Albertine Bouquet
20 février 2008 @ 21:12
Fable hivernale  
La banlieue n'a que des défauts. Tout à l'heure, il m'en est revenu à l'esprit un autre que j'avais oublié depuis longtemps, ne fréquentant plus la banlieue que lors de visites occasionnelles chez M. et Mme Bouquet.

La scène remonte à plusieurs années, époque à laquelle j'étais jeune et insouciante - ce que je ne suis plus, vous vous en doutez. L'Albertine: la raison même! Or, à cette époque où je n'avais pas froid aux yeux, j'avais un amant qui possédait non seulement des qualités non-négligeables en matière de sexe anal, mais également une voiture. Libre à vous d'établir un lien entre les deux! L'amant en question, galant comme tout, n'hésitait pas à parcourir les nombreux et ennuyants kilomètres qui séparaient la résidence des Bouquet de la ville pour escorter sa maîtresse qui lui aurait même sans cette délicate attention fait profiter de tous ses orifices.

Or, la proximité de deux êtres lubriques dans un même véhicule générant l'effet auquel on s'attend, il se trouva un soir où la nécessité d'imbriquer leurs organes génitaux se fit plus pressante. Rien de plus facile que de trouver en banlieue un coin sombre pour copuler en toute impunité dans une voiture, pensai-je, sans en avoir toutefois tenté précédemment l'expérience. Je dirigeai d'abord mon Jules vers un vaste stationnement désert. Première erreur! Je constatai rapidement que contrairement à la croyance populaire, les stationnements déserts ne sont guère propices aux pratiques fornicatrices clandestines. La lumière des lampadaires était si intense qu'on s'y serait cru en plein jour. Et puis, nous étions en plein janvier. Hors de question, donc, de partir à la recherche d'un buisson. Je lui indiquai quelques potentielles portions de routes inaccessibles aux regards indiscrets. Peine perdue! Décidément, j'avais surestimé la géographie de ma ville natale. Mon Jules, de plus en plus impatient de fourrer sa bonne queue dans ma petite plotte bien mouillée se gara finalement dans un coin un peu plus en retrait. À peine avais-je commencé à empoigner vigoureusement son membre que l'angoisse le saisit. Et si un policier venait à passer dans le coin et surprenait nos ébats? Il nous imaginait déjà tous deux mis aux arrêts pour grossière indécence. Voyez-vous, il était un jeune homme respectable aux grandes ambitions. Que diraient mes parents? Et surtout qu'adviendrait-il de sa flamboyante future carrière? Non, il ne valait pas la peine de prendre tant de risques. Plutôt être taraudé par son érection de plus en plus douloureuse que de liquider sa carrière!

La morale de l'histoire est bien sûr que la preuve en est une fois de plus donnée que la banlieue constitue une des inventions les plus absurdes, ne possédant ni les avantages de la ville, ni ceux de la campagne.