma propre féminité. Son rire est tellement plein de sexe. Lorsqu'elle rit, on dirait qu'elle libère, à travers la jouissance procurée par l'abandon à la rigolade, une énergie libidinale qu'elle a toutes les difficultés du monde à contenir. Dire qu'elle n'a jamais couché avec une femme. Lorsqu'elle me l'a confié, j'étais sous le choc. J'étais tellement certaine d'être devant une experte. Je suis peut-être en train de manquer ma chance d'être la première. Je vais travailler fort. Je ne laisserai pas tomber!</content>
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    <title>Le garçon et la souillure</title>
    <published>2008-08-02T15:05:09Z</published>
    <updated>2008-08-03T16:01:19Z</updated>
    <content type="html">Je vis en ce moment même mon premier déjeuner du champion. C'est un de mes amis qui a baptisé ainsi le déjeuner très santé qui consiste à boire un café en fumant une cigarette sur un estomac complètement vide. Il a évoqué une possible référence entre ce déjeuner et le roman de Kurt Vonnegut : &lt;i&gt;Breakfast of Champions&lt;/i&gt;. Je devrais le lire d'ailleurs. Je viens de le sortir de ma bibliothèque. Celui qui m'a conseillé ces déjeuners ressemble tellement à mon ami Paul, le grand vulgaire! J'en reparlerai un jour. Je ne pensais jamais rencontrer un esprit aussi lié à Paul. Ils ne se connaissent même pas. Je viens de prendre une deuxième cigarette et dois vous avouer que, contre toute attente, la sensation qu'elle procure est particulièrement agréable. Ça donne presque le goût de devenir fumeuse. Eh quoi, il n'est jamais trop tard pour les bonnes résolutions!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le garçon à peine adulte n'est pas passé hier. Il ne m'a pas téléphoné non plus. Ce n'est pas étonnant. Il sait que je ne réponds pas au téléphone. Il me connaît depuis suffisamment longtemps pour l'avoir compris. Du reste, il apprend très vite... Je vous dois des explications, fidèles lecteurs. Vous comprenez maintenant que je le fréquente depuis quelques mois déjà et que j'ai tardé à en parler. Grâce à mon corps plein de fumée et de café, je saurai revenir en arrière. Je ne vous raconte pas notre rencontre - qui est romanesque, bien sûr! -, ça ferait vraiment trop romantique! Lors d'une des premières expéditions de Dominique - je ne l'appelle pas Dom, je ne veux pas me sentir comme si j'étais une de ses colocs! - dans mes livres, il est tombé sur un cas plutôt gênant. Il était grimpé dans l'échelle et a crié : « Al, ton livre est taché jaune! C'est quoi? » J'espérais qu'il parle d'un livre jauni par le temps qui passe ou taché par du café. Eh bien, non, il parlait de mon exemplaire dédicacé par mon ami, l'écrivain. La couverture blanche fut bien enduite de sperme. J'étais présente lors du déversement, bien sûr! Ça a gagné un prix littéraire en plus, qu'il n'avait pas encore reçu au moment de la dédicace! Je suppose que mon livre prend de la valeur. Jamais autant que celle que je lui accorde, vous l'aurez deviné! Les universitaires qui analyseront ma bibliothèque ne parleront plus d'« intertextualité », mais d'« interfluidité » entre moi et des écrivains qui me sont contemporains. Ça fera des analyses brillantes, bien sûr! Ils auront besoin de faire des tests en laboratoire afin de s'assurer de la provenance de certains fluides. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour le moment, on devra se fier à ma parole: on trouve bien sur la couverture le sperme véritable de l'auteur. L'auteur en parle même dans la charmante dédicace qu'il a inscrite à l'encre. Ça assure l'authenticité. J'ai laissé le garçon découvrir la dédicace par lui-même. Il m'a paru un peu gêné. Au début, la tache était invisible. La couverture cartonnée blanche était quelque peu gondolée par le liquide. Avec le temps, elle a commencé à jaunir. C'est de toute beauté! Les cercles montrent bien qu'il s'agit de sperme. Les autres liquides ne se répandent pas de la même manière sur un carton. En dépit du caractère évident du fluide, il m'a demandé si c'était bien du sperme. Je lui ai répondu « Oui! » et il a éclaté d'un rire gêné de jeune fille. Je lui ai raconté que le sperme avait été déversé à la faveur d'une sodomie brutale que j'avais pratiquée sur l'auteur. Il m'a regardé avec ces yeux brillants que j'aperçois souvent lorsqu'il me regarde. Il est si transparent, le pauvre... Pire que moi. C'est dire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon jeune amant m'a demandé s'il pouvait le lire. Je lui ai dit que toute ma bibliothèque, comme tous les trous de mon corps, était à sa disposition. Je ne conserve pas les livres comme de précieux artefacts. Ça doit être lus, ces petites bêtes-là! Dans un monde idéal, je rêve que mes livres soient le plus détruits que possible, comme mon exemplaire de &lt;i&gt;Corrections&lt;/i&gt; de Thomas Bernhard ou ma &lt;i&gt;Dialectique de la raison&lt;/i&gt; d'Adorno et d'Horkheimer, que j'ai acheté neufs et qui furent lus par moi-même avec tant de passion. Je me suis achetée d'ailleurs une autre copie des deux livres et le tour est joué. Il est parti quelques jours avec le livre enduit de sperme chez lui. Il me l'a rapporté après dans le même état. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'autre jour, j'écrivais dans mon bureau jaune, alors qu'il glandait sur un de mes balcons et contemplait le monde d'HoMa. Il est rentré et est venu me serrer par derrière. Ses bras d'homme - quand même, il n'a pas des bras de garçon - recouvraient le haut de mes épaules. Je me suis débattue. « Lâche-moi, ça fait amoureux ». Il n'a rien dit. Il sait faire son garçon de peu de mots. Il se doute bien que je ne suis pas indifférente aux êtres silencieux. Il est retourné sur mon balcon. Après quelques minutes, il a passé sa tête dans la porte patio et m'a crié : « On fourre tantôt ? ».</content>
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    <title>Trop près de la sécurité</title>
    <published>2008-08-01T16:39:20Z</published>
    <updated>2008-08-02T15:26:32Z</updated>
