Me voici enfin de retour après une très longue absence que vous n'aurez pas manqué de remarquer et déplorer! Soyez persuadé que c'était pour le mieux. Grâce à ce fabuleux petit objet que j'ai reçu par la poste cette semaine - du nom très à propos de Snowball, qui décrit si bien le processus d'échange séminal à l'oeuvre dans mes récits - vous pourrez enfin apprécier dans sa pleine mesure la beauté de ma voix langoureuse! Ne vous inquiétez pas, je ne vous quitterai plus jamais pour une si longue période. Je vous serai désormais fidèle.
***
Je ne me bats plus. J'ai cédé devant tout. Tu sais, Steve, avant j'étais conne. Je me laissais gagner par l'enthousiasme. On ne m'y reprendra plus. En parlant de prendre, je m'ennuie tellement de ta queue.
Je téléphone à Steve - l'habitué du Davidson - pour régler une simple confusion entre deux sacs à dos et j'en profite en même temps pour mettre toute notre relation au clair.
La confusion
Steve, c'est Al. Tu es sans doute parti travailler. Ce n'est pas grave. Ça devrait faciliter les choses. Je me suis trompée ce matin en sortant de chez toi. J'ai pris ton sac au lieu du mien. Tu as remarqué, je suppose. Il faudrait qu'on se voit bientôt pour procéder à l'échange. Tu peux passer chez moi, en fait. Je n'ai pas de mari finalement. Je ne sais pas comment j'ai pu les confondre. Ils ne se ressemblent pas du tout. Bien, ils sont noirs tous les deux, mais à part de ça, ils ne se ressemblent pas beaucoup. Ton sac est beaucoup plus léger que le mien en plus. J'en ai jamais eu. De mari, je veux dire. Je ne sais pas si tu y as vraiment cru – sûrement que ça n’avait juste pas d’importance pour toi -, mais je ne suis pas tellement relation amoureuse. En fait, pas du tout. Une solitaire, c'est ce que je suis. On ne me prendra pas aux sentiments amoureux.
Retourne mon appel bientôt. Il y a un livre dont j'ai vraiment besoin dans mon sac. Je suis une âme en peine tant que je n'ai pas ce livre. Je devais travailler dessus aujourd'hui. C'est con. Toutes mes notes sont dans ce livre en plus. J'aurai juste une bonne raison pour me consacrer à autre chose aujourd'hui. Tu peux passer après ton travail. J'habite près de chez toi. Sur Aylwin pour être plus précise. Je serai là toute la journée. Il n'y a pas de sonnette. Si je ne réponds pas cogne plus fort, j'écoute de la musique parfois avec des écouteurs. Ça me coupe du bruit. Même la semaine, les voisins ne travaillent pas. Je vis dans un appartement aux murs en carton. Je déteste entendre leur moindre déplacement. Je ne tolère pas les intrusions indésirables.
C'était le fun, hier. Vraiment l‘fun, je veux dire. J'ai presque envie de m'acheter un Xbox aussi pour te planter la prochaine fois. Ce n'est pas juste, tu peux t'entraîner, toi. Je suis persuadée que mon Playstation est supérieur. On jouera si tu passes. Je risque de te battre cette fois. Surtout si on joue à Tekken et non à tes jeux de course. Ah, Steve, au fait, je ne mens pas habituellement. Je me suis laissée emporter. J’ai tendance à tout saboter. Y a des gens comme ça. Souvent les plus intéressants, d’ailleurs. Je me dis que ça ne sert à rien, anyway. Les relations sont vouées à l’échec, vaut mieux s’y faire d’emblée. Je n’ai pas peur de la destruction. Y a rien de plus vrai,
Je ne me bats plus. J'ai cédé devant tout. Tu sais, Steve, avant j'étais conne. Je me laissais gagner par l'enthousiasme. On ne m'y reprendra plus. En parlant de prendre, je m'ennuie tellement de ta queue. Ça ne fait pourtant pas très longtemps. Quand tu passeras, on s'occupera de ça aussi. Je ne suis pas difficile. On fera ça vite. On n'a pas l'éternité. Je me suis habituée à extraire ce que je veux rapidement. Ça évite d'y consacrer trop d'énergie. On en met autant, mais si rapidement qu'il n'y a pas moyen qu'on y laisse sa peau.
