06 novembre 2008 @ 11:52
Nous nous battrons dans le sens du poil et dans le sens du vent  
Je voulais répondre aux commentaires de ma dernière entrée, mais j'ai été malheureusement une fois de plus confrontée au manque de clarté et d'ordre du système de commentaires de Livejournal. Je répondrai donc dans une autre entrée. Je suis désolée d'avoir en si peu de mots traité d'une question politique. L'affaire politique de nos jours est si grave qu'elle atteint profondément même les nymphomanes. Comment pourrait-on jouir comme autrefois dans notre monde contemporain, qui n'est peut-être même plus un monde? Je me le demande sans cesse.

Si les omabiens m'enragaient et m'enragent encore, c'est ce que je me demande si la marche de l'Histoire suit réellement son cours ou si nous ne sommes pas dans la reprise grotesque de ce qu'a été l'Histoire.  Devant la passion des obamiens, je n'avais en tête qu'un passage de Philippe Muray - pour qui la fin de l'histoire est arrivée -, tiré de Chers djihadistes... : « Craignez la fureur des moutons! Craignez la colère des brebis enragées! [...] Craignez le courroux de l’homme en bermuda ! Craignez la colère du consommateur, du voyageur, du touriste, du vacancier descendant de son camping-car ! Vous nous imaginez vautrés dans des plaisirs et des loisirs qui nous ont ramollis. Eh bien nous lutterons comme des lions pour protéger notre ramollissement ». J'ai la triste impression que mes contemporains sont des moutons qui se battent pour protéger coûte que coûte leur état d'aliénation. Je ne le dis pas par mépris, je vous l'assure. Je serai, bien sûr, la première à me réjouir si mes contemporains se prenaient d'une passion véritable pour la politique.

Lorsque je parlais de voix dissidentes, je ne voulais pas désigner les républicains. Je voulais plutôt parler d'une voix qui proposerait autre chose - un choix bien au-delà de l'opposition Obama-McCain - que la poursuite du ramollissement, une voix qui proposerait aux individus de penser et d'être enfin libérés de la vie mutilée.  Au lieu de ça, partout dans le monde, nous avons célébré - en même temps que la victoire d'Obama - la poursuite de notre ramollissement sous le couvert d'une fausse gauche et l'arrivée de toutes les nouvelles fêtes qui nous feront oublier une fois de plus notre condition. 

 
 
Musique actuelle: The Organ - Don't be angry
 
 
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(anonyme) on le 07 novembre 2008 01:27 (UTC)
Crève Obama, crève.
Obama l'a dit clairement lors de son discours de victoire:« A tout ceux qui doutent encore du fait qu'en Amérique tout est possible, ce soir est votre réponse.»

La domination objective des forces qui rendent la vie inhumaine a ici atteint un niveau impressionant. La non vie organisée a été si complètement associée à la vie réellement vivante que ce qui est possible n'est desormais rien d'autre que l'ensemble des possibilités offertes par cette non vie. Les possibilités que la réalité dominante nous offre sont la totalité des possibilités existantes puisque cette réalité est totalitaire. Telle est la vérité qu'Obama nous a craché au visage avec le plus grand mépris.

C'est de cette mànière que le système fonctionne. Il englobe tout pour se l'approprier. Toutes les formes de subversion y passent et deviennent parties prenantes da la totalité. Lorsqu'il ne reste plus rien d'extérieur à lui même, le système se plaît à dire que tout est possible. C'est parce qu'il n'y a en réalité plus rien de possible qu'il peut se permettre d'associer les choix ridicules qu'il nous offre à l'ensemble des possibilité existantes.

L'élection d'Obama représente un renforcement considérable du système. L'économie va mal et les problèmes au Moyen-Orient ne sont pas prêts de disparaître mais au moins maintenant il n'y a plus de raisons d'avoir honte. Les Américains n'ont jamais été aussi fiers d'être Américains et le reste de la planète ne s'est jamais considéré aussi chanceux d'être sous leur joug. C'est avec la plus grande légitimité qu'Obama pourra, comme il l'a dit dans son discours de victoire, «combattre ceux qui veulent défaire ce monde». Si tout est possible, les insatisfaits ont nécéssairement torts et nous leur ferons savoir. Il n'y aura pas de quartier. Obama n'est pas une mauviette et il va le prouver.J'ai bien hâte que ces moutons sans vie, pour qui je ne ressens actuellement que du mépris, s'aperçoivent que la rédemption qu'ils attendent de la part de leur prétendu sauveur ne viendra jamais.