Je suis tellement heureuse d'être une noboby. Je suis allée à deux lancements collectifs de livres hier soir au même moment dans des lieux différents. On ne me connaît pas. Aucun des sinistres imbéciles, soi-disant écrivains, ne peut savoir que j'y étais. Sauf évidement les personnes qui m'ont fait déplacer pour le lancement de leur livre. Ça me rassure. Je ne voudrais pas qu'on sache que je baignais parmi ces gens-là. On peut être écrivain et ne pas aimer la littérature. Tout le monde semble indifférent devant cette réalité. Moi, ça me fait mal. En marchant entre les deux lancements, j'ai pu exprimer ma haine. J'ai fait dans le bref. Un pastiche de Thomas Bernhard en deux minutes. Ce n'était pas un très bon pastiche, vous l'aurez deviné. Il ne restituait pas grand chose du style. Et le style, vous savez, c'est tout! Le style, c'est la femme! Ça m'a fait du bien ce deux minutes de haine. J'ai pu aller à l'autre lancement où les célébrités littéraires étaient d'un autre genre. Le genre moins crétin. Mais vous savez toutes mondanités, même avec des moins crétins, reposent sur les mêmes horreurs. Entendez-moi bien, je respecte le rituel autour de la parution d'un livre, mais j'ai du mal avec les célébrations. C'est tout ce qu'on sait faire célébrer, alors qu'on devrait se botter le derrière pour aller plus loin. La fête, nous l'avons assez faite pour des décennies, travaillons maintenant!
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