    <content type="html">Je me réveille ce matin et que vois-je! Un lecteur attentionné s'inquiète que je m'attache. Je ressens le même dégoût. Ne vous en faites pas. Je suis l'Albertine, l'indépendance même! Je resterai toujours une femme cruelle. Hier soir, le garçon est repassé le coeur remplit d'espoir pour une bonne sodomie. Il est arrivé alors qu'une femme, avec laquelle j'aimerais approfondir les liens, sortait de chez moi. Elle est mariée et résiste encore à la passion saphique! Elle sent trop la bonne baise. Je ne passerai pas à côté de cette occasion! Le garçon n'a pas dit mot sur mon « amie ». Il est encore innocent des liens secrets qui unissent certaines femmes et du grand mystère de la jouissance féminine. Tant mieux pour lui, il faut se faire des forces avant de connaître le grand choc. La garçon voulait m'enculer et aussi passer la nuit à lire dans mon salon. Ses colocs faisaient, semble-t-il, une grande fête et il avait envie de s'en échapper. J'ai accepté avec joie en lui précisant que pour ma part, je devais me coucher tôt. Je me suis servie de lui pour assouvir mes passions non concrétisées avec la femme plus tôt. Si je n'avais pas voulu le préserver de certaines souffrances inutiles, j'aurais fait du &lt;i&gt;dirty talk &lt;/i&gt;à ce sujet. Je lui aurais parlé de l'aspect délicieux de ses seins, de mes doigts qui ont déjà enserré sa taille et l'humidité envisagée de son vagin. Je n'ai rien dit en me régalant de sa queue avant qu'il ne me prenne avec sa force de garçon intense et assoiffé. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me suis couchée et il est resté installé pour la nuit dans mon salon avec ses lectures. Je me suis endormie rapidement en oubliant complètement sa présence. Je sais que c'est bien quétaine, mais je me sens naturellement en sécurité lorsqu'il y a un homme à la maison. Même si l'homme en question ne serait sûrement pas de taille pour affronter une horde de cambrioleurs! J'oubliais ainsi sa présence, mais pas le sentiment de sécurité et de confort qu'elle m'inspirait. Aux petites heures du matin, je me suis bien rappelée qu'il était là. Nous étions en cuillère, criss! Il était venu dormir contre moi. La première idée que j'ai eue était de le frapper, un bon coup de poing dans le ventre. Ensuite j'ai pensé le ruer de coups de pied pour le pousser en bas de mon lit. Je me suis levée. J'ai laissé venir à moi le sentiment de panique. Je dors souvent avec Hélène et c'est bien la seule personne que je tolère, surtout en cuillère. Ça arrive que d'autres amants restent à dormir, mais c'est parce que nous sommes ivres morts. Je suis allée chercher un verre d'eau. Je me suis dit que je devais &lt;i&gt;dealer&lt;/i&gt; avec mes petites angoisses sans recourir à la force. Nous avons une telle intimité qu'il pouvait bien prendre la liberté de s'introduire dans mon lit. Il l'a déjà fait pour fourrer. Mon lit n'est pas une zone interdite. Je suis revenue et l'ai regardé dormir. Si tendrement endormi, la bouche légère ouverte, il devait baver en plus sur mon oreiller. Je ne chiale pas d'habitude lorsqu'on couvre mon espace de fluide. Je suis allée finir la nuit sur le futon dans mon bureau jaune. Ce matin, il n'était plus là.</content>
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    <title>La note</title>
    <published>2008-07-31T18:09:35Z</published>
    <updated>2008-08-01T16:51:54Z</updated>
    <content type="html">Je vous disais que j'avais laissé mes clés au garçon à peine adulte que je fréquente pour qu'il me baise. C'est aussi pour qu'il vienne souvent m'emprunter des livres. Je donne mon corps à la communauté, ma bibliothèque aussi. Si vous pouviez voir toute la passion qu'il y a dans cette jeune âme pour les choses de l'esprit, je vous assure que vous voudriez lui offrir autant de livres que possible. Comme pour le sexe, il est très difficile à satisfaire. Puisqu'il couche avec moi, vous savez déjà que ses exigences en matière de femme sont très élevées. Il en va de même pour la littérature et la philosophie. Si je savais être amoureuse, je l'épouserais sur-le-champ afin qu'il soit près de moi le plus souvent possible. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il m'a laissé une note ce matin. J'étais absente lorsqu'il est passé. J'ai pris une photo pour que vous puissiez la voir aussi. Je trouve qu'il a une écriture de fille un peu. Ça lui va bien. Il a quelque chose de féminin. Je n'ai absolument rien contre les garçons un peu féminin! Oh non! Il parle de m'enculer. En réalité, il fait son pudique. Il préfère encore plus que je l'encule. Nous avons commencé ça récemment. Au début, j'y suis allée avec mes doigts afin de connaître son ouverture et ensuite, j'ai commencé à l'enculer. Il adore tellement la chose qu'il en est gêné. C'est si charmant! &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://pics.livejournal.com/desir_obscur/pic/0003z239/g71"&gt;&lt;img width="320" height="240" border="0" alt="" src="http://pics.livejournal.com/desir_obscur/pic/0003z239/s320x240" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;</content>
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    <title>La méfiante mise à nue</title>
    <published>2008-07-31T10:17:14Z</published>
    <updated>2008-07-31T18:10:51Z</updated>
    <content type="html">En marchant en ville hier après-midi, j'ai entendu une inconnue crier mon nom. Je sais que pour être gentils, mes chers lecteurs, vous croyez qu'on me reconnaissait comme écrivaine. Bah non, je suis une nobody! Et c'est très bien comme ça, je vous assure! Surtout que je marchais dans le Village. Je ne voudrais pas qu'on me reconnaisse en ce lieu. L'inconnue m'a demandé si j'étais Albertine, une grande amie d'Hélène. J'ai répondu à l'affirmative tout en préservant mon air qui disait avec beaucoup de subtilité : « Je suis Tony Montana, fucker! ». Elle n'était pas le moins du monde ébranlée par mes poses d'intimidation. Il y a des gens comme ça qui résiste aux regards meurtriers des femmes méfiantes dans mon genre. Elle faisait visiblement partie de ceux-là. Je crois qu'elle est si amoureuse de l'être humain qu'elle veut tout connaître peu importe les réserves de certains. C'est en désirant tout qu'on réussit à l'obtenir. Elle a bien raison. Elle me paraissait si heureuse de me rencontrer. J'avoue que je suis toujours septique devant ces démonstrations d'affection spontanées. En me voyant,  elle était certaine que j'étais l'Albertine dont Hélène aurait, semble-t-il, tant parlé. Je ne savais pas trop quoi faire d'autre que de rire, gênée. Comme toujours, je suis passée de Tony Montana à la timide. C'en est presque cute!</content>
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    <title>L'intrusion </title>
    <published>2008-07-31T02:47:59Z</published>
    <updated>2008-07-31T10:22:47Z</updated>
