Albertine Bouquet
19 juin 2009 @ 10:02
Je vous invite à me suivre vers .dpi! J'ai écrit un article pour le numéro 15 : « Personnages virtuels : créations artistiques et archives personnelles dans le Web 2.0 ». Je suis encore toute excitée! 
 
 
Albertine Bouquet
03 juin 2009 @ 08:27
Quand mon homme parle longuement de politique ou de philosophie, il adopte toujours la même posture. Il se recule sur sa chaise, plie son long corps qui ne semble jamais se terminer, baisse un peu la tête. Dans ces moments-là, on ne le voit plus. Sa casquette cache son visage. Il se recule, se replie, comme s'il allait se lancer dans un long parcours. Le garçon à peine adulte s'installe tel un sprinteur de la pensée!  Quelle image! De la pure poésie! J'espère que vous appréciez. Je vous dirais que je suis moi-même assez impressionnée de l'image. Je blague. En réalité, j'allais l'effacer et puis je me suis dit que je pouvais seulement faire du sarcasme pour m'en sortir! N'empêche que c'est ce qu'il fait! Il ne s'installe jamais de cette façon avec moi, même lorsque nous discutons de politique ou de philosophie. J'aime donc l'observer avec les autres. Il a sa mise en scène pour son public. Je ne blague pas en parlant de son public. L'autre jour, je me suis rendue compte de son effet sur les autres. Il a un fort effet sur moi, bien sûr! Je ne savais pas à quel point il pouvait en avoir un sur les autres. 

Les deux jeunes hommes sont arrivés pour s'asseoir à côté de lui. Nous étions dans un bar. J'étais déjà occupée ailleurs avec Hélène. Même si j'avais été seule au bras de notre homme, je ne crois pas qu'ils m'auraient parlé. Ou sinon juste un peu pour s'attirer la sympathie de mon homme. Ils le voulaient tout entier. Ils parlaient un peu d'eux, mais essayaient d'aller le chercher en lançant les unes après les autres de grandes questions politiques susceptibles de l'interpeller. Pour répondre à chaque question, il prenait sa posture habituelle et se mettait à parler. Il devient tellement concentré qu'il se met à penser avec eux. Il parle de façon calme, se laisse aller aux risques de la réflexion et s'en sort avec brio. Même si nous partageons une même rage, il discute intellectuellement tout en étant si posé. Je ne suis pas capable de parler comme lui. Hélène non plus. Nous sommes identiques toutes les deux là-dessus. Je précipite tout, je parle toujours trop vite et nerveusement. Parfois trop fort. Je pense aussi tout en parlant, mais ça se reflète directement sur mon discours. On voit aisément tout ce qui m'habite. Chez lui, tout sort complètement construit. Il parvient à restituer aux idées toute leur complexité avec douceur et maîtrise. 

Je me disais que les deux jeunes hommes aimaient bien mon homme, comme ça arrive souvent, en fait. Il y a des gens comme ça, spontanément aimés de tous. Nous sommes également en ce point assez contraires: alors que je suscite d'entrée de jeu le malaise, la méfiance, la peur voire l'hostilité, le garçon à peine adulte attire spontanément l'affection de tout un chacun. Je comprenais d'ailleurs bien les jeunes hommes! Je ne pensais juste pas qu'ils me comprenaient eux aussi sur ce point. Le téléphone d'un des deux a sonné pendant la conversation. En répondant, il a passé la main dans les cheveux de mon homme. De son cou jusqu'à sa casquette avec affection! Hey, le jeune, c'est moi qui couche avec lui! J'étais auprès d'Hélène, entre Hélène et lui pour être plus précise. Ils ne devaient pas penser que je couchais aussi avec lui. Hélène n'avait pas vu. Elle était beaucoup plus loin de la scène que moi. Ils ont recommencé leur conversation comme si rien n'était. 

À la fin de la soirée, le garçon à peine adulte s'est tourné vers nous, l'air perplexe: « Il s'est passé quelque chose de bizarre tout à l'heure... » Il nous a ensuite raconté la scène, que j'avais observée. Hélène, qui n'avait été témoin de rien, s'est exclamée:  « Ahhhhhh! Tu t'es fait cruiser par un homme! » Réjouies toutes les deux par la perspective qu'un homme soit tenté par ce charmant petit cul qui nous est cher, nous avons dit:  « Tu aurais dû lui donner notre numéro de téléphone! Tu aurais dû l'inviter! » Il a grimacé: « Les filles, arrêtez, ce gars-là est fan de la révolution culturelle! » Ce détail nous importait peu:  « Et puis après?! »

 
 
Musique actuelle: David Bowie - Ziggy Stardust
 
 
Albertine Bouquet
01 juin 2009 @ 11:11
Je suis une enfant impatiente. Je fais un beau dessin ou un beau caca - ça dépend du point de vue - et je veux l'exposer immédiatement à la planète! Je suis incapable d'attendre. Je veux que ça soit disponible tout de suite! Que ça puisse être vu de tous. Je n'ai pas besoin d'être lu de tous, enfin pas dans l'immédiat, mais je veux que ça puisse l'être. Je suis incapable de composer avec les aléas de la publication à l'extérieur des blogues. Ça prend un temps fou! J'investis un temps fou dans mon travail, bien sûr, mais maintenant que ce texte est prêt, je veux que ça se détache de moi, que tout le monde puisse le voir. C'est peut-être une autre raison qui fait que je n'ai jamais tenté de me jeter dans l'aventure du livre. Le blogue est pour moi - Albertine l'impatiente - la forme la plus parfaite qui soit. Je suis faite pour le blogue! 

Dans mon article qui sera publié sous peu, mon premier article et surtout mon premier texte hors de mon blogue, j'explique pourquoi j'ai arrêté d'écrire et pourquoi je recommence aujourd'hui. Je trouve ça étrange de recommencer à écrire sans vous avoir présenté cet article. Vous pourrez le lire lorsque le processus de publication sera complété, vous saurez tout à ce moment-là. D'ici-là, vous pouvez retenir que je suis de retour en force. Je ne vous quitterai plus, mes braves lecteurs! Enfin pas pour le moment! Je suis bien décidée à écrire ce qu'à ce que mort s'en suive! Entre vous et moi, ce n'est pas comme si j'avais autre chose à faire anyway.
 
