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  <title>Albertine retrouvée</title>
  <subtitle>Récits d'une catin cérébrale</subtitle>
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    <name>Albertine Bouquet</name>
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  <updated>2012-05-27T13:18:13Z</updated>
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    <title>Ma vie imaginée</title>
    <published>2012-05-26T20:42:39Z</published>
    <updated>2012-05-27T01:15:27Z</updated>
    <content type="html">Je ne parle pas assez souvent &amp;agrave; mon go&amp;ucirc;t de litt&amp;eacute;rature ici. Je me dis qu&amp;#39;on sait bien que je lis tout le temps, j&amp;#39;aurais peur de devenir emmerdante si je racontais tout ce que je lis et tout ce que je pense. Ces jours-ci, en plus, je fume trop de pot. &amp;Ccedil;a m&amp;#39;aide &amp;agrave; lire tr&amp;egrave;s longtemps, mais &amp;ccedil;a m&amp;#39;emp&amp;ecirc;che de baiser. Oh j&amp;#39;exag&amp;egrave;re, &amp;ccedil;a ne m&amp;#39;emp&amp;ecirc;che pas de fourrer, &amp;ccedil;a m&amp;#39;emp&amp;ecirc;che en fait de jouir d&amp;eacute;cemment et &amp;ccedil;a me met en beau fusil! J&amp;#39;ai envie de sexe continuellement et je m&amp;#39;en prive &amp;agrave; cause de la drogue. N&amp;#39;importe quoi!&amp;nbsp;N&amp;eacute;anmoins, gr&amp;acirc;ce au pot, je viens de terminer &lt;i&gt;Soifs&lt;/i&gt; de Marie-Claire Blais que j&amp;#39;essaie de lire depuis si longtemps. Je ne parlerai pas r&amp;eacute;ellement de cette lecture puisque je me sens bien petite &amp;agrave; c&amp;ocirc;t&amp;eacute; de ce livre d&amp;#39;une telle complexit&amp;eacute;, que j&amp;#39;ai eu tant de mal &amp;agrave; lire parce qu&amp;#39;il est trop extraordinaire et parce que j&amp;#39;avais toujours un peu l&amp;#39;impression de le g&amp;acirc;cher. Il suffit de lever les yeux deux secondes du livre pour avoir l&amp;#39;impression de passer &amp;agrave; c&amp;ocirc;t&amp;eacute; de tous les d&amp;eacute;tails.&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans &lt;i&gt;Soifs&lt;/i&gt;, il y a de grandes et puissantes charges f&amp;eacute;ministes. Il y a aussi de grandes et puissantes r&amp;eacute;flexions sur toutes les violences du monde, mais disons que pour ce bref commentaire, je me concentrerai sur les passages f&amp;eacute;ministes. On y raconte, par exemple, des viols. En lisant ces pages, je me suis rappel&amp;eacute;e de la premi&amp;egrave;re fois o&amp;ugrave; j&amp;#39;ai compris c&amp;#39;&amp;eacute;tait quoi un viol. Avant d&amp;#39;avoir saisi par moi-m&amp;ecirc;me ce que signifiait ce mot, on m&amp;#39;avait prise autrefois pour une adolescente viol&amp;eacute;e. M. et Mme Bouquet m&amp;#39;avaient inscrite dans les Jeannettes quand j&amp;#39;avais autour de 10 ans. Eh oui, un jour, Albertine fut membre &amp;agrave; part enti&amp;egrave;re de ce grand mouvement mondial qu&amp;#39;est le scoutisme! Qui l&amp;#39;e&amp;ucirc;t cru?! Mes monitrices de Jeannettes &amp;eacute;taient des femmes odieuses. Moi, j&amp;#39;&amp;eacute;tais une petite fille agressive qui avait bien envie de se payer la t&amp;ecirc;te de ces femmes d&amp;eacute;biles. Je disais toujours les pires niaiseries pour faire rigoler mes consoeurs. &amp;Ccedil;a fonctionnait tr&amp;egrave;s bien! En peu de temps, plusieurs Jeannettes appr&amp;eacute;ciaient mon petit show narcissique. J&amp;#39;&amp;eacute;tais aussi devenue rapidement le bouc &amp;eacute;missaire. J&amp;#39;&amp;eacute;tais celle que ses camarades liquidaient &amp;agrave; la premi&amp;egrave;re occasion pour avoir pour elles seules l&amp;#39;affection des monitrices. Je me laissais faire. &amp;Ccedil;a ne me d&amp;eacute;rangeait de subir les foudres de ces connes, j&amp;#39;acceptais leurs punitions avec le sourire et j&amp;#39;&amp;eacute;coutais leur sermon idiot jusqu&amp;#39;&amp;agrave; la fin. Mais un jour, les monitrices ne sachant vraiment plus quoi de faire de l&amp;#39;odieuse petite fille que j&amp;#39;&amp;eacute;tais, elles ont d&amp;eacute;cid&amp;eacute; de m&amp;#39;inventer une vie, &amp;agrave; leurs yeux, mis&amp;eacute;rable. Ces &amp;eacute;paisses ont appel&amp;eacute; Mme Bouquet pour lui dire que sa petite Albertine avait des troubles de comportement r&amp;eacute;currents qui ne pouvaient qu&amp;#39;&amp;ecirc;tre le r&amp;eacute;sultat d&amp;#39;un viol.&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma m&amp;egrave;re ne m&amp;#39;en a pas parl&amp;eacute;. Elle a v&amp;eacute;cu de nombreux mois en m&amp;#39;&amp;eacute;piant et en se demandant si j&amp;#39;avais &amp;eacute;t&amp;eacute; viol&amp;eacute;e. J&amp;#39;&amp;eacute;tais inconsciente du drame que vivait ma m&amp;egrave;re. Un jour, je suis rentr&amp;eacute;e des scouts en pleurant parce que mes monitrices avaient refus&amp;eacute; de me donner ma badge d&amp;#39;astronomie pour une recherche sur les constellations que j&amp;#39;avais mont&amp;eacute;e pendant des mois. Dans une grande sc&amp;egrave;ne de col&amp;egrave;re, j&amp;#39;ai r&amp;eacute;v&amp;eacute;l&amp;eacute; &amp;agrave; ma m&amp;egrave;re dans les mains de quelles idiotes elle me laissait semaine apr&amp;egrave;s semaine. Je lui ai avou&amp;eacute; que j&amp;#39;&amp;eacute;tais, de plus en plus,&amp;nbsp;l&amp;#39;exclue du groupe. J&amp;#39;&amp;eacute;tais pass&amp;eacute;e de la petite vedette, leader charismatique, &amp;agrave; l&amp;#39;ind&amp;eacute;sirable et au monstre absolu. Ma m&amp;egrave;re m&amp;#39;a alors tout racont&amp;eacute;. Elle m&amp;#39;a expliqu&amp;eacute; que mes monitrices lui avaient dit que j&amp;#39;avais &amp;eacute;t&amp;eacute; viol&amp;eacute;e. Je lui ai r&amp;eacute;pondu que je ne pensais pas avoir &amp;eacute;t&amp;eacute; viol&amp;eacute;e, m&amp;ecirc;me si je ne comprenais pas exactement ce que &amp;ccedil;a voulait dire. J&amp;#39;ai lu, plus tard, plusieurs romans qui racontaient des viols en essayant de comprendre. Ce n&amp;#39;est qu&amp;#39;en lisant &lt;i&gt;La maison aux esprits&lt;/i&gt; d&amp;#39;Isabel Allende que j&amp;#39;ai tout saisi. J&amp;#39;ai d&amp;eacute;couvert que le viol &amp;eacute;tait une affaire de pouvoir, et non de d&amp;eacute;sir sexuel comme on l&amp;#39;affirme effront&amp;eacute;ment pour prot&amp;eacute;ger les agresseurs, qui consiste &amp;agrave; humilier une femme pour la faire taire et pour l&amp;#39;emp&amp;ecirc;cher de vivre. En m&amp;#39;imaginant un pass&amp;eacute; d&amp;#39;adolescente viol&amp;eacute;e, mes monitrices, victimes de mes moqueries et de ma cruaut&amp;eacute;, d&amp;eacute;siraient faire de moi une adolescente symboliquement humili&amp;eacute;e, une adolescente qui n&amp;#39;aurait plus le choix de se taire et de prendre son trou.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Apr&amp;egrave;s que Mme Bouquet m&amp;#39;ait r&amp;eacute;v&amp;eacute;l&amp;eacute;e ce qui se tramait dans mon dos, j&amp;#39;ai quitt&amp;eacute; les Jeannettes en souhaitant &amp;agrave; mes monitrices de se faire pendre avec leurs noeuds coulants ou en les imaginant mourir br&amp;ucirc;l&amp;eacute;es dans leurs tentes. &amp;Agrave; partir de ce jour-l&amp;agrave;, je crois que quelque chose s&amp;#39;est r&amp;eacute;ellement bris&amp;eacute; en moi. Elles avaient bien r&amp;eacute;ussies leur coup, les salopes! Dans &lt;i&gt;La maison aux esprits&lt;/i&gt;, si ma m&amp;eacute;moire est bonne, l&amp;#39;agresseur est un propri&amp;eacute;taire terrien. Il a fait construire l&amp;#39;&amp;eacute;cole et l&amp;#39;&amp;eacute;glise du village, il donne des emplois dans ses champs &amp;agrave; tous les habitants. Puisque tout lui appartient, la nuit il passe violer les m&amp;egrave;res et les adolescentes de maison de maison. Le village entier d&amp;eacute;pend de lui, rien ne peut l&amp;#39;arr&amp;ecirc;ter. Dans un roman comme &lt;i&gt;Soifs&lt;/i&gt; qui saisit &amp;agrave;-bras-le-corps toutes les formes de violence, on voit pr&amp;eacute;cis&amp;eacute;ment de quelle mani&amp;egrave;re celles-ci s&amp;#39;inscrivent entre autres dans les femmes, qu&amp;#39;elles aient &amp;eacute;t&amp;eacute; viol&amp;eacute;es litt&amp;eacute;ralement ou symboliquement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En ce moment, une grande gr&amp;egrave;ve &amp;eacute;tudiante fait rage dans tout le Qu&amp;eacute;bec. Plusieurs personnes d&amp;eacute;couvrent la brutalit&amp;eacute; polici&amp;egrave;re comme une r&amp;eacute;alit&amp;eacute; nouvelle. Elle ne date pourtant pas d&amp;#39;hier. Les policiers peuvent, notamment, se d&amp;eacute;fouler sur les femmes, s&amp;#39;ils le d&amp;eacute;sirent, et ainsi les faire payer pour celles qui leur ont bris&amp;eacute; le coeur. Toutes les nuits, je suis tourment&amp;eacute;e en songeant &amp;agrave; toutes les femmes symboliquement viol&amp;eacute;es par les jets de poivre de Cayenne des policiers qui les couvrent de la t&amp;ecirc;te aux pieds. Je pense aux primates en armure qui se jettent &amp;agrave; cinq sur une femme toute minuscule pour la plaquer au sol. Je me r&amp;eacute;veille en pensant &amp;agrave; toutes les combattantes anonymes qui se feront traiter de garce dans les autobus alors qu&amp;#39;elles sont &amp;agrave; la merci des agents de la paix. Soyez courageuses, les filles! Notre vengeance approche. &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;</content>
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    <title>Les sorcières</title>
    <published>2012-05-13T17:46:05Z</published>
    <updated>2012-05-13T17:58:01Z</updated>
    <lj:music>Chostakovitch - Quatuor à cordes no. 8, op. 110</lj:music>
    <content type="html">&lt;p&gt;&amp;Agrave; peu pr&amp;egrave;s tout le monde conna&amp;icirc;t l&amp;#39;histoire: jeudi dernier, des bombes fumig&amp;egrave;nes ont &amp;eacute;t&amp;eacute; lanc&amp;eacute;es dans le m&amp;eacute;tro de Montr&amp;eacute;al, provoquant la paralysie du m&amp;eacute;tro pendant deux heures. Rapidement, puisqu&amp;#39;on vit l&amp;agrave; o&amp;ugrave; il ne se passe jamais rien (ou devrais-je dire: ne se passait rien, peut-&amp;ecirc;tre, qui sait), dans ce pays que Wajdi Mouawad avait d&amp;eacute;crit si justement comme&amp;nbsp;&lt;i&gt;monstrueusement en paix&lt;/i&gt;, les journalistes en ont fait une grosse histoire et une chasse aux sorci&amp;egrave;res s&amp;#39;est rapidement d&amp;eacute;clench&amp;eacute;e. Heureusement, un honn&amp;ecirc;te citoyen avait, para&amp;icirc;t-il, film&amp;eacute; l&amp;#39;affaire, et des images de quatre jeunes gens ont commenc&amp;eacute; &amp;agrave; circuler: trois femmes, deux dont on voyait tr&amp;egrave;s bien le visage, et un homme &amp;agrave; l&amp;#39;improbable poncho. Sans expliquer ce qui permettait de penser qu&amp;#39;il s&amp;#39;agissait des coupables, la police a demand&amp;eacute; la collaboration du public. Et puisque les collabos dans l&amp;#39;&amp;acirc;me sont nombreux, les pr&amp;eacute;sum&amp;eacute;s coupables, trait&amp;eacute;s d&amp;#39;entr&amp;eacute;e de jeu comme des coupables par les charognards, ont &amp;eacute;t&amp;eacute; d&amp;eacute;nonc&amp;eacute;s (allez savoir si c&amp;#39;est par de simples connaissances, des amis, des adversaires politiques ou de pr&amp;eacute;tendus alli&amp;eacute;s) et les noms des pr&amp;eacute;sum&amp;eacute;s coupables, trait&amp;eacute;s comme des coupables, ont commenc&amp;eacute; &amp;agrave; circuler. Gr&amp;acirc;ce aux bons soins de La Presse et de LCN, on a m&amp;ecirc;me su et vu o&amp;ugrave; habitaient deux des pr&amp;eacute;sum&amp;eacute;s coupables. Les accusations de terrorisme, vomies d&amp;#39;abord par les d&amp;eacute;magos en chef, puis recrach&amp;eacute;es b&amp;ecirc;tement par les impuissants qui ne pardonneront jamais qu&amp;#39;on d&amp;eacute;range leur osti de confort de marde et pr&amp;eacute;f&amp;eacute;reront toujours s&amp;#39;en prendre &amp;agrave; ceux qui d&amp;eacute;fendent un monde plus juste qu&amp;#39;&amp;agrave; ceux qui les &amp;eacute;crasent, ont inond&amp;eacute; tous les r&amp;eacute;seaux.&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Constatant l&amp;#39;ampleur de la violence des r&amp;eacute;actions, j&amp;#39;ai d&amp;#39;abord &amp;eacute;t&amp;eacute; &amp;eacute;tonn&amp;eacute;e, puis j&amp;#39;ai eu envie de crever. Mais il y a quelque chose qui m&amp;#39;a &amp;eacute;tonn&amp;eacute;e encore davantage et qui a fini par m&amp;#39;insuffler la col&amp;egrave;re suffisante pour sortir de mon d&amp;eacute;sespoir. Les journalistes de TVA, ne reculant devant aucune limite que pourrait imposer la simple d&amp;eacute;cence, sont all&amp;eacute;s interroger la famille d&amp;#39;une des pr&amp;eacute;sum&amp;eacute;es coupables, sur le m&amp;ecirc;me mode qu&amp;#39;ils s&amp;#39;&amp;eacute;taient lanc&amp;eacute;s sur la m&amp;egrave;re de Kimveer Gill, sur le mode &amp;laquo;Mais mon Dieu, comment vous sentez-vous d&amp;#39;avoir un enfant si monstrueux qui a commis une horreur pareille?!?!&amp;raquo; Et bien s&amp;ucirc;r, la famille, vuln&amp;eacute;rable, est tomb&amp;eacute;e dans le panneau. Le grand-p&amp;egrave;re pleurait et la m&amp;egrave;re de la jeune femme a d&amp;eacute;clar&amp;eacute;: &amp;laquo;C&amp;#39;&amp;eacute;tait une jeune fille si studieuse! Elle a forc&amp;eacute;ment &amp;eacute;t&amp;eacute; influenc&amp;eacute;e!&amp;raquo;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tabarnak! Si un jour je commets une action explosive et que Madame Bouquet dit une telle chose, je la renie! Oh bien s&amp;ucirc;r, elle serait d&amp;#39;abord surprise. Rien ne lui permet de pr&amp;eacute;sager que sa belle petite Albertine pose un tel geste. Mais il me semble qu&amp;#39;elle finirait bien par se dire que, au fond, ce n&amp;#39;est pas si &amp;eacute;tonnant, que c&amp;#39;est bien moi, Albertine qui ai pu faire &amp;ccedil;a, elle ne me d&amp;eacute;poss&amp;egrave;derait pas de mon geste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puisque c&amp;#39;est bien &amp;ccedil;a que la m&amp;egrave;re de la jeune femme a fait, la d&amp;eacute;poss&amp;eacute;der de son geste, avec les meilleures intentions du monde, bien s&amp;ucirc;r, ce qui pourtant n&amp;#39;excuse rien. D&amp;eacute;poss&amp;eacute;der quelqu&amp;#39;un de son geste, c&amp;#39;est m&amp;ecirc;me pire que de l&amp;#39;insulter ou de le menacer. Que te reste-t-il quand il ne te reste plus tes gestes?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On sait bien, une jeune femme ne peut qu&amp;#39;&amp;ecirc;tre influenc&amp;eacute;e! C&amp;#39;est s&amp;ucirc;r que c&amp;#39;est la faute du gars &amp;agrave; l&amp;#39;improbable poncho, seul m&amp;acirc;le de la gang! Une jeune femme ne peut pas participer &amp;agrave; une action pareille de son propre gr&amp;eacute;! Encore moins l&amp;#39;orchestrer! C&amp;#39;est ce qu&amp;#39;elle doit se dire, sa m&amp;egrave;re.&amp;nbsp;Mais crisse, qu&amp;#39;est-ce qu&amp;#39;on en sait? Peut-&amp;ecirc;tre bien que c&amp;#39;est cette jeune fille jadis (!) si studieuse est le cerveau de l&amp;#39;affaire!&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout ce qu&amp;#39;on sait, c&amp;#39;est que cette jeune femme, comme ses compagnes de lutte, n&amp;#39;a pas fini de se faire traiter de folle, parce qu&amp;#39;une femme qui lutte, une femme qui crie, une femme qui passe &amp;agrave; l&amp;#39;action, c&amp;#39;est toujours une folle. Je l&amp;#39;ai bien vu &amp;agrave; la manif f&amp;eacute;ministe &amp;agrave; laquelle je suis all&amp;eacute;e l&amp;#39;autre jour. Il m&amp;#39;&amp;eacute;tait arriv&amp;eacute; de voir de l&amp;#39;hostilit&amp;eacute; &amp;agrave; l&amp;#39;&amp;eacute;gard de manifestants dans d&amp;#39;autres manifs, mais un tel m&amp;eacute;pris et une telle fa&amp;ccedil;on de gesticuler ou de s&amp;#39;exclamer &amp;laquo;Osties de folles&amp;raquo;, ce n&amp;#39;est toujours que dirig&amp;eacute; envers les femmes.&lt;/p&gt;</content>
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    <title>L'envie du vagin</title>
    <published>2012-04-25T18:47:40Z</published>
    <updated>2012-05-27T13:18:13Z</updated>
    <content type="html">&lt;a href="http://pics.livejournal.com/desir_obscur/pic/00055gg6/"&gt;&lt;img alt="" height="480" src="http://pics.livejournal.com/desir_obscur/pic/00055gg6/s640x480" style="border-top-width: 0px; border-right-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-left-width: 0px; border-top-style: solid; border-right-style: solid; border-bottom-style: solid; border-left-style: solid; " width="340" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;laquo; Passive, rattle-headed Daddy&amp;#39;s Girl, ever eager for approval, for a pat on the head, for the &amp;quot;respect&amp;quot; if any passing piece of garbage, is easily reduced to Mama, mindless ministrator to physical needs, soother of the weary, apey brow, booster of the tiny ego, appreciator of the contemptible, a hot water bottle with tits. &amp;raquo; Valerie Solanas, &lt;i&gt;SCUM manifesto&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n&amp;#39;ai aucune piti&amp;eacute; pour les filles du p&amp;egrave;re promptes &amp;agrave; chier sur leurs cons&amp;oelig;urs pour conserver leur place parmi les hommes! Par chance, je n&amp;#39;ai jamais pass&amp;eacute; m&amp;ecirc;me proche d&amp;#39;&amp;ecirc;tre une fille du p&amp;egrave;re. Puisque cette r&amp;eacute;alit&amp;eacute; m&amp;#39;&amp;eacute;chappait compl&amp;egrave;tement,&amp;nbsp;j&amp;#39;ai mis du temps &amp;agrave; comprendre ce qu&amp;#39;&amp;eacute;tait une daddy&amp;#39;s girl. Je n&amp;#39;ai pas saisi, non plus, imm&amp;eacute;diatement pourquoi je n&amp;#39;en &amp;eacute;tais pas une. J&amp;#39;ai toujours &amp;eacute;t&amp;eacute; pour M. Bouquet une femme dangereuse qu&amp;#39;il aimait autant qu&amp;#39;il redoutait. &amp;Ccedil;a m&amp;#39;a sauv&amp;eacute;e! Si le concept existe, je suppose que je suis une fille de la m&amp;egrave;re. L&amp;#39;amour entre Mme Bouquet et moi se construit &amp;agrave; travers une transmission de force et d&amp;#39;ind&amp;eacute;pendance. Plus je suis m&amp;eacute;chante et impitoyable comme elle, plus je suis digne d&amp;#39;&amp;ecirc;tre sa prog&amp;eacute;niture. La fille de la m&amp;egrave;re sait d&amp;egrave;s le d&amp;eacute;but de sa vie que sa m&amp;egrave;re veut &amp;agrave; tout prix &amp;ecirc;tre renvers&amp;eacute;e et d&amp;eacute;pass&amp;eacute;e. En effet, pour ma g&amp;eacute;nitrice, sa grande fiert&amp;eacute; est de me voir plus intelligente et puissante qu&amp;#39;elle. J&amp;#39;ai entendu quelques fois ma m&amp;egrave;re confier avec bonheur &amp;agrave; ses amies, alors qu&amp;#39;elle me croyait endormie, que j&amp;#39;&amp;eacute;tais une rebelle. Si la daddy&amp;#39;s girl reconduit une histoire de la passivit&amp;eacute; et de la soumission, la fille de la m&amp;egrave;re s&amp;#39;inscrit dans une histoire de la rivalit&amp;eacute; et du renversement.&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon anarchiste pr&amp;eacute;f&amp;eacute;r&amp;eacute; est arriv&amp;eacute; chez moi hier compl&amp;egrave;tement vid&amp;eacute;. Il revenait d&amp;#39;une assembl&amp;eacute;e g&amp;eacute;n&amp;eacute;rale o&amp;ugrave; des universitaires, fiers de reconduire les horreurs du patriarcat mais conscients qu&amp;#39;ils doivent faire semblant d&amp;#39;&amp;ecirc;tre progressistes, avaient convoqu&amp;eacute; des f&amp;eacute;ministes pour leur expliquer de quelle mani&amp;egrave;re ils pourraient rendre leur assembl&amp;eacute;e plus sensible &amp;agrave; la question des femmes. Les jeunes f&amp;eacute;ministes, dans cette assembl&amp;eacute;e d&amp;#39;hommes penseurs et de daddy&amp;#39;s girls &amp;eacute;tudiantes en philosophie, ont t&amp;eacute;moign&amp;eacute; d&amp;#39;embl&amp;eacute;e une certaine col&amp;egrave;re face &amp;agrave; leur mission. Une d&amp;#39;elles a os&amp;eacute; dire qu&amp;#39;elle ne comprenait pourquoi les f&amp;eacute;ministes devaient toujours venir s&amp;#39;expliquer, alors que le patriarcat dominait tout sans avoir de compte &amp;agrave; rendre. Devant cette r&amp;eacute;alit&amp;eacute; incontestable - eh oui, c&amp;#39;est forc&amp;eacute;ment injuste que les f&amp;eacute;ministes doivent s&amp;#39;expliquer tout le temps -, la procession d&amp;#39;hommes cultiv&amp;eacute;s qui bandent sur le grand g&amp;eacute;nie masculin blanc et mort - Kant, Hegel et Heidegger - furent froiss&amp;eacute;s. Les hommes penseurs, soi-disant f&amp;eacute;ministes, se sentaient petits dans leurs culottes. Les daddy&amp;#39;s girls, toujours au service des couilles menac&amp;eacute;es, ont pris la d&amp;eacute;fense de leurs coll&amp;egrave;gues masculins contre leurs consoeurs. Les courageuses f&amp;eacute;ministes ont donc d&amp;ucirc; expliquer les principes de la f&amp;eacute;minisation de la langue, des tours au micro homme-femme dans les assembl&amp;eacute;es et des comit&amp;eacute;s non-mixtes devant cette assembl&amp;eacute;e hostile. Mon anarchiste pr&amp;eacute;f&amp;eacute;r&amp;eacute; rageait en voyant ce spectacle d&amp;eacute;go&amp;ucirc;tant. Il a pris un peu la parole pour d&amp;eacute;fendre les f&amp;eacute;ministes, mais il &amp;eacute;tait conscient d&amp;#39;&amp;ecirc;tre l&amp;#39;homme qui d&amp;eacute;fend les femmes alors que ce sont les femmes de l&amp;#39;assembl&amp;eacute;e qui auraient d&amp;ucirc; se lever d&amp;#39;un seul bloc pour d&amp;eacute;fendre leurs consoeurs. &amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans son manifeste, Valerie Solanas conteste le concept de l&amp;#39;envie du p&amp;eacute;nis.&amp;nbsp;L&amp;#39;homme philosophe aimerait tellement &amp;ecirc;tre une femme brillante (pussy envy)&amp;nbsp;qu&amp;#39;il doit assassiner toutes celles qu&amp;#39;il rencontre avec la complicit&amp;eacute; des filles du p&amp;egrave;re.&amp;nbsp;</content>
