Je t’avoue que ce soir je suis désespérée. Moi qui ose me prétendre une nymphomane notoire, il semble que je sois seule. Ce n’est pas que ce soit si terrible mais franchement ça m’emmerde. J’ai une envie folle de baiser. Je me branle tant que je peux. Ça en devient souffrant tellement je recommence.
Livrée au plus profondeur désespoir, dans « Le Joyeux Enculé », je m'humilie sur la boîte vocale d'un ancien amant.
Le Joyeux Enculé
Bonsoir, c’est Albertine… Albertine Bouquet! Je ne crois pas que tu connaisses beaucoup d’Albertine. Si tu ne m’as pas reconnue avec Albertine, j’imagine que tu ne me reconnaîtras pas davantage avec Albertine Bouquet. Au pire, fais des recherches sur Google. Tu vas bien finir par trouver ma photo quelque part. Enfin, bon, on a couché ensemble. Il y a six mois environ. Si ça peut te rassurer, moi non plus je ne connaissais pas ton nom. C’est Isabelle qui me l’a dit. Isabelle. Tu sais Isabelle, la programmeure? La fille qui fait des jeux vidéo. Y me semble que t’es en informatique, toi aussi? Non? Ah mais, je sais pas. Nous étions trop occupés pour les petites conversations d’usage. Enfin bref, j’ai déjà eu ta queue dans ma bouche. On est intimes, donc. On se connaît pas, mais on est intimes. Il n’y aura donc pas de gêne entre toi et moi.
Je t’avoue que ce soir je suis désespérée. Moi qui ose me prétendre une nymphomane notoire, il semble que je sois seule. Ce n’est pas que ce soit si terrible mais franchement ça m’emmerde. J’ai une envie folle de baiser. Je me branle tant que je peux. Ça en devient souffrant tellement je recommence. Mon corps se tue à la tâche, insatiable. J’utilise même ces jouets dont je ne suis pas très friande. Je me remplis le vagin et le cul tant que je peux. Je ne me lâche pas le clitoris d’une semelle. Rien ne suffit. Avant de me résoudre à t’appeler, j’ai fait n’importe quoi, je t’assure. J’ai écouté en boucle tous mes films préférés : Sperm Overdose, Sacro e profano et The Bigger the better. Rien ne m’a réussie. Je n’arrive pas à rejoindre mes amis. Personne n’est là. À quoi bon avoir des amis s’ils ne sont même pas là quand on a besoin d’eux?! Je veux baiser, câlisse. J’ai même pensé aller violer mon voisin, celui avec les livres à quelques fenêtres de chez moi. Je ne sais plus quoi faire. Il y a rien qui fonctionne.
Alors, donc, j’ai pensé à toi. Isabelle m’avait donné ton numéro de téléphone dans l’espoir que je te rappelle un jour. Je me suis dit : « ah le mec à la bonne queue que j’ai baisé il y a longtemps». On ne se connaissait pas et déjà tu étais intense. Quand j’ai inséré mes doigts dans ton cul, c’était dément. Avoir su, j’aurais traîné un strap-on pour t’enculer. Toute bonne nymphomane devrait avoir en tout temps un strap-on sous la main. Je n’ai pas eu souvent l’occasion de faire une sodomie. Il faut être prête quand l’occasion se présente. J’ai raté ma sodomie, mais je ne t’ai pas raté avec mes doigts. Tu as tellement joui. Alors que bien des hommes capotent dès qu’on s’approche de leur cul de peur qu’on s’imagine qu’ils sont fifs, tu n’essayais même pas de cacher à quel point ça te ravissait que je m’occupe comme ça de ton cul. Tu es bisexuel, j’en suis certaine. Raison de plus pour me refaire allégrement ton anus. Cette fois, tu peux être certain que je n’irais pas à moitié. J’introduirais pas juste un doigt dans ton anus. J’y irais avec un gode entier, harnaché. Je fourrerais ton cul à grands coups de bassin. T’inquiète pas, je peux être encore plus brutale qu’un gars. Je ne te décevrai pas.