J'aime que ça soit brutal, tu le sais. Il ne faut pas hésiter, Steve, pour me prendre sans considération. Je ne suis plus regardante. Peu importe. Traite-moi comme tu veux. Tu as compris ça au lit. Je ne crois pas que ça a été bien difficile pour toi. Tu t'enfonces toujours avec force. Tu peux faire la même chose avec notre relation. Je sens que tu es trop gentil. Tu sais, faut pas s'en faire, si ce n'est pas toi qui est méchant, ça sera moi. Je te laisserai tomber. Mise sur l'odieux, c'est mieux pour toi. L' avarie est déjà commencée, anyway. Ça ne s'arrêtera pas.
Je dois t'avouer un truc. J'ai vu une enveloppe dans ton sac. Il y avait mon prénom dessus. Je ne sais pas pourquoi je le précise. Tu dois bien le savoir. Je n'ai pas pris de chance. Quand j'ai vu que tu pouvais m'avoir écrit quelque chose, je m'en suis débarrassée. Je l'ai brûlé sans l'ouvrir. Je suppose que c'était touchant ton truc. Tu sais, moi, je ne donne pas dans le sentiment. Je ne donne plus dans le sentiment depuis longtemps. Il ne faut surtout pas aller là-dedans. Je t'assure que tu ne veux pas y aller avec moi, en tous cas. Tu ferrais juste le regretter. Je suis pire que tu le crois.
Viens juste me fourrer. Ça va être parfait comme ça. Ce n'est pas trop peu, je t'assure. Au contraire, c'est tout. Je crois que c'est la seule manière de ne pas sombrer dans toutes ces choses. Baise-moi. Je ne suis bonne qu'à ça. Je suis faite pour être prise. Ça s'arrête là. Je suis une fille facile, toujours disponible. Il n'y a rien de mieux. Débarque rapidement, vide-toi, on jouera ensuite au Playstation et je te donnerai ton sac. Voilà ce que je propose. Le plan de match idéal, quoi.
Je ne sais même pas à quelle heure tu termines. Je ne suis pas certaine non plus de l'endroit où tu travailles. Je ne suis pas une personne très patiente. J'imagine, j’espère que ce n'est pas trop tard. Tu vas travailler en auto, non? J'imagine que tu travailles en banlieue. Nous étions censés prendre un verre ce soir. Au pire, je serai à notre rendez-vous au Davidson comme d'habitude. As-tu demandé à ton ami finalement pour la fin de semaine de pêche ? Je suis motivée, tu sais, j'ai même déjà préparé mon équipement. Je n'osais pas te le dire. J'avais peur que tu aies l'impression que je voulais du long terme. Or, ce n'est pas le cas. Tu le sais maintenant. Je peux donc te dire que je suis prête pour la pêche. Enfin, j'attends ton appel. À tantôt.
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Je ne me bats plus. J'ai cédé devant tout. Tu sais, Steve, avant j'étais conne. Je me laissais gagner par l'enthousiasme. On ne m'y reprendra plus. En parlant de prendre, je m'ennuie tellement de ta queue.
Je téléphone à Steve - l'habitué du Davidson - pour régler une simple confusion entre deux sacs à dos et j'en profite en même temps pour mettre toute notre relation au clair.
La confusion
Steve, c'est Al. Tu es sans doute parti travailler. Ce n'est pas grave. Ça devrait faciliter les choses. Je me suis trompée ce matin en sortant de chez toi. J'ai pris ton sac au lieu du mien. Tu as remarqué, je suppose. Il faudrait qu'on se voit bientôt pour procéder à l'échange. Tu peux passer chez moi, en fait. Je n'ai pas de mari finalement. Je ne sais pas comment j'ai pu les confondre. Ils ne se ressemblent pas du tout. Bien, ils sont noirs tous les deux, mais à part de ça, ils ne se ressemblent pas beaucoup. Ton sac est beaucoup plus léger que le mien en plus. J'en ai jamais eu. De mari, je veux dire. Je ne sais pas si tu y as vraiment cru – sûrement que ça n’avait juste pas d’importance pour toi -, mais je ne suis pas tellement relation amoureuse. En fait, pas du tout. Une solitaire, c'est ce que je suis. On ne me prendra pas aux sentiments amoureux.
Retourne mon appel bientôt. Il y a un livre dont j'ai vraiment besoin dans mon sac. Je suis une âme en peine tant que je n'ai pas ce livre. Je devais travailler dessus aujourd'hui. C'est con. Toutes mes notes sont dans ce livre en plus. J'aurai juste une bonne raison pour me consacrer à autre chose aujourd'hui. Tu peux passer après ton travail. J'habite près de chez toi. Sur Aylwin pour être plus précise. Je serai là toute la journée. Il n'y a pas de sonnette. Si je ne réponds pas cogne plus fort, j'écoute de la musique parfois avec des écouteurs. Ça me coupe du bruit. Même la semaine, les voisins ne travaillent pas. Je vis dans un appartement aux murs en carton. Je déteste entendre leur moindre déplacement. Je ne tolère pas les intrusions indésirables.
