Albertine Bouquet
07 avril 2008 @ 18:01
Après la neige, la fête!  
Quand la neige fond, ça pue. C'est une réalité que tous les Québécois connaissent. Nous avons les deux pieds dans la slush et dans tous les restes de l'hiver. Les excréments canins qui ont changé de couleur au cours des mois tapissent les trottoirs à la fonte des neiges, jusqu'à ce que la ville de Montréal sorte son équipement pour le grand nettoyage. Le jus d'orange que j'ai échappé dans un banc de neige en pleine tempête a sans doute été retrouvé. Il traîne peut-être dans une ruelle sur une pile de détritus de l'hiver. Ma vie au printemps ressemble au paysage urbain. Je dégèle et ça fait mal. J'ai envie de sortir tout le temps, de voir des gens, de lire dans tous les parcs et au cimetière sur le Mont-Royal. Mon appartement est superbe le printemps. Mes balcons sont tellement mignons. Je vais avoir une entrée importante d'argent, je vais dévaliser le IKEA pour m'acheter des meubles de patio, je vais m'abonner à Communauto pour promener mes conquêtes, surtout féminines, en char, je vais écrire un livre, je vais m'acheter une Wii et un Xbox360. Malgré tout ce bonheur, ça pue dans ma vie. Je me sens tellement sensible. Je suis à fleur de peau. Il suffit d'un petit rien pour me faire pleurer au printemps. J'ai juste envie de sortir mes bottes d'armée que j'avais juré de ranger pour devenir plus « féminine ». J'ai envie de me montrer hostile à tout le monde. Ça doit être pour cette raison que j'ai décidé d'aller au Kinetik Festival à l'Usine C en mai. Je vais conjuguer deux désirs : celui de sortir et celui de jouer la rebelle émotive. J'irai danser avec les gothiques, ça devrait rétablir mon système. Je crois que tout est là. Ça me fait mal le printemps parce que je suis irrésitiblement attirée par les festivités. Je suis festive, comme mon époque. Je n'arrive pas à vivre loin des fêtes. Le printemps me le rappelle.