 
Albertine Bouquet
29 mai 2009 @ 10:01
Je n'ai pas l'habitude de vous cacher quoi que ce soit! Vous le savez bien. Vous pouvez avoir en moi la confiance la plus totale. Je dois toutefois vous avouer quelque chose. Dans mon dernier texte, je parlais des rencontres d'acteurs québécois que je surprends chaque lundi dans un café où je me tiens. J'ai cependant omis de vous dire que je suis une fan du Festival Transamériques. J'assiste cette année à neuf pièces de théâtre et spectacles de danse avec Hélène. Je vais en voir de l'acteur québécois! Wow! Pas tant que ça sur les planches, mais dans la salle, je peux observer à l'envi les vedettes locales. Hier, j'étais assise à côté d'un comédien de Virginie. Il y avait aussi pas très loin un comédien québécois célèbre. Il était dans une émission pour enfants que je regardais passionnément lorsque j'étais une toute petite Albertine. Mais il n'est pas que ça! Ce comédien, c'est la crème de la crème des acteurs québécois! Il est aussi un intellectuel, un pamphlétaire, un dramaturge, un metteur en scène et même un cuisinier! Je capotais de me retrouver à côté d'une pareille célébrité et d'avoir la chance d'entendre en première loge ses commentaires après la pièce.

Hier soir, je suis allée voir Rambo Solo de la compagnie new yorkaise : Nature Theater of Oklahoma. C'est une des meilleures pièces que j'ai vue de ma vie! C'était tellement bon! Et tellement geek. L'acteur sur scène nous racontait l'histoire de First Blood avec passion en nous livrant ses interprétations. Je suis certaine que les gens dans la salle riaient des blagues savoureuses de l'acteur en se disant que c'était cave Rambo. Ce n'est pas cave Rambo! Il faut voir First Blood! Je devrais lire aussi le roman. La pièce portait précisément sur les différences entre le film et le roman. C'est une grande histoire, celle de Rambo! C'est le terrible destin d'un homme qui doit porter toute la violence de sa société. Dans mon panthéon qui contient mes grands héros, il y a Antigone et en deuxième, c'est Rambo! Je ne fais pas de blague. Je suis très sérieuse. Si je fais intervenir Antigone dans l'affaire, c'est pour vous prouver mon sérieux. On ne déconne pas avec Antigone et encore moins avec Rambo! Vous me direz peut-être pour vous rendre intéressant qu'il y a des passages ridicules dans First Blood, que le personnage de Trautman n'est crédible. Eh bien, mes chers, il y a des bouts ridicules dans les grandes oeuvres! C'est comme ça! Ce n'est pas une critique de Rambo qui tienne la route.

Le comédien québécois célèbre qui, à mon plus grand bonheur, était près de moi a adoré la pièce. Il remplissait la salle de son gros rire tonitruant. Après la représentation, il s'est écrié : « Quelle belle niaiserie! » C'est la preuve qu'il n'avait rien compris. Même si la pièce était très drôle, ce n'est pas une niaiserie Rambo. Criss de cave! On ne peut pas se permettre de sous-estimer Rambo en disant qu'un spectacle sur son histoire est une belle niaiserie. C'est grave l'histoire de Rambo! Et ça, l'acteur sur scène le savait bien. Ce n'est pas pour rien qu'il s'est donné corps et âme dans l'interprétation de son rôle. En sous-estimant Rambo, on rejoue son cruel destin. Tout le monde sous-estime Rambo! On sous-estime sa bonté, sa profondeur et sa détermination. Le Rambo de First Blood vous encule! Il est plus fort que vous tous! Contrairement à vous, il n'est pas coupable. Lui, vraiment, il n'a rien fait!
 
 
Albertine Bouquet
27 mai 2009 @ 09:25
Je suis une femme d'habitude. J'aime tant fréquenter les mêmes endroits! Je m'attache si rapidement aux lieux! Tous les lundis après-midi, je vais lire dans le même café où j'attends l'arrivée d'Hélène et du garçon à peine adulte. C'est notre date à trois du lundi soir! Il y a une criss de bande d'acteurs québécois, des débiles, qui se rencontrent aussi dans ce café tous les lundis après-midi. Sachant qu'ils sont là, je pourrais changer d'endroit, mais pour tout vous dire, ils m'amusent! Vous n'avez pas idée! Je les aime! C'est mon divertissement du lundi en fin d'après-midi, ma belle bande d'acteurs qui s'installent à côté de moi. C'est comme si j'avais la chance d'assister aux réunions privées des comédiens du Burg. Je ne vais pas rater ce rendez-vous. Je devrais même vous y inviter, amis lecteurs, je vous assure que le plaisir est au rendez-vous! On pourrait même faire un flyer pour annoncer l'événement : Venez constater l'état du domaine culturel au Québec avec Albertine Bouquet! Tous les lundis. Apportez un livre et un cahier pour prendre des notes! Tous les participants seront invités à écrire des essais sur la réalité observée.

Je dois vous avouer que lundi dernier, j'avais un peu oublié qu'ils seraient là. J'étais épuisée. Je me suis installée au café avec un livre. Je lisais, malgré la fatigue, passionnément. J'ai vu arriver l'actrice la plus connue du groupe. Une comédienne québécoise quelconque, un peu plus âgée que le reste de sa bande. Elle a joué dans des émissions pour enfants, des téléromans, des films et au théâtre. Et bien sûr, elle fait de l'impro! Bien évidemment! Elle a jeté un oeil un peu haineux dans ma direction et s'est retournée vers la sortie du café. J'ai réalisé en voyant le regard de la comédienne que je m'étais assise à leur place! Je me suis dit « Oups! » en riant dans ma barbe (même si je n'ai pas de barbe!). J'ai vu la serveuse s'approcher vers moi. Avant de poursuivre l'histoire, permettez-moi de préciser que j'étais presque seule dans le café, tout était vide. La comédienne se cachait derrière la serveuse. Elle me scrutait derrière son épaule. Je les regardais discrètement tout en poursuivant ma lecture jusqu'à ce que la serveuse me fasse la fameuse demande : « Pouvez-vous changer d'une place? Ils seront sept et ils auront besoin de l'espace ». J'ai répondu « Bien sûr! » avec le plus beau sourire en regardant la comédienne dans les yeux, comme si je répondais à elle et non à la serveuse. Elle m'a dit un genre de merci en baisant la tête. Je me suis assise quelques bancs plus loin.

