J'ai appris récemment qu'un de mes amants - que je n'ai pas vu depuis longtemps, mais que je dois revoir depuis plusieurs mois - est « couplé ». Cette annonce m'est arrivée par Facebook. Lorsque j'ai aperçu dans mes « feeds », « Machin Chose is now in a relationship with Chose Bine », je n'ai pu m'empêcher de m'exclamer « Nous ne nous aurons donc finalement pas revus... J'aurais dû accepté une de ses invitations plus rapidement... » Je me suis ensuite ressaisie: « Ah et puis c'est mieux comme ça! Il peut être tellement agaçant, anyway... » Un des aspects étranges de cette annonce est que je peux voir et consulter le profil de sa nouvelle flamme, grâce au même site. Ça ne me dérange pas du tout qu'il soit amoureux. Il n'y a jamais eu d'amour entre lui et moi, je vous l'assure. Il n'y a pas même eu de passion. Nous ne parlons pas beaucoup d'ailleurs. J'essaie d'éviter. Il oeuvre dans un domaine intellectuel trop près de mes intérêts et je préfère ne pas penser à lui comme homme parfaitement adapté et asservi à l'institution. Même s'il n'y a pas de passion entre nous, nous partageons une intensité singulière et forte. Nous avons une compatibilité incroyable au lit. Il est un de mes plus intéressants amants.
J'avoue que je n'osais plus le relancer au sujet de notre prochaine rencontre depuis que j'ai vu le profil de sa blonde et les photos tellement amoureuses qu'elle a prises de lui. Je me suis bien sûr demandée s'il allait la tromper. Après de mures réflexions, je me suis dit qu'il le ferait sans doute avec des hommes. Il est un bisexuel discret, la pute. Notre complicité sexuelle n'en est que plus complète! J'ai pensé ensuite qu'il le ferait aussi avec des femmes. Après tout, il ne peut pas se passer d'une vie sexuelle bien active et dédiée à la conquête. C'est un chasseur typique, un séducteur habile. Il ne le sait pas, mais j'ai commencé à élaborer mon « esthétique » ou ma « poétique » en réaction à lui. Il écrit très bien. Il me fait toujours rire, même si son style est « très ». Il espérait lors de nos premières rencontres que nous entretenions une correspondance érotique. Il aimait particulièrement les scénarios. Ce qui très franchement m'ennuie. Sa manière de rédiger le scénario érotique ne rendait pas du tout l'intensité et la particularité de nos ébats. Je préférais en rester à mes souvenirs que d'en perpétuer la mémoire avec de la sous-littérature.
Il m'a écrit trois jours après l'annonce sur Facebook de sa relation de couple. Il ne parlait pas de sa douce évidemment. Il me réitérait ses invitations et l'urgence de notre rencontre. Il aurait pu prendre une pause de quelques semaines au moins pour faire semblant d'être amoureux. Le pire, c'est que je ne doute même pas qu'il doit être un bon amoureux. Je l'imagine passionné, attentionné et romantique avec l'élue de son coeur. Je ne me suis pas empressée de lui répondre. Je retarde encore les rendez-vous. Je sais maintenant qu'il sera toujours mien. Ça importe peu de se précipiter.
Je me sens comme une de ces femmes dans L'homme qui aimait les femmes, cet horrible film de François Truffaut - réalisateur que j'aime pourtant profondément. Je serai peut-être à son enterrement avec toutes ces femmes et ces hommes qui le possèdent d'une certaine manière. La seule différence, c'est que j'appartiens moi aussi à plein de gens. Il y aura une foule d'amants et de maîtresses éplorés à ma mort. Nous sommes peut-être plus près que je ne le croyais finalement.
J'avoue que je n'osais plus le relancer au sujet de notre prochaine rencontre depuis que j'ai vu le profil de sa blonde et les photos tellement amoureuses qu'elle a prises de lui. Je me suis bien sûr demandée s'il allait la tromper. Après de mures réflexions, je me suis dit qu'il le ferait sans doute avec des hommes. Il est un bisexuel discret, la pute. Notre complicité sexuelle n'en est que plus complète! J'ai pensé ensuite qu'il le ferait aussi avec des femmes. Après tout, il ne peut pas se passer d'une vie sexuelle bien active et dédiée à la conquête. C'est un chasseur typique, un séducteur habile. Il ne le sait pas, mais j'ai commencé à élaborer mon « esthétique » ou ma « poétique » en réaction à lui. Il écrit très bien. Il me fait toujours rire, même si son style est « très ». Il espérait lors de nos premières rencontres que nous entretenions une correspondance érotique. Il aimait particulièrement les scénarios. Ce qui très franchement m'ennuie. Sa manière de rédiger le scénario érotique ne rendait pas du tout l'intensité et la particularité de nos ébats. Je préférais en rester à mes souvenirs que d'en perpétuer la mémoire avec de la sous-littérature.
Il m'a écrit trois jours après l'annonce sur Facebook de sa relation de couple. Il ne parlait pas de sa douce évidemment. Il me réitérait ses invitations et l'urgence de notre rencontre. Il aurait pu prendre une pause de quelques semaines au moins pour faire semblant d'être amoureux. Le pire, c'est que je ne doute même pas qu'il doit être un bon amoureux. Je l'imagine passionné, attentionné et romantique avec l'élue de son coeur. Je ne me suis pas empressée de lui répondre. Je retarde encore les rendez-vous. Je sais maintenant qu'il sera toujours mien. Ça importe peu de se précipiter.
Je me sens comme une de ces femmes dans L'homme qui aimait les femmes, cet horrible film de François Truffaut - réalisateur que j'aime pourtant profondément. Je serai peut-être à son enterrement avec toutes ces femmes et ces hommes qui le possèdent d'une certaine manière. La seule différence, c'est que j'appartiens moi aussi à plein de gens. Il y aura une foule d'amants et de maîtresses éplorés à ma mort. Nous sommes peut-être plus près que je ne le croyais finalement.






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