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    <title>Les bedons vides du soir</title>
    <published>2012-04-23T18:23:36Z</published>
    <updated>2012-04-23T18:35:02Z</updated>
    <content type="html">&lt;p&gt;Pour bien conna&amp;icirc;tre son &amp;eacute;poque, l&amp;#39;un des moyens les plus instructifs est de regarder la t&amp;eacute;l&amp;eacute;, plus encore, les quiz populaires. Un des trucs qui a la cote dans les quiz ces temps-ci, c&amp;#39;est les artistes qui offrent leur gain &amp;agrave; une oeuvre charit&amp;eacute;. Je suis fascin&amp;eacute;e par le choix des causes parrain&amp;eacute;es. Une observation se voit constamment confirm&amp;eacute;e: la dichotomie entre les artistes &amp;laquo;grand public&amp;raquo; et ceux qui oeuvrent dans des sph&amp;egrave;res plus restreintes, comme le th&amp;eacute;&amp;acirc;tre. Les rejetons de Star Acad&amp;eacute;mie ou les grandes vedettes de la t&amp;eacute;l&amp;eacute; versent presque toujours leurs dons &amp;agrave; des causes qui concernent les enfants, que ce soit &lt;i&gt;R&amp;ecirc;ves d&amp;#39;enfants, &lt;/i&gt;&lt;i&gt;Le Club des petits-d&amp;eacute;jeuners&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Op&amp;eacute;ration Enfant Soleil&lt;/i&gt; alors que les artistes de th&amp;eacute;&amp;acirc;tre se tournent plut&amp;ocirc;t vers les v&amp;eacute;ritables marginaux, les itin&amp;eacute;rants, les femmes battues, vers des adultes en difficult&amp;eacute;, quoi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;Ccedil;a va de soi que les acad&amp;eacute;miciens et cie, que les artisans du Spectacle aiment les enfants! C&amp;#39;est tellement &lt;i&gt;cute&lt;/i&gt;, un enfant! Alors que les itin&amp;eacute;rants, &amp;ccedil;a pue, et que les femmes battues, ce n&amp;#39;est pas beau &amp;agrave; voir et qu&amp;#39;elles nous rappellent constamment que tout est loin d&amp;#39;&amp;ecirc;tre gagn&amp;eacute; pour les femmes... Je ne dis pas qu&amp;#39;on ne devrait pas donner aux causes qui concernent les enfants. On ne peut que se r&amp;eacute;volter, et &amp;agrave; juste titre, &amp;agrave; l&amp;#39;id&amp;eacute;e qu&amp;#39;un enfant soit malade. On devrait cependant se m&amp;eacute;fier de la s&amp;eacute;duction qu&amp;#39;exerce l&amp;#39;image de l&amp;#39;enfant malade ou de l&amp;#39;enfant pauvre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D&amp;#39;abord parce que derri&amp;egrave;re l&amp;#39;id&amp;eacute;e de l&amp;#39;innocence de l&amp;#39;enfant se cache celle de la culpabilit&amp;eacute; des adultes. Chacun est convaincu plus ou moins secr&amp;egrave;tement que les adultes sont tous un tant soit peu coupables et c&amp;#39;est pour &amp;ccedil;a que l&amp;#39;id&amp;eacute;e de l&amp;#39;innocence des enfants nous attendrit tant et nous r&amp;eacute;volte. Comment un innocent peut-il souffrir? En revanche, il est r&amp;eacute;confortant au fond de penser que tous les adultes sont un peu coupables, &amp;ccedil;a nous rend les injustices plus tol&amp;eacute;rables. Mais moi je refuse de croire en cette division entre innocents et coupables, je refuse de m&amp;#39;accommoder de la douleur d&amp;#39;autrui, adulte ou enfant!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ensuite parce que les causes qui concernent les enfants nient d&amp;#39;une fa&amp;ccedil;on inqui&amp;eacute;tante la r&amp;eacute;alit&amp;eacute; dans laquelle ils vivent. &amp;Ccedil;a nous d&amp;eacute;range l&amp;#39;id&amp;eacute;e des &lt;i&gt;petits bedons vides le matin&lt;/i&gt;! Et j&amp;#39;imagine que le fait de donner un petit-d&amp;eacute;jeuner &amp;agrave; un enfant l&amp;#39;aide un peu &amp;agrave; mieux apprendre, mais si ses parents n&amp;#39;ont pas la capacit&amp;eacute; de l&amp;#39;aider dans son apprentissage parce qu&amp;#39;ils sont eux-m&amp;ecirc;mes tellement dans la marde, &amp;ccedil;a ne change pas grand chose qu&amp;#39;on remplisse &lt;i&gt;leurs petits bedons&lt;/i&gt; le matin, &amp;ccedil;a nous fait seulement du bien &amp;agrave; nous qui donnons. Et c&amp;#39;est d&amp;#39;ailleurs pourquoi la fondation du Dr. Julien fait classe &amp;agrave; part, parce qu&amp;#39;il ne nie aucunement ce contexte et qu&amp;#39;il ose travailler avec ceux que notre soci&amp;eacute;t&amp;eacute; ex&amp;egrave;cre: les parents inad&amp;eacute;quats.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*****&lt;br /&gt;Tout &amp;ccedil;a m&amp;#39;am&amp;egrave;ne &amp;agrave; mon autre irritation du moment. Je serai br&amp;egrave;ve.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;S&amp;#39;il y a une chose que je d&amp;eacute;teste en litt&amp;eacute;rature, c&amp;#39;est bien l&amp;#39;ostie de narrateur enfant! On pense pr&amp;eacute;senter la r&amp;eacute;alit&amp;eacute; d&amp;#39;une fa&amp;ccedil;on nouvelle en l&amp;#39;&amp;eacute;voquant &amp;agrave; travers le regard de l&amp;#39;enfant, mais, en v&amp;eacute;rit&amp;eacute;, on ne fait que la repr&amp;eacute;senter &amp;agrave; travers le prisme des pires clich&amp;eacute;s qui concernent l&amp;#39;enfant, l&amp;#39;innocence, la capacit&amp;eacute; d&amp;#39;&amp;eacute;merveillement, la cruaut&amp;eacute;, etc. C&amp;#39;est tellement plus charmant le regard d&amp;#39;un enfant, m&amp;ecirc;me dans la cruaut&amp;eacute;, que celui d&amp;#39;un adulte qui vit une crisse de vie plate, comme la majorit&amp;eacute; des adultes. Et puis le style du narrateur enfant est toujours gossant, des tites phrases courtes, des n&amp;eacute;ologismes mignons. &amp;Ccedil;a me met en beau fusil!&lt;/p&gt;</content>
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    <title>La résurgence du mal</title>
    <published>2012-04-02T14:45:15Z</published>
    <updated>2012-04-02T16:00:58Z</updated>
    <lj:music>Lisa Leblanc - Chanson d'une rouspéteuse</lj:music>
    <content type="html">Hier, c&amp;#39;&amp;eacute;tait le poisson d&amp;#39;avril! Ben oui, criss de journ&amp;eacute;e du cul! Moi, c&amp;#39;est ben simple, je ferme la t&amp;eacute;l&amp;eacute; et l&amp;#39;internet. &amp;Ccedil;a m&amp;#39;enrage trop. Je d&amp;eacute;teste l&amp;#39;id&amp;eacute;e de pi&amp;eacute;ger des gens qui prennent les choses trop au s&amp;eacute;rieux. Le poisson d&amp;#39;avril, c&amp;#39;est la grande journ&amp;eacute;e de r&amp;eacute;jouissance des cyniques. Ils peuvent se moquer &amp;agrave; coeur joie des gens graves. Ils sont tellement originaux d&amp;#39;&amp;ecirc;tre sceptiques! Ils sont tellement uniques! Euh... wow... r&amp;eacute;veille, le cave, tout le monde aime se croire Thomas! En fait, le vrai probl&amp;egrave;me, c&amp;#39;est que les suppos&amp;eacute;s sceptiques ne le sont pas du tout. Ils n&amp;#39;ont rien de commun avec l&amp;#39;ap&amp;ocirc;tre incr&amp;eacute;dule. Ils se targuent de l&amp;#39;&amp;ecirc;tre &amp;agrave; grand bruit lorsqu&amp;#39;ils rel&amp;egrave;vent une petite incoh&amp;eacute;rence dans un discours, mais ils sont compl&amp;egrave;tement dup&amp;eacute;s chaque jour par des id&amp;eacute;ologies dangereuses qui les d&amp;eacute;vorent compl&amp;egrave;tement. &amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le poisson d&amp;#39;avril, &amp;ccedil;a pourrait &amp;ecirc;tre dr&amp;ocirc;le, si notre monde n&amp;#39;&amp;eacute;tait pas rempli d&amp;#39;absurdit&amp;eacute;s. Toute l&amp;#39;ann&amp;eacute;e, lorsque j&amp;#39;ouvre mon journal, j&amp;#39;ai l&amp;#39;impression que nous sommes le premier avril tant je lis des nouvelles qui parviennent &amp;agrave; me surprendre. Je ne suis pourtant pas une personne tr&amp;egrave;s port&amp;eacute;e sur l&amp;#39;optimisme. J&amp;#39;imagine constamment le pire et pourtant dans le journal, j&amp;#39;arrive encore &amp;agrave; lire le pire du pire. L&amp;#39;autre jour, je regardais V t&amp;eacute;l&amp;eacute;. J&amp;#39;&amp;eacute;tais &lt;i&gt;brainless&lt;/i&gt; et &amp;eacute;vach&amp;eacute;e sur mon divan. C&amp;#39;&amp;eacute;tait Duo. Un quiz avec des personnalit&amp;eacute;s qu&amp;eacute;b&amp;eacute;coises. L&amp;#39;animatrice a demand&amp;eacute; aux concurrents : &amp;laquo; Premi&amp;egrave;re affirmation : On peut gu&amp;eacute;rir de la maladie par la pens&amp;eacute;e. Vrai ou faux ? &amp;raquo; Tout d&amp;#39;un coup, je me suis redress&amp;eacute;e et j&amp;#39;ai retrouv&amp;eacute; toutes mes facult&amp;eacute;s intellectuelles. Je r&amp;eacute;p&amp;eacute;tais dans mon salon : &amp;laquo;Non, non, non... Ils ne vont pas r&amp;eacute;pondre vrai. Dites-moi qu&amp;#39;il ne vont pas r&amp;eacute;pondre vrai...&amp;raquo; Le pire est arriv&amp;eacute; : tous les participants ont r&amp;eacute;pondu vrai!! Ils se sentaient tous un peu rebelles de d&amp;eacute;fendre cette position controvers&amp;eacute;e.&amp;nbsp;Allez dire &amp;ccedil;a aux mourants du cancer, bande de d&amp;eacute;biles l&amp;eacute;gers!!!!&amp;nbsp;Pour les Thomas,&amp;nbsp;&lt;a href="http://vtele.ca/videos/duo/duo-episode-118-duo-episode-118-partie-2_42706_42702.php"&gt;l&amp;#39;extrait est disponible en ligne&lt;/a&gt;.&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J&amp;#39;ai &amp;eacute;crit r&amp;eacute;cemment &amp;agrave; propos de la &lt;a href="http://desir-obscur.livejournal.com/154317.html"&gt;pens&amp;eacute;e positive&lt;/a&gt;. C&amp;#39;est la m&amp;ecirc;me id&amp;eacute;ologie pseudo-&amp;eacute;sot&amp;eacute;rique qui fait croire &amp;agrave; nos personnalit&amp;eacute;s qu&amp;eacute;b&amp;eacute;coises que la pens&amp;eacute;e peut gu&amp;eacute;rir les maladies. Si on suit leur raisonnement, &amp;ccedil;a veut dire que ceux qui meurent de maladie n&amp;#39;ont pas assez pens&amp;eacute; assez fort ou assez positif... Tabarnak! M. et Mme Bouquet poss&amp;egrave;dent un livre qui d&amp;eacute;fend ces id&amp;eacute;es d&amp;eacute;lirantes. C&amp;#39;est comme un dictionnaire avec toutes les maladies. Il faut chercher sa maladie dans le livre et copier les phrases qui s&amp;#39;y trouvent. On doit r&amp;eacute;citer les phrases de pens&amp;eacute;e positive et les coller dans les miroirs de notre maison pour les lire chaque matin en se brossant les dents ou en se maquillant. &amp;Agrave; mon grand d&amp;eacute;sespoir, mes g&amp;eacute;niteurs y croient tr&amp;egrave;s fort. J&amp;#39;ai pass&amp;eacute; mon adolescence dans une maison de banlieue remplie de petits m&amp;eacute;mos avec des pens&amp;eacute;es positives. L&amp;#39;horreur! Un jour, je n&amp;#39;&amp;eacute;tais plus capable. J&amp;#39;ai arr&amp;ecirc;t&amp;eacute; de me regarder dans les miroirs des salles communes et j&amp;#39;en ai install&amp;eacute; un dans ma chambre. Sinon j&amp;#39;allais sortir mon bat de baseball pour les p&amp;eacute;ter!&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsque j&amp;#39;&amp;eacute;tais enfant, M. et Mme Bouquet me tra&amp;icirc;naient de force &amp;agrave; l&amp;#39;&amp;eacute;glise chaque semaine, je vous en ai d&amp;eacute;j&amp;agrave; parl&amp;eacute;. Ce que vous ne savez pas c&amp;#39;est que pendant quelques ann&amp;eacute;es, je fus moi aussi une fervente croyante. Je priais chaque soir avant de m&amp;#39;endormir. Un jour, je suis tomb&amp;eacute;e amoureuse d&amp;#39;un gar&amp;ccedil;on populaire. Je ne l&amp;#39;aimais pas parce qu&amp;#39;il &amp;eacute;tait populaire mais parce qu&amp;#39;il tra&amp;icirc;nait toujours avec lui un livre. Il ne m&amp;#39;en fallait pas plus pour &amp;ecirc;tre f&amp;eacute;rocement &amp;eacute;prise de lui. En plus d&amp;#39;&amp;ecirc;tre croyante, j&amp;#39;ai aussi d&amp;eacute;j&amp;agrave; &amp;eacute;t&amp;eacute; romantique. J&amp;#39;avais &amp;agrave; tout le moins assez de lucidit&amp;eacute; pour sentir que nous n&amp;#39;avions rien en commun et qu&amp;#39;il ne serait pas celui avec qui je partagerais mes premiers &amp;eacute;changes de fluide. Mais un jour, je suis tomb&amp;eacute;e dans le journal sur des pri&amp;egrave;res &amp;agrave; Marie. Je devais r&amp;eacute;p&amp;eacute;ter un certain nombre de fois pendant un certain nombre de jours des &amp;laquo; Je vous salue Marie &amp;raquo; pour que mon souhait soit exauc&amp;eacute;, puis, lorsqu&amp;#39;il serait exauc&amp;eacute;, publier une annonce dans le journal. Je me suis dit que j&amp;#39;allais tenter de forcer les choses et prier la Vierge Marie. Apr&amp;egrave;s tout, il n&amp;#39;&amp;eacute;tait pas pr&amp;eacute;cis&amp;eacute; dans les annonces en remerciement pour les gr&amp;acirc;ces accord&amp;eacute;es que la Sainte Vierge ne pouvait pas aider les jeunes filles &amp;agrave; se faire d&amp;eacute;puceler par l&amp;#39;&amp;eacute;lu de leur coeur.&amp;nbsp; J&amp;#39;ai d&amp;eacute;cid&amp;eacute; de tenter ma chance. Je n&amp;#39;ai jamais eu &amp;agrave; publier d&amp;#39;annonce pour exprimer &amp;agrave; Marie ma gratitude d&amp;#39;avoir exauc&amp;eacute; mon voeu. Un destin beaucoup plus important m&amp;#39;attendait! C&amp;#39;en &amp;eacute;tait fait pour moi de la pens&amp;eacute;e positive. Peu de temps apr&amp;egrave;s, je me suis convertie au bouddhisme pour ne plus devoir aller &amp;agrave; l&amp;#39;&amp;eacute;glise. M. et Mme Bouquet ont fini, quant &amp;agrave; eux, par troquer le christiannisme pour l&amp;#39;&amp;eacute;sot&amp;eacute;risme, la pens&amp;eacute;e positive sans le riche bagage culturel qui accompagnait le christianisme. Pas de danger que l&amp;#39;&amp;eacute;sot&amp;eacute;risme inspire des oeuvres aussi fortes que le christianisme! &amp;Agrave; une exception pr&amp;egrave;s.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J&amp;#39;ai regard&amp;eacute; &amp;agrave; nouveau Twin Peaks r&amp;eacute;cemment. J&amp;#39;en ai parl&amp;eacute; &lt;a href="http://desir-obscur.livejournal.com/156290.html"&gt;un peu ici&lt;/a&gt;. En y repensant, je sais pourquoi j&amp;#39;aime tant cette s&amp;eacute;rie : &amp;laquo; Twin Peaks, c&amp;#39;est de l&amp;#39;&amp;eacute;sot&amp;eacute;risme intelligent!! &amp;raquo; Oui, &amp;ccedil;a se peut! Et c&amp;#39;est dr&amp;ocirc;le, mais quand l&amp;#39;&amp;eacute;sot&amp;eacute;risme est intelligent, c&amp;#39;est le mal qui ressort. Mon anarchiste pr&amp;eacute;f&amp;eacute;r&amp;eacute; dit qu&amp;#39;un croyant cons&amp;eacute;quent doit absolument croire aussi &amp;agrave; Satan en plus de croire &amp;agrave; Dieu. Je pense qu&amp;#39;il a raison. Dans le m&amp;ecirc;me esprit, j&amp;#39;affirme que les &amp;eacute;sot&amp;eacute;riques doivent absolument croire &amp;agrave; la &lt;a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Black_and_White_Lodge"&gt;White Lodge et &amp;agrave; la Black Lodge.&lt;/a&gt; On ne peut pas adh&amp;eacute;rer &amp;agrave; un des deux seulement. &amp;nbsp;&amp;nbsp;</content>
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    <title>Des femmes comme nous</title>
    <published>2012-03-12T14:52:22Z</published>
    <updated>2012-03-12T17:23:50Z</updated>
    <content type="html">J&amp;#39;ai regard&amp;eacute; hier soir le gala des Jutra en direct &amp;agrave; la t&amp;eacute;l&amp;eacute;. H&amp;eacute;l&amp;egrave;ne &amp;eacute;tait surprise de me trouver en pyjama sur mon divan. Je n&amp;#39;ai plus besoin de squatter chez elle pour me river au petit &amp;eacute;cran. M. et Mme Bouquet m&amp;#39;ont achet&amp;eacute; une antenne num&amp;eacute;rique &amp;agrave; No&amp;euml;l. Wah! La belle H&amp;eacute;l&amp;egrave;ne a pu aussi me d&amp;eacute;couvrir sentimentale. Les remerciements me tiraient parfois les larmes. Je suis autant une fille facile qu&amp;#39;un bon public. Si si! L&amp;#39;hommage &amp;agrave; Paule Baillargeon m&amp;#39;a particuli&amp;egrave;rement tourment&amp;eacute;e. J&amp;#39;ai vu &lt;i&gt;Le sexe des &amp;eacute;toiles &lt;/i&gt;il y a longtemps. J&amp;#39;avais exactement 13 ans &amp;agrave; la sortie de ce film : le m&amp;ecirc;me &amp;acirc;ge que l&amp;#39;h&amp;eacute;ro&amp;iuml;ne. Je me souviens vaguement qu&amp;#39;on en parlait beaucoup au Qu&amp;eacute;bec. Un soir, M. Bouquet regardait le t&amp;eacute;l&amp;eacute;journal. J&amp;#39;&amp;eacute;tais assise pr&amp;egrave;s lui et j&amp;#39;ai vu des extraits du film. Mon p&amp;egrave;re ne disait rien. J&amp;#39;esp&amp;eacute;rais qu&amp;#39;il r&amp;eacute;agisse, qu&amp;#39;il me dise quelque chose sur le transexuel qui envahissait notre salon. Il ne bougeait pas, il n&amp;#39;avait pas l&amp;#39;air d&amp;eacute;go&amp;ucirc;t&amp;eacute;, il n&amp;#39;avait pas l&amp;#39;air impressionn&amp;eacute;. &amp;nbsp;J&amp;#39;ai v&amp;eacute;cu mon choc esth&amp;eacute;tique toute seule dans mon coin. Je suis rest&amp;eacute;e prise avec ses images, avec l&amp;#39;impression que je ne pouvais pas en parler. Je gardais pour moi l&amp;#39;histoire de mes nuits subs&amp;eacute;quentes qui furent remplies de personnages travestis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aux Jutra, lors de l&amp;#39;hommage &amp;agrave; Paule Baillargeon, Ana&amp;iuml;s Barbeau-Lavalette est mont&amp;eacute;e sur sc&amp;egrave;ne pour pr&amp;eacute;senter le court-m&amp;eacute;trage qu&amp;#39;elle avait pr&amp;eacute;par&amp;eacute; pour l&amp;#39;occasion. Elle a remerci&amp;eacute; les femmes guerri&amp;egrave;res qui avaient ouverts la voie pour les plus jeunes. &amp;Ccedil;a m&amp;#39;a r&amp;eacute;jouie: on entend si souvent des jeunes femmes non seulement se d&amp;eacute;fendre d&amp;#39;&amp;ecirc;tre f&amp;eacute;ministes mais dire fi&amp;egrave;rement qu&amp;#39;elles sont plus nuanc&amp;eacute;es que celles qui les ont pr&amp;eacute;c&amp;eacute;d&amp;eacute;es. Je n&amp;#39;&amp;eacute;tais pas &amp;eacute;tonn&amp;eacute;e qu&amp;#39;Ana&amp;iuml;s Barbeau-Lavalette, que j&amp;#39;aime beaucoup, t&amp;eacute;moigne sa gratitude envers ces femmes, mais pas moins ravie. Ana&amp;iuml;s a ensuite ajout&amp;eacute; qu&amp;#39;elles nous ont aussi d&amp;eacute;barrass&amp;eacute; de la col&amp;egrave;re. Ah oui? Tiens, c&amp;#39;est dr&amp;ocirc;le... Moi, je suis une jeune &amp;laquo; artiste &amp;raquo;, disons, une &amp;eacute;crivaine, peut-&amp;ecirc;tre, et pourtant je n&amp;#39;avance pas d&amp;#39;un pas l&amp;eacute;ger. Lorsque Paule Baillargeon, citant Cassavates, parlait dans ses remerciements qu&amp;#39;il valait mieux de se battre et perdre que de r&amp;ecirc;vasser en silence, je me sentais &amp;eacute;trangement concern&amp;eacute;e. Je sais tr&amp;egrave;s bien c&amp;#39;est quoi se battre et perdre, &amp;ccedil;a m&amp;#39;arrive in&amp;eacute;vitablement. Je sais aussi ce qu&amp;#39;est de r&amp;ecirc;vasser en silence, &amp;ccedil;a m&amp;#39;arrive tout le temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En rejetant la col&amp;egrave;re du revers de la main j&amp;#39;ai l&amp;#39;impression qu&amp;#39;Ana&amp;iuml;s Barbeau-Lavalette&amp;nbsp;force, inconsciemment, les jeunes femmes artistes, comme elle-m&amp;ecirc;me ou comme moi, &amp;agrave; adh&amp;eacute;rer &amp;agrave; une histoire positive du f&amp;eacute;minisme. Je ressens pourtant la discontinuit&amp;eacute; inh&amp;eacute;rente aux grands mouvements historiques. Je suis incapable d&amp;#39;adh&amp;eacute;rer &amp;agrave; cette id&amp;eacute;e de la marche du progr&amp;egrave;s. Certes, Ana&amp;iuml;s pr&amp;eacute;cisait qu&amp;#39;il y avait encore &amp;agrave; faire, certes je reconnais que de grandes choses ont &amp;eacute;t&amp;eacute; accomplies, mais selon moi, le f&amp;eacute;minisme n&amp;#39;a pas d&amp;#39;histoire positive. Si les femmes plus &amp;acirc;g&amp;eacute;es m&amp;#39;inspirent, elles me rejoignent comme si j&amp;#39;&amp;eacute;tais &amp;agrave; c&amp;ocirc;t&amp;eacute; d&amp;#39;elles. J&amp;#39;ai l&amp;#39;impression de porter la m&amp;ecirc;me col&amp;egrave;re que les f&amp;eacute;ministes des ann&amp;eacute;es 70 et 80. Sommes-nous dans un monde si diff&amp;eacute;rent de celui de&lt;i&gt; Mourir &amp;agrave; tue-t&amp;ecirc;te&lt;/i&gt; (1979) d&amp;#39;Anne Claire Poirier ? Je ne pense pas. Pourtant &amp;ccedil;a fait trente-trois ans... Le film porte une v&amp;eacute;rit&amp;eacute; encore irrecevable&amp;nbsp;aujourd&amp;#39;hui. Les femmes continuent de subir au quotidien de petites, moyennes ou effroyables violences. Sans compter qu&amp;#39;aujourd&amp;#39;hui, ils sont nombreux, femmes y compris, &amp;agrave; dire que les hommes sont victimes des f&amp;eacute;ministes, nombreux &amp;agrave; dire que nous vivons dans une soci&amp;eacute;t&amp;eacute; matriarcale, dans une n&amp;eacute;gation ahurissante de la r&amp;eacute;alit&amp;eacute;, pourtant corrobor&amp;eacute;e par un grand nombre. C&amp;#39;est &amp;agrave; croire qu&amp;#39;il faudra tout recommencer. Penser que la col&amp;egrave;re peut maintenant &amp;ecirc;tre apais&amp;eacute;e, c&amp;#39;est aussi &amp;ecirc;tre sourde &amp;agrave; ce que Paule Baillargeon a ensuite dit lors de son discours, qu&amp;#39;elle remerciait les Jutra de rendre hommage &amp;agrave; &amp;laquo; une femme comme elle &amp;raquo;. Elle le disait et le r&amp;eacute;p&amp;eacute;tait. C&amp;#39;&amp;eacute;tait si beau et &amp;eacute;mouvant. J&amp;#39;ai souvent dit des choses du genre, que je n&amp;#39;en revenais pas qu&amp;#39;on dise, par exemple, &amp;laquo; Je t&amp;#39;aime beaucoup, j&amp;#39;aime beaucoup tes textes, Albertine!