Enfin, j’ai décidé de t’appeler et tu n’es pas là, alors je laisse des obscénités sur ton répondeur. Et puis, criss, t’avais juste à être là. J’ai pas de chance. Après avoir raccroché, je vais chercher désespérément un chat-room sur Internet. Je sais, il y a aussi les bars, mais les gens que j’ai rencontrés dans les bars sont encore plus cons que les autres. Puis je suis nulle en bavardage et en drague. Et je trouve ça plate. Je préfère entrer dans le vif de l’affaire. Enfin, tu as dû remarquer. Je n’irai donc pas dans un bar ou autre lieu du genre. Il y a toujours des mecs qui veulent se branler sur leur webcam pour une inconnue. Je finirai bien par trouver. Je vais mettre ma webcam aussi. Il faudra que je dépose mes jambes sur mon bureau. Je me masturberai dans la chaise de mon ordinateur comme un homme. La caméra sera témoin du moindre mouvement de mes lèvres. Je m’amuserai un peu, bien que je sois écoeurée de me branler seule. Habituellement la solitude me sied bien, mais pas aujourd’hui. Évidemment, le jour où je me sens sociable, les humains me fuient. Si j’étais parano, je pourrais croire que c’est un complot. Une conspiration de l’humanité contre Albertine Bouquet pour me torturer. Je ne croyais jamais que j’allais tomber dans un tel désespoir. C’est ridicule. Plus ça va et plus je suis pathétique. Je sais. Mais j’ai besoin de me faire prendre. Je m’en fous d’être pathétique. L’humiliation est une bonne chose. Y paraît que la dignité n’a rien à voir avec l’amour. Avec le sexe, non plus, je dirais. Enfin, ça doit être divertissant pour les autres de me voir ainsi et moi je suis rendue à un stade où rien n’est important. J’aimerais que tu rentres tes doigts dans ma chatte comme tu le faisais en mettant un doigt dans mon cul en même temps. Je ne sais pas comment tu t’y es pris. Je n’avais jamais ressenti un tel assaut. Je suis encore toute ouverte pour toi. Tu peux me faire n’importe quoi.
Je te dis tout ça. Je ne sais même pas si tu habites seul. Enfin, au pire, dis bonjour à ta blonde de ma part. Ou à ton chum… Ton cul était tellement ouvert. Je suis certaine que tu es bisexuel, que tu le saches ou non. Désolée de le dévoiler à ta blonde, si elle le sait pas. Il me semble qu’à chaque fois que j’ai baisé un pervers comme toi, il avait une petite vie ennuyante avec une profession, une femme, un condo et un char. Je suis prédestinée pour les lâches. Heureusement que tu ne m’as pas parlé de ta blonde, je déteste coucher avec des hommes mariés. Un bisexuel discret, en plus. Vous êtes les pires. Il y a des femmes qui aiment séduire l’homme rangé pour jouer les salopes, les célibataires épanouies et indépendantes. Moi, ça m’emmerde. Si les hommes mariés sont un peu plus intenses parfois, c’est juste qu’ils prennent leur pied pour des années d’ennui. Je les méprise. Je ne me sens certainement pas cool de réussir à faire bander leur queue esseulée. Ils bandent désormais sur n’importe qui, anyway. Je préfère me taper un homme seul qui a du bon sexe. Il n’y a aucune satisfaction à se faire un homme marié en manque. Ils le sont tous, ou presque.
Enfin, si tu avais une femme et qu'elle était bisexuelle aussi, ça serait bien. Je pourrais vous rejoindre. Remarque que si tu avais un copain, ce serait encore mieux. J'aimerais voir en vrai de l'homme bien enculé. Il faut dire que ma matière à orgasme solitaire la plus inspirante demeure Jean Genet et Hervé Guibert. Si tu réagissais si fortement à mes doigts dans ton cul, je me doute ce que ça doit te faire, une sodomie bien sentie. Je ne voudrais surtout pas rater cette scène. Je te laisse mon numéro pour qu'on se rappelle. Je suis dans le 514, 52… Ah et puis non, laisse tomber. Au fond, je ne veux pas vraiment te revoir, même si tu as une blonde un peu gouine ou un copain avec une bonne queue de sodomisateur... Je laisse ça ainsi. Je te rappellerai peut-être un de ces quatre si je m'ennuie.
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Rendez-vous dimanche prochain, même batheure, même batposte!
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