    <content type="html">J'ai fait cette chose étrange, surtout pour une &lt;span dir="ltr"&gt;misanthrope&lt;/span&gt; dans mon genre, de laisser ma clé à un amant. Je ne le regrette pas! Ah le vilain garçon! Je dis « garçon » parce qu'il est si jeune, tout juste adulte. Il déborde d'une énergie sexuelle si intense que ça ébranle une nymphomane expérimentée comme moi. Je lui ai dit qu'il pouvait se glisser à l'envi dans ma demeure pour une partie de fesses. Il habite tout près dans un dix et demi avec une bonne dizaine de colocs. J'avoue que je ne voulais pas avoir à mettre les pieds dans ce lieu de jeunes fous. Je suis bien heureuse d'habiter seule et de pouvoir le recevoir. Lorsque je suis avec lui, je ne suis pas certaine de comprendre ce qu'il fait là-bas. Il a un air si sérieux et si sage. Je l'imagine mal dans cet endroit trop peuplé. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me suis couchée tôt hier. Vers 21h, je crois. J'étais une âme en peine, un peu blasée. Je me suis dit que tant qu'à broyer du noir, je serais mieux d'aller dormir. Sa main dans ma chatte m'a réveillée. Il venait me prendre par surprise de nuit! J'étais fort heureusement mouillée. Il pouvait s'y glisser aisément. Il était derrière mon dos et je sentais sa queue qui s'agitait contre mes fesses. Ses couilles sont infinies, sérieux! Il y a tellement de sperme qui peut sortir de là, je vous jure. Je n'en reviens pas à chaque fois. Il me masturbait avant de satisfaire son envie la plus profonde de se vider en moi, ou sur moi. Qu'importe! La seule chose qui compte, c'est qu'on vide ça, ces couilles-là! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je dois bien vous avouer, mes très chers, que lorsque je lui ai donné ma clé, j'espérais qu'il arrive chez moi alors que j'étais avec Hélène. Je ne lui ai pas encore révélé la gouine que j'étais. J'ai évoqué vaguement d'anciennes histoires avec des femmes. Je n'ai pas trop insisté. Je ne veux pas le mettre à mort trop vite, le pauvre. J'aimerais tellement qu'il me surprenne au milieu d'une baise sauvage avec Hélène. Je l'imagine  arriver au moment même où Hélène me pousse contre le mur et m'enfile avec un bon dildo large. Il pourrait aisément se joindre à nous. Je crois qu'il est assez solide, malgré son jeune âge. Psychologiquement, je veux dire. Ils en rêvent tous, mais en réalité, c'est dur sur l'équilibre mental des hommes les trips à trois. J'en sais quelque chose! Je n'invente pas. Ça les jette presque tous à terre. Ils vivent un drame profond dans les jours qui suivent. Je crois que mon jeune amant est prêt. Je l'espère. Je n'en peux plus. Je meure d'envie de sucer sa bite avec une autre femme. Nous ne serions pas trop de deux pour recevoir toute sa semence.</content>
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    <title>Une pièce de femme</title>
    <published>2008-07-28T14:32:56Z</published>
    <updated>2008-07-31T02:51:00Z</updated>
    <content type="html">Vous devriez voir ma forme. Ça en jette en criss! Mes jambes sont puissantes désormais, mon coeur - au sens bien littéral - est accroché solidement dans ma poitrine. Les longues marches remettent une femme en vie. J'ai décidé d'opter pour l'endurance et non sur la puissance, ce qui n'est pas mon habitude. Certainement pas en matière charnelle! Je pense que le choix fut sage. Vous savez, il m'arrive d'être sage. Mes jambes sont en feu, je vous jure. Avant je sentais mes muscles souffrir à mi-parcours. Après les deux premières semaines de mes projets de marche intensives, je ne sentais plus de douleur dans mes muscles. Ils sont habitués à l'effort et à sa durée. J'avoue que ça me réjouit autant que ça m'attriste. J'éprouvais un certain plaisir masochiste à contempler ma souffrance. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mes histoires d'endurance et de puissance me rappellent un moment cocasse de mon existence. J'avais ramené un collègue de l'époque chez moi un jour avec l'espoir de le baiser, je savais que nous y étions presque. Mon ami Louis était présent ce soir là pour écouter des films. Pendant ou après un film, je ne sais plus, le collègue a commencé à dire qu'il « faisait l'amour » pendant de longues heures aux femmes. Louis s'est fâché. Il le trouvait imbécile et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;full of shit&lt;/span&gt;. Ils avaient eu une dispute tous les deux sur la possibilité de « faire l'amour » de longues heures. Lorsque Louis est parti, le mec est resté à dormir chez moi. Il dormait dans mon lit, mais il ne s'est rien passé. J'avoue que je n'avais pas envie qu'il me fasse le truc des longues heures.&amp;nbsp; En y repensant tantôt, je n'ai pas eu le moindre regret. Soyez-en assurés. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour me rendre au centre-ville, je pars souvent de chez moi en marchant sur Ste-Catherine. Quel bonheur de parcourir chaque jour ce cher village! Vous pensez peut-être que je ne suis pas ironique, que je me plais à voir de la lesbienne. Bah non. Je ne regarde pas trop et ne sais pas en réalité s'il y en a. J'ai remarqué par contre la présence bien marquée des policières avec leur ceinture d'outils - dont un gun - et leurs seins que l'on devine dans la blouse de l'uniforme. Il n'y a presque pas de policiers. Je ne sais pas pourquoi. Il me semble que je serais mûre pour une baise de ruelle lorsque j'arrive au centre-ville. Mes jambes sont d'une forme extraordinaire. Je suppose qu'on peut rendre ça intéressant. Je devrai m'inviter des partenaires de marche très tôt le matin, enclins à me suivre dans les ruelles pour la détente après l'exercice.&amp;nbsp;</content>
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    <title>Ah! pénétrantes jusqu'à la douleur! </title>
    <published>2008-07-26T20:55:42Z</published>
    <updated>2008-07-28T14:33:24Z</updated>
    <content type="html">«Et maintenant la profondeur du ciel me consterne; sa limpidité m'exaspère. L'insensibilité de la mer, l'immuabilité du spectacle me révoltent... Ah! faut-il éternellement souffrir, ou fuir éternellement le beau? Nature, enchanteresse sans pitié, rivale toujours victorieuse, laisse-moi! Cesse de tenter mes désirs et mon orgueil! L'étude du beau est un duel où l'artiste crie de frayeur avant d'être vaincu. »&lt;br /&gt;Baudelaire, « Le &lt;i&gt;Confiteor&lt;/i&gt; de l'artiste », &lt;i&gt;Le Spleen de Paris&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;Je l'ai toujours su. Je suis devenue lesbienne - enfin bisexuelle! - grâce à Baudelaire. Il serait bien fier d'avoir créé une femme de Lesbos de plus, damnée jusqu'à la moelle. La première fois que j'ai senti que je pouvais être amoureuse d'une femme, je me suis mise à écouter à répétition « Les Bijoux » extrait des &lt;i&gt;Fleurs du mal &lt;/i&gt;et chanté par Léo Ferré. J'avais même promis à la délicieuse enfant de lui réciter des poèmes de Baudelaire, ce qui fut réalisé au parc Lafontaine une nuit d'été. J'en connais plein par coeur. Je crois que je lui avais fait « Le Vin de l'assassin » et « La Charogne ». Mon interprétation des poèmes était quelque peu ratée. Oh! malheurs et charmes de la timidité! Je suis rentrée sans même l'embrasser et ai réécouté « Les Bijoux ».&amp;nbsp; Ma condamnation ne pouvait être plus profonde. Après avoir dépassé le nombre d'écoutes raisonnable, j'ai compris que je devais être amoureuse et je lui ai écrit une longue déclaration d'amour passionnée où je disais vouloir mourir pour elle. Je citais une scène de Corneille, lorsque Rodrigue remet son épée à Chimène. Ne riez pas! J'ai vraiment écrit ce email. Je ne regrette pas, j'étais une jeune rêveuse pleine d'espoir et de désir. Aujourd'hui, vous le savez, on ne me prend plus à ces choses-là, à l'amour! Je suis une dure. On ne m'attendrit plus de la sorte désormais. Si la candeur s'unit toujours à la lubricité, je sais résister, enfin j'aime le croire. Si je puis encore résister à l'amour, je ne résiste pas à Baudelaire. Ça doit bien être pour cette raison que dans mes cinquante gigs de musique, je ne possède même pas le fameux album : Léo Ferré chante Baudelaire. Je sais que c'est dangereux pour moi. Je ne céderai pas. Cette époque-là est terminée. Je pourrais bien le réécouter maintenant afin de tester jusqu'au bout ma solidité.</content>
