L'autre jour, un type tentait de me convaincre d'envoyer à une maison d'édition un petit truc que j'avais écrit.
- Ça ne m'intéresse pas de publier un livre! Et puis même si ça m'intéressait, où voudrais-tu donc que je publie?!
- Mais voyons, Albertine, il faut croire en toi!
J'avais juste envie de lui répondre: « Tu me niaises-tu, câlisse? » Mais puisqu'il a une queue splendide et qu'il sait apprécier les joies de se faire rentrer délicatement un doigt dans l'anus en se faisant sucer, je me suis dit que je devrais maintenir une bonne relation avec lui, que ça m'importait peu qu'il me connaisse, anyway, et que, de toute façon, il ne pourrait pas comprendre. Je me suis donc contentée de dire qu'il était trop gentil et je suis descendue jusqu'à sa fermeture-éclair. Je sais choisir mes combats.
N'empêche, j'étais en crisse. Qu'il ne comprenne pas toutes les raisons qui font qu'il m'apparaît impossible de publier sur papier, c'est une chose. Qu'il me prenne pour une petite bête fragile et insécure, c'est aussi une chose. Mais qu'il me fasse le coup de la pensée positive, ça, non. J'avais juste envie de le retourner à quatre pattes et de l'enculer solide avec mon plus gros gode et sans lubrifiant. Tu vas voir, mon chou, que même en pensant positif, ça ne va pas moins te faire hurler de douleur que je t'encule à sec avec ce monstrueux engin!
Pour le chantre de la pensée positive, il suffit de croire pour vouloir et de vouloir pour pouvoir. Pour le chantre de la pensée positive, il faut demeurer optimiste coûte que coûte ou, autrement, accepter d'être le seul et unique artisan de son malheur. Et pourtant, si on disait au chantre de la pensée positive que si on essayait très fort de faire léviter sa télé 52 pouces, ça devrait, dans une même logique, fonctionner sans problème, il nous dirait que c'est complètement farfelu et qu'on est de mauvaise foi. Il n'en utilise pas moins exactement cette logique.
Je ne suis pas défaitiste. Je crois pleinement en mes moyens. Mais j'aurais beau essayer autant comme autant, je sais que le monde n'est jamais très accueillant avec des gens comme moi ou avec tout autre individu qui ne pense pas que s'acheter une grosse baraque, avoir un beau char et s'acheter des électros en acier inoxydable, c'est le bout de la marde et qu'il faut faire ce qu'il faut pour y parvenir. J'ai beau croire que je suis le bout de la marde, je sais que je n'ai pas trop de place dans un monde comme celui-ci et que lorsque je finis par en avoir une, par quelque concours de circonstances extraordinaires, ce n'est pas parce que j'ai «pensé positif», c'est un hasard et c'est tout, de même que lorsque quelqu'un atteint d'une maladie grave finit par s'en sortir, c'est parce qu'il existait des soins appropriés, qu'il a pu en profiter et qu'il a été chanceux qu'il guérit, ce n'est pas parce qu'il est «resté positif». Non seulement la condition humaine est-elle cruelle, à la base, mais, en plus, le monde suce. Ce n'est pas du défaitisme de le déclarer, c'est de la lucidité.
- Ça ne m'intéresse pas de publier un livre! Et puis même si ça m'intéressait, où voudrais-tu donc que je publie?!
- Mais voyons, Albertine, il faut croire en toi!
J'avais juste envie de lui répondre: « Tu me niaises-tu, câlisse? » Mais puisqu'il a une queue splendide et qu'il sait apprécier les joies de se faire rentrer délicatement un doigt dans l'anus en se faisant sucer, je me suis dit que je devrais maintenir une bonne relation avec lui, que ça m'importait peu qu'il me connaisse, anyway, et que, de toute façon, il ne pourrait pas comprendre. Je me suis donc contentée de dire qu'il était trop gentil et je suis descendue jusqu'à sa fermeture-éclair. Je sais choisir mes combats.
N'empêche, j'étais en crisse. Qu'il ne comprenne pas toutes les raisons qui font qu'il m'apparaît impossible de publier sur papier, c'est une chose. Qu'il me prenne pour une petite bête fragile et insécure, c'est aussi une chose. Mais qu'il me fasse le coup de la pensée positive, ça, non. J'avais juste envie de le retourner à quatre pattes et de l'enculer solide avec mon plus gros gode et sans lubrifiant. Tu vas voir, mon chou, que même en pensant positif, ça ne va pas moins te faire hurler de douleur que je t'encule à sec avec ce monstrueux engin!
Pour le chantre de la pensée positive, il suffit de croire pour vouloir et de vouloir pour pouvoir. Pour le chantre de la pensée positive, il faut demeurer optimiste coûte que coûte ou, autrement, accepter d'être le seul et unique artisan de son malheur. Et pourtant, si on disait au chantre de la pensée positive que si on essayait très fort de faire léviter sa télé 52 pouces, ça devrait, dans une même logique, fonctionner sans problème, il nous dirait que c'est complètement farfelu et qu'on est de mauvaise foi. Il n'en utilise pas moins exactement cette logique.
Je ne suis pas défaitiste. Je crois pleinement en mes moyens. Mais j'aurais beau essayer autant comme autant, je sais que le monde n'est jamais très accueillant avec des gens comme moi ou avec tout autre individu qui ne pense pas que s'acheter une grosse baraque, avoir un beau char et s'acheter des électros en acier inoxydable, c'est le bout de la marde et qu'il faut faire ce qu'il faut pour y parvenir. J'ai beau croire que je suis le bout de la marde, je sais que je n'ai pas trop de place dans un monde comme celui-ci et que lorsque je finis par en avoir une, par quelque concours de circonstances extraordinaires, ce n'est pas parce que j'ai «pensé positif», c'est un hasard et c'est tout, de même que lorsque quelqu'un atteint d'une maladie grave finit par s'en sortir, c'est parce qu'il existait des soins appropriés, qu'il a pu en profiter et qu'il a été chanceux qu'il guérit, ce n'est pas parce qu'il est «resté positif». Non seulement la condition humaine est-elle cruelle, à la base, mais, en plus, le monde suce. Ce n'est pas du défaitisme de le déclarer, c'est de la lucidité.
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