&amp;raquo;, &amp;agrave; une femme comme moi. Mais qu&amp;#39;est-ce que &amp;ccedil;a peut bien vouloir dire, &amp;laquo; une femme comme moi &amp;raquo;? &amp;Ccedil;a signifie qu&amp;#39;on sait tr&amp;egrave;s bien que nous sommes des parias, qu&amp;#39;il n&amp;#39;est toujours pas permis &amp;agrave; des femmes d&amp;#39;&amp;ecirc;tre des personnes comme nous. Comment ne pas se sentir en col&amp;egrave;re devant un tel &amp;eacute;tat de choses? Comment ne pas se sentir en col&amp;egrave;re quand &amp;ccedil;a fait &amp;agrave; peine trois femmes qui re&amp;ccedil;oivent un hommage aux Jutra, alors que presque tous les films en nomination ont &amp;eacute;t&amp;eacute; r&amp;eacute;alis&amp;eacute;s par des hommes? Est-ce en raison de ma personalit&amp;eacute; col&amp;eacute;rique que je suis en crisse tout le temps lorsque je regarde comment &amp;ccedil;a se passe partout et tout le temps pour les femmes? Est-ce en raison de mon temp&amp;eacute;rament belliqueux que je rage parce que je constate que presque tous les films de Paule Baillargeon ne sont &amp;agrave; peu pr&amp;egrave;s pas disponibles, y compris &lt;i&gt;La Cuisine rouge&lt;/i&gt;, dont la magnifique Anne-Marie Cadieux faisait l&amp;#39;&amp;eacute;loge?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;Agrave; ceci il faut ajouter que, vous le savez, je suis une fille de prol&amp;eacute;taires ais&amp;eacute;s de la classe moyenne. Mes parents ne connaissent rien aux arts. Quand Ana&amp;iuml;s&amp;nbsp;Barbeau-Lavalette, qui a un an de plus que moi, a vu le&amp;nbsp;&lt;i&gt;Sexe des &amp;eacute;toiles&lt;/i&gt;&amp;nbsp;au cin&amp;eacute;ma ou &amp;agrave; la t&amp;eacute;l&amp;eacute;, ses parents devaient &amp;ecirc;tre pr&amp;egrave;s d&amp;#39;elle pour lui expliquer avec sensibilit&amp;eacute; et nuance ce qu&amp;#39;&amp;eacute;tait un transexuel. En fait, &amp;agrave; 13 ans, elle le savait peut-&amp;ecirc;tre d&amp;eacute;j&amp;agrave;! Pas moi! Elle connaissait sans doute des homosexuels. Pas moi! J&amp;#39;&amp;eacute;tais toute seule chez mes parents dans ma banlieue minable &amp;agrave; r&amp;ecirc;ver d&amp;#39;en sortir un jour. Si je venais comme elle d&amp;#39;une famille d&amp;#39;artistes, je serais peut-&amp;ecirc;tre un peu d&amp;eacute;barrass&amp;eacute;e de ma col&amp;egrave;re.&amp;nbsp;Ana&amp;iuml;s&amp;nbsp;Barbeau-Lavalette connait pourtant bien la face sombre du Qu&amp;eacute;bec, elle l&amp;#39;a observ&amp;eacute;e sur Aylwin &amp;agrave; la Fondation du Dr. Julien. Elle connait la pire mis&amp;egrave;re. Elle a r&amp;eacute;alis&amp;eacute; &lt;i&gt;Le Ring&lt;/i&gt;, un film intelligent et juste sur Hochelaga. Elle a publi&amp;eacute; un tr&amp;egrave;s bon roman aussi. M&amp;ecirc;me s&amp;#39;il faut absolument s&amp;#39;int&amp;eacute;resser aux conditions de vie extr&amp;ecirc;mement pr&amp;eacute;caires des plus pauvres, je pense qu&amp;#39;on a tendance &amp;agrave; minimiser la mis&amp;egrave;re intellectuelle et artistique de la classe moyenne qui d&amp;eacute;tient pourtant des moyens financiers. Pour une fille de la banlieue comme moi, il n&amp;#39;y a pas de fa&amp;ccedil;on d&amp;#39;&amp;eacute;chapper &amp;agrave; la col&amp;egrave;re! Je suis reconnaissante envers les f&amp;eacute;ministes qui se sont battues pour nous, mais j&amp;#39;ai soif de grands bouleversements. Je sens en moi la faim des premi&amp;egrave;res guerri&amp;egrave;res. Je veux entrer dans la bagarre, je suis m&amp;ecirc;me pr&amp;ecirc;te &amp;agrave; crever sur le ring s&amp;#39;il le faut. Les femmes comme moi n&amp;#39;ont pas le droit d&amp;#39;exister, mais j&amp;#39;aurai le culot d&amp;#39;exister quand m&amp;ecirc;me.&lt;br /&gt;&amp;nbsp;</content>
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    <title>Les trophées et les trésors</title>
    <published>2012-03-10T21:48:45Z</published>
    <updated>2012-03-10T22:52:19Z</updated>
    <content type="html">J&amp;#39;ai un don pour provoquer des malaises. Je peux bien trouver que le terme &amp;laquo;malaisant&amp;raquo; est affreux. Je suis moi-m&amp;ecirc;me tellement malaisante. L&amp;#39;autre jour, je suis sortie avec Vincent, un ami de l&amp;#39;&amp;eacute;cole secondaire. Il m&amp;#39;avait propos&amp;eacute; sur Facebook de faire quelque chose avec nos anciens compagnons. Je d&amp;eacute;teste ce genre de r&amp;eacute;union. J&amp;#39;ai fini par c&amp;eacute;der pour lui faire plaisir. Je n&amp;#39;avais rien de mieux &amp;agrave; faire et j&amp;#39;&amp;eacute;tais un peu curieuse. Il me proposait de venir me chercher en auto &amp;agrave; Montr&amp;eacute;al.&amp;nbsp;Nous sommes all&amp;eacute;s dans un caf&amp;eacute; de l&amp;#39;affreuse banlieue de notre enfance. Un Tim Hortons! Il n&amp;#39;y a pas r&amp;eacute;ellement d&amp;#39;autres endroits o&amp;ugrave; sortir en gang pr&amp;egrave;s de chez mes g&amp;eacute;niteurs.&amp;nbsp;Nous &amp;eacute;tions six. &amp;Agrave; un moment de la soir&amp;eacute;e, ils se sont mis &amp;agrave; parler des &lt;i&gt;douch&lt;/i&gt;&amp;nbsp;et des &lt;i&gt;douchettes.&amp;nbsp;&lt;/i&gt;J&amp;#39;&amp;eacute;tais un peu g&amp;ecirc;n&amp;eacute;e, parce qu&amp;#39;&amp;agrave; mes yeux, mes vieux camarades ne sont pas tr&amp;egrave;s loin de faire partie de cette cat&amp;eacute;gorie peu flatteuse avec leur maison en banlieue et leur 4X4. Je n&amp;#39;ai rien dit, je ne voulais pas faire ma snob de la grande ville. La discussion tournait autour du fait que les &lt;i&gt;douchettes&lt;/i&gt; sont ben belles, mais qu&amp;#39;on ne peut absolument pas leur faire confiance. Elles sont, selon eux, &amp;agrave; la fois cruches et mesquines. Vincent s&amp;#39;est exclam&amp;eacute; : &amp;laquo;Les &lt;i&gt;douchettes&lt;/i&gt; sont un troph&amp;eacute;e, mais pas un tr&amp;eacute;sor. Moi, je recherche la perle rare.&amp;raquo; Il me consid&amp;eacute;rait visiblement comme une candidate dans la cat&amp;eacute;gorie des femmes pr&amp;eacute;cieuses.&amp;nbsp;J&amp;#39;ai d&amp;eacute;tourn&amp;eacute; les yeux. Juste ciel!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Poursuivant la discussion &amp;agrave; haute teneur en clich&amp;eacute;s, Sophie, une de mes anciennes amies &amp;agrave; qui je ne parle plus depuis longtemps, s&amp;#39;est exclam&amp;eacute;e : &amp;laquo;Les &lt;i&gt;douchettes&lt;/i&gt; sont des filles faciles, tout le monde peut les avoir, tandis qu&amp;#39;une vraie femme, il faut travailler fort pour l&amp;#39;amener dans son lit.&amp;raquo; Depuis le d&amp;eacute;but de cette petite soir&amp;eacute;e, je marchais sur des oeufs. Je pouvais bien mentir et pr&amp;eacute;tendre que le caf&amp;eacute; de leur Tim ch&amp;eacute;ri ne go&amp;ucirc;tait pas la marde pour m&amp;#39;int&amp;eacute;grer dans le groupe,&amp;nbsp;mais l&amp;agrave;, je n&amp;#39;avais plus le choix de r&amp;eacute;agir.&amp;nbsp;Je me suis exclam&amp;eacute;e : &amp;laquo;Moi, je suis une fille facile! J&amp;#39;en suis fi&amp;egrave;re&amp;raquo;. Silence. J&amp;#39;avais parl&amp;eacute; trop fort, tout le Tim me regardait!&amp;nbsp;Le malaise &amp;eacute;tait gigantesque.&amp;nbsp;J&amp;#39;ai ajout&amp;eacute; pour le show : &amp;laquo;Ben oui, vous avez bien entendu, je suis une fille facile, on peut m&amp;#39;avoir ais&amp;eacute;ment dans son lit! &amp;Ccedil;a ne fait toutefois pas de moi un d&amp;eacute;chet. Revenez-en, tabarnak! Criss, c&amp;#39;est le fun, le sexe. Moi j&amp;#39;aime &amp;ccedil;a!&amp;raquo; J&amp;#39;ai cogn&amp;eacute; avec mon poing sur la table pour rendre mon discours plus percutant. Ce n&amp;#39;&amp;eacute;tait pas une bonne id&amp;eacute;e. La table n&amp;#39;&amp;eacute;tait pas tr&amp;egrave;s solide. Un caf&amp;eacute; a &amp;eacute;t&amp;eacute; renvers&amp;eacute;. Paniqu&amp;eacute;s, ils se sont mis &amp;agrave; &amp;eacute;ponger mon d&amp;eacute;g&amp;acirc;t.&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sophie, qui n&amp;#39;a de toute &amp;eacute;vidence pas fourr&amp;eacute; depuis des lustres, me regardait avec un m&amp;eacute;pris &amp;agrave; glacer le sang. &amp;laquo;On le sait bien, Albertine, t&amp;#39;as toujours &amp;eacute;t&amp;eacute; une pute&amp;raquo;. La guerre &amp;eacute;tait officiellement d&amp;eacute;clar&amp;eacute;e. &amp;nbsp;&amp;laquo;Pute? C&amp;#39;est trop d&amp;#39;honneur. Je n&amp;#39;ai jamais re&amp;ccedil;u d&amp;#39;argent. Si les &lt;i&gt;douchettes&lt;/i&gt; sont des filles faciles, les &lt;i&gt;douch,&lt;/i&gt;&amp;nbsp;comme vous dites, eux, ils sont quoi? &amp;nbsp;Des tombeurs ou des gars faciles ?&amp;raquo; Ils ont fait comme si je n&amp;#39;avais pas parl&amp;eacute;. Un par un, ils sont mis &amp;agrave; &amp;eacute;num&amp;eacute;rer mes anciennes conqu&amp;ecirc;tes du secondaire. &amp;Ccedil;a devenait compl&amp;egrave;tement d&amp;eacute;bile. &amp;laquo;T&amp;#39;as pas couch&amp;eacute; avec S&amp;eacute;guin?&amp;raquo; &amp;laquo;Lalonde, tu es sortie avec, non?&amp;raquo; &amp;laquo;Avais-tu fr&amp;eacute;quent&amp;eacute; Marc ? Je ne m&amp;#39;en souviens plus&amp;raquo; &amp;laquo;Ah oui, c&amp;#39;est toi, Albertine qui m&amp;#39;avait dit que Nicolas avait une petite queue!&amp;raquo; La liste de mes amants s&amp;#39;allongeait. Vincent s&amp;#39;est retourn&amp;eacute; vers moi en souriant. Comme s&amp;#39;il venait de s&amp;#39;ouvrir les yeux pour la premi&amp;egrave;re fois, il s&amp;#39;est &amp;eacute;cri&amp;eacute; : &amp;laquo;Tu as bien raison, Al. C&amp;#39;est vrai que t&amp;#39;es facile. Tu couchais m&amp;ecirc;me avec des filles! Tu n&amp;#39;avais pas couch&amp;eacute; avec la gouine, ts&amp;eacute; l&amp;agrave;, St&amp;eacute;phanie? Baises-tu encore des filles?&amp;raquo; L&amp;#39;occasion &amp;eacute;tait trop belle. J&amp;#39;ai r&amp;eacute;pondu en m&amp;#39;adressant &amp;agrave; Sophie : &amp;laquo;Ben oui, je couche encore avec des filles. &amp;Ccedil;a t&amp;#39;int&amp;eacute;resse?&amp;raquo;. Je lui ai fait un clin d&amp;#39;oeil. Elle &amp;eacute;tait vraiment folle de rage, elle est sortie du Tim en tra&amp;icirc;nant nos anciens camarades. Je suis rest&amp;eacute;e seule avec Vincent et les deux, trois vieux messieurs qui me lan&amp;ccedil;aient des regards lubriques. &amp;laquo;Bon Vincent, allons fourrer!&amp;raquo; Je l&amp;#39;ai pouss&amp;eacute; &amp;agrave; l&amp;#39;ext&amp;eacute;rieur du caf&amp;eacute;. &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;br /&gt;</content>
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    <title>A damn good man!</title>
    <published>2012-03-03T18:22:33Z</published>
    <updated>2012-03-03T21:03:55Z</updated>
    <lj:music>Wolf Parade - Ghost Pressure</lj:music>
    <content type="html">&lt;p&gt;Mes chers, mes ch&amp;egrave;res, pr&amp;eacute;parez-vous &amp;agrave; une d&amp;eacute;claration bouleversante...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait, deux. J&amp;#39;ai rencontr&amp;eacute; l&amp;#39;homme de ma vie! Et cet&amp;nbsp;homme de ma vie est un coche! &amp;Eacute;videmment, pas le genre &amp;agrave; lancer des gaz lacrymog&amp;egrave;nes &amp;agrave; des manifestants ou &amp;agrave; les matraquer, pas le genre, non plus, &amp;agrave; ramasser des petits truands en se prenant pour Steven Seagal,&amp;nbsp;et encore moins le genre &amp;agrave; harceler des itin&amp;eacute;rants ou des prostitu&amp;eacute;es (bref, pas un policier du SPVM).&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;En fait, c&amp;#39;est un &amp;uuml;ber coche! Il pourchasse des vrais criminels, des criminels mena&amp;ccedil;ants, des criminels contre lesquels il n&amp;#39;est pas facile de gagner. Mais, en v&amp;eacute;rit&amp;eacute;, il est beaucoup plus qu&amp;#39;un coche et bien autre chose. Si j&amp;#39;&amp;eacute;tais encore &amp;agrave; l&amp;#39;&amp;acirc;ge d&amp;#39;avoir des posters de beaux gars ou de belles filles dans ma chambre, je les tapisserais de posters de lui!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je l&amp;#39;ai rencontr&amp;eacute; il y a une dizaine d&amp;#39;ann&amp;eacute;es, mais c&amp;#39;est ma bonne amie &lt;a href="http://patty0green.wordpress.com/"&gt;Patty&lt;/a&gt;&amp;nbsp;qui m&amp;#39;a ramen&amp;eacute;e vers lui... Bon, je vais arr&amp;ecirc;ter de vous faire languir, sinon je vais avoir l&amp;#39;air d&amp;#39;utiliser ce proc&amp;eacute;d&amp;eacute; litt&amp;eacute;raire absolument ridicule qui consiste &amp;agrave; d&amp;eacute;crire une personne ou une objet longuement avant de cr&amp;eacute;er la stupeur en le nommant, alors que, en fait, je suis simplement embarrass&amp;eacute;e par ma passion et ne puis donc que tourner autour du pot.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L&amp;#39;homme de ma vie, eh bien, c&amp;#39;est le &lt;a href="http://www.tumblr.com/photo/1280/lyriquediscorde/6121147098/1/tumblr_lm6il7h1O51qa1iiq"&gt;&lt;i&gt;Special Agent&lt;/i&gt;&amp;nbsp;Dale Cooper&lt;/a&gt;&amp;nbsp;! Patty m&amp;#39;a racont&amp;eacute;, il y a quelques semaines, qu&amp;#39;elle s&amp;#39;&amp;eacute;tait mise &amp;agrave; regarder &lt;i&gt;Twin Peaks&amp;nbsp;&lt;/i&gt;sur Netflix. Il y avait longtemps que je m&amp;#39;&amp;eacute;tais promis de regarder la s&amp;eacute;rie &amp;agrave; nouveau. Lorsque je l&amp;#39;avais visionn&amp;eacute; pour la premi&amp;egrave;re fois, j&amp;#39;&amp;eacute;tais jeune et folle. Une nuit d&amp;#39;hiver, je regardais la s&amp;eacute;rie avec Isabelle, ma coloc &amp;agrave; l&amp;#39;&amp;eacute;poque. Nous &amp;eacute;tions passablement saoules, il est vrai, mais surtout rendues encore plus folles que nous l&amp;#39;&amp;eacute;tions au d&amp;eacute;part par &lt;i&gt;Twin Peaks&lt;/i&gt;. C&amp;#39;&amp;eacute;tait une belle nuit o&amp;ugrave; il tombait de ces flocons qui ressemblent &amp;agrave; de la ouate. Allez savoir pourquoi, nous nous sommes dit qu&amp;#39;il fallait absolument que nous sortions courir pieds nus dans la neige. Nous avons fait ni une. ni deux, et nous nous sommes &amp;eacute;lanc&amp;eacute;es dehors, sans manteau, sans bottes, sans souliers, sans bas et avons d&amp;eacute;val&amp;eacute; tout le long de notre ruelle. Nous finissions toujours par faire des trucs un peu d&amp;eacute;biles en regardant &lt;i&gt;Twin Peaks&lt;/i&gt;.&amp;nbsp;Je me souviens aussi de longues nuits d&amp;#39;angoisse &amp;agrave; repenser &amp;agrave; &lt;a href="http://27.media.tumblr.com/tumblr_lsi02orDk41qirvi8o1_500.gif"&gt;Bob&lt;/a&gt;. J&amp;#39;en venais &amp;agrave; voir Bob surgir de tous les recoins de notre lugubre appartement.&amp;nbsp;&lt;i&gt;Twin Peaks&lt;/i&gt;, c&amp;#39;&amp;eacute;tait donc pour moi &amp;agrave; la fois une source de terreur parfaite et un moteur d&amp;#39;exaltation. Et je crois que je repoussais mon deuxi&amp;egrave;me visionnement&amp;nbsp;tout autant&amp;nbsp;parce que je redoutais le pouvoir de la s&amp;eacute;rie que parce que je craignais de ne pas le retrouver. Mais en entendant Patty m&amp;#39;en parler, je ne pouvais plus attendre plus longtemps et je me suis lanc&amp;eacute;e dans le visionnement de&amp;nbsp;&lt;i&gt;Twin Peaks&lt;/i&gt;.&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D&amp;egrave;s que j&amp;#39;ai recommenc&amp;eacute; &amp;agrave; regarder la s&amp;eacute;rie, je me suis rappel&amp;eacute; d&amp;#39;un autre aspect de la s&amp;eacute;rie auquel je n&amp;#39;avais pas repens&amp;eacute; depuis longtemps: la grandeur absolue de Dale Cooper! Je suis retomb&amp;eacute;e amoureuse. Je connaissais d&amp;eacute;j&amp;agrave; &amp;agrave; l&amp;#39;&amp;eacute;poque le charme de Cooper, mais en ayant pass&amp;eacute;, depuis, une dizaine d&amp;#39;ann&amp;eacute;es suppl&amp;eacute;mentaires dans ce monde assez sinistre, je ne suis plus seulement charm&amp;eacute;e par Cooper, je suis capable de reconna&amp;icirc;tre son caract&amp;egrave;re exceptionnel, d&amp;eacute;sesp&amp;eacute;r&amp;eacute;ment exceptionnel. Ce n&amp;#39;est pas pour rien que les femmes intelligentes succombent toutes &amp;agrave; son charme. Patty lui a &amp;eacute;crit &lt;a href="http://patty0green.wordpress.com/2012/02/13/tout-le-monde-pense-que-je-pense-sauf-dale/"&gt;un tr&amp;egrave;s bel hommage&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&amp;agrave; la St-Valentin. J&amp;#39;ai envie de me lancer &amp;agrave; sa suite!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui, entre tout, distingue Dale Cooper, c&amp;#39;est qu&amp;#39;il poss&amp;egrave;de tout autant de force que de douceur. Cooper ne craint pas de se mesurer aux plus grands ennemis. En cela, il me ressemble. Il n&amp;#39;est pas comme tous ces hommes qui vivent leurs succ&amp;egrave;s dans une parfaite ostentation, mais qui, en v&amp;eacute;rit&amp;eacute;, sont confront&amp;eacute;s &amp;agrave; des rivaux de pacotille. Cooper choisit les plus terrifiants adversaires. Il n&amp;#39;est pas tant un homme de loi qu&amp;#39;un adversaire du Mal radical. Cela ne l&amp;#39;emp&amp;ecirc;che pas d&amp;#39;&amp;ecirc;tre un homme profond&amp;eacute;ment doux, qui refuse de c&amp;eacute;der &amp;agrave; la violence, autant que faire se peut. Et c&amp;#39;est peut-&amp;ecirc;tre en quoi il me fait un grand bien. Son contact m&amp;#39;apaise. Mais sans me faire sombrer dans l&amp;#39;ennui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il &amp;eacute;volue en portant une infinie attention au monde et en t&amp;eacute;moignant d&amp;#39;un sens de l&amp;#39;&amp;eacute;merveillement in&amp;eacute;branlable. En d&amp;#39;autres mots, Cooper poss&amp;egrave;de une capacit&amp;eacute; bien rare: celle d&amp;#39;&amp;ecirc;tre bien vivant et de rendre le monde vivant autour de lui.&amp;nbsp;Twin Peaks est bien diff&amp;eacute;rent de tout ce qu&amp;#39;il conna&amp;icirc;t, ses habitants sont d&amp;#39;un autre monde ou d&amp;#39;une autre &amp;eacute;poque, mais il sait en reconna&amp;icirc;tre la beaut&amp;eacute; et l&amp;#39;unicit&amp;eacute;, et communique &amp;agrave; ses habitants sans g&amp;ecirc;ne ni flagornerie l&amp;#39;amour que leur ville lui inspire. Et Cooper d&amp;eacute;montre un tel respect envers les &amp;ecirc;tres... Il approche chacun avec tact et sensibilit&amp;eacute;, parvient &amp;agrave; toucher quiconque un tant soit peu r&amp;eacute;ceptif. J&amp;#39;admire cette aptitude &amp;agrave; rejoindre les gens quels qu&amp;#39;ils soient, moi qui s&amp;egrave;me la terreur sur mon passage, pour le meilleur et pour le pire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et c&amp;#39;est un id&amp;eacute;aliste, un &amp;ecirc;tre de principes qui ne d&amp;eacute;roge jamais &amp;agrave; son id&amp;eacute;al. Il poss&amp;egrave;de une droiture peu commune, une droiture qui ne se transforme toutefois jamais en une fermeture &amp;agrave; l&amp;#39;autre. Il serait m&amp;ecirc;me capable de supporter, je crois, mes jugements abrasifs et &amp;agrave; l&amp;#39;emporte-pi&amp;egrave;ce.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Patty soulignait tr&amp;egrave;s bien son m&amp;eacute;lange de sensibilit&amp;eacute;, d&amp;#39;intuition et d&amp;#39;intelligence pratique. Pour moi, Cooper, c&amp;#39;est l&amp;#39;individu complet: intellectuel, sensible, sensuel, spirituel et imaginatif. Il poss&amp;egrave;de aussi une prise sur le monde qui m&amp;#39;&amp;eacute;chappe. Dans ses bras, il me semble que je me sentirais un peu moins inad&amp;eacute;quate.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peut-&amp;ecirc;tre bien que la vie serait mieux &amp;agrave; Twin Peaks... On aurait bien besoin d&amp;#39;une &amp;eacute;crivaine &amp;agrave; Twin Peaks, partout comme ailleurs, non? Je devrais aller &amp;agrave; Twin Peaks, oui, et convaincre Cooper d&amp;#39;y rester avec moi.&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;</content>
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    <title>La fille du vieux singe </title>
    <published>2012-02-28T21:15:15Z</published>
    <updated>2012-02-29T14:42:35Z</updated>
