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09 mai 2013 @ 20:15
Vaurienne  
Ça faisait vraiment longtemps que j'en avais ressenti le désir, l'urgence, l'envie. C'est arrivé d'un coup et ça s'est installé. Je n'étais alors plus capable de m'en détourner. J'ai essayé tant bien que mal de me raisonner, mais ça me grugeait de l'intérieur, ça me démangeait. Je me tortillais sur ma chaise. Albertine, tu t'es juré de ne plus le refaire! Albertine, tu ne peux pas! C'est plus difficile que l'on croit de détourner une criminelle qui n'a jamais été prise de ses pulsions coupables. Un de plus. Juste un dernier pour célébrer ton passé de scélérate! Allez Albertine, un petit dernier! Tiraillée par mon désir, je me suis sentie d'un coup solidaire de tous les braqueurs de banque, les kleptomanes et les fraudeurs de ce monde. Ils étaient les seuls à ce moment-là qui pouvaient peut-être me comprendre un peu. Je me suis toujours dit qu'on ne pouvait pas choisir en toute connaissance de cause de rester du côté de la loi si on ne s'était pas essayé un peu à la vie de canaille. Eh moi, ben vous le savez, je goûte à tout. Il a bien fallu un jour que je me livre à quelques actions hors-la-loi.

À ma décharge, il faut préciser qu'ils l'ont cherché, les tabarnaks. Ça se donne tous les droits ce monde-là, ça se rassemble, ça titille la fibre grégaire de tout un chacun et ça se construit une belle image de conquérant pour s'emparer des derniers résistants. Ils m'irritaient depuis si longtemps. Moi, qui n'ai absolument aucun potentiel grégaire, je suis peut-être une des rares qui puisse encore ne pas sucomber à leur chant de sirènes. Je me suis convaincue qu'en cédant à mes envies, j'allais contribuer à améliorer le sort du monde. Après tout, je suis une misantrope justicière comme Batman. Il ne me manque que la fortune, le château isolé et le sous-fifre.

ET PUIS, BANG! Je l'ai fait. Me re-voilà officiellement criminelle.

Cette nuit, j'ai rêvé à ma vie en prison. J'ai pensé à toutes les dures à cuire, comme Jeanne dans Unité 9, que je pourrais baiser. Wah! Sur le coup, c'était bien, mais ça a vite tourné au cauchemar. Je me suis retrouvée dans une cellule d'isolement. Ils m'annonçaient que j'allais rester à perpétuité dans cet espace minuscule. Je me suis réveillée avec le besoin de me confesser. Il faut que je le dise, il faut que je l'avoue. Mon blogue est le lieu idéal pour cette révélation. Bonjour, je m'appelle Albertine. Je suis une black hat. Voilà c'est dit. Vous savez tout. Aujourd'hui, en l'avouant publiquement, j'ai décidé de prendre ma retraite. Il faudrait que je commence à rédiger mes mémoires. Après tout, je serai peut-être la première écrivaine nymphomane et cracker de l'histoire! Ce n'est pas rien. Elle écrivait, elle baisait et elle hackait. Ils devraient écrire ça sur ma tombe. Ça serait une superbe épitaphe!