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    <title>La faille dans la matière unie</title>
    <published>2008-07-24T17:02:27Z</published>
    <updated>2008-07-26T21:06:42Z</updated>
    <content type="html">Je fus désespérée ce matin. J'éprouvais un sentiment très précis. Je le sentais fortement et pourtant il m'a semblé que j'étais incapable de le traduire. Je me suis rappelée un texte que j'avais écrit alors que j'étais aux prises avec un pareil état d'esprit. J'ai allumé mon vieux PC pour constater que mon dossier backup était complètement vide. J'étais certaine que ce texte n'existait plus. Je me suis ensuite rappelée que je l'avais publié sur le Web à l'époque! Magie de l'Internet! Je viens de le retrouver dans un site d'archives où ma page Web a été vraisemblablement préservée. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Cédant aux profondeurs de l'espace éventré la poitrine d'Audrey heurtait le béton, devant le regard absorbé de Jeanne. Elles s'offraient à l'agonie. Loin de subir les ravages d'une destruction qu'elles n'auraient pas désirée Audrey et Jeanne se livraient à dessein à la menace de ce lieu. Elles avaient introduit une faille dans la matière unie, tranquille, indifférente, saisi la responsabilité d'une transformation qui les précèderait toujours. Leurs mains agrippaient maintenant les irrégularités de l'espace découvert, leur souffle, enclos dans la poussière, scandait leur débordement, cherchant à imposer son rythme à cet autre corps. Juxtaposé à elles au plus près qu'il fût possible de l'être, celui-ci - le premier - avait permis l'impérative rupture de l'insularité. Cette confrontation à la béance, momentanément emplie, précipitait la corruption espérée. Leurs existences leur semblaient depuis toujours tendre toute entière vers elle et c'est dès cet instant qu'elles avaient décidé d'en provoquer l'accomplissement. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elles se dirigèrent seules vers la voiture dérobée. Elles avaient déjà presque tout oublié de son propriétaire. Quoique la forme de la vieille Mustang paraissait au premier abord complètement étrangère à elles, Jeanne et Audrey en avaient usurpé les moindres caractéristiques. Elles dominaient désormais l'immense véhicule qui avait, au départ, souhaité les engloutir. Leur entreprise leur paraissait alors résider dans un acte qui les dépassait si parfaitement. L'irrémédiable seul était parvenu à imposer la puissance inouïe, inévitable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;Je ne reconnais plus ma propre écriture. Je reconnais toutefois le sentiment. Il est difficile de le revivre à nouveau dans un contexte si différent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis mûre pour une photo de dildo, moi. Ça devrait m'amuser.</content>
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    <title>À mort la lassitude !</title>
    <published>2008-07-24T00:52:53Z</published>
    <updated>2008-07-24T17:05:21Z</updated>
    <content type="html">Je dois vous avouer que je suis particulièrement habile pour me servir des irritants de ma vie et les transformer en texte. Aujourd'hui pourtant, je n'y arrive pas. On dirait que je suis lasse de l'horreur. Je crois que je devrai retourner à l'origine de l'effroi et recommencer à craindre. Il ne faut jamais céder à la lassitude. Je tiens à rester en vie! J'ai encore bien des parties de jambe en l'air enlevantes à vivre! Vous me direz que je vous sors du cheap Schopenhauer, mais vous savez, entre la souffrance et l'ennui, ça fait longtemps que je suis du côté de la douleur!</content>
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    <title>Carcan</title>
    <published>2008-07-20T12:33:44Z</published>
    <updated>2008-07-24T00:56:09Z</updated>
    <content type="html">Tandis que je parcourais, après avoir soumis la mienne, les propositions des autres participants du projet &lt;a href="http://www.lebaiserdelamatrice.fr/"&gt;Le Baiser de la matrice&lt;/a&gt;, je me suis sentie profondément affligée. La majorité des gens soulignaient la grandeur de Proust, plusieurs projetaient de lire devant leur bibliothèque. Évidemment, c'est quétaine, chromo à l'os, mais si ce n'était que ça... Je veux dire: si seulement la quétainerie n'était qu'une faute de goût! On associe le kitsch à une faute de goût parce qu'on sous-estime sa gravité. La vérité, c'est que le kitsch est le témoignage d'une absence d'expérience réelle. On s'enferme dans des représentations figées parce que, incapable d'un contact personnel avec le monde, on ne peut se rabattre que sur des représentations figées. Proust, grand écrivain, sera éternellement condamné à demeurer enfermé dans des bibliothèques et autres lieux prestigieux. Or, c'est n'importe où ailleurs que devant une bibliothèque qu'il faudrait lire Proust. Je me suis complue dans la grossièreté, pour ne pas déroger à ma marque de commerce, mais il y avait tant d'autres lieux à utiliser! Se contenter, en parlant de Proust, d'évoquer uniquement sa grandeur c'est témoigner de l'échec de la littérature, de l'échec à laquelle nous l'avons acculée en la magnifiant. Comme si quiconque ne pouvait plus lire Proust qu'en se répétant à chaque page « Voilà de la grande littérature! », comme si on ne pouvait plus le lire qu'en se sentant tout plein du prestige dont on le croit doté. Horrible injure!</content>
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    <title>À plusieurs</title>
    <published>2008-07-19T20:20:25Z</published>
    <updated>2008-07-20T14:27:22Z</updated>
    <content type="html">J'aurai bientôt ma page de Proust à moi! Je viens de m'inscrire au projet &lt;a href="http://www.lebaiserdelamatrice.fr/"&gt;Le baiser de la matrice &lt;/a&gt;de Véronique Aubouy. Vous savez comme j'aime les activités à plusieurs!</content>