    <content type="html">Imprudente, je suis allée à un party en fin de semaine. J'avais envie de me saouler. J'y suis allée avec un gars que je connaissais à peine. Comme si je savais déjà que ça finirait mal... Je ne voulais pas me donner en spectacle devant mes proches. Ils connaissent déjà l'étendue de mon désespoir. Je les épargne un peu. Je les protège de moi. Il le faut. Le gars voulait fourrer. Il fait partie de ces hommes bizarres qui conçoivent les fêtes comme des préliminaires. Il m'a dit que ça allait l'exciter de me regarder vivre en société et jouer à la mondaine. Il m'a répété qu'il me trouvait tellement drôle et m'assurait que j'allais faire fureur au party. Ce n'est pas tous les jours qu'il peut trimbaler une écrivaine à son bras. Je devais faire de la fièvre, je n'allais pas bien, puisque j'ai accepté son plan. Je me suis habillée, maquillée et j'ai enfilé quelques shooters de sour puss. Pas très glorieux! Mon compagnon pour la soirée m'a annoncé tout content que son meilleur ami philosophe allait se joindre à nous. « Vous allez pouvoir débattre. Il aime avoir des adversaires. » Ah merde! C'est là que j'aurai dû prendre les jambes à mon cou. Non, non. Mieux encore! J'aurais dû pousser mon amant dans une ruelle, le sucer et le convaincre d'aller ailleurs. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès mon entrée, j'ai vu l'osti de philosophe de mes deux. Sa petite tronche de cave, ses muscles et son bronzage me donnaient envie de tuer. Ses bras étaient couverts de signes tribaux. MASSACRE! GUERRE! BAIN DE SANG! Il avait à ses côtés une jolie jeune femme, visiblement un peu niaiseuse de sortir avec un tel agrès. Mon amant m'a présentée comme une grande lectrice de philosophie. Il avait l'air bien fier. Je ne voulais pas le heurter, je n'ai rien dit. Le philosophe ravi m'a embrassé. Il a amorcé le dialogue avec une entrée pompeuse à la Bock-Côté, il parlait de Nietzsche, de Kant et d'autres. Je n'écoutais pas. C'était long et plate. Comme une ninja qui planifie ses sorties subtiles, j'évaluais comment je pourrais m'y prendre pour fuir en cas de danger. Après son monologue, c'était à mon tour de parler. Il me donnait la permission. J'ai bredouillé deux ou trois mots sans grande conviction.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Déçu que je ne fasse pas l'étalage de mes connaissances, mon amant s'est chargé de changer le sujet. Il a fait une blague sur Nietzsche « On le sait, man, tu connais ça, la volonté de puissance ! » et il s'est mis à parler de la grossesse de sa copine. Fuck, elle est plus conne que je ne le pensais! Elle porte l'enfant du philosophe de mes deux! Le fendant était ben fier de nous annoncer qu'il aurait une fille. Il a eu le malheur d'ajouter qu'il allait devoir la « watcher », puisqu'elle serait sans doute belle comme sa mère. Il ne laissera pas le premier malotru mettre sa patte sur sa progéniture. Je ne pouvais pas me retenir, j'ai dit : « Tu pourrais aussi laisser ta fille décider de fréquenter des malotrus si ça lui plait ». Selon la logique populaire du « On n'apprend pas à un vieux singe à faire des grimaces », il s'est mis à me dire qu'il connaissait les gars qui n'avaient aucun respect pour les femmes. Il a ajouté que lui-même avant de rencontrer la mère de son enfant, il n'était pas très fréquentable. Tiens, ça m'étonne. Baveuse, je me suis exclamée : « Avec un peu de chance, ta fille va t'envoyer chier solide ». Je commençais à lui taper sur les nerfs. Tant mieux! « Chose certaine, ma fille ne sera certainement pas comme toi. » Je me sentais bagarreuse, je l'ai bousculé en levant mon poing gauche que j'ai déposé sous son menton. Un uppercut au ralenti. « Ça veut dire quoi ? Comme moi ? ». Il s'est reculé. Il ne voulait pas répondre. Il a dit qu'il ne se battait pas avec les filles. « Pourquoi? Elles sont plus faibles? Je t'assure que je suis plus forte que toi. Allez, monsieur volonté de puissance! » Je l'ai poussé une autre fois. « Ça veut dire quoi ? Comme moi ? Réponds! » J'ai souvent rêvé de me battre, mais c'est la première fois que j'allais jusqu'à provoquer quelqu'un. Et dire que mon amant pensait sortir avec une femme de lettres distinguée. Je l'avais prévenu que je n'étais rien de tel. Je lis des livres, ouais, mais ça ne me rend pas plus docile. Au contraire. Le philosophe s'est reculé en criant que j'étais une ostie de folle. Wow! On en apprend. J'ai levé mon autre main vers mon visage en lui faisait signe que je préparais ma droite. Sa blonde s'est mise à pleurer, elle ne tolère pas la violence. Mon amant ne savait pas quoi faire. Pis moi, j'ai rigolé. Je me suis excusée du mieux que je pouvais à la femme enceinte. J'ai dit à mon amant que j'étais désolée. Et j'ai crissé mon camp. Je suis vraiment écoeurée de ces morons-là. J'espère que l'embryon a pu capter un peu de ma colère. Je vais rêver que sa fille lui casse la gueule à ma place, ça va lui faire plus mal encore que si je l'avais fait.</content>
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    <title>« Que parfaite soit la nuit où nous nous enfonçons »</title>
    <published>2012-02-24T18:40:40Z</published>
    <updated>2012-02-24T18:40:40Z</updated>
    <content type="html">On m'avait mis l'eau à la bouche au sujet de &lt;i&gt;Nuit # 1&lt;/i&gt; d'Anne Émond en disant que le protagoniste du film souhaitait que sa partenaire lui rentre le doigt dans le cul (ce n'est, hélas, qu'une bien furtive évocation!) et en me racontant que le film s'ouvre sur la représentation très explicite d'une baise qui se déploie sur une quinzaine de minutes. Je n'ai pas été déçue. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peu de choses me rendent plus heureuse, ça ne vous étonnera pas, qu'une longue scène de baise. C'est dans une scène de baise que se révèle tout l'art d'un cinéaste! Les grands peintres du passé consacraient leur talent à représenter des fleurs, des fruits, de la vaisselle et d'autres objets plus ou moins insignifiants dont ils révélaient la beauté. Les grands cinéastes d'aujourd'hui se consacrent à montrer des corps qui s'enlacent, se saisissent, s'entrechoquent. Je suis née à la bonne époque! (Quoique, je me plais bien à regarder les chairs blanches et généreuses qu'on retrouvait dans les peintures mythologiques, le faste de la représentation en moins...) &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À peine, donc, le film était-il commencé que j'étais convaincue de la force du film. Difficile, évidemment, de résister à une baise effrénée où les partenaires sont possédés par un désir brutal. Fait très intéressant: l'actrice principale, la magnifique et émouvante Catherine de Léan, racontait après la projection, qu'Anne Émond avait précisé dans le scénario les moindres détails de la scène de baise. Ce n'est pas étonnant, au fond. Une scène aussi forte ne peut pas être improvisée. Au-delà de cette évidence, cette précision augmente pour moi l'intérêt de cette scène puisque celle-ci participe de la construction dramatique exceptionnelle du film. Si le film se démarque du cinéma québécois actuel, tous l'ont souligné, par la place qu'il accorde à la parole, la réalisatrice n'en sait pas moins faire parler les corps, mieux que plusieurs cinéastes qui prennent pourtant le parti des fameux non-dits. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui rendait la scène parfaite, ce n'est toutefois pas la représentation alléchante du déploiement violent du désir. C'est plutôt un petit détail. Enfin, deux détails. Tout d'abord, le sexe en érection de l'acteur, bien, pas &lt;i&gt;son&lt;/i&gt; sexe directement (quoique...), en fait, la représentation d'un pénis bandé: ça manque d'érections au cinéma! C'est toutefois une interruption délicieuse de la baise splendide qui rend cette scène inouïe en la ponctuant et en lui apportant une force et un réalisme très rares. Tandis que Clara se fait pénétrer, elle arrête son partenaire puisqu'elle a une envie envie urgente d'uriner. La caméra suit ensuite Clara jusqu'à la salle de bain. Ce temps d'arrêt est essentiel et puissant puisqu'il préserve la scène du caractère kitsch qui guette inévitablement la représentation des scènes de baise passionnée. Ce temps d'arrêt est d'autant plus extraordinaire qu'il traduit une vérité du corps féminin, vérité toute simple (la pénétration heurte la vessie), mais qui permet de garder la représentation de la femme du côté de sa réalité à elle, et ne l'asservit pas au désir masculin. De plus, le moment où Clara se retire à la salle de bain est magnifique. On la sent pensive, elle n'est plus seulement ce corps qui baise, mais elle nous apparaît dans une complexité, que le film ne nous révèlera que partiellement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En plus de la représentation du rapport de la femme au corps, il y a aussi dans &lt;i&gt;Nuit # 1&lt;/i&gt; une réflexion sur le rapport de la femme à la parole. On a beaucoup évoqué, je disais, l'importance de la parole dans le film. On y a associé une dimension identitaire liée à la nationalité de chacun des personnages, mais pas à leur genre. On dit que Nikolaï parle avec aisance parce qu'il est étranger, alors que, au contraire, Clara prend du temps à parler parce qu'elle est québécoise. Sans doute. Mais c'est aussi parce qu'elle est une femme. Lorsque Nikolaï prend la parole, il fait semblant de s'intéresser à Clara, mais il ne veut rien entendre de ce qu'elle a à dire. Il se dit blessé qu'elle soit partie ainsi sans crier gare. Pourtant, il ne lui demande à aucun moment pourquoi elle a agi ainsi. Il est beaucoup plus intéressé à jouer l'amant éconduit, à donner libre cours à ses interminables réflexions. On dirait qu'il a rattrapé Clara simplement pour avoir un public. S'il démontre un don pour la parole, il n'en a, de toute évidence, aucun pour le dialogue. On sent Clara littéralement écrasée par le flot de paroles de Nikolaï, tandis qu'il accapare entièrement cet espace qu'il a ouvert. Elle ouvre la bouche à quelques reprises, sans qu'il n'interrompe un instant son monologue pour l'écouter. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette scène se rejoue à chaque jour. Au salon, dans la chambre à coucher, à l'école, au travail. Un homme un tant soit peu intelligent, qui a en grande estime son intelligence, dont il évalue rarement la mesure avec exactitude, écrase une femme intelligente, qui a rapidement compris que, dans la vie, on ne s'intéresserait pas souvent à son intelligence, qu'elle serait mieux de la cacher, et qu'il serait, en fait, préférable, qu'elle s'efface elle-même entièrement. De tout temps, les hommes ont surestimé leur intelligence et les femmes ont sous-estimé la leur. De tout temps, les hommes ont donc accaparé l'espace de parole au détriment des femmes. Les hommes vont proclamer, comme s'il s'agissait de la chose la plus profonde et la plus inattendue, les pires banalités, tandis que les femmes vont dissimuler leurs réflexions les plus profondes et inattendues, de crainte de dire des banalités. &lt;i&gt;Nuit # 1&lt;/i&gt; illustrait avec justesse ce rapport de force et, moi, je fulminais. J'avais envie de sacrer une volée à ce type égocentrique et poseur qui, tout en culpabilisant Clara, lui témoignait un parfait mépris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un espace de parole avait pourtant été ouvert par Nikolaï et Clara finit par le saisir lorsque celui-ci se tait enfin. Et aussitôt, la parole de Clara déferle. Et je pense alors à Nelly Arcan, à sa parole qui s'emballe: &lt;i&gt;il vaudrait mieux que le prochain client me frappe une fois pour toutes, qu'on me fasse taire car je n'arrêterai pas. et même si je m'arrêtais, ça n'arrêtera pas, ça se poursuivra d'autant plus fort derrière mes yeux&lt;/i&gt;. Les mots de Clara sont plus maladroits que ceux de Nelly Arcan, bien sûr, mais ils partagent le même mouvement violent d'une parole qui naît après avoir été trop longtemps réprimée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La représentation de la violence ordinaire envers les femmes s'est aussi illustrée à la fois dans le propos du film et à travers la réaction du public. À un certain moment, Nikolaï aligne  une série de propos misogynes qui passent souvent inaperçus: il déteste les femmes émancipées qui agissent comme des hommes, les femmes qui se vont avorter sont des traînées, etc. Il s'en prend ensuite directement à Clara. À mon plus grand soulagement et mon plus grand bonheur, Clara fout le camp. Et là, le taré se met à la poursuivre. Elle lutte contre lui, tente d'échapper à son emprise. Soudainement, dans la salle, j'entends des éclats de rire, où domine le rire d'un jeune homme qui s'esclaffe comme s'il n'avait jamais rien vu de plus drôle dans sa vie. J'ai failli le battre. J'aurais dû. Rien de plus drôle, pas vrai, qu'une femme en colère? J'aurais dû lui arracher les couilles et les lui faire bouffer pour voir s'il trouverait ça encore drôle, pauvre type. En même temps, c'était fascinant puisque, à ce moment précis, c'était vraiment la violence de l'homme dans la salle qui prenait le dessus et qui, ce faisant, donnait tout son sens au film.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a, enfin, une autre violence qui m'a troublée et un peu déçue, même si elle traduit une vérité évidente. C'est cette violence de la femme envers elle-même. Dans la dernière partie du  film, Clara raconte avec une froideur mélancolique, mais surtout un parfait mépris envers elle-même, sa vie sexuelle débridée, ses aventures sexuelles multiples et anonymes. Elle parle du vide qui l'anime, du sentiment de détachement par rapport à elle-même qu'elle ressent lors de ces ébats. Encore une fois, j'aperçois le spectre de Nelly. Mais alors que Nelly se lançait dans une série d'imprécations envers tout un chacun, Clara s'en prend à elle-même. Je me sens profondément inconfortable envers ce discours moralisateur. Évidemment, il vient d'une femme qui parle d'une femme. Il a droit de citer, il est pertinent, traduit un sentiment qui habite plusieurs femmes. Mais je ne peux pas faire autrement que d'en être profondément attristée. D'abord, je déteste cette idée d'une sexualité qui ne parvient qu'à reconduire le vide. La sexualité c'est d'abord une rencontre. Et puis, je trouve cette vision dangereusement nihiliste et trop courante, alors que pour moi, la sexualité c'est la joie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et surtout, je trouve que cette vision témoigne d'une mystification à laquelle plusieurs succombent. Si Clara se sent détachée d'elle-même, ce n'est pas parce qu'elle se livre à des ébats torrides et multiples, c'est parce qu'elle est dépossédée de son désir et entièrement livrée à sa volonté de séduire. Elle le dit elle-même, elle a besoin que tous les hommes la désirent. Elle ne fait cependant pas de lien entre cet oubli dans la séduction et son détachement vis à vis elle-même. Ce qui est logique, bien sûr. Mais le problème, c'est que la réalisatrice et scénariste semble corroborer cette logique en présentant Clara comme une pauvre fille perdue. Or, il m'apparaît essentiel de parler du lien intrinsèque entre la séduction à tout prix et le détachement de soi. Celle qui a besoin de séduire tout le monde ne s'appartient plus, n'a plus de désir. Je ne pouvais donc regarder le film sans être écrasée par ce sentiment d'impuissance devant une posture trop répandue. Bien sûr, ça n'enlève rien au film, qui traduit avec justesse un sentiment tout féminin, mais j'aurais espéré plus de distance par rapport à celui-ci. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En même temps, en y réfléchissant bien, il s'esquisse peut-être pendant cette nuit une possibilité de «rédemption» (si on conserve cette logique de la perdition). Je commençais en disant que lors de la baise du début, Clara et Nikolaï sont possédés par leur désir. C'est le sentiment qui me venait en les regardant et je ne crois pas qu'il soit invalidé par la suite du film. Peut-être Clara trouve-t-elle, à travers sa rencontre avec Nikolaï, une façon de se réapproprier son désir...</content>
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    <title>Le colporteur</title>
    <published>2012-02-20T21:01:50Z</published>
    <updated>2012-02-21T15:15:39Z</updated>
    <content type="html">Comme tous les r&amp;eacute;dacteurs, artistes, &amp;eacute;crivains, intellectuels et &amp;laquo; cr&amp;eacute;atifs &amp;raquo; de tout acabit, il m&amp;#39;arrive parfois d&amp;#39;aller dans des caf&amp;eacute;s, arm&amp;eacute;e de mon MacBook pour &amp;eacute;crire, dans le meilleur des cas, ou, plus souvent,&amp;nbsp;me promener sur le Net, entre Facebook, Twitter et diff&amp;eacute;rents blogues. &amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L&amp;#39;autre jour, j&amp;#39;&amp;eacute;tais pour une rare fois bien concentr&amp;eacute;e dans un texte lorsque j&amp;#39;ai aper&amp;ccedil;u, du coin de l&amp;#39;oeil, un ahuri qui s&amp;#39;approchait de moi. Dans l&amp;#39;espoir de pr&amp;eacute;server mon &amp;eacute;lan (il faut en profiter quand &amp;ccedil;a passe!), j&amp;#39;ai d&amp;eacute;cid&amp;eacute; de prendre l&amp;#39;air le plus absorb&amp;eacute; qui soit afin de d&amp;eacute;courager le f&amp;acirc;cheux. Mais &amp;agrave; peine avais-je eu le temps de froncer les sourcils que je l&amp;#39;ai entendu s&amp;#39;exclamer &amp;laquo; Albertine! &amp;raquo; d&amp;#39;une voix qui m&amp;#39;&amp;eacute;tait d&amp;eacute;sagr&amp;eacute;ablement famili&amp;egrave;re. Je n&amp;#39;ai donc pas eu d&amp;#39;autre choix que de lever les yeux. J&amp;#39;ai alors reconnu cette bonne bouille, puis fait un sourire poli et un tant soit peu sympathique. Je suis m&amp;ecirc;me all&amp;eacute;e jusqu&amp;#39;&amp;agrave; m&amp;#39;exclamer, avec la magnanimit&amp;eacute; qu&amp;#39;on me conna&amp;icirc;t:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ah! Tiens donc! Bonjour!...&lt;br /&gt;- &amp;Ccedil;a va, Albertine?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et avant m&amp;ecirc;me que je n&amp;#39;aie eu le temps d&amp;#39;ouvrir la bouche:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Dis-moi donc, ma ch&amp;egrave;re Albertine, as-tu lu mon dernier bouquin?&lt;br /&gt;- Ton dernier bouquin? Ah, ben non, je n&amp;#39;ai pas encore eu l&amp;#39;occasion...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En v&amp;eacute;rit&amp;eacute;, je l&amp;#39;avais en effet lu, son dernier bouquin, comme tous les autres, d&amp;#39;ailleurs, parce que j&amp;#39;ai cette tendance &amp;agrave; me laisser dominer par ma curiosit&amp;eacute; morbide, et il &amp;eacute;tait aussi insignifiant et inoffensif que les autres, mais je n&amp;#39;avais pas envie de lui faire le plaisir de savoir que j&amp;#39;avais lu, duss&amp;eacute;-je, par la m&amp;ecirc;me occasion, me priver du plaisir de l&amp;#39;insulter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L&amp;#39;importun est revenu &amp;agrave; la charge. &amp;laquo; Ah? Vraiment? Pourtant, on a quand m&amp;ecirc;me parl&amp;eacute; pas mal dans les journaux... Mais attends...&amp;raquo; Il a alors gliss&amp;eacute; sa main dans un sac qu&amp;#39;il portait en bandouli&amp;egrave;re. &amp;laquo; Justement, j&amp;#39;en ai un qui tra&amp;icirc;nait quelque part! Je te l&amp;#39;offre! &amp;raquo; Au moment o&amp;ugrave; il me disait &amp;ccedil;a, j&amp;#39;ai aper&amp;ccedil;u par l&amp;#39;ouverture de son sac, qu&amp;#39;il avait laiss&amp;eacute; entrouvert, une bonne dizaine d&amp;#39;exemplaires de son livre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ah mais, je ne peux pas accepter!&lt;br /&gt;- Mais non, j&amp;#39;insiste, j&amp;#39;insiste!&lt;br /&gt;- Ah bien, euh, merci! C&amp;#39;est... gentil!&amp;nbsp;&lt;br /&gt;- Tu m&amp;#39;&amp;eacute;criras pour m&amp;#39;en donner des nouvelles! Et toi, Albertine? Toujours dans l&amp;#39;autofiction?&lt;br /&gt;- Eh oui! Toujours!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je connaissais tr&amp;egrave;s bien les vues du g&amp;ecirc;neur sur l&amp;#39;autofiction. Il se croit tr&amp;egrave;s original en r&amp;eacute;p&amp;eacute;tant &amp;agrave; tout un chacun que l&amp;#39;autofiction est l&amp;#39;oeuvre des narcissiques, de ceux qui imaginent que leur vie est tellement digne d&amp;#39;int&amp;eacute;r&amp;ecirc;t, alors que lui, lui, il s&amp;#39;int&amp;eacute;resse beaucoup plus aux autres qu&amp;#39;&amp;agrave; sa propre personne, qu&amp;#39;il a envie de parler de la soci&amp;eacute;t&amp;eacute; et non de son nombril. Crisse, &amp;agrave; l&amp;#39;entendre, on croirait qu&amp;#39;il est Balzac. Et pourtant, encore une fois, il me prouvait qu&amp;#39;il est certainement, de nous deux, le plus narcissique. Je ne me sentais malheureusement pas batailleuse. Je me disais que j&amp;#39;aurais d&amp;ucirc; lui crier &amp;agrave; deux pouces des oreilles : &amp;laquo;&amp;nbsp;Tabarnak, un peu de pudeur! C&amp;#39;est d&amp;eacute;j&amp;agrave; g&amp;ecirc;nant qu&amp;#39;on coupe des arbres pour te publier! Le gros, moi, je ferai toujours chier la plan&amp;egrave;te avec mes petits &amp;eacute;crits, mais je ne remplirai jamais mon sac de mes propres livres. Rappelle-toi, par contre, que &amp;ccedil;a me laissera beaucoup d&amp;#39;espace pour le bourrer avec les dildos les plus gros possible pour t&amp;#39;effrayer, te repousser et te rappeler l&amp;#39;&amp;ecirc;tre immens&amp;eacute;ment banal que tu es. Regarde, le cave, comme on est tous &amp;eacute;gaux devant la douleur, comme devant la douleur de cette grosse bite non lubrifi&amp;eacute;e que je t&amp;#39;enfoncerais dans le cul! &amp;raquo;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Enfin, &amp;ccedil;a m&amp;#39;a fait plaisir de te voir, Albertine!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il m&amp;#39;a fait la bise et a d&amp;eacute;guerpi.&amp;nbsp;J&amp;#39;ai alors gliss&amp;eacute; son livre dans mon sac &amp;agrave; main. Je le mettrais dans le bac de recyclage en arrivant &amp;agrave; la maison.&amp;nbsp;</content>
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    <title>Le don à vive allure</title>
    <published>2012-02-11T11:57:49Z</published>
    <updated>2012-02-11T12:02:51Z</updated>
