Hélène et moi, nous sommes inscrites à un cours de natation, pis nous suckons. Elle suck moins que moi, mais quand même. Je suis tellement heureuse d'être dans l'eau. Je suis toujours un peu angoissée avant d'aller au cours. Lorsque j'entre dans la piscine, c'est le bonheur absolu! En plus quelques minutes avant l'entrée dans l'eau, je peux observer la salope qui m'accompagne enfiler son maillot de bain et puis après je peux me rincer l'oeil dans la douche. Ah les pauvres couples hétéros qui ne peuvent connaître ce genre de plaisir. Nous sommes bien belles dans nos maillots de sport avec nos casques en silicone. Je disais donc que j'étais très poche, même si j'aime être dans la piscine. Eh oui, je n'ai pas tous les talents. Au moins, ça rassurera les jaloux! Ma prof de natation doit me trouver poche aussi. Elle ne me l'a dit. Non par délicatesse, elle fait pire. Elle m'ignore désormais. Je suis trop nulle pour avoir le droit d'exister dans son cours. Lorsque je l'entends crier sur le bord de piscine « Hélène, allonge ton cou !» avec sa voix de niaiseuse comme si elle parlait à des enfants, je ne regrette pas de ne plus entendre de commentaires m'étant destinés. Elle m'ignore peut-être la prof de natation, mais moi, je ne l'ignore pas. Je l'observe et je ne la lâche pas des yeux. J'en fais une obsession. Elle est une piètre pédagogue. C'est un fait tellement évident, ce n'est pas ce qui m'obsède. J'essaie seulement de la comprendre. Je me demande comment on peut être une piètre enseignante de natation. On n'est pas tous destiné à transmettre la connaissance bien sûr, mais il y a plus que ça. Cette fille-là ne l'a vraiment pas. En prenant ma douche avec mon Hélène, je réfléchissais à tout ça. Elle me racontait en se lavant les cheveux que la prof lui avait dit d'arrêter de sortir la tête tout le temps pendant ses longueurs. « Elle ne m'a même pas demandé pourquoi je faisais ça. Je m'étouffe criss! ». Et là, j'ai compris. Elle nous prend pour des imbéciles! Elle ne daigne même pas essayer de nous comprendre. Bon, je change de paragraphe, ça commence à être important.
J'ai remarqué cet été que les gens qui prennent tout le monde pour des caves sont dangereux. En plus, d'être inaptes à transmettre quoi que ce soit à quiconque... Vous saurez, mes très chers, qu'il fut un temps où je riais moi aussi de la bêtise humaine. À gorge déployée en plus! Ça m'est passé! Je me suis transformée. Je crois que ça a commencé en lisant Hannah Arendt. Aussi dure qu'elle puisse être, elle m'a aidé à croire à nouveau en l'humanité. En lisant Arendt on comprend que même si notre amour du monde a été mille fois meurtri, il faut continuer de croire en l'être humain parce que c'est la seule chose qui peut nous sauver. Je ne sais pas pour vous, mais moi j'espère que nous serons sauvés. Je suis bien d'accord que les gens stupides sont dangereux, mais ceux qui pensent que tous les autres sont imbéciles le sont infiniment plus. J'ai entendu l'autre jour un homme au look marginal dans une file d'attente au cinéma faire l'étalage de la bêtise humaine afin de séduire une jeune demoiselle, qui semblait par ailleurs assez séduite. La soi-disant bêtise concernait le non-respect de certaines conventions sociales. Eh oui, les « marginaux » militent pour les conventions sociales de nos jours! Sur le coup, j'étais dégoûtée. Quelques jours plus tard, j'ai pris conscience de ce que j'avais entendu. J'ai réalisé l'horreur. Je me suis jurée de ne plus faire l'étalage de la bêtise humaine. En privé, devant Hélène et le garçon à peine adulte, je pourrai encore lancer des épithètes. Mais un discours sur la bêtise humaine, ça non! Je ne commencerai pas pour autant à glorifier les pauvres diables, sois rassuré Teddy. Je vais seulement éviter de tomber là-dedans. Peut-être que je verrai autre chose qu'une bêtise mondiale... Qui sait?
J'ai remarqué cet été que les gens qui prennent tout le monde pour des caves sont dangereux. En plus, d'être inaptes à transmettre quoi que ce soit à quiconque... Vous saurez, mes très chers, qu'il fut un temps où je riais moi aussi de la bêtise humaine. À gorge déployée en plus! Ça m'est passé! Je me suis transformée. Je crois que ça a commencé en lisant Hannah Arendt. Aussi dure qu'elle puisse être, elle m'a aidé à croire à nouveau en l'humanité. En lisant Arendt on comprend que même si notre amour du monde a été mille fois meurtri, il faut continuer de croire en l'être humain parce que c'est la seule chose qui peut nous sauver. Je ne sais pas pour vous, mais moi j'espère que nous serons sauvés. Je suis bien d'accord que les gens stupides sont dangereux, mais ceux qui pensent que tous les autres sont imbéciles le sont infiniment plus. J'ai entendu l'autre jour un homme au look marginal dans une file d'attente au cinéma faire l'étalage de la bêtise humaine afin de séduire une jeune demoiselle, qui semblait par ailleurs assez séduite. La soi-disant bêtise concernait le non-respect de certaines conventions sociales. Eh oui, les « marginaux » militent pour les conventions sociales de nos jours! Sur le coup, j'étais dégoûtée. Quelques jours plus tard, j'ai pris conscience de ce que j'avais entendu. J'ai réalisé l'horreur. Je me suis jurée de ne plus faire l'étalage de la bêtise humaine. En privé, devant Hélène et le garçon à peine adulte, je pourrai encore lancer des épithètes. Mais un discours sur la bêtise humaine, ça non! Je ne commencerai pas pour autant à glorifier les pauvres diables, sois rassuré Teddy. Je vais seulement éviter de tomber là-dedans. Peut-être que je verrai autre chose qu'une bêtise mondiale... Qui sait?
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