04 février 2012 @ 23:08
Dans le lit avec Albertine  
Je suis tellement une nobody que j'ai décidé de m'entretenir avec moi-même. Je suis écoeurée de ces entrevues où tout le monde répond les mêmes osties de réponses banales.

Belle intervieweuse : Elle sera nulle part, dans les prochains mois, ni sur scène, ni en librairie. Pour célébrer son absence de succès et de livre, Albertine Bouquet a accepté de passer dans le lit. Albertine, si tu étais un film ? (Elle me tutoie. On couche ensemble régulièrement.)

Albertine : Sperm Overdose 3. Définitivement! J'aime que le cinéma d'auteur rencontre les décharges démesurées de sperme. Je serais aussi Orgie en noir d'Ovidie. Je suis une gothique après tout. Ce qu'il manque à Sperm Overdose 3 est dans Orgie en noir : cimetière, morts-vivants, vampires, sorcières... 

Belle intervieweuse : Si tu étais une personnalité qui a marquée l'histoire ? 

Albertine : Louise Michel, bien sûr! Mais avec les tattoos, la craque de dent et le regard dévorant de Belladonna. Je serais une Louise Michel altern. J'enseignerais comme elle le français aux pauvres et je monterais aux barricades.   

Belle intervieweuse : Si tu étais un plaisir coupable ? 

Albertine : Je serais les émissions de soirée à V. Atomes crochusLa Guerre des clansDuoUn souper presque parfaitL'amour est dans le préOpération séduction, le truc de médiums après minuit... Tant que c'est suffisamment vrai et débile, ça me rejoint. Je suis même nostalgique de Loft Story. Ça donne une idée. Mais je serais aussi la chaîne de webtélé Youporn. C'est tout un plaisir coupable, ça aussi... 

Belle intervieweuse : Qui serait l'invité d'honneur au souper de tes rêves ? 

Albertine : Je suis tentée de répondre Rocco Siffredi. Quoique, bien sincèrement, je me passerais du gars et je prendrais uniquement le pénis. Plus sérieusement, je voudrais souper avec un autre italian stallion : Sylvester Stallone. Je le serrerais dans mes bras. On jaserait Rocky et Rambo. J'aimerais beaucoup qu'on pleure ensemble à chaudes larmes, comme à la fin de First Blood, et qu'il me donne un rôle dans le prochain The Expendables. Amenez les gros calibres et les méchants! Je suis prête. 

Belle intervieweuse : Si tu ne pouvais plus pratiquer ton métier, que ferais-tu?

Albertine : Il n'y a pas si longtemps j'aurais répondu réalisatrice de films pornographiques. J'aimerais encore essayer cette vie-là, mais ça me semble encore trop près de la littérature. Si je n'écrivais pas un blogue, j'aimerais être hacker. Je voudrais rejoindre les rangs d'Anonymous. Autour de 1995, Internet est né pour le grand public. Je suis venue au monde moi aussi à ce moment-là, même si ma vraie naissance remonte plutôt à 1980. J'ai supplié mes géniteurs de m'acheter un ordinateur et plus tard de me payer une connexion à Internet. J'ai hurlé par la tête à M. Bouquet qu'il nuisait à mon développement en refusant. Qui sait combien de banques j'aurais pu hacker si j'avais embrassé très tôt la carrière du mal ? 

Belle intervieweuse : À quoi es-tu accro ?

Albertine : Au haschich et aux jeux vidéo violents avec beaucoup de sang. Oh oui... Les deux ensemble, c'est parfait. 

Belle intervieweuse : Qu'est-ce qui joue en boucle dans ton ipod ?

Albertine : Hum... Plein de choses. Mais en ce moment, c'est «Embryodead» de :Wumpscut:, un vieux succès de plancher de danse que j'ai si souvent foulé. J'aime particulièrement le refrain. Il est si gai : «Kommt heraus, kommt heraus / Embryodead you will go mad let's ease your pain / Embryodead you are condemned / Don't attempt to exist in this world full of hate». Ça donne le goût de devenir un calinours et de mordre dans la vie avec un grand sourire.