    <content type="html">&lt;div&gt;Il y a quelques jours, j&amp;#39;&amp;eacute;tais invit&amp;eacute;e chez une de mes bien ch&amp;egrave;res amies. Je n&amp;#39;&amp;eacute;tais jamais all&amp;eacute;e chez elle et je devinais d&amp;eacute;j&amp;agrave; ce qui m&amp;#39;attendait. J&amp;#39;&amp;eacute;tais persuad&amp;eacute;e qu&amp;#39;elle allait me faire le coup de la g&amp;eacute;n&amp;eacute;rosit&amp;eacute; autoritaire. Elle le fait toujours un peu, mais l&amp;agrave;, je me disais que &amp;ccedil;a deviendrait intense. Elle veut tellement tout donner, tout partager, qu&amp;#39;elle se met &amp;agrave; pousser les choses d&amp;#39;un geste ferme et brusque devant moi. Je n&amp;#39;ai plus le choix de tout accepter. &amp;Ccedil;a ne me d&amp;eacute;range pas. Ce qui me g&amp;ecirc;ne un peu; c&amp;#39;est que je deviens paralys&amp;eacute;e et je me sens b&amp;ecirc;te. Au fond, c&amp;#39;est un geste nerveux. Elle passe sa nervosit&amp;eacute; dans cette g&amp;eacute;n&amp;eacute;rosit&amp;eacute; un peu brutale. Je le sens trop fort, &amp;ccedil;a me rend nerveuse &amp;agrave; mon tour. Moi, j&amp;#39;exprime cette f&amp;ecirc;te des nerfs diff&amp;eacute;remment, je me retire, je me recule un peu, parce que sinon j&amp;#39;aurais peur de perdre le contr&amp;ocirc;le. Avant de sonner &amp;agrave; sa porte, je me suis donc pr&amp;eacute;par&amp;eacute;e physiologiquement. Je voulais att&amp;eacute;nuer mes malaises. Des fois, &amp;ccedil;a me prend, l&amp;#39;envie d&amp;#39;&amp;ecirc;tre une fille easy going! Je r&amp;ecirc;ve d&amp;#39;&amp;ecirc;tre d&amp;eacute;tendue, d&amp;eacute;contract&amp;eacute;e. Bah! On peut r&amp;ecirc;ver! C&amp;#39;est comme vouloir remporter &amp;agrave; la loto. &amp;Ccedil;a n&amp;#39;arrive jamais! C&amp;#39;est comme esp&amp;eacute;rer que le mec avec le gros p&amp;eacute;nis d&amp;eacute;licieux ne soit pas trop con. &amp;Ccedil;a n&amp;#39;arrive jamais!&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;br&gt;&lt;div&gt;&amp;Eacute;videmment j&amp;#39;avais vu juste! Elle m&amp;#39;a fait une sc&amp;egrave;ne de la g&amp;eacute;n&amp;eacute;rosit&amp;eacute; autoritaire comme je n&amp;#39;en avais jamais vue auparavant. Je me suis vite rendu compte que je n&amp;#39;&amp;eacute;tais pas si g&amp;ecirc;n&amp;eacute;e que &amp;ccedil;a. Au d&amp;eacute;but, j&amp;#39;&amp;eacute;tais un peu fi&amp;egrave;re d&amp;#39;avoir tout vu d&amp;#39;avance. Pass&amp;eacute; ce petit plaisir narcissique sans grand int&amp;eacute;r&amp;ecirc;t, j&amp;#39;&amp;eacute;tais seulement fascin&amp;eacute;e. Je me demandais jusqu&amp;#39;o&amp;ugrave; elle allait aller, si &amp;ccedil;a arr&amp;ecirc;terait &amp;agrave; un moment. Je me disais qu&amp;#39;elle devait avoir assez d&amp;#39;&amp;eacute;nergie pour maintenir le rythme longtemps. Elle ne m&amp;#39;a pas d&amp;eacute;&amp;ccedil;ue. Quand la g&amp;eacute;n&amp;eacute;rosit&amp;eacute; autoritaire d&amp;eacute;bute, &amp;ccedil;a ne se termine pas de sit&amp;ocirc;t. Peu &amp;agrave; peu, on s&amp;#39;y fait. On arrive &amp;agrave; r&amp;eacute;agir selon son beat effr&amp;eacute;n&amp;eacute;! Apr&amp;egrave;s tout, je sais bien d&amp;#39;o&amp;ugrave; vient cette fr&amp;eacute;n&amp;eacute;sie qui l&amp;#39;am&amp;egrave;ne &amp;agrave; donner presque de force. De nos jours, il faut se vendre tout le temps. Pas juste pour des emplois. Il faut se vendre aussi dans les relations personnelles, dans les relations amoureuses... Dans tout! Vraiment. Les gens ne sont pas g&amp;ecirc;n&amp;eacute;s de leur v&amp;eacute;nalit&amp;eacute;, ils n&amp;#39;ont pas honte! Oh non, pas du tout. La honte, &amp;ccedil;a, vraiment, ils ne connaissent m&amp;ecirc;me pas le sens de ce mot. Mon amie, elle donnerait pour mille si elle pouvait, elle donne comme si sa vie en d&amp;eacute;pendait. Et en r&amp;eacute;alit&amp;eacute;, peut-&amp;ecirc;tre, que sa vie en d&amp;eacute;pend un peu pour vrai. Les imb&amp;eacute;ciles pensent que de se vendre au plus offrant, parfois m&amp;ecirc;me au moins offrant, pourra assurer leur survie. Ils peuvent continuer &amp;agrave; le penser. Moi, je crois que c&amp;#39;est tout le contraire. Je suis une fille de la d&amp;eacute;pense apr&amp;egrave;s tout! Je crois que de refuser de se vendre et donner autant qu&amp;#39;on peut, &amp;ccedil;a doit bien aider encore plus &amp;agrave; respirer librement. Je veux de l&amp;#39;air moi aussi, je pr&amp;eacute;f&amp;egrave;re tout donner que de me vendre.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;</content>
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    <title>Je vous veux tous</title>
    <published>2012-02-09T22:04:37Z</published>
    <updated>2012-02-10T00:45:20Z</updated>
    <content type="html">&lt;div&gt;Je d&amp;eacute;couvre Ariane Moffatt des ann&amp;eacute;es apr&amp;egrave;s tout le monde. Je ne la trouvais pas mauvaise. J&amp;#39;&amp;eacute;tais strictement indiff&amp;eacute;rente &amp;agrave; ses hits. Peut-&amp;ecirc;tre que je la trouvais trop joyeuse et l&amp;eacute;g&amp;egrave;re pour moi. C&amp;#39;est parce que je ne l&amp;#39;avais pas &amp;eacute;cout&amp;eacute;e. Un jour comme &amp;ccedil;a, j&amp;#39;ai allum&amp;eacute;. Il &amp;eacute;tait temps! Je me suis dit : &amp;laquo;Fuck, sa voix est tellement pleine de sexe.&amp;raquo; Mettons que c&amp;#39;est l&amp;#39;anti-mal-de-coeur-de-pirate. Criss, j&amp;#39;&amp;eacute;tais bien conne de ne pas avoir compris la profondeur de la voix d&amp;#39;Ariane Moffatt!!! Une voix aussi sensuelle n&amp;#39;est jamais l&amp;eacute;g&amp;egrave;re et b&amp;ecirc;tement joyeuse. Je suis g&amp;ecirc;n&amp;eacute;e d&amp;#39;&amp;eacute;couter &amp;laquo;Tous les sens&amp;raquo; en pr&amp;eacute;sence de quelqu&amp;#39;un avec qui je n&amp;#39;ai pas envie de coucher, je me sens aussi mal que si je regardais de la porn avec M. et Mme Bouquet. Petite confession : quand j&amp;#39;&amp;eacute;coute &amp;laquo;Je veux tout&amp;raquo;, je me repasse la chanson plusieurs fois juste pour entendre encore et encore le &amp;laquo;Je veux tout, Toi et tous tes amis&amp;raquo;. Ces deux lignes m&amp;#39;excitent tellement. Je vois la sc&amp;egrave;ne dans ma t&amp;ecirc;te. Et puis, oui, vraiment, je les veux tous et toutes!&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Je veux tout, mais je veux aussi tout partager. J&amp;#39;ai contamin&amp;eacute; en moins de deux H&amp;eacute;l&amp;egrave;ne qui est d&amp;eacute;sormais aussi obs&amp;eacute;d&amp;eacute;e que moi. J&amp;#39;essaie de convaincre mon anarchiste pr&amp;eacute;f&amp;eacute;r&amp;eacute; de l&amp;#39;&amp;eacute;couter. Je devrai travailler plus fort pour y arriver. Il r&amp;eacute;siste encore. La prochaine fois qu&amp;#39;il passe chez moi, je vais attendre qu&amp;#39;il soit bien drogu&amp;eacute; et je mettrai en douce mes chansons pr&amp;eacute;f&amp;eacute;r&amp;eacute;es. Il sera bien oblig&amp;eacute; de c&amp;eacute;der. J&amp;#39;ai pour mon dire qu&amp;#39;une passion d&amp;eacute;vorante non partag&amp;eacute;e n&amp;#39;est pas une passion! J&amp;#39;ai l&amp;#39;&amp;acirc;me missionnaire! Je me vois courir dans les campagnes pour r&amp;eacute;pandre la bonne nouvelle : &amp;laquo;&amp;Eacute;coutez Ariane Moffatt, vous vivrez mieux!&amp;raquo;. J&amp;#39;accourrai de maison et de maison et j&amp;#39;en profiterai pour faire de nouvelles conqu&amp;ecirc;tes. Des femmes au foyer, ouah, j&amp;#39;adore! Des ouvriers en sueurs, miam! &amp;Agrave; moi, les r&amp;eacute;gions!&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Tenez pour le fun, je vous cite un passage de &amp;laquo;La barricade&amp;raquo; que j&amp;#39;adore. Ces quelques lignes, il me semble que j&amp;#39;aurais pu les &amp;eacute;crire. Dans la chanson, &amp;ccedil;a parle d&amp;#39;une histoire d&amp;#39;amour, moi, &amp;ccedil;a racontrait l&amp;#39;histoire de mes amiti&amp;eacute;s malheureuses : &amp;nbsp;&amp;laquo;Si tu penses que c&amp;#39;est trop haut pour toi, descends /&amp;nbsp;J&amp;#39;suis pas l&amp;agrave; pour te faire perdre ton temps &amp;nbsp;/&amp;nbsp;Si t&amp;#39;me vois comme ta fin du monde va-t&amp;#39;en /&amp;nbsp;Je vais vivre ma fin du monde autrement&amp;raquo;. &amp;nbsp;&lt;/div&gt;</content>
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    <title>À sec</title>
    <published>2012-02-09T15:25:43Z</published>
    <updated>2012-02-09T15:27:28Z</updated>
    <content type="html">L&amp;#39;autre jour, un type tentait de me convaincre d&amp;#39;envoyer &amp;agrave; une maison d&amp;#39;&amp;eacute;dition un petit truc que j&amp;#39;avais &amp;eacute;crit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- &amp;Ccedil;a ne m&amp;#39;int&amp;eacute;resse pas de publier un livre! Et puis m&amp;ecirc;me si &amp;ccedil;a m&amp;#39;int&amp;eacute;ressait, o&amp;ugrave; voudrais-tu donc que je publie?!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mais voyons, Albertine, il faut croire en toi!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J&amp;#39;avais juste envie de lui r&amp;eacute;pondre: &amp;laquo; Tu me niaises-tu, c&amp;acirc;lisse? &amp;raquo; Mais puisqu&amp;#39;il a une queue splendide et qu&amp;#39;il sait appr&amp;eacute;cier les joies de se faire rentrer d&amp;eacute;licatement un doigt dans l&amp;#39;anus en se faisant sucer, je me suis dit que je devrais maintenir une bonne relation avec lui, que &amp;ccedil;a m&amp;#39;importait peu qu&amp;#39;il me connaisse,&amp;nbsp;&lt;i&gt;anyway&lt;/i&gt;, et que, de toute fa&amp;ccedil;on, il ne pourrait pas comprendre. Je me suis donc content&amp;eacute;e de dire qu&amp;#39;il &amp;eacute;tait trop gentil et je suis descendue jusqu&amp;#39;&amp;agrave; sa fermeture-&amp;eacute;clair. Je sais choisir mes combats.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N&amp;#39;emp&amp;ecirc;che, j&amp;#39;&amp;eacute;tais en crisse. Qu&amp;#39;il ne comprenne pas toutes les raisons qui font qu&amp;#39;il m&amp;#39;appara&amp;icirc;t impossible de publier sur papier, c&amp;#39;est une chose. Qu&amp;#39;il me prenne pour une petite b&amp;ecirc;te fragile et ins&amp;eacute;cure, c&amp;#39;est aussi une chose. Mais qu&amp;#39;il me fasse le coup de la pens&amp;eacute;e positive, &amp;ccedil;a, non. J&amp;#39;avais juste envie de le retourner &amp;agrave; quatre pattes et de l&amp;#39;enculer solide avec mon plus gros gode et sans lubrifiant. Tu vas voir, mon chou, que m&amp;ecirc;me en pensant positif, &amp;ccedil;a ne va pas moins te faire hurler de douleur que je t&amp;#39;encule &amp;agrave; sec avec ce monstrueux engin!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour le chantre de la pens&amp;eacute;e positive, il suffit de croire pour vouloir et de vouloir pour pouvoir. Pour le chantre de la pens&amp;eacute;e positive, il faut demeurer optimiste co&amp;ucirc;te que co&amp;ucirc;te ou, autrement, accepter d&amp;#39;&amp;ecirc;tre le seul et unique artisan de son malheur. Et pourtant, si on disait au chantre de la pens&amp;eacute;e positive que si on essayait tr&amp;egrave;s fort de faire l&amp;eacute;viter sa t&amp;eacute;l&amp;eacute; 52 pouces, &amp;ccedil;a devrait,&amp;nbsp;dans une m&amp;ecirc;me logique, fonctionner sans probl&amp;egrave;me, il nous dirait que c&amp;#39;est compl&amp;egrave;tement farfelu et qu&amp;#39;on est de mauvaise foi. Il n&amp;#39;en utilise pas moins exactement cette logique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne suis pas d&amp;eacute;faitiste. Je crois pleinement en mes moyens. Mais j&amp;#39;aurais beau essayer autant comme autant, je sais que le monde n&amp;#39;est jamais tr&amp;egrave;s accueillant avec des gens comme moi ou avec tout autre individu qui ne pense pas que s&amp;#39;acheter une grosse baraque, avoir un beau char et s&amp;#39;acheter des &amp;eacute;lectros en acier inoxydable, c&amp;#39;est le bout de la marde et qu&amp;#39;il faut faire ce qu&amp;#39;il faut pour y parvenir. J&amp;#39;ai beau croire que je suis le bout de la marde, je sais que je n&amp;#39;ai pas trop de place dans un monde comme celui-ci et que lorsque je finis par en avoir une, par quelque concours de circonstances extraordinaires, ce n&amp;#39;est pas parce que j&amp;#39;ai &amp;laquo;pens&amp;eacute; positif&amp;raquo;, c&amp;#39;est un hasard et c&amp;#39;est tout, de m&amp;ecirc;me que lorsque quelqu&amp;#39;un atteint d&amp;#39;une maladie grave finit par s&amp;#39;en sortir, c&amp;#39;est parce qu&amp;#39;il existait des soins appropri&amp;eacute;s, qu&amp;#39;il a pu en profiter et qu&amp;#39;il a &amp;eacute;t&amp;eacute; chanceux qu&amp;#39;il gu&amp;eacute;rit, ce n&amp;#39;est pas parce qu&amp;#39;il est &amp;laquo;rest&amp;eacute; positif&amp;raquo;. Non seulement la condition humaine est-elle cruelle, &amp;agrave; la base, mais, en plus, le monde suce. Ce n&amp;#39;est pas du d&amp;eacute;faitisme de le d&amp;eacute;clarer, c&amp;#39;est de la lucidit&amp;eacute;.&amp;nbsp;&lt;br /&gt;</content>
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    <title>Les soubresauts de la parole</title>
    <published>2012-02-05T15:17:56Z</published>
    <updated>2012-02-05T16:24:55Z</updated>
    <content type="html">Jeune et na&amp;iuml;ve (&amp;ccedil;a arrive m&amp;ecirc;me aux meilleures!), je lisais beaucoup de revues de nouvelles qu&amp;eacute;b&amp;eacute;coises. J&amp;#39;essayais de comprendre c&amp;#39;&amp;eacute;tait quoi pour tous ces gens, une nouvelle. Je m&amp;#39;abonnais &amp;agrave; ces publications que je parcourais comme une d&amp;eacute;fonc&amp;eacute;e. J&amp;#39;&amp;eacute;tais aussi obs&amp;eacute;d&amp;eacute;e qu&amp;#39;obstin&amp;eacute;e. Je me faisais croire que j&amp;#39;aimais les lire. En r&amp;eacute;alit&amp;eacute;, &amp;ccedil;a m&amp;#39;emmerdait ferme! Je peux me l&amp;#39;avouer maintenant. Je trouvais que les revues de nouvelles manquaient d&amp;#39;&amp;acirc;me, qu&amp;#39;elles publiaient souvent des textes m&amp;eacute;diocres dont je ne voyais pas r&amp;eacute;ellement l&amp;#39;int&amp;eacute;r&amp;ecirc;t. Je me rappelle tr&amp;egrave;s bien que j&amp;#39;ai lu une nouvelle de Marie-Sissi Labr&amp;egrave;che dans &lt;i&gt;Stop&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;XYZ&lt;/i&gt;, je ne sais plus. Ce texte-l&amp;agrave;, je l&amp;#39;avais r&amp;eacute;ellement aim&amp;eacute;. Pendant des nuits, j&amp;#39;&amp;eacute;tais tourment&amp;eacute;e. Je ne retrouve malheureusement plus la revue dans mes biblioth&amp;egrave;ques... J&amp;#39;aurais voulu la relire. La nouvelle se passait dans une &amp;eacute;cole. Je crois que c&amp;#39;&amp;eacute;tait l&amp;#39;histoire d&amp;#39;une fille qui avait honte de sa g&amp;eacute;nitrice parce que celle-ci &amp;eacute;tait d&amp;eacute;barqu&amp;eacute;e &amp;agrave; son &amp;eacute;cole. Peut-&amp;ecirc;tre que j&amp;#39;invente... &amp;Ccedil;a fait plus de dix ans que je l&amp;#39;ai lu. Je d&amp;eacute;couvrais dans ce texte une densit&amp;eacute; &amp;eacute;motive sauvage qui me troublait. J&amp;#39;avais la nette impression de tout conna&amp;icirc;tre de ce combat avec de bien intenses sentiments que j&amp;#39;entrevoyais entre les mots. Plus tard, je me suis dit que je n&amp;#39;avais pas lu toutes ces revues de nouvelles pour rien, juste parce que j&amp;#39;avais lu ce texte. &amp;Agrave; partir de ce jour, dans ma t&amp;ecirc;te, c&amp;#39;&amp;eacute;tait bien clair. &amp;Eacute;crire de la litt&amp;eacute;rature et travailler sur la densit&amp;eacute; &amp;eacute;motive sauvage devenaient des synonymes.&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans un monde o&amp;ugrave; la litt&amp;eacute;rature n&amp;#39;a plus beaucoup d&amp;#39;importance, les derniers lecteurs qui restent aiment plus les figures d&amp;#39;auteur que la litt&amp;eacute;rature. Je le remarque continuellement. Les pauvres (j&amp;#39;&amp;eacute;cris &amp;ccedil;a pour rire, ils ne sont pas tant &amp;agrave; plaindre qu&amp;#39;&amp;agrave; d&amp;eacute;noncer), ils n&amp;#39;ont plus id&amp;eacute;e de ce que pourrait &amp;ecirc;tre un contact authentique avec une oeuvre d&amp;#39;art. Quand tout est d&amp;eacute;truit, il n&amp;#39;y a plus qu&amp;#39;&amp;agrave; &amp;eacute;lever des monuments avec le peu qui reste pour se cacher l&amp;#39;immensit&amp;eacute; des ruines qui nous entourent. La litt&amp;eacute;rature ne doit pourtant pas &amp;ecirc;tre au-dessus de nous, elle doit &amp;ecirc;tre &amp;agrave; notre port&amp;eacute;e, elle doit avoir une &amp;acirc;me et continuer &amp;agrave; nous parler. Marie-Sissi Labr&amp;egrave;che est parfaite si on r&amp;ecirc;ve de cultiver des figures d&amp;#39;auteur plus que de lire des livres. Elle correspond bien &amp;agrave; l&amp;#39;id&amp;eacute;e qu&amp;#39;on se fait d&amp;#39;une &amp;eacute;crivaine qui travaille avec ses instincts, d&amp;#39;une &amp;eacute;crivaine pour qui la n&amp;eacute;cessit&amp;eacute; d&amp;#39;&amp;eacute;crire s&amp;#39;est impos&amp;eacute;e d&amp;#39;elle-m&amp;ecirc;me. La figure d&amp;#39;auteure qu&amp;#39;elle repr&amp;eacute;sente capte l&amp;#39;imaginaire. Je comprends bien cet effet. Mais quand j&amp;#39;ai d&amp;eacute;couvert sa nouvelle il y a quelques ann&amp;eacute;es, je ne savais rien d&amp;#39;elle. Elle n&amp;#39;avait pas publi&amp;eacute; de romans, je ne connaissais pas son histoire. Pourtant, le texte avait agi sur moi. &amp;Ccedil;a veut dire que la figure d&amp;#39;auteure, on pourrait s&amp;#39;en passer. Ses textes se d&amp;eacute;fendent tout seuls. &amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le journal, ce matin, j&amp;#39;ai lu une entrevue avec elle. On donne dans la figure d&amp;#39;auteure &amp;eacute;videmment. Les journalistes et les critiques litt&amp;eacute;raires en ont besoin. Sans figure fascinante d&amp;#39;&amp;eacute;crivain, ils ne sauraient pas quoi &amp;eacute;crire. Un passage du &lt;a href="http://www.cyberpresse.ca/arts/livres/entrevues/201202/04/01-4492726-des-nouvelles-de-marie-sissi.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&amp;amp;utm_contenuinterne=cyberpresse_B4_en-manchette-arts_379_section_POS2"&gt;texte&lt;/a&gt; m&amp;#39;a mise en beau fusil ou &amp;laquo;en sainte-matraque&amp;raquo; comme le dit Mme Bouquet dans ses plus grandes col&amp;egrave;res : &amp;laquo;Marie-Sissi Labr&amp;egrave;che ma&amp;icirc;trise mille fois mieux l&amp;#39;&amp;eacute;crit que la parole, on comprend bien pourquoi elle ne peut s&amp;#39;en passer, m&amp;ecirc;me si &amp;ccedil;a fait un bout de temps qu&amp;#39;elle a publi&amp;eacute;.&amp;raquo; Sur le coup, j&amp;#39;&amp;eacute;tais stup&amp;eacute;faite. Je me suis dit : &amp;laquo;Ah c&amp;#39;est dr&amp;ocirc;le, moi j&amp;#39;aime autant &amp;ccedil;a l&amp;#39;entendre parler que la lire&amp;raquo;. J&amp;#39;ai vu l&amp;#39;&amp;eacute;mission de &lt;a href="http://www.radio-canada.ca/emissions/on_prend_toujours_un_train_pour_la_vie/2010/Entrevue.asp?idDoc=116444"&gt;&lt;i&gt;On prendra toujours un train&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; o&amp;ugrave; elle est all&amp;eacute;e. J&amp;#39;ai &amp;eacute;cout&amp;eacute; aussi l&amp;#39;&amp;eacute;mission de radio &lt;a href="http://www.radio-canada.ca/emissions/une_saison_dans_la_vie_de/2010-2011/chronique.asp?idChronique=159061"&gt;Le printemps de Marie-Sissi Labr&amp;egrave;che&lt;/a&gt;. Elle sait parler, voyons! Elle sait parler plus que la plupart du monde que j&amp;#39;entends &amp;agrave; la radio ou &amp;agrave; la t&amp;eacute;l&amp;eacute;vision, elle sait parler plus que les communicateurs professionnels. Je sais bien qu&amp;#39;elle commence parfois des phrases qu&amp;#39;elle ne termine pas, qu&amp;#39;elle peut passer d&amp;#39;un sujet &amp;agrave; l&amp;#39;autre sans pr&amp;eacute;venir. Mais lorsqu&amp;#39;elle fait &amp;ccedil;a, elle dit des milliards de choses. C&amp;#39;est passionnant &amp;agrave; entendre, parce que c&amp;#39;est &amp;eacute;nergique et dense!!! Parce que c&amp;#39;est vivant!!! Je comprends bien que Marie-Sissi Labr&amp;egrave;che doit dire d&amp;#39;elle-m&amp;ecirc;me qu&amp;#39;elle ne sait pas parler. On peut lire dans le m&amp;ecirc;me texte :&amp;nbsp;&amp;laquo;J&amp;#39;&amp;eacute;vite de participer &amp;agrave; des d&amp;eacute;bats, je ne peux pas, je ne sais pas bien expliquer les choses, dit-elle, tout en s&amp;#39;excusant fr&amp;eacute;quemment de ne pas &amp;ecirc;tre assez pr&amp;eacute;cise. Mon mari explique mieux les affaires que moi! C&amp;#39;est mon fan num&amp;eacute;ro un!&amp;raquo; Eh bien, moi, malgr&amp;eacute; elle, je dis que c&amp;#39;est bien dommage! Je suis certaine qu&amp;#39;elle sait parler, j&amp;#39;aime l&amp;#39;entendre parler. Je ne connais pas son mari, mais je suis persuad&amp;eacute;e qu&amp;#39;elle explique mieux bien des affaires que lui!&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien expliquer, ce n&amp;#39;est pas de savoir ordonner, le dernier des caves est capable de faire &amp;ccedil;a. Bien expliquer, c&amp;#39;est &amp;ecirc;tre capable de rendre les choses dans leur complexit&amp;eacute;, c&amp;#39;est d&amp;#39;en faire saisir l&amp;#39;esprit. Mais dans notre monde en ruines, tout ce qu&amp;#39;on est capable d&amp;#39;admirer c&amp;#39;est la ma&amp;icirc;trise, la ma&amp;icirc;trise d&amp;#39;une couple de r&amp;egrave;gles bien niaiseuses que le dernier des imb&amp;eacute;ciles est capable d&amp;#39;appliquer s&amp;#39;il a des capacit&amp;eacute;s cognitives normales. &amp;Ccedil;a nous rend bien trop mal &amp;agrave; l&amp;#39;aise quelqu&amp;#39;un qui ne respecte pas les r&amp;egrave;gles, on a honte pour lui. Et on veut de l&amp;#39;ordre, on ne veut pas d&amp;#39;une parole qui nous fait ressentir le tremblement du monde, qui nous fait entendre le bruit des choses qui s&amp;#39;effondrent, qui nous donne &amp;agrave; voir la violence du choc des corps contre les choses. On veut faire comme si de rien n&amp;#39;&amp;eacute;tait. On ne veut pas d&amp;#39;une parole qui d&amp;eacute;borde, qui explose, qui sort des chemins qu&amp;#39;on a trac&amp;eacute;s pour elle. C&amp;#39;est justement parce que la parole de Marie-Sissi Labr&amp;egrave;che n&amp;#39;est pas prise dans un carcan qu&amp;#39;elle est si belle.&amp;nbsp;Ce n&amp;#39;est pas parce qu&amp;#39;elle est trop conne, trop &amp;eacute;motive ou trop g&amp;ecirc;n&amp;eacute;e que sa parole ne semble pas ma&amp;icirc;tris&amp;eacute;e, c&amp;#39;est parce qu&amp;#39;elle a trop d&amp;#39;ambition, qu&amp;#39;elle veut rendre trop de choses &amp;agrave; la fois, parce qu&amp;#39;elle est grouillante de vie.&amp;nbsp;</content>
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    <title>Dans le lit avec Albertine </title>
    <published>2012-02-05T04:08:06Z</published>
    <updated>2012-02-05T04:15:06Z</updated>
