22 avril 2004 @ 19:49
Inédit  
Il est effrayant de constater comment on peut se repasser inlassablement le message d’accueil de la boîte vocale de quelqu’un. Il devrait être impossible d’écouter le message d’une personne sans devoir lui téléphoner. Il suffit pourtant d’appeler au système central et voilà, le tour est joué, tu peux écouter son message et le réécouter, et aussi souvent que tu lui souhaites. Elle n’en saura jamais rien. Il y a pire aussi, tu peux même − en faisant comme si tu étais cette personne − écouter l’enregistrement de son nom. Comme il est fascinant d’entendre quelqu’un prononcer son propre nom dans son intimité… « B.R. » D’une voix inédite, il déclame son identité. À la frontière du machinal, mais avec une telle douceur. Est-ce donc ainsi qu’il se perçoit ? Et maintenant, à chaque fois tu penses à lui, tu l’entends dire son nom. Sa voix doit être sublime lorsqu’elle tressaille de plaisir, lorsqu’un souffle accéléré entrecoupe brutalement ses mots, lorsqu’elle se perd dans les gémissements et lorsqu’elle dit des obscénités. Ça ne doit pas lui venir naturellement. Mais lorsque ça sort, quel débordement…

Il ne faudrait sûrement pas le prier beaucoup pour qu’il nous traite de garces. Il doit en mourir d’envie. Comme d’ouvrir sa braguette pour nous montrer cette queue que nous avons tant convoitée et nous dire de la sucer en nous traitant de salopes parce qu’il n’a raté aucun des regards que nous avons posé sur elle. Il sait qu’on ne demande rien de mieux que de la partager entre nos bouches puis de nous embrasser la bouche pleine de son sperme. C’est pour ça qu’il nous l’avait offerte avec une telle impudeur, malgré tous ces gens autour, debout, bien appuyé sur le siège derrière lui, ses belles mains d’homme agrippées de chaque côté, son sexe bien en avant, vers nous. Ou encore quand il était à côté de nous, sa jambe contre la mienne, moi assise et lui debout. Sa bite était si près de mon visage. Il eût suffit que je bouge à peine, que j’ouvre son pantalon et je l’aurais engouffrée dans ma bouche, sa bite… Osti de con. Nous passons notre vie à le traiter d’osti de con. Pour tout ce qu’il semble avoir envie de faire et qu’il ne fait pas. Un jour, nous allons le traiter de con, c’est sûr. Nous ne pourrons plus nous retenir.

En écoutant aujourd’hui son message stupide, il nous est pris une nouvelle fantaisie. Comme il serait bon de lui dire ce que nous pensons puis de raccrocher : « Osti que t’es con, R. ! ». Il aimerait ça, c’est sûr. Il sait qu’il est con et ça lui ferait du bien de l’entendre. J’ai plutôt enregistré un nombre incalculable de fois sur notre propre boîte vocale ce « Osti que t’es con, R. ! ». Haineux, excité, amusé, dégoûté… Je n’arrivais plus à retrouver ce ton que nous utilisons pourtant toujours… J’ai fini par enregistrer ce « B., viens nous fourrer. » C’est vraiment tout ce que j’ai envie de lui dire…
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Faux mort pour rien: Fill me[info]fomorien on le 23 avril 2004 01:48 (UTC)
Pourquoi ce nous?
Albertine Bouquet: Baiser[info]desir_obscur on le 23 avril 2004 04:55 (UTC)
Pourquoi cette question ? ;)
Faux mort pour rien[info]fomorien on le 23 avril 2004 08:51 (UTC)
oh oui, filtre moi!
J'aime bien cette réponse. ;)
Je ne me souviens pas comment tu es apparue dans ma liste mais... c'est une bonne surprise. Le sexe en tête de texte s'est toujours amusant...