Quand les autres comédiens sont arrivés, la comédienne à mes côtés était excitée. Elle levait les bras dans les airs pour accueillir ses collègues en criant, en hurlant, ses salutations. Ils sont quelque chose à voir, je vous jure, et à entendre! Cette semaine, le comédien très connu du groupe a fait un témoignage touchant de sa relation au jeu. C'était beau! Le garçon à peine adulte était avec moi à ce moment-là, mais je crois qu'il n'a pas eu la chance d'entendre. Il faudra que je l'entraîne à bien espionner les conversations d'autrui. Je suis une pro là-dedans! 

 
 
Musique actuelle: Rammstein
 
 
Albertine Bouquet
29 avril 2009 @ 14:38
 « Elle nous a dénaturé jusqu'à ce qu'on banalise le mal, Qu'on glorifie le diable et qu'on en sous-estime le drame »
Keny Arkana, « Les Chemins du retour »

Depuis plusieurs semaines maintenant, j'écoute du hip hop! Il aurait bien fallu qu'on me dise plus tôt que ça pouvait être si sombre et si violent. De toute évidence, le bon rap politique m'était destiné! Si j'avais su avant, on ne sait pas ce que je serais devenue! Peut-être que j'ai un bon flow, on aurait pu entendre des featuring d'Albertine Bouquet sur des albums de Keny Arkana, d'IAM ou dans un hommage à Ol' Dirty Bastard, mon frère spirituel. La semaine prochaine, je vais célébrer mon amour récent du rap. Je vais partir au Vermont avec Hélène et le garçon à peine adulte. Nous avons réservé les billets, l'auto et le motel. Tous les trois, nous allons à un concert entendre le plus grand rappeur de tous les temps: Immortal Technique. Il ne pouvait pas m'arriver une plus belle aventure pour couronner cette rencontre fabuleuse avec le monde du rap. 
 
 
Albertine Bouquet
07 avril 2009 @ 09:15
J'ai toujours pensé que je devais m'infiltrer dans les gangs de gars. Ça m'a toujours semblé facile à faire et fort intéressant, en plus. Ces jours-ci, je réalise que je devrais travailler pour pénétrer les groupes de filles hétéro. Il y a quelque chose à découvrir entre elles. Il s'y passe certes des choses que je ne peux comprendre. Je vais travailler vous allez voir! À moi les filles hétéro! Elles tueront pour m'avoir dans leurs cercles, comme les gangs de gars le font déjà. À moi la totalité du monde! Si cette quête de la totalité doit se réaliser avec, entres autres,  une connaissance intime des horreurs des groupes de filles hétéro, je dois m'y résoudre. Je serai bientôt à tous les soupers de filles, les sorties de filles, les pyjama party de filles...

Je suis allée voir l'autre jour Duplicity au cinéma avec Hélène. Nous étions fatiguées et traînions en ville dans le quartier latin. Oui, oui, ça veut dire que nous l'avons vu en français en plus! Il fallait être vedge! On se disait que c'était comme regarder un film à TQS, que nous allions retrouver le plaisir du film de TQS. Hélène et moi, toutes deux fébriles,  sommes arrivées les premières dans la salle. Les premières pour Duplicity! Wouah! C'est quelque chose. Nous nous sommes dirigées d'un pas heureux vers la dernière rangée, celle qui permet de se toucher en toute discrétion. Ce qui est pratique en cas d'ennui! Ce n'est certainement pas parce que Julia Roberts mouille nos culottes. Julia Roberts, c'est l'idole de la fille hétéro typique. Toutes les filles hétéro se voient en Julia. J'ai compris ça en lisant avec passion le Famous Quebec que je ramasse gratuitement chaque mois au cinéma.  Pour ma mission d'infiltration, je devrai revoir tous les classiques de Julia Roberts. Je devrai m'imaginer que c'est aussi intéressant que de regarder la filmographie complète de Scarlett Johansson pour pénétrer les gangs de gars. Il faudrait que je trouve un moyen de programmer mon cerveau pour voir toujours Scarlett Johansson sur chaque image de Julia Roberts. Sinon, je n'y arriverai jamais. Même avec beaucoup de volonté! 

Peu à peu, la salle s'est remplie. J'étais occupée à faire des blagues afin de survivre aux publicités qui nous empêche de discuter comme autrefois avant un film. Je ne voyais pas ce qui se passait dans la salle. C'est Hélène qui a vu ce qui se tramait. Elle m'a dit à l'oreille : « Albertine, nous sommes entourées de couples hétéro ». J'ai détourné mon regard de la publicité pour me rendre compte de cette réalité. Ça fait sens. Les filles hétéro disent à leurs chums : « Chéri, c'est un film d'espion pour toi, et un film de Julia pour moi ». Plus les gens arrivaient dans la salle, plus les observations d'Hélène se confirmaient. La salle était pleine de couples hétéro. Il n'y avait que deux exceptions. Hélène et moi, bien sûr, mais aussi un couple hétéro accompagné d'une fille seule. C'était sans doute la meilleure amie célibataire de la fille du couple, qu'ils traînaient au cinéma pour réconforter de ses malheurs amoureux. Elle pouvait pendant une soirée retrouver le plaisir confortable de la vie de fille hétéro typique dans un couple hétéro typique.


 
 
Musique actuelle: Pj Harvey and John Parish - A Woman a Man Walked by/The Crow Knows...
 