    <content type="html">Je suis tellement une&amp;nbsp;&lt;i&gt;nobody&lt;/i&gt;&amp;nbsp;que j&amp;#39;ai d&amp;eacute;cid&amp;eacute; de m&amp;#39;entretenir avec moi-m&amp;ecirc;me.&amp;nbsp;Je suis &amp;eacute;coeur&amp;eacute;e de ces entrevues o&amp;ugrave; tout le monde r&amp;eacute;pond les m&amp;ecirc;mes osties de r&amp;eacute;ponses banales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Belle intervieweuse : Elle sera nulle part, dans les prochains mois, ni sur sc&amp;egrave;ne, ni en librairie. Pour c&amp;eacute;l&amp;eacute;brer son absence de succ&amp;egrave;s et de livre, Albertine Bouquet a accept&amp;eacute; de passer dans le lit. Albertine, si tu &amp;eacute;tais un film ?&amp;nbsp;&lt;/i&gt;(Elle me tutoie. On couche ensemble r&amp;eacute;guli&amp;egrave;rement.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Albertine :&amp;nbsp;&lt;i&gt;Sperm Overdose 3&lt;/i&gt;. D&amp;eacute;finitivement! J&amp;#39;aime que le cin&amp;eacute;ma d&amp;#39;auteur rencontre les d&amp;eacute;charges d&amp;eacute;mesur&amp;eacute;es de sperme. Je serais aussi&amp;nbsp;&lt;i&gt;Orgie en noir&lt;/i&gt;&amp;nbsp;d&amp;#39;Ovidie. Je suis une gothique apr&amp;egrave;s tout. Ce qu&amp;#39;il manque &amp;agrave;&amp;nbsp;&lt;i&gt;Sperm Overdose 3&amp;nbsp;&lt;/i&gt;est dans&amp;nbsp;&lt;i&gt;Orgie en noir&lt;/i&gt;&amp;nbsp;: cimeti&amp;egrave;re, morts-vivants, vampires, sorci&amp;egrave;res...&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Belle intervieweuse : Si tu &amp;eacute;tais une personnalit&amp;eacute; qui a marqu&amp;eacute;e l&amp;#39;histoire ?&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Albertine : Louise Michel, bien s&amp;ucirc;r! Mais avec les&amp;nbsp;&lt;i&gt;tattoos&lt;/i&gt;, la craque de dent et le regard d&amp;eacute;vorant de Belladonna. Je serais une Louise Michel&amp;nbsp;&lt;i&gt;altern&lt;/i&gt;. J&amp;#39;enseignerais comme elle le fran&amp;ccedil;ais aux pauvres et je monterais aux barricades. &amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Belle intervieweuse : Si tu &amp;eacute;tais un plaisir coupable ?&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Albertine :&amp;nbsp;Je serais les &amp;eacute;missions de soir&amp;eacute;e &amp;agrave; V.&amp;nbsp;&lt;i&gt;Atomes crochus&lt;/i&gt;,&amp;nbsp;&lt;i&gt;La Guerre des clans&lt;/i&gt;,&amp;nbsp;&lt;i&gt;Duo&lt;/i&gt;,&amp;nbsp;&lt;i&gt;Un souper presque parfait&lt;/i&gt;,&amp;nbsp;&lt;i&gt;L&amp;#39;amour est dans le pr&amp;eacute;&lt;/i&gt;,&amp;nbsp;&lt;i&gt;Op&amp;eacute;ration s&amp;eacute;duction&lt;/i&gt;, le truc de m&amp;eacute;diums apr&amp;egrave;s minuit... Tant que c&amp;#39;est suffisamment vrai et d&amp;eacute;bile, &amp;ccedil;a me rejoint. Je suis m&amp;ecirc;me nostalgique de&amp;nbsp;&lt;i&gt;Loft Story&lt;/i&gt;. &amp;Ccedil;a donne une id&amp;eacute;e. Mais je serais aussi la cha&amp;icirc;ne de webt&amp;eacute;l&amp;eacute; Youporn. C&amp;#39;est tout un plaisir coupable, &amp;ccedil;a aussi...&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Belle intervieweuse : Qui serait l&amp;#39;invit&amp;eacute; d&amp;#39;honneur au souper de tes r&amp;ecirc;ves ?&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Albertine :&amp;nbsp;Je suis tent&amp;eacute;e de r&amp;eacute;pondre Rocco Siffredi. Quoique, bien sinc&amp;egrave;rement, je me passerais du gars et je prendrais uniquement le p&amp;eacute;nis. Plus s&amp;eacute;rieusement, je voudrais souper avec un autre&lt;i&gt;&amp;nbsp;italian stallion&lt;/i&gt;&amp;nbsp;: Sylvester Stallone. Je le serrerais dans mes bras. On jaserait Rocky et Rambo. J&amp;#39;aimerais beaucoup qu&amp;#39;on pleure ensemble &amp;agrave; chaudes larmes, comme &amp;agrave; la fin de&amp;nbsp;&lt;i&gt;First Blood,&amp;nbsp;&lt;/i&gt;et qu&amp;#39;il me donne un r&amp;ocirc;le dans le prochain&amp;nbsp;&lt;i&gt;The Expendables&lt;/i&gt;. Amenez les gros calibres et les m&amp;eacute;chants! Je suis pr&amp;ecirc;te.&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Belle intervieweuse : Si tu ne pouvais plus pratiquer ton m&amp;eacute;tier, que ferais-tu?&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Albertine :&amp;nbsp;Il n&amp;#39;y a pas si longtemps j&amp;#39;aurais r&amp;eacute;pondu r&amp;eacute;alisatrice de films pornographiques. J&amp;#39;aimerais encore essayer cette vie-l&amp;agrave;, mais &amp;ccedil;a me semble encore trop pr&amp;egrave;s de la litt&amp;eacute;rature. Si je n&amp;#39;&amp;eacute;crivais pas un blogue, j&amp;#39;aimerais &amp;ecirc;tre hacker. Je voudrais rejoindre les rangs d&amp;#39;Anonymous. Autour de 1995, Internet est n&amp;eacute; pour le grand public. Je suis venue au monde moi aussi &amp;agrave; ce moment-l&amp;agrave;, m&amp;ecirc;me si ma vraie naissance remonte plut&amp;ocirc;t &amp;agrave; 1980. J&amp;#39;ai&amp;nbsp;suppli&amp;eacute; mes g&amp;eacute;niteurs de m&amp;#39;acheter un ordinateur et plus tard de me payer une connexion &amp;agrave; Internet. J&amp;#39;ai hurl&amp;eacute; par la t&amp;ecirc;te &amp;agrave; M. Bouquet qu&amp;#39;il nuisait &amp;agrave; mon d&amp;eacute;veloppement en refusant. Qui sait combien de banques j&amp;#39;aurais pu hacker si j&amp;#39;avais embrass&amp;eacute; tr&amp;egrave;s t&amp;ocirc;t la carri&amp;egrave;re du mal ?&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Belle intervieweuse : &amp;Agrave; quoi es-tu accro ?&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Albertine :&amp;nbsp;Au&amp;nbsp;haschich et aux jeux vid&amp;eacute;o violents avec beaucoup de sang. Oh oui... Les deux ensemble, c&amp;#39;est parfait.&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Belle intervieweuse : Qu&amp;#39;est-ce qui joue en boucle dans ton ipod ?&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Albertine :&amp;nbsp;Hum... Plein de choses. Mais en ce moment, c&amp;#39;est &amp;laquo;Embryodead&amp;raquo; de :Wumpscut:, un vieux succ&amp;egrave;s de plancher de danse que j&amp;#39;ai si souvent foul&amp;eacute;. J&amp;#39;aime particuli&amp;egrave;rement le refrain. Il est si gai : &amp;laquo;Kommt heraus, kommt heraus /&amp;nbsp;Embryodead you will go mad let&amp;#39;s ease your pain /&amp;nbsp;Embryodead you are condemned /&amp;nbsp;Don&amp;#39;t attempt to exist in this world full of hate&amp;raquo;. &amp;Ccedil;a donne le go&amp;ucirc;t de devenir un calinours et de mordre dans la vie avec un grand sourire.&amp;nbsp;&lt;br /&gt;</content>
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    <title>J'haïs les livres agace-pissette </title>
    <published>2012-02-03T01:27:29Z</published>
    <updated>2012-02-03T01:31:10Z</updated>
    <content type="html">Tabarnak! Je lis un roman tranquille. Il est tant&amp;ocirc;t un peu int&amp;eacute;ressant, tant&amp;ocirc;t moins. L&amp;#39;&amp;eacute;criture est moche, la psychologie des personnages est grosse comme une tonne de briques, l&amp;#39;auteur nous r&amp;eacute;p&amp;egrave;te deux cent fois les m&amp;ecirc;mes infos comme si on &amp;eacute;tait des d&amp;eacute;biles... Je m&amp;#39;accroche malgr&amp;eacute; tout &amp;agrave; cause des deux personnages sur le point de baiser : un dentiste minable qui veut fourrer une petite jeune qui fait bander tout le monde. Je les d&amp;eacute;teste, mais s&amp;#39;ils se mettent, ce sera d&amp;eacute;j&amp;agrave; &amp;ccedil;a de pris. Ils sont &amp;agrave; l&amp;#39;h&amp;ocirc;tel. La femme est nue. Elle porte une cravate et des talons hauts. Image d&amp;eacute;licieuse quand m&amp;ecirc;me! Le dentiste poche la regarde. Il se sent diminu&amp;eacute; parce qu&amp;#39;elle s&amp;#39;est moqu&amp;eacute;e de son petit ventre. Il est honteux de sa queue toujours flasque. Je vous cite la suite :&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Je me suis ras&amp;eacute;e pour toi, dit-elle.&lt;br /&gt;Elle avait la peau totalement lisse. Elle s&amp;#39;approcha du lit, se tourna avec pr&amp;eacute;cipitation, se pencha du haut de ses talons, sa cravate pendait devant elle, ses seins jeunes, et elle le regarda entre ses jambes.&amp;nbsp;&lt;br /&gt;Fini les taquineries, dit-elle. Tu peux avoir ce que tu veux, maintenant.&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fini les taquineries!!! Fini les taquineries!!! Et &amp;ccedil;a s&amp;#39;arr&amp;ecirc;te l&amp;agrave;.&amp;nbsp;&lt;b&gt;Mais il est o&amp;ugrave; le sexe!??! Criss de livre, voil&amp;agrave; ce que je te fais :&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://pics.livejournal.com/desir_obscur/pic/00054769/"&gt;&lt;img alt="" height="480" src="http://pics.livejournal.com/desir_obscur/pic/00054769/s640x480" style="border-top-width: 0px; border-right-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-left-width: 0px; border-top-style: solid; border-right-style: solid; border-bottom-style: solid; border-left-style: solid; " width="360" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;</content>
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    <title>D'un orgasme pathétique l'autre</title>
    <published>2012-01-30T17:42:52Z</published>
    <updated>2012-01-30T18:24:47Z</updated>
    <content type="html">&lt;p&gt;J&amp;#39;ai&amp;nbsp;&lt;a href="http://desir-obscur.livejournal.com/148961.html" style="color: rgb(17, 85, 204); " target="_blank"&gt;d&amp;eacute;j&amp;agrave; partag&amp;eacute;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;avec vous le plaisir que je ressentais &amp;agrave;&amp;nbsp;&lt;i&gt;gamer&lt;/i&gt;&amp;nbsp;en fumant du pot et l&amp;#39;instrumentalisation que j&amp;#39;en faisais afin de pouvoir am&amp;eacute;liorer mes performances de&amp;nbsp;&lt;i&gt;gameuse.&amp;nbsp;&lt;/i&gt;Eh bien, aujourd&amp;#39;hui, je vais vous pr&amp;eacute;senter.... le c&amp;ocirc;t&amp;eacute; obscur de la chose! Il faut &amp;ecirc;tre honn&amp;ecirc;te apr&amp;egrave;s tout avec ses lecteurs, n&amp;#39;est-ce pas?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La v&amp;eacute;rit&amp;eacute;, donc, c&amp;#39;est que le pot me met en crisse! J&amp;#39;aime fumer en jouant, en regardant des films, en lisant, bref, pour des trucs tr&amp;egrave;s c&amp;eacute;r&amp;eacute;braux, mais je sais qu&amp;#39;&amp;agrave; partir du moment o&amp;ugrave; je commence &amp;agrave; fumer une journ&amp;eacute;e ou un soir, je renonce &amp;agrave; baiser jusqu&amp;#39;au lendemain. Je me suis rendu compte il y a quelques mois que lorsque je fume, &amp;ccedil;a me prend un si&amp;egrave;cle &amp;agrave; jouir, ce qui ne me ressemble pas du tout, moi qui suis plut&amp;ocirc;t du genre pendant f&amp;eacute;minin de l&amp;#39;&amp;eacute;jaculateur pr&amp;eacute;coce, mettons. J&amp;#39;ai essay&amp;eacute; de voir &amp;ccedil;a avec philosophie, bien s&amp;ucirc;r, vous me connaissez, et je me suis dit, ah mais c&amp;#39;est bien parfois de retarder le plaisir! Mais non, ce n&amp;#39;est pas juste que &amp;ccedil;a me prend un temps fou, c&amp;#39;est que mes orgasmes sont vraiment plates, une sorte de balloune qui se d&amp;eacute;gonfle, c&amp;#39;est path&amp;eacute;tique. Lorsque j&amp;#39;ai compris &amp;ccedil;a, j&amp;#39;ai failli me mettre &amp;agrave; tout d&amp;eacute;truire dans la pi&amp;egrave;ce comme d&amp;#39;anciens amants qui p&amp;eacute;taient tout lorsqu&amp;#39;ils avaient des troubles &amp;eacute;rectiles. Quelques semaines ont pass&amp;eacute; o&amp;ugrave; j&amp;#39;ai d&amp;eacute;cid&amp;eacute; de ne pas baiser lorsque je fumais pour &amp;eacute;viter les frustrations inutiles. Puis je me suis risqu&amp;eacute;e &amp;agrave; essayer de fumer &amp;agrave; nouveau. Et j&amp;#39;ai constat&amp;eacute; que non seulement mes orgasmes &amp;eacute;taient poches mais que toutes mes sensations tout au long de la baise &amp;eacute;taient diminu&amp;eacute;es, que mes sens &amp;eacute;taient engourdis, ce qui est absolument logique, bien s&amp;ucirc;r, si on pense par exemple que certains gens fument pour calmer leur douleur physique, mais que voulez-vous, j&amp;#39;avais omis de faire l&amp;#39;&amp;eacute;quation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;Ccedil;a me fait chier! Pour moi, l&amp;#39;activit&amp;eacute; intellectuelle s&amp;#39;entrem&amp;ecirc;le naturellement &amp;agrave; l&amp;#39;activit&amp;eacute; charnelle. Lire, baiser, regarder des films, baiser, &amp;eacute;crire, baiser, lire, baiser. Tout &amp;ccedil;a constitue une suite absolument fabuleuse qui m&amp;egrave;ne mon existence. Je n&amp;#39;ai pas envie de devoir choisir entre &amp;ecirc;tre dans mon corps ou dans ma t&amp;ecirc;te. Alors voil&amp;agrave;, je suis revenue de ma br&amp;egrave;ve idylle avec le pot et lorsque je fume, ce n&amp;#39;est pas sans col&amp;egrave;re &amp;agrave; l&amp;#39;id&amp;eacute;e de tout ce dont je me prive.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je m&amp;#39;&amp;eacute;tais quand m&amp;ecirc;me r&amp;eacute;solue &amp;agrave; devoir prendre ce genre de d&amp;eacute;cision lorsque j&amp;#39;ai re&amp;ccedil;u un appel samedi soir, vers 23 heures. Apr&amp;egrave;s m&amp;#39;&amp;ecirc;tre abreuv&amp;eacute;e de sang (okay, mang&amp;eacute; du boudin pour &amp;ecirc;tre plus pr&amp;eacute;cise, mais c&amp;#39;est plus le fun de dire &amp;laquo;m&amp;#39;&amp;ecirc;tre abreuv&amp;eacute;e de sang&amp;raquo;), fum&amp;eacute; du pot et regard&amp;eacute;&amp;nbsp;&lt;i&gt;Grizzly Man&lt;/i&gt;&amp;nbsp;de Werner Herzog j&amp;#39;&amp;eacute;tais d&amp;eacute;cha&amp;icirc;n&amp;eacute;e. Je criais &lt;i&gt;Wrrrraaaaaaah! Je suis un grizzly! &lt;/i&gt;J&amp;#39;avais envie de partir drette-l&amp;agrave; en Alaska pour vivre parmi les renards et les grizzlys pour refaire&amp;nbsp;&lt;i&gt;Grizzly Man&amp;nbsp;&lt;/i&gt;en version f&amp;eacute;minine et litt&amp;eacute;raire. Je n&amp;#39;&amp;eacute;tais donc pas exactement en &amp;eacute;tat de me m&amp;ecirc;ler &amp;agrave; la civilisation lorsque le t&amp;eacute;l&amp;eacute;phone a sonn&amp;eacute;. Je me suis &amp;eacute;videmment demand&amp;eacute; qui pouvait bien m&amp;#39;appeler. Quiconque me conna&amp;icirc;t un tant soit peu sait que je ne suis pas une personne &amp;agrave; qui on t&amp;eacute;l&amp;eacute;phone, que je ne r&amp;eacute;ponds jamais aux num&amp;eacute;ros que je ne connais pas et que je ne r&amp;eacute;ponds que tr&amp;egrave;s rarement aux autres appels. Quiconque me conna&amp;icirc;t un tant soit peu a donc toujours la bonne id&amp;eacute;e de me contacter par courriel &amp;agrave; la place. Quel pouvait donc &amp;ecirc;tre le malappris qui me t&amp;eacute;l&amp;eacute;phonait, et &amp;agrave; une telle heure en plus? Peut-&amp;ecirc;tre &amp;eacute;tait-ce une urgence, aussi? Je ne savais bien pas qui pouvait s&amp;#39;imaginer que je pourrais &amp;ecirc;tre de ces personnes qu&amp;#39;on appelle en cas d&amp;#39;urgence, mais bon, j&amp;#39;ai fini par r&amp;eacute;pondre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- All&amp;ocirc;?!?!... (&lt;i&gt;Sur le ton le plus &amp;laquo; What the fuck &amp;raquo; possible.&lt;/i&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Salut, ma belle Albertine, c&amp;#39;est Rick! Comment &amp;ccedil;a va?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Rick?...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ben oui, Richard... Ts&amp;eacute; &amp;agrave; St-Georges!...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ah!... Rick!... Euh... &amp;Ccedil;a va?...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ben oui! Hey, je suis juste &amp;agrave; c&amp;ocirc;t&amp;eacute; de chez vous!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Comment &amp;ccedil;a, &amp;agrave; c&amp;ocirc;t&amp;eacute; de chez nous?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ben oui, je suis &amp;agrave; Hochelaga!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Euh, ok... Euh... Qu&amp;#39;est-ce que tu fais dans le coin?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ben, oui! Je t&amp;#39;avais dit que j&amp;#39;avais de la famille dans le coin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ah, ouais...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ben, c&amp;#39;est &amp;ccedil;a, je suis l&amp;agrave;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ah, ben, c&amp;#39;est le fun...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- T&amp;#39;as-tu envie d&amp;#39;une p&amp;#39;tite visite?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ah! Euh... J&amp;#39;sais pas.... Tu me prends un peu au d&amp;eacute;pourvu! J&amp;#39;&amp;eacute;tais au lit avec un livre, pis, euh, c&amp;#39;est &amp;ccedil;a...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Un samedi soir! Al, me semblais que t&amp;#39;aimais &amp;ccedil;a faire le party?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ouais, mais &amp;agrave; soir, j&amp;#39;&amp;eacute;tais fatigu&amp;eacute;e...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ah, c&amp;#39;est plate...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il avait un ton tellement d&amp;eacute;&amp;ccedil;u et &lt;i&gt;cute&lt;/i&gt;.&amp;nbsp;Et puis, je me rappelais de sa queue vraiment large et de son endurance et je me disais que quand m&amp;ecirc;me, ce serait cave de ma part de m&amp;#39;en passer... C&amp;#39;est rare qu&amp;#39;un gars arrive &amp;agrave; me faire jouir juste en me p&amp;eacute;n&amp;eacute;trant. Et puis, il &amp;eacute;tait quand m&amp;ecirc;me assez parfait, super adorable et gentil dans la vie et&amp;nbsp;&lt;i&gt;rough&lt;/i&gt; au lit.&amp;nbsp;Ah c&amp;acirc;lisse!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ah puis, sais-tu, juste &amp;agrave; te parler, &amp;ccedil;a m&amp;#39;remet sur le piton!&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Cool! Je suis content!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et je lui ai donn&amp;eacute; mon adresse. J&amp;#39;ai enlev&amp;eacute; mon pyjama, ma culotte (puisque j&amp;#39;en avais aucune de propre qui &amp;eacute;tait assez affriolante &amp;agrave; mon go&amp;ucirc;t), puis j&amp;#39;ai enfil&amp;eacute; rapidement une petite robe tr&amp;egrave;s d&amp;eacute;collet&amp;eacute;e.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me disais que je pourrais me contenter de le sucer et lui demander de m&amp;#39;enculer. Mais en m&amp;ecirc;me temps, la sodomie, je ne savais pas trop. Je ne tiens pas &amp;agrave; avoir l&amp;#39;impression que je me fais d&amp;eacute;chirer l&amp;#39;anus et puis un gars&amp;nbsp;&lt;i&gt;rough&lt;/i&gt;&amp;nbsp;au lit et bien emmanch&amp;eacute; comme &amp;ccedil;a, c&amp;#39;est le genre de gars par qui c&amp;#39;est le fun de se faire p&amp;eacute;n&amp;eacute;trer mais par qui on n&amp;#39;a pas n&amp;eacute;cessairement envie de se faire enculer... &amp;Agrave; chacun ses sp&amp;eacute;cialit&amp;eacute;s! Mais l&amp;#39;id&amp;eacute;e de mettre trois heures &amp;agrave; jouir, &amp;ccedil;a m&amp;#39;&amp;eacute;nerve. Rien de plus aga&amp;ccedil;ant que ce moment o&amp;ugrave; le gars a juste l&amp;#39;air d&amp;#39;attendre que tu viennes enfin! Ah puis tant pis, on verrait bien!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est donc arriv&amp;eacute; et sans trop tarder, j&amp;#39;ai ouvert sa braguette. Etc etc. Au moins, ce n&amp;#39;est pas le genre de gars qui insiste pour te faire un cunnilingus et qui, au moment o&amp;ugrave; tu jouis, arbore cet air de petite chien heureux. Je l&amp;#39;ai suc&amp;eacute;, il m&amp;#39;a p&amp;eacute;n&amp;eacute;tr&amp;eacute;e par derri&amp;egrave;re, en me serrant tr&amp;egrave;s fort les hanches, au point o&amp;ugrave; j&amp;#39;avais presque l&amp;#39;impression que mes sens allaient cesser d&amp;#39;&amp;ecirc;tre engourdis. Et puis j&amp;#39;ai m&amp;ecirc;me fini par jouir, un orgasme path&amp;eacute;tique, soit, mais un orgasme quand m&amp;ecirc;me -- on ne peut pas tout avoir!&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il voulait dormir avec moi. Normalement, je l&amp;#39;aurais d&amp;eacute;courag&amp;eacute;, mais je me disais que peut-&amp;ecirc;tre au matin, &amp;ccedil;a irait mieux. Et en effet, &amp;ccedil;a alla mieux.&lt;/p&gt;</content>
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    <title>Les modèles de la vie mutilée</title>
    <published>2012-01-24T02:38:05Z</published>
    <updated>2012-01-24T03:56:37Z</updated>
