Albertine Bouquet
04 mars 2008 @ 06:31
Sexe obligatoire  
Mon transfert de courrier vers ma nouvelle adresse arrivant à terme, je me suis rappelée la semaine dernière qu'il me restait quelques changements d'adresse à effectuer. Dans un élan incroyable d'efficacité, je me suis lancée hier dans cette ambitieuse entreprise. Le gouvernement provincial est merveilleux à cet effet. À partir d'un simple formulaire, sur Internet, de surcroît - quoi de mieux que de devoir éviter de téléphoner à un fonctionnaire? -, je pouvais effectuer mon changement auprès de Revenu Québec, du Directeur général des élections du Québec, de la Régie de l'assurance maladie du Québec, alouette!

Quelle ne fut cependant pas ma surprise de constater qu'en plus des informations attendues (nom, prénom et date de naissance), on me contraignait également à indiquer mon sexe. Mon sexe! J'ai essayé de ne pas entrer cette information (bon, d'accord, en réalité j'ai oublié de l'entrer...) et voici le message qui m'est apparu:



Alors, à défaut de fournir ce renseignement, la Régie de l'assurance maladie et le Directeur général des élections du Québec ne prendra pas en considération mon changement d'adresse. Vous savez comment j'appelle ça, moi? Du chantage! Oui, oui, du chantage! Conforme-toi ou sèche! C'est ça que me disent la Régie de l'assurance maladie et le Directeur général des élections du Québec!

Et si j'ai bel et bien un vagin mais qu'il me prend parfois l'envie d'avoir un pénis à la place? Et si je crois parfois que je ne suis pas vraiment, au plus profond de moi, une femme, mais bien un homme? Et si je me sens les deux, à la fois femme et homme, que j'aime me faire pénétrer par tous les orifices mais que je dédaigne pas enfiler un gode pour remplir les orifices d'autrui? Et si j'ai envie, moi, de demeurer dans la merveilleuse ambiguïté, hein? hein? Et si j'ai envie de créer un nouveau sexe qui serait plus adéquat à décrire ma réalité à moi, qui sont-ils pour m'en empêcher?

J'étais si bouleversée par toute cette violence discriminatoire, que je n'ai plus été capable d'accomplir quoi que ce soit de la journée. J'étais là hébétée, en proie à la souffrance que nous infligent les préjugés du monde.