30 janvier 2012 @ 12:42
D'un orgasme pathétique l'autre  

J'ai déjà partagé avec vous le plaisir que je ressentais à gamer en fumant du pot et l'instrumentalisation que j'en faisais afin de pouvoir améliorer mes performances de gameuse. Eh bien, aujourd'hui, je vais vous présenter.... le côté obscur de la chose! Il faut être honnête après tout avec ses lecteurs, n'est-ce pas?

La vérité, donc, c'est que le pot me met en crisse! J'aime fumer en jouant, en regardant des films, en lisant, bref, pour des trucs très cérébraux, mais je sais qu'à partir du moment où je commence à fumer une journée ou un soir, je renonce à baiser jusqu'au lendemain. Je me suis rendu compte il y a quelques mois que lorsque je fume, ça me prend un siècle à jouir, ce qui ne me ressemble pas du tout, moi qui suis plutôt du genre pendant féminin de l'éjaculateur précoce, mettons. J'ai essayé de voir ça avec philosophie, bien sûr, vous me connaissez, et je me suis dit, ah mais c'est bien parfois de retarder le plaisir! Mais non, ce n'est pas juste que ça me prend un temps fou, c'est que mes orgasmes sont vraiment plates, une sorte de balloune qui se dégonfle, c'est pathétique. Lorsque j'ai compris ça, j'ai failli me mettre à tout détruire dans la pièce comme d'anciens amants qui pétaient tout lorsqu'ils avaient des troubles érectiles. Quelques semaines ont passé où j'ai décidé de ne pas baiser lorsque je fumais pour éviter les frustrations inutiles. Puis je me suis risquée à essayer de fumer à nouveau. Et j'ai constaté que non seulement mes orgasmes étaient poches mais que toutes mes sensations tout au long de la baise étaient diminuées, que mes sens étaient engourdis, ce qui est absolument logique, bien sûr, si on pense par exemple que certains gens fument pour calmer leur douleur physique, mais que voulez-vous, j'avais omis de faire l'équation.

Ça me fait chier! Pour moi, l'activité intellectuelle s'entremêle naturellement à l'activité charnelle. Lire, baiser, regarder des films, baiser, écrire, baiser, lire, baiser. Tout ça constitue une suite absolument fabuleuse qui mène mon existence. Je n'ai pas envie de devoir choisir entre être dans mon corps ou dans ma tête. Alors voilà, je suis revenue de ma brève idylle avec le pot et lorsque je fume, ce n'est pas sans colère à l'idée de tout ce dont je me prive.

Je m'étais quand même résolue à devoir prendre ce genre de décision lorsque j'ai reçu un appel samedi soir, vers 23 heures. Après m'être abreuvée de sang (okay, mangé du boudin pour être plus précise, mais c'est plus le fun de dire «m'être abreuvée de sang»), fumé du pot et regardé Grizzly Man de Werner Herzog j'étais déchaînée. Je criais Wrrrraaaaaaah! Je suis un grizzly! J'avais envie de partir drette-là en Alaska pour vivre parmi les renards et les grizzlys pour refaire Grizzly Man en version féminine et littéraire. Je n'étais donc pas exactement en état de me mêler à la civilisation lorsque le téléphone a sonné. Je me suis évidemment demandé qui pouvait bien m'appeler. Quiconque me connaît un tant soit peu sait que je ne suis pas une personne à qui on téléphone, que je ne réponds jamais aux numéros que je ne connais pas et que je ne réponds que très rarement aux autres appels. Quiconque me connaît un tant soit peu a donc toujours la bonne idée de me contacter par courriel à la place. Quel pouvait donc être le malappris qui me téléphonait, et à une telle heure en plus? Peut-être était-ce une urgence, aussi? Je ne savais bien pas qui pouvait s'imaginer que je pourrais être de ces personnes qu'on appelle en cas d'urgence, mais bon, j'ai fini par répondre.

- Allô?!?!... (Sur le ton le plus « What the fuck » possible.)

- Salut, ma belle Albertine, c'est Rick! Comment ça va?

- Rick?...

- Ben oui, Richard... Tsé à St-Georges!...

- Ah!... Rick!... Euh... Ça va?...

- Ben oui! Hey, je suis juste à côté de chez vous!

- Comment ça, à côté de chez nous?

- Ben oui, je suis à Hochelaga!

- Euh, ok... Euh... Qu'est-ce que tu fais dans le coin?

- Ben, oui! Je t'avais dit que j'avais de la famille dans le coin.

- Ah, ouais...

- Ben, c'est ça, je suis là.

- Ah, ben, c'est le fun...

- T'as-tu envie d'une p'tite visite?

- Ah! Euh... J'sais pas.... Tu me prends un peu au dépourvu! J'étais au lit avec un livre, pis, euh, c'est ça...

- Un samedi soir! Al, me semblais que t'aimais ça faire le party?

- Ouais, mais à soir, j'étais fatiguée...

- Ah, c'est plate...

Il avait un ton tellement déçu et cute. Et puis, je me rappelais de sa queue vraiment large et de son endurance et je me disais que quand même, ce serait cave de ma part de m'en passer... C'est rare qu'un gars arrive à me faire jouir juste en me pénétrant. Et puis, il était quand même assez parfait, super adorable et gentil dans la vie et rough au lit. Ah câlisse!

- Ah puis, sais-tu, juste à te parler, ça m'remet sur le piton! 

- Cool! Je suis content!

Et je lui ai donné mon adresse. J'ai enlevé mon pyjama, ma culotte (puisque j'en avais aucune de propre qui était assez affriolante à mon goût), puis j'ai enfilé rapidement une petite robe très décolletée.

Je me disais que je pourrais me contenter de le sucer et lui demander de m'enculer. Mais en même temps, la sodomie, je ne savais pas trop. Je ne tiens pas à avoir l'impression que je me fais déchirer l'anus et puis un gars rough au lit et bien emmanché comme ça, c'est le genre de gars par qui c'est le fun de se faire pénétrer mais par qui on n'a pas nécessairement envie de se faire enculer... À chacun ses spécialités! Mais l'idée de mettre trois heures à jouir, ça m'énerve. Rien de plus agaçant que ce moment où le gars a juste l'air d'attendre que tu viennes enfin! Ah puis tant pis, on verrait bien!

Il est donc arrivé et sans trop tarder, j'ai ouvert sa braguette. Etc etc. Au moins, ce n'est pas le genre de gars qui insiste pour te faire un cunnilingus et qui, au moment où tu jouis, arbore cet air de petite chien heureux. Je l'ai sucé, il m'a pénétrée par derrière, en me serrant très fort les hanches, au point où j'avais presque l'impression que mes sens allaient cesser d'être engourdis. Et puis j'ai même fini par jouir, un orgasme pathétique, soit, mais un orgasme quand même -- on ne peut pas tout avoir!

Il voulait dormir avec moi. Normalement, je l'aurais découragé, mais je me disais que peut-être au matin, ça irait mieux. Et en effet, ça alla mieux.