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    <title>So serious </title>
    <published>2008-07-19T17:34:14Z</published>
    <updated>2008-07-19T20:21:31Z</updated>
    <content type="html">J'ai passé la nuit à faire des rêves mettant en scène le Joker. Il y avait un homme dans mon lit ce matin. Fort heureusement, j'ai pu rentabiliser ma mouille.&lt;br /&gt;&lt;a href="http://pics.livejournal.com/desir_obscur/pic/0003syz0/"&gt;&lt;img width="320" height="138" border="0" src="http://pics.livejournal.com/desir_obscur/pic/0003syz0/s320x240" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;</content>
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    <title>La proximité de la transcendance </title>
    <published>2008-07-12T15:53:52Z</published>
    <updated>2008-07-19T17:35:29Z</updated>
    <content type="html">J'ai réussi à traîner une femme dans mon lit hier. Je peux même la désigner comme une nouvelle conquête, puisque c'est bien ce qu'elle était. Pendant l'après-coït, j'ai ressenti  profondément un manque. Dans la violence de l'orgasme, j'ai réalisé que je n'avais pas rêvé de nonnes cochonnes depuis si longtemps. Je me suis retournée à ce moment vers ma nouvelle conquête. J'avais envie de la regarder, bien sûr. Son corps reposait en sueur à côté du mien et je ne voulais rien manquer du spectacle extraordinaire de sa poitrine emportée par de légers mouvements qui rendaient ses seins encore plus invitants qu'ils ne l'étaient déjà. De toute évidence, c'était elle qui me rappelait mes désirs pour les nonnes cochonnes. Et Dieu sait que je me suis masturbée en pensant à des religieuses! Comme vous le savez, un de mes films porno préféré est &lt;i&gt;Sacro e Profano&lt;/i&gt;, un grand classique italien, qui met en scène des soeurs qui se livrent à la prostitution. Du moins, c'est ce que j'en comprends. Le film est en italien et je n'ai jamais réussi à mettre la main sur une traduction. C'est très important les traductions de films pornographiques. Je ne sais pas ce qu'elle avait qui me rappelait la nonne. Elle ne parlait pas beaucoup, ou devrais-je dire, elle parlait&amp;nbsp; seulement aux bons moments. Qualité merveilleuse! Évidemment, moi à côté, je parle beaucoup. Je devrais faire mes preuves pour qu'elle me croit aussi mystique. Je suis pourtant assez silencieuse, mais très loquace avec ceux qui parlent encore moins. À part son silence, je crois que ce sont ses yeux qui me rappelaient une religieuse. J'ai regardé très attentivement ses yeux souvent. Je crois qu'elle m'a vue. Certains hommes se trahissent en regardant des seins sans subtilité, ça m'arrive aussi parfois, mais souvent je pense que je me trahis en me laissant envahir par des yeux. Le bleu et le gris de ses yeux lui donnent un air profondément triste, de la tristesse des gens de qualité. Ils sont souvent emportés par d'intenses secousses où la mélancolie cède le pas à une vitalité qui transcende tout. J'espère toujours capter ce moment de transition. Je dois avouer que je peux le saisir souvent. En lui parlant, j'arrive à produire cette transition. Je lui parle un peu, je la regarde attentivement et elle se laisse emporter par cette vitalité formidable. C'est à ces moments qu'elle parle. Je nous imagine aisément toutes les deux dans un couvent. Nous pourrions passer nos journées côte à côte en silence, vivre de grands élans de passion pour Dieu et le soir se lancer dans la souillure saphique. Ah que je suis faite pour être une nonne cochonne!</content>
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    <title>Caesar, you don't know shit</title>
    <published>2008-07-08T01:08:34Z</published>
    <updated>2008-07-12T16:04:16Z</updated>
    <content type="html">&lt;i&gt;Corky : You know what the difference is between you and me, Violet?&lt;br /&gt;Violet : No. &lt;br /&gt;Corky: Me neither.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai eu une pensée tendre aujourd'hui pour les frères Wachowski. Je ne croyais pas que ça arriverait un jour. Dieu que non! Je viens de voir &lt;i&gt;Bound&lt;/i&gt; qui est un film de gouines des plus étonnants.&amp;nbsp; Ça commence avec du &lt;i&gt;lesbian sex &lt;/i&gt;intense entre une tomboy et une femme fatale qui imaginent un plan de crime parfait. L'amour s'installe peu à peu sans rien de trop quétaine. Tout y est. Une fois de plus ma théorie se confirme. On dira bien ce qu'on voudra mais les hommes font les meilleurs films de lesbienne. Je ne devrais pas écrire après avoir regardé un film. Je serai sans doute dythirambique et c'est emmerdant à la longue. Le film a plein de défauts. Je n'ai pas envie d'en parler maintenant. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'avais regardé pour une deuxième fois hier soir &lt;i&gt;Boys Don't Cry. &lt;/i&gt;J'y pensais et désirais y réfléchir. Je m'ennuyais aussi de Chloë Sevigny, vous savez la chanceuse qui a eu la bite de Gallo... Je n'aime pas ce film, même si moi aussi je pleure sur la tragédie qui contrarie l'amour de Teena Brandon et de Lana. Le problème réside précisément dans mes pleurs. Personne ne peut rester de marbre devant le drame cruel de la si belle - tous les personnages le répètent sans cesse - et si gentille Teena qui recherche seulement à se faire accepter. Le drame est efficace, mais il y a comme quelque chose de trop dans cette représentation. Ce n'est pas la mise en scène de la travestie, ni dans la présence de la violence. Je ne sais pas ce que c'est exactement. Je prends des notes ici. Ma réflexion n'est pas terminée. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je préfère bien largement &lt;i&gt;Bound, &lt;/i&gt;même si le film rejoue un certain nombre de clichés de gouines. Le film est d'ailleurs entièrement basé sur les clichés - de films de gangsters, notamment - et les reprises - de références à &lt;i&gt;Blue Velvet&lt;/i&gt;, par exemple. Vous vous dites sans doute que mon jugement a été brouillé par les scènes de sexe. Sans doute oui. J'aime moi aussi rentrer mes doigts dans des plottes avec autant de vigueur. C'est toujours sympathique les cunninligus, mais je dois vous avouer que j'appréciais les scènes où les doigts seuls mènent l'action. On peut tout faire avec quelques doigts dans une plotte. Croyez-moi! J'ai une longue expérience de ces choses. Sur ce, mes amis, je vous quitte. Je cours chez Hélène. Je crois qu'elle est chez elle. Mes doigts s'ennuient. Faites de beaux rêves! Les miens seront très mouillés, comme la fin de ma soirée, sans doute.</content>
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    <title>La mutante dentée </title>
    <published>2008-07-06T20:08:24Z</published>
    <updated>2008-07-08T01:16:25Z</updated>
