Je me suis livrée aujourd'hui à un plaisir que j'avais délaissé depuis plusieurs mois: bouquiner. Comment une telle chose est-elle possible, ma petite Albertine, me demanderez-vous? Eh bien, j'ai un jour constaté que plus je bouquinais, moins je lisais. J'ai donc abandonné les errances en librairies pour me consacrer au plaisir supérieur de la lecture. Et puis, il faut dire que je ne m'éloigne pas souvent de mon quartier et que, à mon grand désespoir, si une chose manque cruellement à mon cher HoMa, ce sont bien des librairies d'occasion! Heureusement à nous pauvres HoMaciens, une solution nous est donnée afin de compenser ce manque d'accès à la culture. Nous pouvons être transportés en quelques minutes à peine à ce haut lieu de culture et d'activité intellectuelle qu'est le Plateau grâce à la 29. (Je me demande d'ailleurs si les respectables habitants du Plateau savent qu'un autobus a le pouvoir de provoquer l'invasion dans leur beau quartier d'une horde de malpropres et de mal élevés comme nous, habitants d'Hochelaga-Maisonneuve... Je soupçonne que non! Autrement, des pétitions circuleraient à cet effet, c'est certain. Il fait tellement meilleur être de gauche à partir du confort de son quartier bourgeois!)
Après un passage très bref mais intense au Millenium où je me suis achetée ce que je croyais être la collection complète de Love and Rockets (il me manque finalement le tome Maggie the Mechanic) et où je me suis retenue d'acheter Strangers in Paradise, je me suis donc dirigée vers L'Échange sur Mont-Royal. Je parcourais les rayons de la section socio-politique (si! si! ce n'est pas parce que j'écris des saloperies que je ne suis pas sérieuse!), lorsque je suis tombée sur cet ouvrage au titre très inspiré L'Orgie. Quel ne fut pas mon choc! Non pas que la présence d'un bouquin intitulé L'Orgie dans cette section respectable me troublait. Que non! Tous les champs de la pensée devraient s'intéresser à la très grande problématique de l'orgie.
En fait, je me suis retrouvée propulsée dans un lointain passé, à quatre pattes devant un amant qui était un adepte passionné de la sodomie. L'amant en question qui se prénommait Martin - comme tous mes amants de l'époque - m'avait déjà parlé de ce bouquin, me suis-je subitement rappelée, notamment d'un chapitre qui analysait l'importance que Sade accordait à la sodomie. Pour Sade, me raconta alors Martin à la lumière de sa lecture dudit bouquin, la sodomie constitue la pratique sexuelle par excellence puisqu'elle abolit toute fin pratique. Mon amant avait donc décidé d'embrasser lui aussi cette croyance. Ne vous imaginez pas qu'il aurait enrôlé la jeune fille naïve que je ne fus jamais dans cette histoire de sodomie! J'étais déjà depuis longtemps pratiquante en la matière. Martin était cependant le premier qui, loin d'apprécier uniquement la sensation incomparable d'enfoncer sa bite dans un cul, éprouvait un intérêt intellectuel pour la chose. Certes, je ne vous le cacherai pas, une passion si intellectuelle me séduisait. Et puis, il était énergique en diable! Ses yeux noirs étaient si vivement allumés à chaque instant que j'en venais parfois à le soupçonner d'être fou. Il était enthousiaste, oui vraiment enthousiaste, comme pas un. Et il avait un corps assez athlétique, des jambes musclées, des épaules solides. Plus d'une fois, sous ses mouvements vifs et énergiques, son matelas a foutu le camp par terre. Folle époque! Hélas, à la longue, une telle fixation sur une pratique sexuelle unique a fini par devenir un peu lassante. On dira ce qu'on voudra, mais le missionnaire n'est pas une pratique si ennuyante que ça. Il fait bon de sentir le poids du corps de son amant par-dessus le sien. Ce qui rend le missionnaire si ennuyant c'est seulement de constituer l'unique possibilité pour certains couples. Enfin, il paraîtrait! Vous vous doutez bien que moi, l'Albertine, je n'ai jamais connu ça! Quoiqu'il en soit, la sodomie était devenue notre position du missionnaire à Martin et moi. J'avais beau aimer ses yeux noirs, ses mollets et son énergie, j'ai décidé d'interrompre nos rencontres. Pas officiellement, bien sûr. Comme dans la plupart des relations de ce genre, j'ai simplement cessé de retourner ses appels.