 
Albertine Bouquet
Je suis allée faire les courses ce matin avec le garçon à peine adulte. Habituellement, je fais les courses seule ou avec Hélène. Nous étions, pendant cette heure, le beau petit couple hétéro avec ses rôles sexuels déterminés. À la boucherie, je fus même témoin du sexisme avec lequel doivent composer les femmes hétérosexuelles. Je commandais la viande que nous avions besoin pour la semaine. Je donnais les détails techniques pour la préparation des recettes de la semaine, tant de grammes de jarrets de veau pour faire un Ossobocco, tant de grammes de saumon, tant de poitrine de poulet (ça mange bien par chez nous!). Pendant ce temps, le boucher causait viande avec mon homme. Il lui donnait des détails des menus délicieux à la boucherie cette semaine et des belles pièces reçues récemment. Il faut préciser pour vanter une fois de plus Hochelaga que cette boucherie est le paradis de la viande, une des meilleures de Montréal, et ça se trouve à côté de chez moi. Le garçon à peine adulte semblait peu intéressé par les histoires de viande du boucher. Des histoires pour hommes seulement! Je fus exclus par le boucher des conversations. Quelle affaire! La prochaine fois, je vais lui dire au boucher : « La viande est ma fucking spécialité, ma spécialité, tu comprends? »
 
 
Albertine Bouquet
05 mars 2009 @ 09:45
Tout récemment, j'en suis venue à un constat qui m'a permis d'expliquer bien des choses dans ma vie: les femmes hétérosexuelles sont plates! Vraiment, il n'y a rien de plus ennuyant qu'une femme hétérosexuelle. D'où ma quasi absence complète d'amies hétérosexuelles. Je les ai toujours fuies, instinctivement. Je ne savais pas exactement pourquoi. Désormais je le sais: je me préservais de l'ennui.

Les femmes hétérosexuelles constituent la catégorie la plus plate de l'humanité! Viennent ensuite les hommes hétérosexuels, puis les lesbiennes, les hommes gays, ensuite les hommes bisexuels et enfin les femmes bisexuelles. Pour les hommes et les femmes bisexuelles, j'hésite, je dois dire. Les bisexuels sont les êtres les plus amusants du monde! Hommes ou femmes, il serait dur de choisir. Je les ferai donc planer au-dessus de toute platitude, hommes et femmes confondues.

Mais les femmes hétérosexuelles, il n'y a rien à faire. Rien de pire que de se retrouver dans un café ou un restaurant à côté d'un groupe de femmes hétérosexuelles, de filles qui ont des conversations de filles. On ne peut rien en réchapper qui vaille. Entendre la moindre conversation de filles suffirait à rendre quiconque misogyne. On m'accusera de sombrer dans les clichés mais comment pourrait-on faire autrement alors qu'elles sont la constante incarnation des clichés les plus lamentables? Elles ne craignent pas de parler strictement des célébrités d'Hollywood, du contrôle de leur poids, de vêtements, d'hommes, mais alors là de la façon la plus assommante du monde, en recourant aux pathétiques outils de la psychologie populaire, passant toujours à côté de l'essentiel: si le gars a une grosse queue, s'il est capable de les fourrer convenablement. Je n'invente rien, je vous jure! Il m'est même arrivé d'entendre ces mots un jour, tandis que je brunchais à Rosemont dans un restaurant dégueulasse qui essayait d'avoir l'air distingué: "C'est un beau gars, il est fringué comme un Dieu, bronzé..." On s'en câlisse-tu?!  Le monde devient un cauchemar quand il apparaît tout droit sorti d'un livre de Rafaële Germain... Plutôt un monde à feu et à sang qu'un monde sorti tout droit d'un livre de Rafaële Germain...

Vous rétorquerez que ce ne sont là que des paroles de frustration contre celles qui ne voudraient jamais se glisser dans les draps de l'Albertine. Grave erreur! Je suis l'objectivité même! Et d'ailleurs, ce n'est pas le fait de coucher uniquement avec des hommes qui rend la femme hétérosexuelle si plate. La preuve en est que certaines catégories de femmes échappent à l'ennui si propre à la femme hétérosexuelle: d'abord la geek, puis l'intellectuelle (advenant qu'une chose telle qu'une intellectuelle hétérosexuelle existe!) et même la grande sportive (la vraie sportive, s'entend, pas celle qui passe sa vie dans les gyms pour rivaliser avec les célébrités d'Hollywood, qui constituent son unique aspiration - et seule possible!) La femme hétérosexuelle est un être profondément anhistorique. Elle connaît l'ambition professionnelle et sociale mais n'a aucune sensibilité à la marche de l'Histoire. Seuls ces types spécifiques de femmes hétérosexuelles (et d'autres exceptions, peut-être, que j'oublie) y échappent.

À la défense des femmes hétérosexuelles, on peut toutefois dire qu'il leur arrive d'être drôles, d'un comique irrésistible, je vous assure! Oh pas volontairement, certes. Voilà d'ailleurs une des raisons pour lesquelles elles sont si plates: elles sont dépourvues de sens de l'humour. Ça ne les empêche pas de rire des singeries du premier jock venu mais elles sont incapables de témoigner elles-mêmes d'esprit, à quelques exceptions près, bien sûr. Et ces exceptions possèdent toujours un tempérament masculin. Enfin, bref, elles sont plates mais tellement comiques!

Je me trouvais l'autre jour avec Hélène dans le vestiaire de la piscine. La salope avait fini par me convaincre de l'accompagner en faisant mirer toutes les possibilités d'apercevoir de jolies sportives dans leur plus simple appareil. Ça suffit à vaincre ma force d'inertie! Hélène et moi étions donc occupées à nous revêtir, déçues de la pudeur de nos comparses qui rechignaient à déambuler dans le vestiaire dans toute leur splendeur, lorsque nous avons entendu trois jeunes femmes emportées dans une grande discussion.

- Ah c'est un salaud!
- Ah oui, un salaud!
- On devrait pouvoir le castrer!
- Ça, c'est vrai! Il y a des hommes qu'on devrait pouvoir castrer. Comme les pédophiles!
- Oui mais il y a les droits de l'homme...
- Ah c'est vrai, ça a de bons et de mauvais côtés...

En écoutant plus longuement la conversation nous avons appris que l'homme à castrer était l'ex d'une des trois, qu'il l'avait quittée en lui disant qu'il n'était pas prêt à s'investir dans une relation. Or, elle l'avait surpris l'autre jour avec sa nouvelle blonde avec laquelle il était sur le point d'emménager. Plutôt que de saluer la délicatesse du gars qui s'était retenu de lui dire qu'il ne l'avait jamais aimée, elle jetait sur lui l'opprobre et le destinait à la castration.
 