    <content type="html">Je venais à peine de rencontrer Hélène que déjà je lui racontais que je craignais d'avoir un vagin mutant. Je pensais qu'elle arrêterait de me voir. Je cherchais peut-être à l'éloigner parce que j'avais peur de ce que j'allais découvrir auprès d'elle. &lt;a href="http://desir-obscur.livejournal.com/7015.html"&gt;J'en ai déjà parlé, &lt;/a&gt; il y a longtemps. Au début, je ne disais pas « mutant ». Je pensais que je devais avoir une maladie ou quelque chose. Après avoir vu &lt;i&gt;Dead Ringers&lt;/i&gt;, j'étais certaine que Claire Niveau et moi, nous étions la seule et même personne. J'ai regardé un film hier &lt;i&gt;Teeth&lt;/i&gt; qui m'a rappelé mes angoisses passées. À l'époque de l'Albertine mutante, j'étais impénétrable. Je ne prends pas un mot plus grave, ou plus tragique, pour éviter de dire que j'étais vierge. Mon vagin l'était peut-être, mais j'avais une vaste expérience de la sexualité pour une vierge. Je n'avais juste jamais été pénétrée, même si je désirais ardemment l'être. Je n'avais pas peur des pénis! Mon Dieu, non! Je voulais très fort, mais physiquement ça ne fonctionnait pas. Je me refermais complètement au moment crucial et j'avais une douleur, qui me paraissait, atroce. Dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Teeth&lt;/span&gt;, la jeune fille découvre la sexualité en même temps que sa condition : elle est une « vagina dentata ». Elle a donc des dents à l'intérieur du vagin. Heureusement que je n'ai pas écouté ce film avant d'aller chez la gynécologue qui m'a appris que j'étais parfaitement normale, &lt;i&gt;designée&lt;/i&gt; pour un gang bang même, j'aurais fait des rêves de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;vagina dentata. &lt;/span&gt;Le film d'horreur se veut une critique des discours sur la chasteté aux États-Unis et sur les craintes que ça génère dans l'esprit des jeunes gens. Le cinéma d'horreur n'est d'ailleurs pas d'abord un cinéma de divertissement, mais un cinéma de critique sociale. Cela dit, il manque souvent de subtilité. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Teeth&lt;/span&gt; en manque aussi, le film est néanmoins savoureux. Ce n'est pas à tous les jours qu'on peut suivre les déboires d'une &lt;span style="font-style: italic;"&gt;vagina dentata. &amp;nbsp;&lt;/span&gt;</content>
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    <title>Les rêves de jeune fille </title>
    <published>2008-07-06T01:12:03Z</published>
    <updated>2008-07-06T20:17:19Z</updated>
    <content type="html">Ah que la vie est cruelle!!! Je croisais les doigts depuis plusieurs mois pour qu'un bel homme mystérieux avec plein de livres emménage dans l'appartement en dessous de chez moi. Je suis moi-même une voisine solitaire et mystérieuse avec plein de livres. Nous nous serions croisés souvent et nous aurions fini par emboîter nos organes avec vigueur et passion. Il aurait été charmant comme tout, comme Jules dans &lt;i&gt;Jules et Jim&lt;/i&gt;. Je lui aurais laissé la clé de mon appartement pour qu'il vienne me défoncer la nuit alors qu'il travaillerait à un livre sur des insectes. Eh non. Rien de tout ça! À la place, je me retrouve avec des étudiantes tout ce qu'il y a de plus normales. Lorsque ma propriétaire m'a annoncé que deux étudiantes emménageaient sous mon appart, j'espérais au moins me retrouver avec des gouines. Hélas, non! Elles occupent deux chambres différentes d'après ce que j'ai pu constater et j'ai cru entendre des jeunes hommes dans les environs, sans doute leurs chums. Platitude!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsque je visitais un appartement, l'été dernier, j'ai failli en prendre un qui ne me convenait pas du tout parce que le propriétaire me faisait penser à Seymour dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ghost World&lt;/span&gt;. Il avait le genre vieux garçon qui s'adonne à des activités inusitées auxquelles plus personne ne s'intéresse aujourd'hui. Et il semblait maladroit avec les femmes. Tout pour me donner une furieuse envie de l'exhorter à planter sa bite dans mon cul! Il y a peu de choses que je préfère davantage que de faire surgir le potentiel lubrique qui sommeille dans le plus discret des hommes. Sous l'air le plus délicat, se terre toujours le désir profond de te traiter comme une chienne. Tout ça manque grandement de concrétude. Je songe parfois à errer dans la rue de mon Seymour dans l'espoir de finir par le recroiser. Mais il ne doit pas sortir souvent de chez lui. Si j'étais une chasseuse, je n'hésiterais pas à aller cogner à sa porte. Je suis persuadée que ça ne me prendrait pas plus d'une heure avant de réussir à l'entraîner avec moi dans son lit. Nous avions échangé plusieurs rires en à peine quelques minutes lorsque je l'avais rencontré - et on sait que l'échange de rires est un chemin privilégié vers l'échange de fluides! Si j'avais le culot de cogner à sa porte tout s'enchaînerait. Hélas, je n'arrive jamais à franchir le premier pas...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;I can't relate to 99% of humanity.&lt;/span&gt;</content>
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    <title>She treating her body like it was an amusement park!</title>
    <published>2008-07-04T17:43:55Z</published>
    <updated>2008-07-06T01:24:44Z</updated>
    <content type="html">Je crois qu'on prend goût à ces choses-là. Oh que oui! Je voulais résister à l'idée d'une prochaine photo. Je me suis dit « ah pis fuck » et je me suis lancée dans un autre hommage à cette pratique pornographique que je consomme beaucoup. Avec la giclée faciale, il s'agit peut-être d'une des grandes images de notre siècle. C'est certainement une des images prédominantes dans mon imaginaire, en tous cas. J'ai encore enfilé un pantalon et j'utilise mon corps pour la reconstitution.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src="http://pics.livejournal.com/desir_obscur/pic/0003rbws" alt="" style="width: 606px; height: 453px;" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;</content>
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    <title>Chasseuses et séductrices</title>
    <published>2008-07-02T01:23:45Z</published>
    <updated>2008-07-04T18:41:30Z</updated>