    <content type="html">En ville, il y a une fille qui r&amp;ecirc;ve d&amp;#39;outer les vedettes! J&amp;#39;ai d&amp;eacute;j&amp;agrave; &amp;eacute;crit &amp;agrave; ce sujet, &lt;a href="http://desir-obscur.livejournal.com/148330.html"&gt;dans un texte o&amp;ugrave; je r&amp;ecirc;vais de mettre des bombes dans les placards&lt;/a&gt;, mais puisqu&amp;#39;elle revient &amp;agrave; la charge, je le fais moi aussi. Elle veut des mod&amp;egrave;les de lesbiennes, elle d&amp;eacute;sire que les lesbiennes se d&amp;eacute;voilent pour la CAUSE! Wouah! Quelle militante! Elle est triste qu&amp;#39;une lesbienne c&amp;eacute;l&amp;egrave;bre n&amp;#39;ait pas voulu se d&amp;eacute;voiler, elle nous raconte, dans un article, son chagrin en pr&amp;eacute;textant comprendre. Nous ne sommes pas dupes, elle ne comprend rien. Je ne reviendrai pas sur les arguments de mon texte pr&amp;eacute;c&amp;eacute;dent, mais je trouve m&amp;eacute;prisable de vouloir cr&amp;eacute;er des mod&amp;egrave;les positifs. Qu&amp;#39;est-ce que &amp;ccedil;a crisserait aux filles qui mangent leur premi&amp;egrave;re chatte de savoir qu&amp;#39;une vedette du star syst&amp;egrave;me qu&amp;eacute;b&amp;eacute;cois est lesbienne? Si au moins elle conseillait la lecture de romans parlant de lesbiennes, de bisexuelles ou de transgenres, je la trouverais d&amp;eacute;j&amp;agrave; un peu moins d&amp;eacute;bile. Mais non, elle ne le fera pas, ou sinon avec moins de passion, parce qu&amp;#39;elle veut des mod&amp;egrave;les bourgeois. Voil&amp;agrave;, tout est l&amp;agrave;! Elle veut des mod&amp;egrave;les de femmes professionnelles qui donneront le go&amp;ucirc;t aux jeunes lesbiennes d&amp;#39;embrasser le syst&amp;egrave;me!&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malgr&amp;eacute; tout, je comprends bien son petit thrill. Je r&amp;ecirc;ve aussi d&amp;#39;une certaine mani&amp;egrave;re de tout dire, de tout crier ce que je vois autour de moi non pas pour la CAUSE, mais pour TOUTES LES CAUSES. Je vois des horreurs, j&amp;#39;ai envie de les lancer &amp;agrave; la face du monde. Si je ne me retenais pas, je vous en garrocherais &amp;agrave; la face des choses d&amp;eacute;gueulasses juste comme &amp;ccedil;a avec mes petits &amp;eacute;crits. Je le ferais &amp;agrave; la fois pour vous faire chier, pour vous faire peur, mais aussi dans l&amp;#39;espoir que vous puissiez r&amp;ecirc;ver avec moi qu&amp;#39;un monde plus humain est possible.&amp;nbsp;Au fond, je suis l&amp;#39;envers de cette journaliste, je suis celle qui veut montrer tous les mod&amp;egrave;les n&amp;eacute;gatifs qui minent notre existence, parce que je crois sinc&amp;egrave;rement que tout pourrait &amp;ecirc;tre autrement. Bernard &amp;Eacute;mond, dans &lt;i&gt;Il y a trop d&amp;#39;images&lt;/i&gt;, cite une phrase du cin&amp;eacute;aste italien Roberto Rosselini: &amp;laquo; Je ne suis pas pessimiste, car voir le mal o&amp;ugrave; il se trouve tient &amp;agrave; mon avis de l&amp;#39;optimisme &amp;raquo;. Vous me direz que je m&amp;#39;&amp;eacute;gare, que je m&amp;#39;&amp;eacute;loigne de la cause des homosexuels. Pas tant que &amp;ccedil;a. Moi, de voir le conformisme du milieu homosexuel et leur d&amp;eacute;sir toujours plus vif de plonger le coeur l&amp;eacute;ger dans la vie mutil&amp;eacute;e, &amp;ccedil;a me donne le go&amp;ucirc;t de me crisser une balle dans la t&amp;ecirc;te. &amp;Ccedil;a me donne envie de me faire exploser le cerveau parce que je veux qu&amp;#39;il gicle, que les morceaux de ma chair se r&amp;eacute;pandent partout et que mon sang tache &amp;agrave; jamais notre ostie monde de merde. &amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je pense que les lesbiennes, comme tout le monde d&amp;#39;ailleurs, ont plus besoin d&amp;#39;apprendre &amp;agrave; voir le mal l&amp;agrave; il se trouve. C&amp;#39;est le seul optimisme possible, c&amp;#39;est le seul geste qu&amp;#39;on pourrait poser pour la CAUSE et pour TOUTES LES CAUSES.&amp;nbsp;</content>
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    <title>Le mâle </title>
    <published>2012-01-22T13:28:01Z</published>
    <updated>2012-01-22T14:25:21Z</updated>
    <content type="html">Il m&amp;#39;arrive souvent de m&amp;#39;exclamer &amp;nbsp;: &amp;laquo;Come on, les filles! Vous me d&amp;eacute;couragez!&amp;raquo; L&amp;#39;autre jour, j&amp;#39;&amp;eacute;tais chez la coiffeuse. La jolie jeune femme anglophone, qui est all&amp;eacute;e dans les &amp;eacute;coles priv&amp;eacute;es de l&amp;#39;ouest de l&amp;#39;&amp;icirc;le, me demandait pour jaser comme &amp;ccedil;a, c&amp;#39;&amp;eacute;tait quoi mon genre de gars. Elle sait que je suis bisexuelle, elle m&amp;#39;a vue souvent au bras d&amp;#39;H&amp;eacute;l&amp;egrave;ne, mais elle voulait justement savoir quel &amp;eacute;tait le type d&amp;#39;homme qui excite une bisexuelle. Je n&amp;#39;aime pas r&amp;eacute;pondre &amp;agrave; cette question. Je suis omnivore. C&amp;#39;est difficile de trancher. J&amp;#39;y suis all&amp;eacute;e avec un classique :&amp;nbsp;David Duchovny! Oui, vraiment, il m&amp;#39;&amp;eacute;mousille. Elle m&amp;#39;a r&amp;eacute;pondu que &amp;ccedil;a ne l&amp;#39;&amp;eacute;tonnait pas du tout, que c&amp;#39;&amp;eacute;tait un homme f&amp;eacute;minin. Bon, bon, elle suppose que je ne suis gu&amp;egrave;re capable d&amp;#39;appr&amp;eacute;cier &amp;agrave; sa juste mesure la m&amp;acirc;litude, que je cherche chez les hommes des traits f&amp;eacute;minins. Elle n&amp;#39;a pas vu mes amants beaucerons, celle-l&amp;agrave;!!!&amp;nbsp;&amp;laquo;Arr&amp;ecirc;te avec ton homme f&amp;eacute;minin! Duchovny, c&amp;#39;est le plus sexe. Un point c&amp;#39;est tout. Pis toi, c&amp;#39;est quoi ton type ?&amp;raquo; Elle m&amp;#39;a r&amp;eacute;pondu en se tordant un peu le corps &amp;agrave; cause du d&amp;eacute;sir qui montait en elle : Patrick Huard!&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;PATRICK HUARD?!?&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://pics.livejournal.com/desir_obscur/pic/00051k3k/"&gt;&lt;img alt="" height="240" src="http://pics.livejournal.com/desir_obscur/pic/00051k3k" style="border-top-width: 0px; border-right-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-left-width: 0px; border-top-style: solid; border-right-style: solid; border-bottom-style: solid; border-left-style: solid; " width="360" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;b&gt;PATRICK HUARD?!? OSTIE!&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://pics.livejournal.com/desir_obscur/pic/000539d5/"&gt;&lt;img alt="" height="197" src="http://pics.livejournal.com/desir_obscur/pic/000539d5" style="border-top-width: 0px; border-right-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-left-width: 0px; border-top-style: solid; border-right-style: solid; border-bottom-style: solid; border-left-style: solid; " width="360" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PATRICK HUARD?!? TABARNAK!&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://pics.livejournal.com/desir_obscur/pic/00052k3d/"&gt;&lt;img alt="" height="270" src="http://pics.livejournal.com/desir_obscur/pic/00052k3d" style="border-top-width: 0px; border-right-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-left-width: 0px; border-top-style: solid; border-right-style: solid; border-bottom-style: solid; border-left-style: solid; " width="360" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J&amp;#39;ai hurl&amp;eacute; dans le salon : &amp;laquo;Mais tu peux avoir tous les beaux hommes de la terre et tu choisirais Patrick Huard!?! En plus, t&amp;#39;es anglo criss, pis tu choisis Patrick Huard.&amp;raquo; Elle m&amp;#39;a dit &amp;laquo;Oui! Je choisis Patrick Huard! Tellement!&amp;raquo;. C&amp;acirc;lisse, c&amp;#39;est peut-&amp;ecirc;tre parce que je mange des chattes en effet, mais &amp;ccedil;a ne me rentre pas dans la t&amp;ecirc;te! Je vois bien que pour les filles il d&amp;eacute;gage une intelligence (god!) masculine sauvage, animale, instinctive qui les attirent comme des mouches... (Mais bon, on sait que la merde attire aussi les mouches.) Si mes contemporaines sont toutes excit&amp;eacute;es comme ma coiffeuse par Patrick Huard, je renonce &amp;agrave; les comprendre. Un peu de grandeur, les filles! Come on. Vous valez plus que &amp;ccedil;a!&amp;nbsp;</content>
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    <title>La compagne du narcissique </title>
    <published>2012-01-13T21:05:31Z</published>
    <updated>2012-01-13T22:18:18Z</updated>
    <content type="html">Je connais un homme vraiment bien. Je pourrais le d&amp;eacute;crire comme une personne charismatique, dr&amp;ocirc;le, allum&amp;eacute;e et sensible. Il s&amp;#39;habille &amp;agrave; la mode, il a une belle gueule. Tout le monde le trouve charmant et d&amp;#39;agr&amp;eacute;able compagnie. En fait, tout le monde, sauf moi! &amp;Agrave; vrai dire, je ne l&amp;#39;aime pas du tout et ce m&amp;ecirc;me si je lui reconnais toutes les qualit&amp;eacute;s &amp;eacute;nonc&amp;eacute;es pr&amp;eacute;c&amp;eacute;demment. Il ne me tape pas sur les nerfs, comme n&amp;#39;importe qui, je suis m&amp;ecirc;me un peu s&amp;eacute;duite par lui. J&amp;#39;aime l&amp;#39;entendre, je me plais aussi &amp;agrave; plonger dans ses yeux curieux, mais je sais qu&amp;#39;il faut m&amp;eacute;fier de son attrait. Il se trouve que cet homme merveilleux s&amp;#39;int&amp;eacute;resse &amp;agrave; ma personne. Sans doute sent-il chez moi un peu de r&amp;eacute;sistance et esp&amp;egrave;re-t-il devenir victorieux en me plaisant m&amp;ecirc;me &amp;agrave; moi! Depuis des mois, il me courtise et essaie de me convaincre de sortir d&amp;icirc;ner en ville avec lui. Je multiplie les pr&amp;eacute;textes pour d&amp;eacute;cliner ses invitations. Je me doute aussi qu&amp;#39;il voit chez moi une artiste, ou quelque chose dans le genre, et qu&amp;#39;il aimerait bien pouvoir se vanter &amp;agrave; tous d&amp;#39;avoir eu le privil&amp;egrave;ge immense (oh wow!) de manger avec une nobody &amp;agrave; l&amp;#39;avenir prometteur. L&amp;#39;autre jour, je l&amp;#39;ai crois&amp;eacute; par hasard dans une librairie. Oh oui, vraiment, je n&amp;#39;invente rien! Une librairie! Il &amp;eacute;tait accompagn&amp;eacute; de sa femme. Une d&amp;eacute;licieuse personne plut&amp;ocirc;t r&amp;eacute;serv&amp;eacute;e. En la voyant, je me suis dit : &amp;laquo; Mais c&amp;#39;est sa femme que je veux! &amp;raquo; Je me suis donc arrang&amp;eacute;e pour qu&amp;#39;il m&amp;#39;invite plut&amp;ocirc;t &amp;agrave; souper et chez lui. Je suis rus&amp;eacute;e!&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsque je suis arriv&amp;eacute;e chez eux, ils habitent pr&amp;egrave;s d&amp;#39;Outremont, ils &amp;eacute;taient tous les deux aux fourneaux. Notre homme est bien moderne. Ce n&amp;#39;est pas un rustre personnage! Pas du tout! Ils sont foodies, comme le veut les convenances. Ils n&amp;#39;ont pas encore d&amp;#39;enfant, mais en visitant leur condo, j&amp;#39;ai compris qu&amp;#39;ils pr&amp;eacute;paraient sans doute l&amp;#39;arriv&amp;eacute;e de mini-humains. Ils poss&amp;egrave;dent un beau chien, un bullmastiff couleur sable. En regardant la cuisson d&amp;#39;un de ses plats, l&amp;#39;homme m&amp;#39;a pos&amp;eacute; une question sur Proust. De toute &amp;eacute;vidence, ce n&amp;#39;est pas ce soir que je pourrai faire &amp;eacute;tat de mon savoir de b&amp;acirc;tarde, je ne parlerai pas de Rambo, de films d&amp;#39;horreur ou de jeux vid&amp;eacute;os. Je suis chez des gens de la haute qui pensent avoir invit&amp;eacute; une femme de lettres. Avec une femme de lettres &amp;agrave; sa table, il est convenable de poser une question sur Proust. Je r&amp;eacute;ponds, comme il se doit, en carrassent le chien qui est tellement doux et gentil. L&amp;#39;homme de la maison commence &amp;agrave; servir les entr&amp;eacute;es et sa femme met un truc au four avant de nous rejoindre. Puisqu&amp;#39;il m&amp;#39;a pos&amp;eacute; une question sur Proust, il peut maintenant commencer son spectacle. En homme narcissique de talent, il ouvre le bal avec une petite histoire dr&amp;ocirc;le sur sa journ&amp;eacute;e d&amp;#39;aujourd&amp;#39;hui, au passage il &amp;eacute;voque un souvenir d&amp;#39;enfance, puis il encha&amp;icirc;ne sur un commentaire critique sur l&amp;#39;actualit&amp;eacute; internationale et un autre sur la politique qu&amp;eacute;b&amp;eacute;coise. Sa femme &amp;agrave; c&amp;ocirc;t&amp;eacute; de lui hoche un peu la t&amp;ecirc;te, elle sourit beaucoup, elle ajoute parfois un mot ou deux et&amp;nbsp;elle se permet m&amp;ecirc;me de le corriger gentiment &amp;agrave; l&amp;#39;occasion. De toute &amp;eacute;vidence, elle adore son mari. Oh pas de chance pour moi!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Apr&amp;egrave;s ce long monologue d&amp;#39;une heure, ponctu&amp;eacute;e par quelques remarques de ma part, il se propose de me donner la parole. Il veut m&amp;#39;entendre, moi, moi la femme de lettres, moi l&amp;#39;artiste nobody. &amp;laquo; Et vous, Albertine racontez-nous votre journ&amp;eacute;e ? &amp;raquo;. Sans doute esp&amp;egrave;re-t-il que je me conforme &amp;agrave; son mod&amp;egrave;le. Apr&amp;egrave;s ma journ&amp;eacute;e, je devrai &amp;eacute;voquer un souvenir d&amp;#39;enfance et poursuivre avec mon commentaire &amp;eacute;ditorial sur l&amp;#39;actualit&amp;eacute;. Je me vomis dans la bouche juste &amp;agrave; l&amp;#39;id&amp;eacute;e de le faire. J&amp;#39;ai n&amp;eacute;anmoins pens&amp;eacute; rapidement &amp;agrave; ma journ&amp;eacute;e pour trouver une id&amp;eacute;e : je me suis r&amp;eacute;veill&amp;eacute;e, j&amp;#39;ai d&amp;eacute;jeun&amp;eacute; en lisant un livre, je me suis recouch&amp;eacute;e parce que j&amp;#39;avais mal dormi, je me suis masturb&amp;eacute;e juste avant, je me suis lev&amp;eacute;e, j&amp;#39;ai repris le m&amp;ecirc;me livre, j&amp;#39;ai &amp;eacute;crit un statut d&amp;eacute;bile sur Facebook, j&amp;#39;ai essay&amp;eacute; d&amp;#39;&amp;eacute;crire un texte que j&amp;#39;ai finalement abandonn&amp;eacute;, je suis all&amp;eacute;e regarder de la porn sur Internet, je me suis masturb&amp;eacute;e &amp;agrave; nouveau, je me suis pr&amp;eacute;par&amp;eacute;e un petit go&amp;ucirc;t&amp;eacute;, j&amp;#39;ai mang&amp;eacute; en finissant mon livre, j&amp;#39;ai regard&amp;eacute; le d&amp;eacute;but du 5 &amp;agrave; 7 de V et ensuite je suis sortie prendre l&amp;#39;autobus pour me rendre &amp;agrave; Outremont. Ma journ&amp;eacute;e ne contient aucune histoire dr&amp;ocirc;le sympathique. Oh oui, il y en avait une quand m&amp;ecirc;me! Sur Youporn, j&amp;#39;ai trouv&amp;eacute; un vid&amp;eacute;o amateur d&amp;#39;un gars qui p&amp;egrave;te son ordinateur rageusement et qui se masturbe longuement ensuite. &amp;Ccedil;a m&amp;#39;a tellement&amp;nbsp;amus&amp;eacute;e que je l&amp;#39;ai regard&amp;eacute; deux fois de suite. Je ne peux pas raconter &amp;ccedil;a! Pas &amp;agrave; Outremont chez des gens biens! &amp;laquo; Voyons, Albertine, vous avez sans doute des tonnes d&amp;#39;histoires passionnantes &amp;agrave; nous raconter! Une &amp;eacute;crivaine comme vous! Nous br&amp;ucirc;lons d&amp;#39;envie de vous entendre &amp;raquo;. J&amp;#39;ai insist&amp;eacute; sur le fait que je n&amp;#39;avais vraiment rien &amp;agrave; dire, que ma vie &amp;eacute;tait plate et ordinaire. Il y a eu un petit malaise. Les artistes n&amp;#39;ont pas des vies plates et ordinaires, voyons, c&amp;#39;est connu!&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour briser le silence, je me suis retourn&amp;eacute;e vers la femme : &amp;laquo; Mais vous, vous &amp;ecirc;tes &amp;eacute;ducatrice sp&amp;eacute;cialis&amp;eacute;e, c&amp;#39;est &amp;ccedil;a ? Vous avez sans doute des choses bien plus passionnantes que moi &amp;agrave; dire! C&amp;#39;est moi qui br&amp;ucirc;le d&amp;#39;envie de vous entendre. Vos &amp;eacute;l&amp;egrave;ves en ce moment ont quel &amp;acirc;ge ? Qu&amp;#39;avez-vous fait avec eux aujourd&amp;#39;hui ? &amp;raquo;. Elle a souri, elle &amp;eacute;tait flatt&amp;eacute;e, elle a b&amp;eacute;gay&amp;eacute; un peu avant de dire que c&amp;#39;&amp;eacute;tait bien gentil de ma part de s&amp;#39;int&amp;eacute;resser &amp;agrave; elle. &amp;laquo; Il m&amp;#39;arrive plein de choses, oui, mais je suis plate pour les raconter. &amp;raquo; Je lui ai que ce n&amp;#39;&amp;eacute;tait pas grave, d&amp;#39;essayer quand m&amp;ecirc;me. &amp;laquo; Lorsque vous serez lanc&amp;eacute;e, vous serez passionnante, j&amp;#39;en suis certaine &amp;raquo;. La femme refusait toujours. Elle s&amp;#39;est d&amp;eacute;fil&amp;eacute;e en allant chercher le plat principal. Son mari &amp;eacute;tait impatient de voir la conversation reprendre de plus belle. Il a donc d&amp;eacute;cid&amp;eacute; de poursuivre. Il trouvait mon int&amp;eacute;r&amp;ecirc;t pour sa femme charmant. (Oh s&amp;#39;il savait, mon int&amp;eacute;r&amp;ecirc;t pour elle est tout sauf charmant! Mon int&amp;eacute;r&amp;ecirc;t est furieux, d&amp;eacute;vorant!) Bien s&amp;ucirc;r, une femme de lettres s&amp;#39;int&amp;eacute;resse aux enseignantes! Il aurait pu y penser avant. Il &amp;eacute;tait aux anges! Il d&amp;eacute;couvrait qu&amp;#39;enfin sa femme pouvait lui servir &amp;agrave; quelque chose dans son beau spectacle! Enfin il pouvait parler d&amp;#39;elle aussi passionn&amp;eacute;ment que de sa journ&amp;eacute;e, que de son enfance ou que de la politique bourgeoise! Il a donc commenc&amp;eacute; &amp;agrave; me raconter l&amp;#39;histoire d&amp;#39;un des &amp;eacute;l&amp;egrave;ves de sa femme. Je l&amp;#39;&amp;eacute;coutais avec plaisir parce qu&amp;#39;&amp;agrave; travers ses mots, j&amp;#39;y d&amp;eacute;couvrais un petit peu sa femme. Lorsque nous f&amp;ucirc;mes plus avanc&amp;eacute;s dans le plat principal, je suis revenue &amp;agrave; la charge. &amp;laquo; Oh mais vraiment, c&amp;#39;est vous que je veux entendre. L&amp;#39;avez-vous encore dans votre classe le petit &amp;Eacute;mile? &amp;raquo; Cette fois, je pense que mon insistance a froiss&amp;eacute; le mari. Bon d&amp;eacute;barras! Il va arr&amp;ecirc;ter de me courir apr&amp;egrave;s! Sa femme qui entamait son troisi&amp;egrave;me verre de vin s&amp;#39;est mise &amp;agrave; parler. Elle me parlait de ses &amp;eacute;l&amp;egrave;ves avec autant de tendresse que de duret&amp;eacute;. J&amp;#39;&amp;eacute;tais bien satisfaite. Elle n&amp;#39;&amp;eacute;tait pas en repr&amp;eacute;sentation comme son mari. Ses paroles &amp;eacute;taient denses, remplies d&amp;#39;&amp;eacute;motions et de r&amp;eacute;flexions longuement m&amp;ucirc;ries. Avant de partir, je lui ai dit que j&amp;#39;&amp;eacute;tais tr&amp;egrave;s heureuse et tr&amp;egrave;s honor&amp;eacute;e de l&amp;#39;avoir rencontr&amp;eacute;. Je lui ai dit qu&amp;#39;elle s&amp;#39;&amp;eacute;tait toutefois tromp&amp;eacute;e, qu&amp;#39;elle &amp;eacute;tait tr&amp;egrave;s habile pour raconter. Je me suis rendu compte ce soir-l&amp;agrave; que raconter, &amp;ccedil;a ne devait pas &amp;ecirc;tre un spectacle. Ce n&amp;#39;est pas l&amp;#39;art de mettre les &amp;eacute;l&amp;eacute;ments dans le bon ordre pour impressionner. Moi, je pr&amp;eacute;f&amp;egrave;re nettement les histoires emm&amp;ecirc;l&amp;eacute;es d&amp;#39;&amp;eacute;motions et d&amp;#39;id&amp;eacute;es, les d&amp;eacute;tails inutiles, les r&amp;eacute;p&amp;eacute;titions. J&amp;#39;aime ce qui est si compliqu&amp;eacute; &amp;agrave; dire que &amp;ccedil;a bloque dans notre gorge. Lorsqu&amp;#39;elles sortent enfin ces histoires-l&amp;agrave;, elles sont toujours de trop. Trop intenses, trop brutes. C&amp;#39;est ce qui me pla&amp;icirc;t! &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp;</content>
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    <title>Écrivains, rappelez-vous que les journalistes sont vos ennemis</title>
    <published>2012-01-11T11:08:03Z</published>
    <updated>2012-01-11T14:16:51Z</updated>