 
Albertine Bouquet
02 mars 2009 @ 10:56
Hélène et moi avons été séparé pendant quelques jours. Ce fut hier le temps des retrouvailles où nous sommes allées errer au centre-ville. Nous allions regarder Revolutionary Road, en espérant ardemment revoir les seins de Kate Winslet. En ce temps de folie collective pour Kate Winslet, nous avons succombé aussi à la vague. Notre souhait ne fut pas exaucé! Quel drame!

Avant le film, nous sommes allées chiller au Chapters. Nous avions toutes les deux peu d'argent, mais le désir d'acheter un livre. Hélène nous a amené dans la section des romans d'horreur. Nous nous disions récemment que puisque nous aimions tant les films d'horreur cheap, nous devrions lire des romans d'horreur cheap. Le garçon à peine adulte dit que suivant la même logique, je devrais aussi m'acheter des romans de comédie romantique cheap. Que de calomnies! Comme si Albertine Bouquet pouvait aimer regarder des comédies romantiques cheap, personne n'y croit, fort heureusement d'ailleurs. Nous avons opté pour des classiques. Hélène a acheté un livre de Stephen King qu'elle ne voulait pas vraiment. Elle cherchait It qui était introuvable au centre-ville. Elle m'a conseillé un autre classique : Midnight de Dean Koontz. Elle a précisé qu'il y avait beaucoup de sexe et qu'elle avait passé de beaux moments avec ce livre à l'adolescence.

Je l'ai commencé sans plus tarder au retour du cinéma. Je n'ai pas pu aller plus loin que le premier chapitre tant je fus happée par le texte. Il débute avec l'histoire d'une femme qui aime courir la nuit. Une nuit, il lui arrive un événement étrange qu'on ne comprend pas trop bien encore. L'explication est à venir. La femme entend des voix dans la forêt qui lui hurlent des insanités. Worst of all, punctuating those ululant cries were bursts of words, too, spoken, raspily, urgently : "Get the bitch, get the bitch, get the bitch..."  Ce n'est qu'un début les voix deviennent plus cochonnes. Alternately keening, panting like dogs, hissing and snarling, her attackers loosed frantic bursts of words as they grabbed at her : "get her, get her, get, get, get...", "want, want, want it, want it...", "now, now, quick, now, quick, quick, quick..." Je me suis imaginée la jeune Hélène, brûlante comme moi du désir de se faire prendre au plus vite, qui lisait ses lignes. Quelle image fulgurante! Déjà toute cochonne et en train de s'imaginer les grands événements érotiques qu'elle allait connaître. Vous comprenez que je ne pouvais pas m'en remettre. J'aurais bien voulu la connaître à cette époque-là et la fourrer. J'investissais, moi aussi, dans ma chambre chez M. et Mme Bouquet, toute mon énergie libidinale dans les romans d'horreur ou les policiers. Même dans les romans de science-fiction... En apparence toute innocente, je connaissais bien l'oeuvre de Philip Jose Farmer. Je devrais en échange donner à Hélène Flesh de Farmer pour lui faire vivre la même sensation que j'ai senti hier.


 
 
Musique actuelle: Tindersticks - Her
 
 
Albertine Bouquet
J'étais en grande discussion dans la douche ce matin avec Hélène. Ça nous arrive souvent, mais hélas, rarement parvenons-nous à un résultat productif. La grâce nous est tombée dessus ce matin. Le fruit de nos efforts artistiques conjoints nous a conduit à un scénario de film. Le voici :

La voleuse de bobettes

À Hochelaga-Maisonneuve en période de crise économique, une jeune prolétaire perd son emploi de bureau aliénant. Le chômage fait rage dans tout le Québec. Elle n'a aucun espoir de trouver un autre poste de bureau bientôt. On verrait des grands plans de chômeurs désoeuvrés à la recherche d'un emploi. Une amie l'informe des possibilités de travailler dans le milieu de la prostitution. Elle cherche chez elle dans ses maigres objets accumulés au cours de ses quelques années sur le marché du travail et déniche une magnifique culotte, d'une couleur exquise et d'une dentelle très fine. Elle l'essaie longuement dans le miroir. On verrait son sourire triste dans son reflet. Résignée à se consacrer à la prostitution, elle glisse sa belle culotte dans un petit sac en papier brun et part en quête d'un client pour sa nouvelle vocation. En chemin, elle trouve une femme inconsciente sur le sol. Elle dépose son petit sac en papier brun sur le trottoir et tente de retourner la femme pour vérifier son état. Elle court ensuite vers le dépanneur « Chez Roger » tenu par un immigrant asiatique et lui demande d'appeler une ambulance. Lorsqu'elle ressort du dépanneur, la femme n'est plus là et son sac avec la belle culotte non plus.

Désespérée, elle marche dans la ville à la recherche de sa culotte. Sans ce sous-vêtement merveilleux, elle n'aura jamais l'emploi. Près du pont Jacques-Cartier, elle croise un grand matou noir et blanc qui pousse des petits cris aigüs. Il a faim. Elle marche avec lui vers un petit skatepark et le baptise « Ferdinand » en chemin. Ils ne se quittent plus et errent tous les deux dans la ville. On verrait des beaux plans de ses jambes dénudées et de l'orée de ses fesses sous sa jupe lorsqu'il y a un peu de vent.  On verrait aussi de beaux plans de l'amour humain et félin. Ils n'arrivent toutefois pas à vivre d'amour et d'eau fraîche. Elle se dit qu'elle doit trouver un emploi pour nourrir Ferdinand. En marchant sur Ontario, ils passent devant le Rossy. Elle voit une culotte qui ressemble un peu à celle qu'elle s'est fait voler. Honteuse, elle demande à Ferdinand de rester sur la rue et entre dans le commerce. Elle dérobe subtilement la culotte. À la sortie, une alarme sonne très fort. La culotte était munie d'un système anti-vol très sophistiqué invisible à l'oeil nu. Les policiers arrivent sur les lieux en moins d'une minute. Tous les passants sur la rue regardent par les grandes fenêtres du commerce. Dans la foule, un homme tient Ferdinand dans ses bras. Le regard de la femme croise les yeux jaunes du chat. Elle éclate en sanglots. Les policiers, égaux à eux-mêmes, mattraquent la femme en lui disant de prendre sur elle. Ébranlé par cette brutalité policière, le commerçant décide de ne pas porter plainte. Elle est relâchée, mais après la perte de sa dignité, sa liberté n'a plus de valeur à ses yeux.   

