20 juin 2007 @ 07:22
Il est temps que ça cesse!  
Je fais des efforts. Il semble pourtant que ça revient sans cesse. Je suis tannée de donner dans le sentiment. J'aimerais tellement vous écrire des histoires drôles. Je me débrouille pas mal en général dans le domaine. J'ai un certain potentiel pour ces choses-là. Je dois dire en plus que je suis assez heureuse dans la vie. Tout ce que j'écris ces derniers temps est pourtant suintant de mélancolie, d'émotion, de désir de catastrophe. C'est dégueu. Je suppose que l'écriture balance mon système. Je me porte très bien, merveilleusement, en fait, alors je beurre épais dans le sentiment. Je me doute que vous avez hâte, lecteurs difficiles, que je sois réellement triste. Vous souhaitez peut-être que mon monde s'écroule afin que je sois à nouveau du côté de la vulgarité sans émotion.

Je révisais des trucs hier. Je me tapais des descriptions d'oeuvres wannabe littéraires. Je ne suis vraiment pas bien constituée pour la correction. Je ne suis décidément pas une correctrice d'épreuve! On ne s'en doute pas, mais je suis salement sensible. Il est temps que je devienne dure!  Je lis des descriptions d'oeuvres littéraires stupides et ça me fout par terre. Je suis réellement ouverte pourtant, je vous jure. Je suis une lectrice d'abord et avant tout contrairement à la majorité des écrivains actuels. Je veux lire et découvrir des nouveaux talents. Il n'y avait que de la merde dans ce que je liais hier. Ça m'a tellement rentré dans le corps, ce que je lisais hier. Toute cette soi-disant avant-garde et tous ces écrivailleux qui se considérent comme le boutte de la marde d'une nouvelle écriture révolutionnaire. C'est sinistre. Je sais qu'ils sont nécessaires, que la littérature se construit à partir de son activité et de son bouillonnement. Ce que je lisais hier contribue à l'ensemble des processus qui encadrent la littérature. Je connais Bourdieu et ses vastes champs de production. L'horizon d'attente de Jauss n'a pas de secret pour moi non plus. C'est emmerdant à la fin tout ça quand même.

J'aimerais tellement être d'une grande époque. Je ne souhaite pas écrire dans un dépotoir. Je veux côtoyer des héros. Pas n'importe quel héros. Ceux des choses dites inutiles. De la littérature et des affaires intellectuelles, donc! Ils sont sans aucun doute de plus grands héros que tous les Jack Bauer de ce monde. Ce n'est pas l'humanité qui a besoin d'être sauvé, c'est la littérature! Si l'écrivain est un héros, il est celui de l'impuissance. Il sait qu'en bout de ligne il ne pourra pas changer grand chose au cours du monde, postérité ou non. Il va à sa perte de toute façon. Ça ne fera pas de tord à personne. Vous voyez encore une fois, j'allais terminer un texte sur de l'émotion. C'est dégoûtant. Beurk!