Tout récemment, j'en suis venue à un constat qui m'a permis d'expliquer bien des choses dans ma vie: les femmes hétérosexuelles sont plates! Vraiment, il n'y a rien de plus ennuyant qu'une femme hétérosexuelle. D'où ma quasi absence complète d'amies hétérosexuelles. Je les ai toujours fuies, instinctivement. Je ne savais pas exactement pourquoi. Désormais je le sais: je me préservais de l'ennui.
Les femmes hétérosexuelles constituent la catégorie la plus plate de l'humanité! Viennent ensuite les hommes hétérosexuels, puis les lesbiennes, les hommes gays, ensuite les hommes bisexuels et enfin les femmes bisexuelles. Pour les hommes et les femmes bisexuelles, j'hésite, je dois dire. Les bisexuels sont les êtres les plus amusants du monde! Hommes ou femmes, il serait dur de choisir. Je les ferai donc planer au-dessus de toute platitude, hommes et femmes confondues.
Mais les femmes hétérosexuelles, il n'y a rien à faire. Rien de pire que de se retrouver dans un café ou un restaurant à côté d'un groupe de femmes hétérosexuelles, de filles qui ont des conversations de filles. On ne peut rien en réchapper qui vaille. Entendre la moindre conversation de filles suffirait à rendre quiconque misogyne. On m'accusera de sombrer dans les clichés mais comment pourrait-on faire autrement alors qu'elles sont la constante incarnation des clichés les plus lamentables? Elles ne craignent pas de parler strictement des célébrités d'Hollywood, du contrôle de leur poids, de vêtements, d'hommes, mais alors là de la façon la plus assommante du monde, en recourant aux pathétiques outils de la psychologie populaire, passant toujours à côté de l'essentiel: si le gars a une grosse queue, s'il est capable de les fourrer convenablement. Je n'invente rien, je vous jure! Il m'est même arrivé d'entendre ces mots un jour, tandis que je brunchais à Rosemont dans un restaurant dégueulasse qui essayait d'avoir l'air distingué: "C'est un beau gars, il est fringué comme un Dieu, bronzé..." On s'en câlisse-tu?! Le monde devient un cauchemar quand il apparaît tout droit sorti d'un livre de Rafaële Germain... Plutôt un monde à feu et à sang qu'un monde sorti tout droit d'un livre de Rafaële Germain...
Vous rétorquerez que ce ne sont là que des paroles de frustration contre celles qui ne voudraient jamais se glisser dans les draps de l'Albertine. Grave erreur! Je suis l'objectivité même! Et d'ailleurs, ce n'est pas le fait de coucher uniquement avec des hommes qui rend la femme hétérosexuelle si plate. La preuve en est que certaines catégories de femmes échappent à l'ennui si propre à la femme hétérosexuelle: d'abord la geek, puis l'intellectuelle (advenant qu'une chose telle qu'une intellectuelle hétérosexuelle existe!) et même la grande sportive (la vraie sportive, s'entend, pas celle qui passe sa vie dans les gyms pour rivaliser avec les célébrités d'Hollywood, qui constituent son unique aspiration - et seule possible!) La femme hétérosexuelle est un être profondément anhistorique. Elle connaît l'ambition professionnelle et sociale mais n'a aucune sensibilité à la marche de l'Histoire. Seuls ces types spécifiques de femmes hétérosexuelles (et d'autres exceptions, peut-être, que j'oublie) y échappent.
À la défense des femmes hétérosexuelles, on peut toutefois dire qu'il leur arrive d'être drôles, d'un comique irrésistible, je vous assure! Oh pas volontairement, certes. Voilà d'ailleurs une des raisons pour lesquelles elles sont si plates: elles sont dépourvues de sens de l'humour. Ça ne les empêche pas de rire des singeries du premier jock venu mais elles sont incapables de témoigner elles-mêmes d'esprit, à quelques exceptions près, bien sûr. Et ces exceptions possèdent toujours un tempérament masculin. Enfin, bref, elles sont plates mais tellement comiques!
Je me trouvais l'autre jour avec Hélène dans le vestiaire de la piscine. La salope avait fini par me convaincre de l'accompagner en faisant mirer toutes les possibilités d'apercevoir de jolies sportives dans leur plus simple appareil. Ça suffit à vaincre ma force d'inertie! Hélène et moi étions donc occupées à nous revêtir, déçues de la pudeur de nos comparses qui rechignaient à déambuler dans le vestiaire dans toute leur splendeur, lorsque nous avons entendu trois jeunes femmes emportées dans une grande discussion.
- Ah c'est un salaud!
- Ah oui, un salaud!
- On devrait pouvoir le castrer!
- Ça, c'est vrai! Il y a des hommes qu'on devrait pouvoir castrer. Comme les pédophiles!
- Oui mais il y a les droits de l'homme...
- Ah c'est vrai, ça a de bons et de mauvais côtés...
En écoutant plus longuement la conversation nous avons appris que l'homme à castrer était l'ex d'une des trois, qu'il l'avait quittée en lui disant qu'il n'était pas prêt à s'investir dans une relation. Or, elle l'avait surpris l'autre jour avec sa nouvelle blonde avec laquelle il était sur le point d'emménager. Plutôt que de saluer la délicatesse du gars qui s'était retenu de lui dire qu'il ne l'avait jamais aimée, elle jetait sur lui l'opprobre et le destinait à la castration.