 
 
Albertine Bouquet
19 février 2009 @ 10:37

Tags:
 
 
Albertine Bouquet
18 février 2009 @ 13:06
L'autre jour je regardais fixement le camel toe d'Hélène, caché sous sa culotte, sans même savoir que ça avait un nom. Je suis tellement sous le choc de ma découverte! Je peux utiliser à l'envi ce nom dorénavant. C'est génial! J'ai découvert en plus qu'il existait sur IMDB un tag Nude Camel Toe. Je pourrais me taper sans arrêt des films avec la certitude délicieuse de voir un camel toe supplémentaire. Et ce, en plus, de tous les films pornographiques que je puis déjà regarder. Le monde est merveilleux! Je n'ai pas d'autres conclusions, sinon celle de Houellebecq. En relisant Plateforme il y a quelques jours, je suis tombée sur une phrase qu'il me fait immensément plaisir de vous citer : "Mon enthousiasme pour les chattes n’avait pas décru, j’y voyais même un de mes derniers traits pleinement humains, reconnaissables ; pour le reste, je ne savais plus très bien".

 
 
Albertine Bouquet
17 février 2009 @ 10:30
J'ai recommencé à marcher, j'ai l'impression de revenir à la vie. Peut-être que je recommencerai aussi à écrire, c'est l'hiver qui m'a endormie. Céline est connu pour être un écrivain qui vivait à l'eau fraîche, je veux être une écrivaine qui vit par la marche. Il y a sans doute déjà plein d'écrivains comme ça, je sais bien. Mais moi, je marche presqu'exclusivement sur Ste-Catherine, c'est une découpe particulière de Montréal. Ma découpe de Hochelaga au centre-ville! Et grande particularité, je ne flâne pas! Oh non, non! Avec tout le respect que j'ai pour Walter Benjamin, je ne lui ferai pas ça. Le flâneur est une figure grave du dix-neuvième siècle. Ça serait crétin de jouer au flâneur aujourd'hui. Hannah Arendt dans le portrait qu'elle dresse de Benjamin dans Vies politiques le place directement en relation avec l'ange de l'Histoire. Il ne faudrait certainement pas prendre le flâneur à la légère! Pour ma part, je suis de mon époque. Je me consacre à des marches utilitaires, utilitaires pour mes déplacements mais aussi pour ma survie.

J'écris davantage lorsque je suis seule. J'ai passé l'hiver entre Hélène et le garçon à peine adulte. S'ils n'avaient pas été si présents à mes côtés, sans doute que j'aurais écrit davantage. Si j'avais moins baisé aussi... Mais entre vous et moi, il faut reconnaître que je ne m'en plains pas. Je préférais passer l'hiver à la maison à fourrer une chienne et un jeune pervers.

 
 
Albertine Bouquet
16 février 2009 @ 13:43
Je suis toujours surprise de découvrir un film qui est au-dessus de mes forces. J'ai regardé avec Hélène Ma mère de Christophe Honoré. Nous étions toutes les deux excitées par l'idée d'un film d'inceste entre Isabelle Hubert, dit la folle de service du cinéma français, et Louis Garrel, dit le jeune intellectuel ténébreux de service du cinéma français. Je vous ai déjà raconté notre "amour" pour l'inceste, j'en n'en reparlerai pas aujourd'hui!  Ma mère était trop trash pour nous, c'est dire! Ce n'est pas en raison des extraits, évidemment malsains, du texte de Bataille! Il faut dire que son esthétique d'un cheap Pasolini n'aide pas. J'eusse préféré revoir quatre ou cinq fois Porcile que voir certaines scènes de Ma mère. Ma curiosité malsaine me pousse à vouloir revoir Ma mère, je me convaincs que je devrais regarder à nouveau les films de Pasolini que je connais, ou voir ceux que je n'ai pas vus. Je pense que le fait de consommer que des produits culturels très très récents chez les jeunes branchés atrophie cruellement les neurones de leurs cerveaux, en plus d'atrophier leur goût. Et moi, moi bien sûr, en tant que jeune femme de goût, je sais que l'affaire est grave. Mon slogan, s'il m'en faut un, serait donc : "Plutôt le Pasolini le plus odieux que vos petits films pseudo-malsains".

J'évoque Porcile, mais je ne sais même pas pourquoi. Sans doute parce que j'ai en tête que c'est un des films les plus troublants que j'ai vus. Je ne me souviens que de l'image d'un jardin, genre renaissance italienne (voilà pour mes connaissances de l'histoire de l'art!), où tout est parfaitement symétrique. En cherchant à son sujet sur Internet, je lis que c'est l'histoire d'un cannibale. J'avais oublié, avec le reste du film, ce détail! Ça m'explique un peu mon intérêt de jadis! C'est horrible, je n'écris plus dans ce journal. J'aurais tant de choses à vous raconter. Le thème cannibale en fait partie! Si vous le voulez bien, je remets ça à une autre fois. Comme tout le reste de ce que je voudrais raconter! Mon eventful life n'est pas compatible avec l'écriture, ma vie vide n'est pas compatible avec elle non plus d'ailleurs! Si je m'écoutais ces jours-ci, rien ne serait compatible avec l'écriture. Aucune de mes humeurs n'est suffisante. Ah misère! Il existe des films au-dessus de mes forces, l'écriture est au-dessus de mes forces. Décidément, je ne suis que l'ombre de moi-même! Allez Albertine, prends sur toi, comme le recommande avec toute sa violence cette horrible expression!
 
