Vous vous doutez bien que si j'ai décidé de publier mes textes gratuitement sur un blogue c'est que je ne suis pas sans réserves à l'égard de l'institution. Je ne crois pas que la publication sur papier soit seule garante de mon succès littéraire, de mon avancement. Je ne publierai jamais seulement pour obtenir l'autorité d'une maison d'édition. Le jour où je publierai, je serai convaincue que vraiment j'en étais rendue au livre, que je n'avançais plus sur Internet. On souhaiterait que tous les écrivains soient comme moi. Or, il n'en est rien. Je lisais il y a quelques semaines sur le web un petit écrivailleux quelconque. Un publié de plusieurs oeuvres dont tout le monde se fiche, vraiment je vous le jure. Je cherchais le titre du premier roman de l'écrivailleux en question sur Google et ce n'est qu'après 5-6 pages que je suis arrivée à un texte à propos dudit roman. C'est dire. Cet écrivailleux très très mineur en question a discuté par écrit de la question de l'autopublication. Lui, dit-il, vraiment jamais il ne se serait autopublié. Ne vous trompez pas, je ne suis pas plus partisane de l'autoédition. Je ne vendrais jamais mes oeuvres pathétiquement sur les terrasses des cafés l'été ou dans les événements mondains du monde littéraire. Je ne suis pas plus marchande qu'éditrice. Pour l'écrivailleux toutefois, c'est grave, l'édition littéraire est dépositaire de la totale autorité sur son oeuvre à lui. Il suffit de lire un peu de littérature québécoise pour savoir que l'édition fait dur au Québec. L'écrivain qui confirait à une maison d'édition québécoise toute l'autorité ne mérite pas d'être publié. Il ne resterait plus grand monde alors...
L'institution m'a prouvé cette semaine qu'elle serait toujours égale à elle-même. Je fus victime d'une situation injuste. Il ne faut pas s'en faire, ça m'arrive tout le temps. C'est juste que là, c'est pire que pire. Mon avenir est en jeu à cause d'un emmerdeur. Même si j'avais des alliés féroces et enthousiastes à l'intérieur, il va peut-être tout ruiner. Grâce aux bons soins de l'enculé, je vais peut-être perdre ma place par la peau des fesses. Par la peau des fesses! Je suis certaine qu'il ne supportait pas mon assurance. Il devait me trouver arrogante, lui qui est pourtant entouré d'arrogants de la pire espèce, d'arrogants médiocres, cependant, qui savent lécher les culs quand il le faut, qui écrasent les plus faibles et qui sucent les queues des éminents. Des arrogants en plein comme l'institution les aime, pas plus dangereux qu'il faut. L'enculé aurait voulu que je rampe comme les autres, que je me fasse petite et servile. Il souhaitait me remettre à ma place, dans la merde.
Pendant les jours suivant ma déconfiture, je me suis dit que c'était terminé, qu'enfin je prendrais la décision de foutre tout en l'air, de tout crisser là. Albertine Bouquet morte avant même de naître. Ce ne serait une perte pour personne. Je me suis calmée. Après une pareille humiliation, plus rien ne peut me faire de mal anyway. Je les enculerai un par un. Je n'en doute pas une seule seconde. Dès maintenant, je pars en guerre contre tous les emmerdeurs littéraires de ce monde. Albertine sera la future justicière des injustices envers les nobody. Notez-le quelque part, je vous jure que je serai à la hauteur. J'ai souffert d'une injustice, oui, mais sérieusement je ne suis pas frustrée. Je suis simplement blasée. Je croyais pour une fois que l'institution saurait être plus forte qu'elle-même, que serait démentie cette malédiction, offerte comme un conseil par une âme bienvaillante mais lâche, au moment où elle saluait mes efforts tout en prenant parti contre moi et pour l'institution: "Si tu veux faire les choses différemment, ce sera toujours deux fois plus difficile pour toi". La réalité est ce qu'elle est voilà. Je ne suis pas moins obligée de croire en l'institution. C'est ce qui fait chier. On s'en détache pas facilement.
Je devais enregistrer un épisode de L'avarie ce matin. Je n'ai pas le coeur à le faire. L'épisode est très bon, mais je n'ai pas envie d'envoyer balader (!) l'empoisonneuse. Peu importe ce que j'en dis, elle est une des rares personnes intègres et courageuses de l'institution. Avec les événements récents, je n'ai pas envie d'envoyer ma charge contre elle. Je vais réécrire un nouvel épisode aujourd'hui.
L'institution m'a prouvé cette semaine qu'elle serait toujours égale à elle-même. Je fus victime d'une situation injuste. Il ne faut pas s'en faire, ça m'arrive tout le temps. C'est juste que là, c'est pire que pire. Mon avenir est en jeu à cause d'un emmerdeur. Même si j'avais des alliés féroces et enthousiastes à l'intérieur, il va peut-être tout ruiner. Grâce aux bons soins de l'enculé, je vais peut-être perdre ma place par la peau des fesses. Par la peau des fesses! Je suis certaine qu'il ne supportait pas mon assurance. Il devait me trouver arrogante, lui qui est pourtant entouré d'arrogants de la pire espèce, d'arrogants médiocres, cependant, qui savent lécher les culs quand il le faut, qui écrasent les plus faibles et qui sucent les queues des éminents. Des arrogants en plein comme l'institution les aime, pas plus dangereux qu'il faut. L'enculé aurait voulu que je rampe comme les autres, que je me fasse petite et servile. Il souhaitait me remettre à ma place, dans la merde.
Pendant les jours suivant ma déconfiture, je me suis dit que c'était terminé, qu'enfin je prendrais la décision de foutre tout en l'air, de tout crisser là. Albertine Bouquet morte avant même de naître. Ce ne serait une perte pour personne. Je me suis calmée. Après une pareille humiliation, plus rien ne peut me faire de mal anyway. Je les enculerai un par un. Je n'en doute pas une seule seconde. Dès maintenant, je pars en guerre contre tous les emmerdeurs littéraires de ce monde. Albertine sera la future justicière des injustices envers les nobody. Notez-le quelque part, je vous jure que je serai à la hauteur. J'ai souffert d'une injustice, oui, mais sérieusement je ne suis pas frustrée. Je suis simplement blasée. Je croyais pour une fois que l'institution saurait être plus forte qu'elle-même, que serait démentie cette malédiction, offerte comme un conseil par une âme bienvaillante mais lâche, au moment où elle saluait mes efforts tout en prenant parti contre moi et pour l'institution: "Si tu veux faire les choses différemment, ce sera toujours deux fois plus difficile pour toi". La réalité est ce qu'elle est voilà. Je ne suis pas moins obligée de croire en l'institution. C'est ce qui fait chier. On s'en détache pas facilement.
Je devais enregistrer un épisode de L'avarie ce matin. Je n'ai pas le coeur à le faire. L'épisode est très bon, mais je n'ai pas envie d'envoyer balader (!) l'empoisonneuse. Peu importe ce que j'en dis, elle est une des rares personnes intègres et courageuses de l'institution. Avec les événements récents, je n'ai pas envie d'envoyer ma charge contre elle. Je vais réécrire un nouvel épisode aujourd'hui.
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