Hier soir, j'ai assisté à des performances littéraires. Je ne suis pas très fan des performances. Pour tout vous dire, ça ne m'intéresse pas du tout. Je respecte trop le théâtre, la danse et tous les arts de la scène. À chacun son domaine! Le jour où quelqu'un du calibre de Denis Marleau ou de Brigitte Haentjens fera la mise en scène d'une performance littéraire, je changerai peut-être d'idée. Vous vous dites sans doute que j'idéalise l'art et la littérature. Eh bien, oui, j'ai en très haute estime les pratiques artistiques et je ne m'en cache pas. Ça ne fait pas de moi une idiote romantique. Je suis seulement quelqu'un qui aime très sincèrement la littérature et qui n'a pas besoin d'à-côtés pour la trouver attirante.
Dans la performance qui m'a le plus marquée, l'artiste, Grégory Chatonsky, n'est pas monté sur scène. Les grands artistes n'ont pas besoin de se mettre de l'avant. La projection sur le mur était divisée en deux écrans. D'un côté, nous avions un remix d'extraits tirés de Salo ou les 120 journées de Sodome de Pasolini, un des dix films les plus importants du siècle. Nous voyions sur l'autre partie du mur une projection de son oeuvre, Sodome@home, disponible sur Internet dans le premier numéro de la revue Bleuorange. Sodome@home est construit à partir d'un algorithme qui envoie des requêtes sur Flickr avec le texte du scénario du film de Pasolini. Il assemble ensuite les images trouvées sur Flickr avec les lignes tirées du scénario.
Pendant vingt minutes, nous étions dans le noir concentrés sur les images de Salò et celles de Flickr. Si dans les oeuvres précédentes de Chatonsky, basées sur le même engin, il pouvait y avoir des effets comiques, rien de tel ne survenait en présence de Pasolini. Les images du film sont empreintes de la gravité qu'imposent les grands désastres. Revoir le visage de ces hommes odieux qui allaient profiter des adolescents et des infâmes conteuses, nous mettait en contact avec des affects trop atroces pour être sublimés par le rire. Ces viols se déroulent sur les ruines d'une humanité, celle-là même qui, de plus en plus détruite, s'est arrogée le droit de donner à la guerre la froideur des instruments technologiques de la société industrielle. Les requêtes sur Flickr qui aboutissaient souvent à des photos d'enfants ou de bien-heureux festifs reconduisaient le malaise. Une étrange figure revenait dans la performance. Une gothique avec un maquillage de clown à la Kiss. L'artiste ne contrôle pas cet effet, puisque c'est l'algorithme qui prend en charge seul l'assemblage des textes et des images. La nécrofestive que nous avons vu une quinzaine de fois portait étrangement sur elle le drame. La répétition la rendait partie prenante, en tant que victime ou responsable ça importe peu, des atrocités que nous pouvions lire, de l'enlèvement des jeunes gens et de la division des corps.
Dans la performance qui m'a le plus marquée, l'artiste, Grégory Chatonsky, n'est pas monté sur scène. Les grands artistes n'ont pas besoin de se mettre de l'avant. La projection sur le mur était divisée en deux écrans. D'un côté, nous avions un remix d'extraits tirés de Salo ou les 120 journées de Sodome de Pasolini, un des dix films les plus importants du siècle. Nous voyions sur l'autre partie du mur une projection de son oeuvre, Sodome@home, disponible sur Internet dans le premier numéro de la revue Bleuorange. Sodome@home est construit à partir d'un algorithme qui envoie des requêtes sur Flickr avec le texte du scénario du film de Pasolini. Il assemble ensuite les images trouvées sur Flickr avec les lignes tirées du scénario.
Pendant vingt minutes, nous étions dans le noir concentrés sur les images de Salò et celles de Flickr. Si dans les oeuvres précédentes de Chatonsky, basées sur le même engin, il pouvait y avoir des effets comiques, rien de tel ne survenait en présence de Pasolini. Les images du film sont empreintes de la gravité qu'imposent les grands désastres. Revoir le visage de ces hommes odieux qui allaient profiter des adolescents et des infâmes conteuses, nous mettait en contact avec des affects trop atroces pour être sublimés par le rire. Ces viols se déroulent sur les ruines d'une humanité, celle-là même qui, de plus en plus détruite, s'est arrogée le droit de donner à la guerre la froideur des instruments technologiques de la société industrielle. Les requêtes sur Flickr qui aboutissaient souvent à des photos d'enfants ou de bien-heureux festifs reconduisaient le malaise. Une étrange figure revenait dans la performance. Une gothique avec un maquillage de clown à la Kiss. L'artiste ne contrôle pas cet effet, puisque c'est l'algorithme qui prend en charge seul l'assemblage des textes et des images. La nécrofestive que nous avons vu une quinzaine de fois portait étrangement sur elle le drame. La répétition la rendait partie prenante, en tant que victime ou responsable ça importe peu, des atrocités que nous pouvions lire, de l'enlèvement des jeunes gens et de la division des corps.
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