C'était le fun, hier. Vraiment l‘fun, je veux dire. J'ai presque envie de m'acheter un Xbox aussi pour te planter la prochaine fois. Ce n'est pas juste, tu peux t'entraîner, toi. Je suis persuadée que mon Playstation est supérieur. On jouera si tu passes. Je risque de te battre cette fois. Surtout si on joue à Tekken et non à tes jeux de course. Ah, Steve, au fait, je ne mens pas habituellement. Je me suis laissée emporter. J’ai tendance à tout saboter. Y a des gens comme ça. Souvent les plus intéressants, d’ailleurs. Je me dis que ça ne sert à rien, anyway. Les relations sont vouées à l’échec, vaut mieux s’y faire d’emblée. Je n’ai pas peur de la destruction. Y a rien de plus vrai,
Je ne me bats plus. J'ai cédé devant tout. Tu sais, Steve, avant j'étais conne. Je me laissais gagner par l'enthousiasme. On ne m'y reprendra plus. En parlant de prendre, je m'ennuie tellement de ta queue. Ça ne fait pourtant pas très longtemps. Quand tu passeras, on s'occupera de ça aussi. Je ne suis pas difficile. On fera ça vite. On n'a pas l'éternité. Je me suis habituée à extraire ce que je veux rapidement. Ça évite d'y consacrer trop d'énergie. On en met autant, mais si rapidement qu'il n'y a pas moyen qu'on y laisse sa peau.
J'aime que ça soit brutal, tu le sais. Il ne faut pas hésiter, Steve, pour me prendre sans considération. Je ne suis plus regardante. Peu importe. Traite-moi comme tu veux. Tu as compris ça au lit. Je ne crois pas que ça a été bien difficile pour toi. Tu t'enfonces toujours avec force. Tu peux faire la même chose avec notre relation. Je sens que tu es trop gentil. Tu sais, faut pas s'en faire, si ce n'est pas toi qui est méchant, ça sera moi. Je te laisserai tomber. Mise sur l'odieux, c'est mieux pour toi. L' avarie est déjà commencée, anyway. Ça ne s'arrêtera pas.
Je dois t'avouer un truc. J'ai vu une enveloppe dans ton sac. Il y avait mon prénom dessus. Je ne sais pas pourquoi je le précise. Tu dois bien le savoir. Je n'ai pas pris de chance. Quand j'ai vu que tu pouvais m'avoir écrit quelque chose, je m'en suis débarrassée. Je l'ai brûlé sans l'ouvrir. Je suppose que c'était touchant ton truc. Tu sais, moi, je ne donne pas dans le sentiment. Je ne donne plus dans le sentiment depuis longtemps. Il ne faut surtout pas aller là-dedans. Je t'assure que tu ne veux pas y aller avec moi, en tous cas. Tu ferrais juste le regretter. Je suis pire que tu le crois.
Viens juste me fourrer. Ça va être parfait comme ça. Ce n'est pas trop peu, je t'assure. Au contraire, c'est tout. Je crois que c'est la seule manière de ne pas sombrer dans toutes ces choses. Baise-moi. Je ne suis bonne qu'à ça. Je suis faite pour être prise. Ça s'arrête là. Je suis une fille facile, toujours disponible. Il n'y a rien de mieux. Débarque rapidement, vide-toi, on jouera ensuite au Playstation et je te donnerai ton sac. Voilà ce que je propose. Le plan de match idéal, quoi.
Je ne sais même pas à quelle heure tu termines. Je ne suis pas certaine non plus de l'endroit où tu travailles. Je ne suis pas une personne très patiente. J'imagine, j’espère que ce n'est pas trop tard. Tu vas travailler en auto, non? J'imagine que tu travailles en banlieue. Nous étions censés prendre un verre ce soir. Au pire, je serai à notre rendez-vous au Davidson comme d'habitude. As-tu demandé à ton ami finalement pour la fin de semaine de pêche ? Je suis motivée, tu sais, j'ai même déjà préparé mon équipement. Je n'osais pas te le dire. J'avais peur que tu aies l'impression que je voulais du long terme. Or, ce n'est pas le cas. Tu le sais maintenant. Je peux donc te dire que je suis prête pour la pêche. Enfin, j'attends ton appel. À tantôt.
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