Enfin, j'ai effectué un peu plus tôt une recherche sur Facebook et j'ai constaté qu'il y était inscrit. À voir son profil, il a toujours l'air aussi mystique. Peut-être l'ajouterai-je parmi mes contacts... Il m'amusait bien, ce garçon. Et je suis assez certaine qu'il serait ravi de retrouver mon cul accueillant. Pourquoi se risquer à des rencontres décevantes ou, bien pire, troublantes quand on peut se reposer sur des valeurs sûres?
Après un passage très bref mais intense au Millenium où je me suis achetée ce que je croyais être la collection complète de Love and Rockets (il me manque finalement le tome Maggie the Mechanic) et où je me suis retenue d'acheter Strangers in Paradise, je me suis donc dirigée vers L'Échange sur Mont-Royal. Je parcourais les rayons de la section socio-politique (si! si! ce n'est pas parce que j'écris des saloperies que je ne suis pas sérieuse!), lorsque je suis tombée sur cet ouvrage au titre très inspiré L'Orgie. Quel ne fut pas mon choc! Non pas que la présence d'un bouquin intitulé L'Orgie dans cette section respectable me troublait. Que non! Tous les champs de la pensée devraient s'intéresser à la très grande problématique de l'orgie.
En fait, je me suis retrouvée propulsée dans un lointain passé, à quatre pattes devant un amant qui était un adepte passionné de la sodomie. L'amant en question qui se prénommait Martin - comme tous mes amants de l'époque - m'avait déjà parlé de ce bouquin, me suis-je subitement rappelée, notamment d'un chapitre qui analysait l'importance que Sade accordait à la sodomie. Pour Sade, me raconta alors Martin à la lumière de sa lecture dudit bouquin, la sodomie constitue la pratique sexuelle par excellence puisqu'elle abolit toute fin pratique. Mon amant avait donc décidé d'embrasser lui aussi cette croyance. Ne vous imaginez pas qu'il aurait enrôlé la jeune fille naïve que je ne fus jamais dans cette histoire de sodomie! J'étais déjà depuis longtemps pratiquante en la matière. Martin était cependant le premier qui, loin d'apprécier uniquement la sensation incomparable d'enfoncer sa bite dans un cul, éprouvait un intérêt intellectuel pour la chose. Certes, je ne vous le cacherai pas, une passion si intellectuelle me séduisait. Et puis, il était énergique en diable! Ses yeux noirs étaient si vivement allumés à chaque instant que j'en venais parfois à le soupçonner d'être fou. Il était enthousiaste, oui vraiment enthousiaste, comme pas un. Et il avait un corps assez athlétique, des jambes musclées, des épaules solides. Plus d'une fois, sous ses mouvements vifs et énergiques, son matelas a foutu le camp par terre. Folle époque! Hélas, à la longue, une telle fixation sur une pratique sexuelle unique a fini par devenir un peu lassante. On dira ce qu'on voudra, mais le missionnaire n'est pas une pratique si ennuyante que ça. Il fait bon de sentir le poids du corps de son amant par-dessus le sien. Ce qui rend le missionnaire si ennuyant c'est seulement de constituer l'unique possibilité pour certains couples. Enfin, il paraîtrait! Vous vous doutez bien que moi, l'Albertine, je n'ai jamais connu ça! Quoiqu'il en soit, la sodomie était devenue notre position du missionnaire à Martin et moi. J'avais beau aimer ses yeux noirs, ses mollets et son énergie, j'ai décidé d'interrompre nos rencontres. Pas officiellement, bien sûr. Comme dans la plupart des relations de ce genre, j'ai simplement cessé de retourner ses appels.
Enfin, j'ai effectué un peu plus tôt une recherche sur Facebook et j'ai constaté qu'il y était inscrit. À voir son profil, il a toujours l'air aussi mystique. Peut-être l'ajouterai-je parmi mes contacts... Il m'amusait bien, ce garçon. Et je suis assez certaine qu'il serait ravi de retrouver mon cul accueillant. Pourquoi se risquer à des rencontres décevantes ou, bien pire, troublantes quand on peut se reposer sur des valeurs sûres?
Musique actuelle: She Wants Revenge
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