 
Albertine Bouquet
02 février 2009 @ 09:50
J'essaie d'avoir une conversation de gars avec le garçon à peine adulte et rien n'y fait. Pas moyen de l'intéresser à une de mes conversations d'homme à homme. L'autre jour, nous étions dans un restaurant à déjeuner de Rosemont wannabe chic. Sur les grandes télévisions HD, on pouvait voir un match de tennis. J'ai fait un commentaire sur les jupes courtes des joueuses. Ça ressemblait à : « Ouin, belle vue sur les jupes! » Il n'a rien répondu. Il me trouvait un peu drôle, pas hilarante, mais il n'y avait pas moyen d'obtenir ses commentaires. Hier, Hélène nous parlait d'aller voir un match de boxe au Centre Bell. J'ai ajouté : « Ah oui, si on s'ennuie, il y a toujours des filles à moitié nue qui dansent sur les côtés du ring, non? » Dominique, lui,  il n'a rien dit et Hélène a ajouté en embarquant dans mon petit jeu : « Oui, Madame, il y a de la poule! » Je ne sais plus quoi faire pour arriver à avoir cette conversation de gars. Je ne dois pas m'y prendre de la bonne manière. Il faudrait peut-être que je cherche une intro plus subtile avant de commenter directement les corps féminins qui s'offrent à moi.
 
 
Albertine Bouquet
29 janvier 2009 @ 11:19
Câlisse! J'ai joué à un jeu vidéo, Mass Effect, sur ma Xbox pendant des jours et j'ai raté toutes les scènes de lesbiennes. J'avais pourtant travaillé fort pour activer les romances avec les femmes autour de mon personnage. J'ai tout concentré sur celle avec qui je n'avais pas de chances, celle qui ne voulait coucher qu'avec un personnage masculin, et j'ai délaissé la potentielle lesbienne. À un moment, j'étais certaine que la femme avec qui je n'avais pas de chances allait céder. Elle m'avait fait une grande scène d'émotion en me confiant son amour - chaste malheureusement - pour moi. Ah merde! J'ai vu les scènes de sexe sur Youtube puisque j'ai été trop poche pour les débloquer moi-même. J'ai presque envie de recommencer le jeu en prenant un personnage masculin et en séduisant et fourrant tout ce qui bouge pour me venger! Hélène voulait jouer avec moi. Je pourrai lui proposer qu'on recommence une game en concentrant nos efforts sur la baise. Au pire, si on rate encore les scènes de lesbiennes, on pourra s'en faire homemade.
 
 
Albertine Bouquet
27 janvier 2009 @ 21:32
On m'a informée aujourd'hui qu'on avait parlé de ce blogue dans un magazine dédié à la femme de 40 ans et plus. Ma première réaction fut : « Oh shit, ma mère! » Mme Bouquet adore les magazines dédié à la femme de 40 ans et plus, sinon à la femme de 50 ans et plus, puisqu'elle est dans la cinquantaine. Je suis ravie bien sûr qu'on parle de moi dans un magazine, encore plus dans un magazine non spécialisé. En vérité, ça fait mon grand bonheur. Il y a bien longtemps que j'ai décidé que je n'avais aucune ambition de devenir une nouvelle Pierre Michon, c'est-à-dire un écrivain qui excite les universitaires, mais que le commun des mortels ne voudrait au grand jamais lire, contrairement à ce que pensent les dits universitaires qui l'imaginent tellement près des « petites gens ». Il me faut toutefois vous avouer, mes très chers, puisque je vous raconte tout, que la perspective qu'on parle de ce site dans un magazine que pourrait lire ou a déjà lu Mme Bouquet m'effraie au plus haut point. Il n'existe pas huit Albertine Bouquet dans le Québec! Elle n'aura pas besoin qu'on lui fasse un dessin pour comprendre que sa progéniture, en apparence si douce et réservée - quoique M. et Mme Bouquet sont bien au fait du dark side de leur fille - se dévoile tout entière dans un site Internet sous le couvert d'un « projet littéraire ». Je n'ai pas pu m'empêcher de faire des prières tout à l'heure dans lequel je répétais : « Maman refoule, voilà ce qu'une mère doit faire ». Je devrais écrire une lettre à ma mère. Non pas pour lui parler de cette histoire, mais simplement pour profiter de l'occasion pour faire ce qu'elle m'a déjà demandé. Il y a plusieurs années j'ai demandé à ma mère ce qu'elle voulait pour sa fête. Elle m'avait répondu qu'elle voulait que je lui écrive une lettre. Elle vantait ma soi-disant maîtrise de la plume, talent que ma mère m'accordait pour Dieu sait quelle raison. Elle a lu très peu de texte de moi. Je me suis dit avec toute ma bêtise d'adolescente pseudo-rebelle que je ne savais pas ce que je pourrais bien écrire à Mme Bouquet. Il serait temps que je fasse une femme de moi et que j'écrive cette lettre à ma mère. Après tout, je dois, entre autres, à Mme Bouquet mon amour pour la vieillesse et mon désir toujours plus ardent de devenir une vieille écrivaine. Mme Bouquet porte fièrement ses cheveux blancs, il n'y a pas femme plus fière qu'elle, et aime, vous le savez maintenant, les magazines destinés aux femmes de son âge. Ce n'est pas sans un certain orgueil que j'affirme à qui veut bien m'entendre, à la suite de ma chère génitrice, que j'ai hâte de devenir vieille, que devenir vieille est mon souhait le plus sincère. Je suis bien partie, j'ai déjà quantité de cheveux argent. Mon tout premier est apparu alors que j'avais à peine quinze ans et depuis ils ne cessent de proliférer. Ce n'est d'ailleurs pas eux que je dissimule sous le noir mais plutôt mes ennuyeux cheveux bruns. Lorsqu'ils seront tous gris, je ne les cacherai plus, je les porterai fièrement.
 