    <content type="html">&lt;div align="left"&gt;Je ne réponds pas assez souvent à mes commentaires. Mon journal n'est pas le lieu le plus interactif du net, c'est le moins qu'on puisse dire. J'ai décidé d'y aller en combo et de répondre à deux commentaires récents. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le &lt;a href="http://desir-obscur.livejournal.com/99999.html"&gt;premier commentaire &lt;/a&gt;est de prax_c_fb, un commentateur fidèle et pertinent qui nourrit chez moi de très ardents fantasmes : « la non chasse hier, la non chasse aujourd'hui. Cela semble de trop. Tu veux convaincre tes lecteurs de quelque chose ? Ou tu es une véritable chasseresse qui avance masquée ? ». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je réfléchissais hier à ce qu'il m'avait écrit. Je crois que je tente de me convaincre moi-même que je ne suis pas une chasseuse. Je lance cette affirmation - « Je ne suis pas une chasseuse » -&amp;nbsp; souvent d'ailleurs en situation de séduction. Je n'ai jamais pensé à ce que ça voulait dire. Je crois que j'essaie de m'en convaincre d'abord. Je pense sincèrement que les autres se doutent déjà que je ne suis pas une adepte active de la chasse. Certains amants, lors du verre de l'avant-baise dans un bar, m'ont déjà reproché de ne pas être suffisamment entreprenante. Ils veulent être pris en charge par la nymphomane. Je suis une nymphomane compliquée! Je ne suis pas du genre à lancer des pseudo-affirmations pour flirter. Je désire seulement dire : « Je veux ta bite! ». Je préfère de loin descendre directement le pantalon. Ce n'est pas approprié dans un bar. Je déteste le moment d'avant-baise. J'y révèle seulement ma timidité. Ce n'est pas si mal au fond, ça déçoit habituellement les caves. Ça me permet de faire le tri. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je marchais près de chez moi et j'ai vu une jolie jeune femme un peu punkette planter des fleurs près de la rue. Je trouvais la scène merveilleuse. C'est bien parce qu'elle avait un look un peu punk! Si ça avait été une hippie, je serais passée tout droit! Vous me connaissez. Pendant quelques minutes, j'ai eu envie de lui offrir de l'aide. Pour le plaisir de mettre mes mains dans la terre et pour sentir la proximité d'une « proie » - j'emploie le vocabulaire des chasseurs. Elle n'était peut-être pas lesbienne. Mais bon, ce genre de truc ça s'arrange! Vous savez avec mon charme fou, je peux transformer les plus fermes hétéros! Elle habite dans ma rue, en plus, à deux pâtés de maison. J'aurais eu le temps de la travailler. Je n'ai rien fait. Je ne me suis pas accroupie près d'elle pour mettre mes mains dans la terre près de ses douces mains. C'eût été beau et romantique! Ce n'est pas mon genre, j'ai envisagé ce plan seulement parce que je tentais de voir si j'étais une chasseuse ou non. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le &lt;a href="http://desir-obscur.livejournal.com/99465.html"&gt;second commentaire&lt;/a&gt; est d'un anonyme : «C'mon, un peu de lucidité! Il faut savoir faire la différence entre séduction et manipulation...La séduction est quelque chose de naturel et d'extraordinaire. Tu en connais quelque chose sur le sujet! Il y a une différence entre la force d'attraction et l'emprise mise au point à l'aide de méthodes sophistiquées que l'on remarque à cent mille à l'heure. Subtilité please! La séductrice agit de la même manière avec tout le monde, la manipulatrice te renvoie exactement l'image que tu veux voir, elle te flatte. À ta place, j'oublierais cette rencontre provoquée entre les prétendues "séductrices". Celles qui ne peuvent survivre que par le fait de plaire sont justement celles qui entretiennent le réseau de haine envers les autres séductrices!»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ah, ah, mais je ne parlais pas de séductrices de bas étage! Je parlais de grandes dames! Élégantes, je le répète! C'est tout autre chose. Je connais bien les manipulatrices de bas de gamme. Je sais bien quand une de ces stupides personnes me dit ce que je désire entendre. Ce n'est aucunement ce que je tentais de décrire au sujet de Laurence et de l'autre grande séductrice dont je parlais. Elles agissent naturellement. Je crois qu'elles le savent parce qu'elles sont particulièrement intelligentes et lucides. Elles l'ont travaillé un peu avec le temps, mais ça demeure très naturel. Comme je l'écrivais, ça détermine leur relation au monde. Elles agissent ainsi avec tout le monde en effet. De la même manière que l'érotisme est une chose très simple déterminée par quelques clichés, la séduction ce n'est pas grand chose au fond. Je veux dire qu'on rejoue sans cesse une recette similaire. Je ne parle pas ici de la flatterie. Je parle de vraie séduction qui transcende les actions banales pour s'attirer les faveurs d'un autre.</content>
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    <title>Well you're a preacher's daughter</title>
    <published>2008-06-30T23:37:37Z</published>
    <updated>2008-07-02T01:39:31Z</updated>
    <content type="html">Je viens de découvrir ma chanson d'amour préférée : « Juarez » de Mark Lanegan. En cherchant sur Stuart Staples, le chanteur de Tindersticks - un groupe dans la lignée de Pulp que je vous recommande vivement -, j'ai entendu parlé de l'existence d'un certain Mark Lanegan, dont la voix ressemblait, disait-on, à Stuart Staples et à Tom Waits. Je marchais tantôt de HoMa jusqu'au centre-ville. Je voulais sentir mes muscles me faire mal et avoir le corps en sueur. J'écoutais Mark Lanegan dans mon Ipod sans me douter de l'existence de ce qui est maintenant ma chanson d'amour. &lt;i&gt;Give me another blow job\ Before I'm on the nod\ Say you'll always love me and\ Never do me harm. &lt;/i&gt;Je me suis sentie fondre. Je désirais dire oui à tout: au blow job, à la tendresse, à l'éternité. Heureusement que j'étais seule... Si Hélène avait été là, je me serais sans doute jetée entre ses cuisses pour lui faire la plus brûlante déclaration d'amour.</content>
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    <title>Sur un plateau d'argent</title>
    <published>2008-06-29T23:27:59Z</published>
    <updated>2008-06-30T23:43:04Z</updated>
    <content type="html">Je devrais faire plus souvent des souhaits!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous me croirez ou non, mais on m'a apporté sur un plateau d'argent un jeune homme il y a quelques minutes. je vous le jure! Je faisais tranquillement ma vaisselle tout en contemplant l'averse torrentielle qui venait de s'abattre sur la ville et en écoutant Portishead - grande scène romantique! - lorsque je me suis aperçue qu'un homme était adossé contre ma porte d'entrée. Un des grands charmes de mon logement est d'intégrer l'escalier qui mène de la porte du deuxième jusqu'à mon appartement au troisième. J'aurais très bien pu rater cette charmante silhouette si je n'avais pas marché un peu de la cuisine vers le salon. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai d'abord sursauté. Que pouvait bien faire un homme contre ma porte? (À part de se branler, dans le cas d'un pervers. Mais ce n'en était pas un. Enfin, rien ne permettait de le présager.) S'abriter de la pluie, évidemment! N'empêche que je ne ferais jamais quelque chose comme ça. Je préférerais être trempée jusqu'aux os que de m'abriter sur un balcon inconnu. De toute manière, j'adore marcher sous la pluie. Je me suis dit que, enfin, ça devait être ce que les gens normaux faisaient, trouver le premier abri accessible. Ne croyez pas que je voulais le chasser. Oh non! Vous savez que je suis l'hospitalité même! J'étais simplement étonnée. La surprise passée, j'ai décidé de profiter de la vue qui s'offrait à moi. Ses épaules étaient assez larges et il avait les cheveux mi-longs - comme je les aime tant! - bruns et bouclés. L'homme - qui devait avoir sensiblement le même âge que moi, mi-vingtaine ou début trentaine - avait un dos plutôt irrésistible, un dos fort contre lequel on aime presser ses seins et une nuque qu'on a envie de mordre - enfin, quand on a des seins et quand on aime mordre! Comme il eût été facile de descendre l'escalier, de lui ouvrir la porte et de lui ordonner de me prendre directement dans l'escalier, comme Viggo Mortensen dans &lt;i&gt;A History of Violence&lt;/i&gt;. Voir son dos suffisait à lui prêter une bitte assez large, qui stimule à merveille l'entrée du vagin en s'y enfonçant. Si j'écrivais de la littérature érotique de second ordre, je n'aurais aucune gêne à décrire la réalisation de mes fantasmes les plus ridicules en vous faisant croire que ça s'est vraiment passé ainsi. Mais vous le savez, mes chers lecteurs, je ne donne que dans le vrai! Et la vérité c'est que la vie suce et que les rêves qui deviennent réalité ne sont que des cas d'exception! La vie déçoit plus souvent qu'autrement, c'est un fait. Je ne vous ferai pas croire le contraire. Je ne penserai pas que vous pourriez prendre des vessies pour des lanternes. Je vous ai en bien trop haute estime, vous le savez!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors, non, je ne suis pas allée à la rencontre de ce dos qui m'était offert. J'étais tellement excitée par la situation et par le récit que je vous en ferais que j'ai décidé à la place de saisir ma caméra et de capter cette image fascinante! Hélas, on distingue à peine la silhouette à travers le rideau de la porte d'entrée... Vous pourriez croire que j'ai tout inventé ou que j'ai aperçu un fantôme! Quelle injure! Je partage néanmoins avec vous un des clichés les plus clairs. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://pics.livejournal.com/desir_obscur/pic/0003p6z7"&gt;&lt;img alt="" style="width: 714px; height: 537px;" src="http://pics.livejournal.com/desir_obscur/pic/0003p6z7" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;</content>
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    <title>Les rencontres ratées</title>
    <published>2008-06-29T21:08:20Z</published>
    <updated>2008-06-29T23:40:28Z</updated>
    <content type="html">Ça vous étonnera peut-être, mais il m'arrive rarement de désirer des inconnus. Un corps ou un visage, si attrayant soit-il, suffit rarement à éveiller seul mon désir. Il a besoin d'un peu de personnalité, d'épaisseur historique pour attiser mes sens. Je me surprend pourtant depuis quelques temps à imaginer quantité de scènes torrides impliquant des hommes et des femmes de genres les plus divers que je croise dans la rue. Ces jours-ci, il m'en faut peu pour me donner envie d'entraîner dans les buissons les passants et passantes qui croisent ma route. J'examine de près toutes les paires de seins qui s'offrent à mon regard, toutes les braguettes, toutes les fesses et les cuisses. Je meurs d'envie de voir ce qui se cachent derrière les tissus, de découvrir toutes les bittes, les chattes et les seins. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tandis que je marchais vendredi sur Ste-Catherine, à l'entrée du Village, avec de la musique à tue-tête dans mes oreilles bien évidemment - c'est la seule chose qui rend les foules tolérables -, j'ai cru entendre quelqu'un me saluer. J'ai failli poursuivre la route, comme je l'aurais fait normalement - je me méfie des rencontres impromptues -, mais je me sentais curieuse, alors je me suis retournée. Un homme qui marchait en sens contraire semblait effectivement m'avoir saluée, un parfait inconnu. Que pouvait bien me vouloir un inconnu? J'ai préféré reprendre ma route. Quelques minutes plus tard, j'ai à nouveau entendu une voix. À ma gauche se trouvait mon inconnu de tantôt qui me disait, je ne sais quoi. J'ai interrompu ma musique. Il m'a demandé comment j'allais et je lui ai répondu « Bien! » tout en continuant de marcher. Il a continué de marcher avec moi et m'a demandé si j'accepterais d'aller prendre une bière. Je lui ai répondu la vérité, en prenant soin de ne pas mettre en évidence l'absence réelle de lien entre mes deux phrases: « Non, désolée. Je vais chez un ami. » Il m'a répondu en riant que mon ami était chanceux et que lui ne l'était pas. J'ai ri de bon coeur - allez savoir pourquoi -, puis je lui ai souhaité « Bonne journée! ». Il m'a dit que j'étais gentille - allez savoir pourquoi, aussi. En tous cas, s'il aime les filles gentilles, il est bien chanceux que j'aie refusé son invitation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Évidemment, je n'aurais jamais pu considérer sa proposition. Je n'accepte jamais les invitations d'inconnus dans la rue - qui prolifèrent, vous vous en doutez bien, avec tout le sex appeal que vous me connaissez! Après coup, je me suis pourtant surprise à regretter. Ce n'est pas qu'il était particulièrement attirant. Mais il était costaud et son visage était très masculin, avec un rien d'animal, alors qu'en général j'attire les hommes délicats.  Je me suis mise à imaginer ce que ça aurait été de sentir ce corps grand et costaud contre le mien. Je sais que ça n'a aucun rapport, mais je me suis dit qu'il devait avoir une grosse queue. Je regrettais de ne pas avoir pris la peine de vérifier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si j'avais répondu à son invitation, je ne serais pas allée prendre une bière avec lui. Je l'aurais traîné jusque chez moi sans lui demander son nom, sans prendre le temps de faire sa connaissance. J'aurais grimpé sur lui, je l'aurais embrassé puis je me serais dirigée directement vers sa braguette. Il avait l'air d'une gentille bête. Je suis certaine qu'il aurait visité avec joie chacun de mes orifices. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vraiment, je devrais parfois prendre la peine de réfléchir avant de refuser des invitations. J'ai une violente envie de fourrer mais je n'ai pas envie de faire le moindre effort. Je ne suis pas une chasseuse. Ça m'emmerde, la chasse. Je veux juste qu'on m'amène une proie toute prête dans mon logis. Je devrais appeler Hélène et lui dire de m'amener quelqu'un.</content>
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