    <content type="html">Les &amp;eacute;crivains putassent. Moi, je peux me moquer d&amp;#39;eux tr&amp;egrave;s librement. Je n&amp;#39;ai rien &amp;agrave; vendre, j&amp;#39;offre mon corps et mes petits &amp;eacute;crits. On veut souvent de mon corps, moins de mes &amp;eacute;crits. Bah, tant que je baise suffisamment, je m&amp;#39;en porte pas trop mal. Je suis une cingl&amp;eacute;e, je lis et &amp;eacute;cris comme une d&amp;eacute;fonc&amp;eacute;e. Je n&amp;#39;accorde aucune importance &amp;agrave; la rentabilit&amp;eacute; de mes efforts. Hier soir, dans une &amp;eacute;mission radiophonique litt&amp;eacute;raire tant&amp;ocirc;t fr&amp;eacute;quentable tant&amp;ocirc;t moins, je fus surprise de constater que pour discuter de blogues ils eurent l&amp;#39;id&amp;eacute;e d&amp;#39;inviter quatre journalistes. Des journalistes, tabarnak! Je n&amp;#39;avais pas besoin d&amp;#39;&amp;eacute;couter pour savoir que &amp;ccedil;a me donnerait le go&amp;ucirc;t d&amp;#39;arracher des t&amp;ecirc;tes. J&amp;#39;ai &amp;eacute;cout&amp;eacute; dans l&amp;#39;espoir d&amp;#39;&amp;ecirc;tre surprise. Je voulais me tromper! Je voulais &amp;ecirc;tre impressionn&amp;eacute;e! Apr&amp;egrave;s tout, je ne suis pas cynique, je crois en l&amp;#39;humanit&amp;eacute;. Eh non, je ne fus pas surprise une miette. Les journalistes vivent dans un monde parall&amp;egrave;le, dans une bulle ferm&amp;eacute;e sur leur vision du monde rudement simpliste o&amp;ugrave; &amp;laquo; &amp;ecirc;tre rigoureux &amp;raquo; signifie rester le plus banal possible. Pour tout dire, je n&amp;#39;ai m&amp;ecirc;me pas eu envie d&amp;#39;arracher les t&amp;ecirc;tes de ces journalistes pendant l&amp;#39;&amp;eacute;mission de radio. Ils &amp;eacute;taient tellement ennuyants. Si j&amp;#39;ai du mal &amp;agrave; dormir, je me repasserai leur conversation. &amp;Agrave; un moment, un journaliste s&amp;#39;est m&amp;ecirc;me exclam&amp;eacute; que le style &amp;eacute;tait garant de l&amp;#39;attrait d&amp;#39;un blogue. Ha, ha, faites-moi rire! Le style...! Que savez-vous du style ?&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J&amp;#39;&amp;eacute;tais chez moi avec mon anarchiste pr&amp;eacute;f&amp;eacute;r&amp;eacute; et je r&amp;acirc;lais comme d&amp;#39;habitude. Il s&amp;#39;est exclam&amp;eacute; : &amp;laquo; Y&amp;#39;en a qui ont oubli&amp;eacute; qu&amp;#39;il y a une guerre entre les journalistes et les &amp;eacute;crivains! Elle dure depuis Balzac! &amp;raquo; Et puisque c&amp;#39;est un passionn&amp;eacute;, il s&amp;#39;est ru&amp;eacute; sur &lt;i&gt;Les Illusions perdues&lt;/i&gt; pour m&amp;#39;en lire un passage :&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;laquo; Si tu avais le malheur de tuer ta ma&amp;icirc;tresse, je t&amp;#39;aiderais &amp;agrave; cacher ton crime et pourrais t&amp;#39;estimer encore ; mais si tu devenais espion, je te fuirais avec horreur, car tu se&lt;span class="text_exposed_show" style="display: inline; "&gt;rais l&amp;acirc;che et inf&amp;acirc;me par syst&amp;egrave;me. Voil&amp;agrave; le journalisme en deux mots. L&amp;#39;amiti&amp;eacute; pardonne l&amp;#39;erreur, le mouvement irr&amp;eacute;fl&amp;eacute;chi de la passion ; elle doit &amp;ecirc;tre implacable pour le parti pris de trafiquer de son &amp;acirc;me, de son esprit et de sa pens&amp;eacute;e. &amp;raquo; Les journalistes sont les ennemis des &amp;eacute;crivains depuis si longtemps que c&amp;#39;est presque normal qu&amp;#39;ils investissent tant d&amp;#39;efforts &amp;agrave; g&amp;acirc;cher les blogues qu&amp;#39;ils n&amp;#39;ont, je le rappelle, pas invent&amp;eacute;s. Quand on les &amp;eacute;coute parler, nos sp&amp;eacute;cialistes, ils disent pourtant effront&amp;eacute;ment le contraire. Ils parlent avec m&amp;eacute;pris des fameux &amp;laquo; blogues ind&amp;eacute;pendants &amp;raquo;, des blogues d&amp;#39;opinion, des blogues g&amp;eacute;n&amp;eacute;ralistes qui osent se prononcer sur tout et rien. Je suis une blogueuse g&amp;eacute;n&amp;eacute;raliste ind&amp;eacute;pendante qui sait, contrairement &amp;agrave; eux, que le blogue existait bien avant que les journalistes en connaissaient l&amp;#39;existence. Le blogue d&amp;#39;avant la lettre se crissait des m&amp;eacute;dias traditionnels. Il y a quinze ans, les blogues &amp;eacute;taient tenus par des marginaux passionn&amp;eacute;s qui luttaient tr&amp;egrave;s fort pour ne pas mourir d&amp;#39;ennui dans un monde brutal, celui-l&amp;agrave; m&amp;ecirc;me que les journalistes se donnent la t&amp;acirc;che de d&amp;eacute;crire et de commenter afin d&amp;#39;en assurer le maintien. Le journaliste a besoin que le syst&amp;egrave;me reste bien en place pour exister. Il ne faut donc pas compter sur lui pour la r&amp;eacute;volution!&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="text_exposed_show" style="display: inline; "&gt;Au Qu&amp;eacute;bec, on fait des scandales sur des niaiseries. R&amp;eacute;cemment, il y a eu une histoire d&amp;eacute;bile autour d&amp;#39;un journal qui ne paiera pas ses blogueurs invit&amp;eacute;s. Comme seul commentaire &amp;agrave; ce d&amp;eacute;bat de fond, je vous offre une citation de Louis-Ferdinand C&amp;eacute;line (une citation assez odieuse si on pense au contexte, mais que je n&amp;#39;affectionne pas moins) :&amp;nbsp;&amp;laquo; Je suis femme du monde et non pas putain, n&amp;rsquo;est-ce pas. Par cons&amp;eacute;quent j&amp;rsquo;ai des faiblesses pour qui je veux. &amp;raquo;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="text_exposed_show" style="display: inline; "&gt;Amis blogueurs, rappelez-vous que les journalistes sont vos ennemis! Amis &amp;eacute;crivains, rappelez-vous que les journalistes sont vos ennemis! Il n&amp;#39;y a pas trop de mal &amp;agrave; putasser un peu le temps d&amp;#39;une entrevue. Par respect pour l&amp;#39;humanit&amp;eacute;, on ne peut pas cracher sur ceux qui nous posent gentiment&amp;nbsp;quelques questions (Je serais aussi capable de vous montrer l&amp;#39;argument contraire, c&amp;#39;est-&amp;agrave;-dire que par respect pour l&amp;#39;humanit&amp;eacute;, il serait coh&amp;eacute;rent de refuser). Si l&amp;#39;entrevue que vous accordez fait qu&amp;#39;on parle de litt&amp;eacute;rature de fa&amp;ccedil;on intelligente et sensible dans les m&amp;eacute;dias, c&amp;#39;est tant mieux! Mais de gr&amp;acirc;ce, amis &amp;eacute;crivains et blogueurs, n&amp;#39;en donnez pas plus que le client n&amp;#39;en demande! Gardez les yeux ouverts, puisqu&amp;#39;aux jeux des m&amp;eacute;dias, c&amp;#39;est souvent la litt&amp;eacute;rature et la libert&amp;eacute; qui perdent. Pour un rare livre tendance de qualit&amp;eacute;, pensez aux dix autres tout aussi bons dont il ne sera jamais question. Les journalistes sont vos ennemis m&amp;ecirc;me s&amp;#39;ils mettent votre &amp;#39;tite photo dans le journal. &amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;</content>
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    <title>Les mots magiques</title>
    <published>2012-01-04T01:15:42Z</published>
    <updated>2012-01-04T01:26:48Z</updated>
    <content type="html">Depuis quelques semaines, je me suis mise &amp;agrave; &amp;eacute;couter avec H&amp;eacute;l&amp;egrave;ne des &amp;eacute;pisodes de &lt;a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Sliders"&gt;&lt;i&gt;Sliders&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; sur Netflix, une s&amp;eacute;rie t&amp;eacute;l&amp;eacute;vis&amp;eacute;e de science-fiction que nous avions d&amp;eacute;j&amp;agrave; toutes les deux regard&amp;eacute; de fa&amp;ccedil;on plus ou moins sporadique &amp;agrave; la fin de notre adolescence. Il me semblait que &lt;i&gt;Sliders, &lt;/i&gt;c&amp;#39;&amp;eacute;tait vraiment malade comme s&amp;eacute;rie. C&amp;#39;est bien vrai! Il y a quelque chose que j&amp;#39;aime particuli&amp;egrave;rement de cette &amp;eacute;poque o&amp;ugrave; la t&amp;eacute;l&amp;eacute; &amp;eacute;tait &lt;i&gt;cheap&lt;/i&gt; &amp;agrave; souhait, o&amp;ugrave; la t&amp;eacute;l&amp;eacute; ne jouait pas au cin&amp;eacute;ma, o&amp;ugrave; la t&amp;eacute;l&amp;eacute; ne nous mettait pas de la poudre aux yeux avec une esth&amp;eacute;tique splendide avec laquelle les sc&amp;eacute;narios et textes n&amp;#39;arrivent souvent pas &amp;agrave; rivaliser. &lt;i&gt;Sliders&lt;/i&gt; a les qualit&amp;eacute;s, mais aussi les d&amp;eacute;fauts de ces anciennes s&amp;eacute;ries. M&amp;ecirc;me les meilleures d&amp;#39;entre elles, comme &lt;i&gt;X-Files&lt;/i&gt; ont leurs temps morts, leurs &amp;eacute;pisodes un peu nuls. Dans &lt;i&gt;Sliders&lt;/i&gt;, c&amp;#39;est encore plus vrai. &lt;i&gt;Sliders&lt;/i&gt; c&amp;#39;est tr&amp;egrave;s in&amp;eacute;gal, incoh&amp;eacute;rent, mais il y a quelque chose qui se passe l&amp;agrave;!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://pics.livejournal.com/desir_obscur/pic/00050zfc/"&gt;&lt;img alt="" height="299" src="http://pics.livejournal.com/desir_obscur/pic/00050zfc/s640x480" style="border-width: 0pt; border-style: solid;" width="365" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans &lt;i&gt;Sliders&lt;/i&gt; on voit &amp;eacute;voluer quatre personnages qui sont contraints d&amp;#39;explorer des mondes parall&amp;egrave;les, dans l&amp;#39;espoir de retrouver enfin leur monde qu&amp;#39;ils ont quitt&amp;eacute; plus ou moins accidentellement. &amp;Agrave; chaque d&amp;eacute;but d&amp;#39;&amp;eacute;pisode, ils sont dans un nouveau San Francisco, &amp;agrave; la m&amp;ecirc;me &amp;eacute;poque, mais avec un contexte sociohistorique plus ou moins radicalement diff&amp;eacute;rent. Dans un &amp;eacute;pisode, par exemple, les &amp;Eacute;tats-Unis vivent sous la domination sovi&amp;eacute;tique et les personnages atterrissent au pied d&amp;#39;une statue de Staline. Dans un autre, San Francisco est un immense Far West domin&amp;eacute; par des hommes d&amp;#39;affaires cowboys, dans un autre, encore, San Francisco est une immense prison o&amp;ugrave; les prisonniers peuvent &amp;ecirc;tre ex&amp;eacute;cut&amp;eacute;s &amp;agrave; la moindre offense. Dans un de mes pr&amp;eacute;f&amp;eacute;r&amp;eacute;s, la ville appara&amp;icirc;t comme une v&amp;eacute;ritable utopie o&amp;ugrave; les gens vivent dans l&amp;#39;opulence et l&amp;#39;harmonie, mais au prix d&amp;#39;un contr&amp;ocirc;le assez effroyable de la population &amp;agrave; l&amp;#39;aide d&amp;#39;une loterie humaine o&amp;ugrave; les gagnants sont recouverts de pr&amp;eacute;sents luxueux juste avant d&amp;#39;&amp;ecirc;tre sacrifi&amp;eacute;s. Chaque fin d&amp;#39;&amp;eacute;pisode se termine en catastrophe. Les personnages fuient un quelconque p&amp;eacute;ril et s&amp;#39;engouffrent dans le tunnel qui ne peut s&amp;#39;ouvrir qu&amp;#39;&amp;agrave; un moment pr&amp;eacute;cis qu&amp;#39;ils connaissent lors de leur arriv&amp;eacute;e dans ce monde. La morale de l&amp;#39;&amp;eacute;pisode est toujours la m&amp;ecirc;me: nos quatre protagonistes vivaient, somme toute, dans le meilleur des mondes et doivent &amp;agrave; tout prix retrouver ce monde hors duquel ils ont &amp;eacute;t&amp;eacute; propuls&amp;eacute;s. De plus, la s&amp;eacute;rie n&amp;#39;est pas tr&amp;egrave;s &lt;i&gt;queer&lt;/i&gt;, c&amp;#39;est le moins qu&amp;#39;on puisse dire. Dans un des &amp;eacute;pisodes, presque toute la population masculine des &amp;Eacute;tats-Unis a &amp;eacute;t&amp;eacute; &amp;eacute;limin&amp;eacute;e &amp;agrave; l&amp;#39;aide d&amp;#39;une arme biologique d&amp;#39;un pays &amp;eacute;tranger et les rares hommes qui restent sont enferm&amp;eacute;s et forc&amp;eacute;s &amp;agrave; ins&amp;eacute;miner chaque jour une s&amp;eacute;rie de femmes tri&amp;eacute;es sur le volet. Et partout, les femmes vivent presque toutes c&amp;eacute;libataires et passent leur temps &amp;agrave; pleurer l&amp;#39;absence d&amp;#39;un homme dans leur vie. Id&amp;eacute;e absurde! Il va de soi que plusieurs femmes auraient enfin d&amp;eacute;cid&amp;eacute; de d&amp;eacute;couvrir les plaisirs saphiques. Un monde de r&amp;ecirc;ve ou presque, quoi! Mais pas dans &lt;i&gt;Sliders&lt;/i&gt;. Malgr&amp;eacute; tout, il y a quelque chose de tr&amp;egrave;s fort dans la s&amp;eacute;rie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a quelques jours, nous avons regard&amp;eacute; un &amp;eacute;pisode qui n&amp;#39;&amp;eacute;tait pas particuli&amp;egrave;rement bon, mais pas moins fascinant. Dans cet &amp;eacute;pisode, la Constitution des &amp;Eacute;tats-Unis a &amp;eacute;t&amp;eacute; secr&amp;egrave;tement abr&amp;eacute;g&amp;eacute;e suite &amp;agrave; l&amp;#39;assassinat de JFK, apr&amp;egrave;s que J. Edgar Hoover ait pris le contr&amp;ocirc;le et d&amp;eacute;cr&amp;eacute;t&amp;eacute; la loi martiale. Les &amp;Eacute;tats-Unis forment un &amp;eacute;tat totalitaire. Un groupe de r&amp;eacute;sistants esp&amp;egrave;re toutefois permettre de retrouver cette d&amp;eacute;mocratie du pass&amp;eacute;. Et tout &amp;ccedil;a, gr&amp;acirc;ce &amp;agrave; une arme extraordinaire: la Constitution am&amp;eacute;ricaine! Un haut personnage de la r&amp;eacute;sistance poss&amp;egrave;de une copie de la version compl&amp;egrave;te de la Constitution am&amp;eacute;ricaine et croit qu&amp;#39;en diffusant ce texte, la population se soul&amp;egrave;vera. &amp;Agrave; l&amp;#39;aide de nos protagonistes, c&amp;#39;est finalement ce qui se produit: la Constitution est diffus&amp;eacute;e partout &amp;agrave; travers les &amp;Eacute;tats-Unis et on voit instantan&amp;eacute;ment les &amp;Eacute;tasuniens boulevers&amp;eacute;s par ces mots qu&amp;#39;ils entendent et pr&amp;ecirc;ts &amp;agrave; prendre d&amp;#39;assaut les rues. Il n&amp;#39;y a plus de doute que la d&amp;eacute;mocratie ne tardera pas &amp;agrave; s&amp;#39;installer, mais on ne le verra pas. Nos &lt;i&gt;sliders&lt;/i&gt; sont malheureusement d&amp;eacute;j&amp;agrave; partis vers un autre monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J&amp;#39;ai &amp;eacute;t&amp;eacute; stup&amp;eacute;faite devant cette foi si absolue envers le pouvoir des mots. Est-ce vraiment la seule force des mots de la Constitution qui a permis &amp;agrave; la d&amp;eacute;mocratie de s&amp;#39;installer d&amp;eacute;finitivement, croit-on, aux &amp;Eacute;tats-Unis? Suffirait-il donc de trouver les bons mots, d&amp;#39;&amp;eacute;crire un texte suffisamment fort afin de permettre &amp;agrave; la d&amp;eacute;mocratie de s&amp;#39;&amp;eacute;tablir partout o&amp;ugrave; elle n&amp;#39;est pas d&amp;eacute;j&amp;agrave;? Une telle croyance envers le pouvoir des mots fait r&amp;ecirc;ver. Et elle effraie aussi. Si quelques mots &amp;agrave; peine suffisent &amp;agrave; changer un r&amp;eacute;gime politique, ne pourraient-ils pas tout autant pousser les individus au pire crime, par simple ob&amp;eacute;issance aux mots? Puisqu&amp;#39;il n&amp;#39;est pas seulement question ici du pouvoir des mots mais d&amp;#39;une ob&amp;eacute;issance &amp;agrave; des mots. Or, toute action imm&amp;eacute;diate qui n&amp;#39;est pas pr&amp;eacute;alablement pass&amp;eacute;e par une r&amp;eacute;flexion peut conduire au pire...</content>
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    <title>Au diable les malaises!</title>
    <published>2011-12-20T16:23:13Z</published>
    <updated>2011-12-20T16:35:28Z</updated>
    <content type="html">&amp;Agrave; l&amp;#39;occasion de No&amp;euml;l, Mme Bouquet a d&amp;eacute;cid&amp;eacute; de m&amp;#39;offrir un couvre-lit digne de ce nom alors que j&amp;#39;&amp;eacute;trenne depuis des ann&amp;eacute;es la m&amp;ecirc;me douillette &amp;eacute;lim&amp;eacute;e. Pas par go&amp;ucirc;t, pour &amp;ecirc;tre bien franche. Plut&amp;ocirc;t pour une multitude de raisons, entre autres un manque de moyens et de paresse. Mme Bouquet s&amp;#39;est d&amp;eacute;couvert une passion pour la d&amp;eacute;coration au cours des derniers mois et elle souhaite visiblement transmettre son savoir &amp;agrave; sa fille. &amp;Eacute;trange id&amp;eacute;e. &amp;Ccedil;a fait 4 ans que j&amp;#39;habite dans le m&amp;ecirc;me logement et je n&amp;#39;ai m&amp;ecirc;me pas encore peint tous mes murs, chose impensable pour le commun des mortels. Alors me lancer dans la d&amp;eacute;coration? En m&amp;ecirc;me temps, comment refuser un tel cadeau quand j&amp;#39;ai envie &amp;agrave; chaque matin de br&amp;ucirc;ler ma douillette?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J&amp;#39;ai donc suivi ma g&amp;eacute;nitrice dans un magasin, ma foi, assez chic. Je n&amp;#39;y serais probablement pas all&amp;eacute;e par moi-m&amp;ecirc;me ou serais sortie d&amp;egrave;s mon arriv&amp;eacute;e. Mais je suivais Mme Bouquet alors pourquoi pas regarder tant qu&amp;#39;&amp;agrave; y &amp;ecirc;tre? Elle m&amp;#39;a tout d&amp;#39;abord montr&amp;eacute; un tr&amp;egrave;s beau couvre-lit gris mais g&amp;acirc;ch&amp;eacute; par des imitations de pierres du Rhin. L&amp;#39;id&amp;eacute;e d&amp;#39;ajouter des imitations de pierres du Rhin! &amp;laquo;Mais c&amp;#39;est qu&amp;eacute;taine! En plus, les chats vont jouer avec!&amp;raquo; L&amp;#39;argument des chats avait convaincu Mme Bouquet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me suis donc promen&amp;eacute;e un peu dans le magasin jusqu&amp;#39;&amp;agrave; temps que je me retrouve devant un couvre-lit splendide, rouge vif et aux lignes &amp;eacute;pur&amp;eacute;s. Un lit rouge vif uni, voil&amp;agrave; qui &amp;eacute;tait parfait! Je l&amp;#39;ai d&amp;eacute;j&amp;agrave; dit, j&amp;#39;ex&amp;egrave;cre cette id&amp;eacute;e selon laquelle il faudrait choisir dans notre chambre &amp;agrave; coucher des couleurs reposantes. Quel int&amp;eacute;r&amp;ecirc;t, les couleurs reposantes? Ou bien on dort, et dans ce cas on n&amp;#39;a que faire de contempler le bleu de nos murs, ou bien on est r&amp;eacute;veill&amp;eacute;, les orifices bien remplis, la langue et les mains qui s&amp;#39;agitent sur des corps, et alors on n&amp;#39;a pas envie de couleur reposante. D&amp;egrave;s que j&amp;#39;ai vu ce rouge vif, je me suis dit que c&amp;#39;&amp;eacute;tait la couleur du sexe et qu&amp;#39;il me le fallait. J&amp;#39;imaginais d&amp;eacute;j&amp;agrave; les femmes nues qui se coucheraient sur mon lit, les hommes &amp;agrave; la queue bien dure sur laquelle je m&amp;#39;assoirais alors qu&amp;#39;ils reposaient sur mon couvre-lit rouge.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En m&amp;ecirc;me temps, l&amp;#39;id&amp;eacute;e que Mme Bouquet serait celle qui m&amp;#39;offrait cet espace de perdition m&amp;#39;indisposait. Mon couvre-lit ne serait-il pas, de fait, d&amp;eacute;sexualis&amp;eacute;? Ah et puis, &lt;i&gt;the hell with that&lt;/i&gt;! Au diable les malaises! Aussit&amp;ocirc;t que mon couvre-lit serait chez moi, je n&amp;#39;y penserais plus. Ce n&amp;#39;est pas comme si j&amp;#39;avais les moyens de me l&amp;#39;offrir...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsque Mme Bouquet a constat&amp;eacute; qu&amp;#39;il s&amp;#39;agissait seulement d&amp;#39;un couvre-duvet, qu&amp;#39;il faudrait donc aussi un duvet, et que la vendeuse a prononc&amp;eacute; le prix des deux articles, j&amp;#39;ai d&amp;#39;ailleurs &amp;eacute;t&amp;eacute; d&amp;#39;autant plus troubl&amp;eacute;e... J&amp;#39;essaie de n&amp;#39;accorder aucune valeur &amp;agrave; l&amp;#39;argent, de ne jamais me laisser intimider par des prix &amp;eacute;lev&amp;eacute;s, mais veut, veut pas, je me suis sentie tout &amp;agrave; fait indigne d&amp;#39;un couvre-lit si luxueux. Je d&amp;eacute;teste faire de l&amp;#39;ordre et surtout plier mes v&amp;ecirc;tements, alors les v&amp;ecirc;tements s&amp;#39;empilent un peu partout dans ma chambre. N&amp;#39;est-il pas parfaitement ridicule d&amp;#39;avoir un couvre-lit si luxueux alors que je suis incapable de tenir une maison correctement? Je me sentais indigne de ce couvre-lit. Je n&amp;#39;allais certainement pas commencer &amp;agrave; devenir obs&amp;eacute;d&amp;eacute;e par l&amp;#39;ordre et renoncer ainsi &amp;agrave; consacrer mon temps &amp;agrave; des choses tellement plus passionnantes et enrichissantes comme la lecture, l&amp;#39;&amp;eacute;criture et le sexe. Je devrais d&amp;#39;ailleurs vivre dans un logement presque vide o&amp;ugrave; il n&amp;#39;y aurait presque rien &amp;agrave; ranger... Accepter un tel cadeau, n&amp;#39;&amp;eacute;tait-il pas lourd de responsabilit&amp;eacute;s que je n&amp;#39;avais pas envie de porter? C&amp;#39;est comme les gens qui passent leur temps &amp;agrave; r&amp;eacute;nover leur maison pour se sentir occup&amp;eacute;s et &amp;eacute;viter ainsi de sentir le vide de leur existence. Je n&amp;#39;allais pas devenir l&amp;#39;esclave du rangement parce que j&amp;#39;avais un couvre-lit trop chic pour moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis tant pis! Je ne pouvais pas passer &amp;agrave; c&amp;ocirc;t&amp;eacute; d&amp;#39;un couvre-lit si beau et confortable. Je sentais d&amp;eacute;j&amp;agrave; trop bien la douceur du duvet d&amp;#39;oie. J&amp;#39;essaierai de rendre ma chambre un peu plus habitable et c&amp;#39;est tout, ai-je d&amp;eacute;cid&amp;eacute;. J&amp;#39;imaginais d&amp;eacute;j&amp;agrave; trop bien toutes ces journ&amp;eacute;es que je passerais au lit avec H&amp;eacute;l&amp;egrave;ne, &amp;agrave; lire, &amp;eacute;crire et baiser, lit que nous quitterions uniquement pour aller nous rafra&amp;icirc;chir ou nous chercher &amp;agrave; manger &amp;agrave; la cuisine. Un tel cadeau &amp;ccedil;a ne se refusait pas, indigne ou pas.</content>
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    <title>Le droit de se paqueter la fraise</title>
    <published>2011-12-17T20:17:03Z</published>
    <updated>2011-12-17T20:17:03Z</updated>
    <content type="html">Alors qu&amp;#39;H&amp;eacute;l&amp;egrave;ne et moi &amp;eacute;tions dans la douche et parlions d&amp;#39;un merveilleux restaurant o&amp;ugrave; nous &amp;eacute;tions all&amp;eacute;es &amp;agrave; l&amp;#39;ext&amp;eacute;rieur de la ville il y a quelques ann&amp;eacute;es, mais o&amp;ugrave; H&amp;eacute;l&amp;egrave;ne n&amp;#39;avait pas pu boire &amp;agrave; sa guise puisqu&amp;#39;elle conduisait, il m&amp;#39;est venu une id&amp;eacute;e: &amp;laquo;Nous pourrions aller au restaurant, nous paqueter et appeler Nez rouge pour pouvoir revenir &amp;agrave; la maison!&amp;raquo; Pourquoi pas, n&amp;#39;est-ce pas?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ann&amp;eacute;e apr&amp;egrave;s ann&amp;eacute;e me revient le m&amp;ecirc;me questionnement: comment est-ce possible que quelqu&amp;#39;un ait l&amp;#39;argent pour f&amp;ecirc;ter, l&amp;#39;argent pour se payer une auto, mais pas l&amp;#39;argent pour se payer un taxi lorsqu&amp;#39;il a trop bu? L&amp;#39;un ne va-t-il pas sans l&amp;#39;autre? Comment quelqu&amp;#39;un en vient-il &amp;agrave; consid&amp;eacute;rer recourir &amp;agrave; Nez rouge? Se dit-il d&amp;egrave;s le d&amp;eacute;but de la soir&amp;eacute;e: je vais pouvoir me saouler la gueule autant que je veux et appeler Nez Rouge pour revenir chez moi ou se laisse-t-il plut&amp;ocirc;t emporter par la f&amp;ecirc;te jusqu&amp;#39;&amp;agrave; boire plus qu&amp;#39;il ne l&amp;#39;avait pr&amp;eacute;vu?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et comment peut-on consid&amp;eacute;rer que le droit &amp;agrave; la f&amp;ecirc;te est un droit &amp;eacute;l&amp;eacute;mentaire, alors qu&amp;#39;on sait tr&amp;egrave;s bien que ce n&amp;#39;est pas du tout un droit universel, que ceux qui auraient vraiment besoin de quelqu&amp;#39;un pendant ces soirs-l&amp;agrave; ce sont ceux qui sont seuls, chez eux, et n&amp;#39;ont m&amp;ecirc;me pas les moyens de f&amp;ecirc;ter? Mais &amp;eacute;videmment, il est tellement plus agr&amp;eacute;able de reconduire chez eux des joyeux lurons, semblables &amp;agrave; nous, qui ont bien f&amp;ecirc;t&amp;eacute; que des pauvres diables qui ne f&amp;ecirc;tent pas, ne f&amp;ecirc;tent jamais...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certes, si on peut emp&amp;ecirc;cher quelques abrutis de prendre le volant quand ils sont ivres, r&amp;eacute;jouissons-nous. Il ne faudrait toutefois pas oublier que le droit &amp;agrave; la f&amp;ecirc;te qu&amp;#39;on prot&amp;egrave;ge est le droit de ceux qui ont la possibilit&amp;eacute; de f&amp;ecirc;ter &amp;agrave; l&amp;#39;ann&amp;eacute;e longue.</content>
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