 
Albertine Bouquet
13 janvier 2009 @ 10:42
Oh shit, on veut habiter avec moi! Grand bouleversement dans ma vie que je n'ai pas envie de commenter. Je change donc de sujet à l'instant. Je glandais hier à la recherche de matériel pornographique. J'étais sans désir particulier. Je ne suis pas ouverte à tout, mais je ne suis rebutée que par peu de types de pornographie. Je naviguais donc librement à la recherche d'extraits de film qui me stimuleraient. C'est une activité plus difficile qu'il n'y paraît. Souvent il me suffit de voir une grosse queue dans une plotte et ma culotte est mouillée. Je dois me concentrer pour ne pas être excitée. Je voulais un film qui allait me surprendre et passer beaucoup de temps à chercher sur la toile en profitant bien de l'exercice. Lorsque j'ai entrevu le film dont je désire vous parler, j'ai tourné les yeux par honte d'être excitée. Je ne voulais pas accepter sur le coup d'être excitée. J'ai toujours cultivé avec un certain orgueil ma passion pour les films gais, j'aime regarder deux hommes qui s'enculent et je suis bien fière d'en parler. Je ne sais pas pourquoi je suis plus gênée lorsque ça concerne les films de lesbiennes. Ça me touche davantage, ça me met plus facilement en colère aussi et on ne se le cachera la majorité de la pornographie qui met en scène des lesbiennes ne donne envie d'être du nombre. Voir deux filles complètement absentes et droguées qui s'ennuient ensemble n'est pas exactement un turn-on! Ma découverte du jour fut donc un film de lesbiennes, ou plus précisément une série de film. Je n'ai tellement pas hâte au moment où je devrai révéler le contenu que je le retarde consciemment. C'est tellement quétaine, riez de moi chers lecteurs! C'est aussi tellement lesbienne! Je suis un cliché vivant! Je l'ai écrit souvent et je le répète la sexualité ne fonctionne pas exactement sur l'originalité. J'ai une explication rationnelle qui justifie mes clichés. Et puis, je suis une fille facile anyway, bon public et tout, j'embarque à rien.

J'avais entrevu dans le bas de mon écran un truc de femmes en bikinis qui luttaient avec des running shoes aux pieds sur une surface comme dans la lutte olympique. Je me suis immédiatement interdit de regarder en me convaincant que c'était ridicule. Ça disait que la gagnante allait fourrer la perdante, sans précision sur le déroulement. J'ai résisté. J'ai changé de page. J'ai regardé d'autres extraits de film. Après quelques minutes à me retenir, j'ai tapé wrestling dans le moteur de recherche afin de retrouver ce que mon regard de biais avait capté. D'emblée, j'ai trouvé ça ridicule. Les femmes de Ultimate Surrender semblent être des lutteuses crédibles. Au début, elles affichent leur couleur et parlent de leur adversaire comme dans un vrai match sportif. Après l'intro, elles se jettent l'une sur l'autre. Elles se touchent sans discrétion au passage. Ça me semblait empreint d'un certain désir, je fus troublée par le tribadisme... J'adore le tribadisme, par ailleurs, mais je ne vous en parle pas très souvent. Vous en ai-je déjà parlé même? Je ne sais plus! En tout cas, le tribadisme, c'est le fun! Je vous assure! Il n'y a pas dire les lesbiennes sont chanceuses! Elles sont les seules qui peuvent connaître cette superbe pratique. Les lutteuses se complaisaient allègrement dans le tribadisme et dans les attouchements sans se baiser complètement. Je pense qu'elles luttent quand même pour vrai. C'est l'intérêt! Elles n'hésitent pas à s'arracher des vêtements, enfin le peu qu'elles portent. Lorsqu'une des deux est victorieuse, on passe à la seconde étape : la baise! C'est là où j'ai vraiment commencé à sentir ma culotte se mouiller. C'est bandant en criss. La gagnante porte un strap-on et remplit tous les trous de la perdante qui semble, dans les films que j'ai regardé, fort heureuse du revirement de la situation. Nous en conviendrons tous, se faire baiser par une chienne en feu est une façon intéressante de perdre! Je n'aurais aucun problème à accepter la défaite. Elles se parlent sur un ton autoritaire en plus. Suck my dick, bitch! La perdante avait la bouche pleine, elle ne pouvait donc pas répondre. Lorsque la gagnante la prend dans le cul, elles peuvent se parler. Les séances de dirty talk sont savoureuses! Elles semblent s'amuser pour vrai, ça rend la mise en scène, somme toute ridicule, dix fois plus intéressante.

 
 
Albertine Bouquet
12 janvier 2009 @ 09:36
 Je suis allée chercher la machine de mes rêves avec Hélène : une Xbox 360! Elle repose dans mon salon. Je travaille fort aujourd'hui pour ne pas me laisser tenter par elle. J'ai acheté en même Left 4 Dead, dont je rêvais tant, Fallout 3 et Bioshock. Hélène devait aussi prendre MLB Power Pros 2008 sur la Wii pour l'anniversaire de son frère. La caissière dans un magasin géant d'Anjou m'a regardée, a regardé Hélène et a rigolé un peu. Elle a dit : « C'est pour un cadeau, j'imagine! » Ce n'était pas une question, mais une affirmation parce qu'évidemment ça ne pouvait être pour moi, ni pour Hélène. J'ai répondu d'un air sérieux : « Le jeu de baseball, oui! » Je ne réalisais qu'on venait de déclarer que je n'avais pas le physique de l'emploi pour jouer à la Xbox. Heille, criss c'est Hélène et moi qui allons buter des zombies en ligne dans Left 4 Dead en hurlant des insultes à des jeunes étasuniens et personne d'autre! Il faut dire qu'on parle de jeux hardcore, des jeux d'homme! Pas des petits jeux de fifilles! Je suppose que je devrais prendre ça comme un compliment. Nous devons avoir l'air de femmes, d'adultes sérieuses. Ce qui devrait me réjouir! En fait, ce qui me surprend toujours, ce n'est pas la question de la femme en soi, mais ce qui la pousse à poser cette question. Ça lui semblait important de le demander et elle fut surprise de la réponse. Peut-être était-elle aussi une joueuse? Je ne crois pas. Il y a des codes entre geeks. Si elle avait été une vraie geek, elle n'aurait pas parlé du tout et nous aurions échangé un sourire complice dans la plus complète discrétion. Si elle avait été une wannabe geek, elle aurait pu dire par exemple en prenant Fallout 3 : « Ça faisait longtemps qu'on l'attendait celui-là! » et j'aurais répondu : « Oui, j'ai tellement joué au 2, il y a dix ans! ». Tout devient fade depuis que j'ai ma xbox, tout sauf la littérature bien sûr, et la philosophie! Quand même! Je dois consacrer ma soirée au développement de mon esprit, mais demain soir, je vais tuer des zombies en ligne. Je ne me contiens plus! J'ai si hâte!